Je n’ai pas vu le film original Lilo & Stitch, mais j’étais ouvert d’esprit : c’est un des derniers classiques Disney à vraiment porter une âme, une émotion brute. Je pensais qu’un remake pouvait moderniser sans trahir. Au lieu de ça, j’ai ressenti... du vide.
Je ne sens pas l’évolution du personnage de l’Expérimentation 626 (Stitch) ni l’impact réel de Lilo et Nani sur lui. Il devient gentil parce que le script l’exige, pas parce qu’il change vraiment. Cobra Bubbles ? Inutile. Flou. Il ne sert ni d’autorité pesante ni de figure bienveillante. David ? Effacé. Aucun enjeu.
Les personnages n’évoluent pas : tout est précipité, survolé, réduit à des événements. Ça rend le film creux, surtout si tu ne connais pas le film d’origine. L’attachement ne fonctionne pas. La partie originale sur la biologie marine de Nani est là... pour faire joli, pas pour construire quoi que ce soit. Et ça rend la fin encore plus illogique.
La CGI de Stitch est réussie visuellement, et Chris Sanders est vraiment excellent avec cette voix diabolique, ses interactions sont crédibles. Mais trop de plans sous l’eau sont ratés à cause d’un mélange malheureux entre vrai tournage et ajout numérique. Et certains moments sont tellement animés dans leur exécution qu’on se demande pourquoi ne pas avoir juste fait un film d’animation.
La mise en scène globale est d’une platitude affligeante : la cinématographie de Nigel Bluck est terne, sans éclat, sans chaleur. La colorimétrie est loin de la beauté du dessin animé et en devient presque irrespectueuse.
L’humour ? 0 timing comique. Des gags étirés ou forcés, des ajouts gênants (le pet inutile), le retrait de bruitages emblématiques comme ceux métalliques de Stitch, et des coupes de montage hasardeuses là où l’original brillait par sa précision comique.
Comme l’a très bien dit MJ, "Every… cut… the way… they talk without believing it… the absence of energy… nothing works". Mention spéciale à la scène de Nani qui tente d’attraper Lilo, totalement ratée.
Et que dire de Jumba, antagoniste final ici, alors qu’il avait un véritable arc de rédemption dans l’original. C’est plus qu’un ratage : c’est une trahison. "Yes, he was a villain who wanted to destroy worlds AT FIRST, but he changed when he saw his creation change"… Ce remake efface tout ça. Il finit en prison. Sérieusement ?
On peut rayer la thématique familiale, la rédemption, la chaleur humaine. Et au passage, ce que représentait Stitch : la critique du colonialisme américain à travers le CPS (services sociaux), est ici édulcorée. "They're nice in the movie though so it's fine"… non. Ce n’est pas un oubli : c’est une volonté délibérée de rendre le film inoffensif, fade.
D’ailleurs, MJ l’avait prédit dès 2023 dans une vidéo : suppression du travestissement, édulcoration de la critique coloniale. Elle ne s’attendait juste pas à avoir autant raison.
Et là-dessus, on ajoute quoi ? Un rythme chaotique, des ajouts de personnages encombrants (l’assistante sociale, Tutu la grand-mère), le retrait de Gantu, le sabotage du parallèle avec Le Vilain Petit Canard, la quasi-disparition de Souillon, la poupée de Lilo… Résultat ? Moins d’enjeux, moins de solitude, moins d’émotion.
Même les décors naturels d’Hawaï ne sont pas mis en valeur. La culture locale est réduite à une déco de fond. Une démonstration de Hula de 10 secondes. Sérieusement.
Ce remake n’est pas une œuvre. C’est une publicité peluche. Stitch est au centre des affiches, pas Lilo, ce qui en dit long. Le film vend une mascotte. Pas une histoire. Pas une émotion.
Et pourtant, le pire dans tout ça : la salle où j’ai vu le film… riait. Les gens ont aimé. Tant mieux pour eux. Mais moi ? J’ai vu un gâchis. Une coquille vide qui singe un film culte sans comprendre ce qui faisait son âme.
NOTE : 2/10
Une vitrine Disney+ déguisée en film. Vide d’âme, vide d’humour, vide d’intention. Même Stitch mérite mieux que ça, alors que je n'ai pas du tout vu le film originale.