Alors...soyez prévenus, ce n'est pas parce que vous lisez "John McTiernan", "Jean Reno" et même "Eric Serra" (oui, oui, Monsieur Serra) sur la pochette du DVD, que le film contenu par le disque est un tant soit peu regardable, Rollerball en est la preuve. Ici, la baballe échappe à peu près à tout le monde, que cela soit aux truquistes (on voit les câbles quand la moto rouge de l'héroïne saute de l'estrade !), à Jean Reno (dont l'accent franglais est absolument dégueulasse), ou encore au terrain de rollerball qui est minuscule pour un tel nombre de joueurs (ce qui explique que la caméra n'arrive pas à cadrer les joueurs, subit chacun de leurs mouvements, rendant le match illisible)... Et est-ce que quelqu'un comprend ce que raconte Jean Reno ? Non, pas à cause de son accent, mais parce que ses phrases n'ont aucun sens ni contexte (ses répliques sont lunaires 90% du temps, mais comme son personnage est biberonné à la vodka, ça peut venir de là, s'il l'ont admet qu'il est bourré absolument tout le temps). La course- poursuite est filmée en vision de nuit, ce qui est vraiment une idée jamais faite...quelqu'un sait pourquoi ? Parce que c'est une très, très, très mauvaise idée : on n'y voit rien. Ce bloubiboulga vert qui bouge dans tous les sens est quand même ponctué de deux "chtoing" dignes de dessins animés (mais que font les gars au montage-son ?), ce qui donne une séquence nanardesque dont on se serait bien passé. Pour l'histoire, on sent que l'on lorgne du Stephen King, avec le héros qui s'enfuit d'un jeu TV ultra violent et inégalitaire, avec le producteur qui le pourchasse pour qu'il continue à faire de l'audimat (ça fait "Running-Man", de loin),
le rattrape, l'oblige à jouer un dernier match sans règles, dans lequel le héros finit par sauter sur le producteur, le tuant, puis les autres joueurs las de leur condition de jouets publics, le suivent, et forment une révolution, puis s'enfuient vers un avenir peut-être meilleur...
Le scénar est bon, et c'est bien ce qui fait le plus mal dans ce film qui sent le ratage à plein nez, la kitcherie et les mauvais choix malheureux à la pelle... Rollerball est un accident, pas forcément mal intentionné, qui offre même quelques phrases lunaires de Jean Reno, une BO "mais qu'est-ce qu'il fout" de Eric Serra (en roue libre), et une scène de course-poursuite qui explique à elle seule pourquoi on n'utilise pas la vision de nuit pour les scènes rapides (bleuââââârg...). C'est un nanar, et avec des potes et des binouzes ou des pizzas, il y a moyen que Rollerball roule tout seul.