Derniers Avis : Requiem pour un massacre - Page 11
Requiem pour un massacre
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Un visiteur
5,0
Publiée le 13 août 2010
Comment écrire, raconter ce que ce film prodigue à son spectateur ? Elem Klimov a su donner à son œuvre une émotion colossale, une ambiance unique. "Requiem pour un massacre" est une réalisation parfaite, une plongée dans les abimes de l'humanité. Le cadre de la seconde guerre mondiale, décidément un nid à idées au cinéma, ne semble presque n'être qu'un prétexte à exhiber cette inhumanité, cette sauvagerie, cette horreur absurde qui poursuit Fliora dans cette odyssée sanglante, au cœur des forêts biélorusses, qui passent pour irréelles, comme un pont entre l'homme et l'enfer. A la fin du film, le jeune garçon semble avoir vieilli, alors que le temps s'inverse et que tous les repères moraux connus semblent vaciller pour ne plus exister. Ces divers paradoxes alimentent cette fin quasi-divine où un sentiment d'horreur nous parcourt, la boule au ventre et la conscience marquée. Même si les performances des acteurs ne sont pas flagrantes en génie (sans doute à cause de cette façon de filmer de Klimov, assez déconcertante), chaque plan de l'un d'entre eux contribue à rendre cette œuvre glauque plus absurde qu'elle n'est. Finalement, le résultat est proprement indescriptible, et presque aucun commentaire ne peut vraiment retranscrire ce film.
Terrifiant. Restent une bande-son parfois déroutante et des plans séquences un peu harassants, qu'on attribuera volontiers à un certain maniérisme russe.
Un vrai choc ! Un film hypnotique et dur, tout d'abord j'aime l'atmosphère générale de la première partie avec la boue, les bois, ... ensuite la fin d'une extrême violence (bémol pour les images d'archives a reculons). Des visages (les visages en gros plans sont puissants), des cris et encore bien d'autres images qui marquent.
Comment décrire un film qui, à la fois montre les horreurs de la guerre, mais est tout autant emprunt de poésie...? Jamais un film n'est allé si loin dans la beauté de la guerre (scènes idylliques de pluie en forêt) et dans son insoutenable atrocité (le film montre un Oradour biélorusse). Superbement filmé (incroyable caméra steadycam qui suit ses personnages à la trâce) dans des décors de villages et forêts perdues de Biélorussie, dans de la pluie, du brouillard, du feu, Requiem pour un Massacre ne peut que marquer les esprits. Voici une véritable oeuvre d'art du réalisateur Elem Klimov qui dénonce l'inhumanité, colle au plus près de la réalité, sans jamais faire de son film documentaire ni un film trop léché: le 7ème Art dans sa quintessence. Concernant la musique, le compositeur a évité une mélodie pathétique pour travailler des ambiances sonores assourdissantes et étouffantes. Le jeune Alexei Kravtchenko, dans le rôle principal, entre innocence, folie et rage est époustouflant. 2h20 de film qu'on ne voit pas passer. Un véritable chef d'oeuvre.
Très loin du cinéma Hollywoodien, c'est un film très sombre et froid que propose Klimov, malgré un début qui met mal à l'aise, on est vite fasciné par ces personnages qui sombrent peu à peu dans la folie.
Sur la forme la médiocrité de la qualité de l'image est insupportable.
Le plus grand film de guerre de tout les temps.LE film qui fait passer "soldat rayan" pour un navet.On ne peut pas sourire aprés le visionnage de ce chef d'oeuvre,ce réalisme qui prend aux tripes ne laisse pas indifférent.La guerre montrée dans le chef d'oeuvre n'est pas accompagnée d'un patriotisme puant.On n'essaie de se persuader que c'est une fiction,mais ça c'est vraiment passé.J'avais du mal à regarder l'écran lorsque le vilage se fait décimer dans la ferme,le visage du petit me hantera toute ma vie.Un enfant n'a pas à subir celà.Ce film m'a révolté comme jamais un film ne l'a fait,j'avais envie de pleurer.La nature est elle aussi décimée tout au long du film etça fait mal au coeur.Un putain de film qui mérite d'etre étudié dans les écoles de cinéma.
Un choc absolu, un film d'une poésie et d'une puissance inouïe à découvrir impérativement dans une salle obscure. Esthétiquement déjà, l'oeuvre ultime d'Elem Klimov est une pièce maîtresse : fluidité sidérante des mouvements de caméra et photographie flamboyante sont deux de ses atouts indiscutables. Après, l'intrigue du dit film de guerre - comprenez par là que Requiem pour un Massacre n'est pas qu'un simple film du genre, loin s'en faut - témoigne d'une efficacité sans commune mesure : le parcours initiatique de ce jeune garçon prend physiquement au corps, l'immersion est totale... Rarement l'atrocité d'une guerre - quel qu'elle soit - aura été aussi bien rendue qu'avec ce chef d'oeuvre. En ce sens, la séquence du village pillé par les nazis est exemplaire, aussi bien par sa durée insoutenable que par sa charge émotionnelle. Les dernières minutes, tourbillon d'images proprement hallucinantes, séquence ponctuée du champ-contrechamp le plus terrassant de l'Histoire du XXeme siècle ( le portrait d'Hitler face au visage d'un enfant malade ) ont de quoi vous rendre fou. Un film extraordinaire, tout simplement au-dessus. Incontournable.
Parfaite démonstration de l'horreur de la guerre, elle se lit au fur et à mesure sur le visage de l'enfant. Il en ressort détruit psychologiquement donc physiquement. Il arrive cependant à garder intacte son humanité. La scène finale est mémorable de par son sens et sa mise en scène. Film très dur, trop dur?
VA ET REGARDE titre original de l'oeuvre surement plus adéquat que REQUIEM POUR UN MASSACRE. le meilleur film sur la guerre (et non de guerre) de tout les temps ? probablement. Pas besoin de grandes démonstrations pyrotechniques ou d'hémoglobine pour montrer l'horreur de la guerre.Un seul plan suffit : le long plan séquence où un gamin s'enfuit d'un village biélorusse et où on suit sa fuite en la voyant courir de front. Pendant quelques secondes, la caméra l'abandonne pour nous montrer un des côtés où gisent les victimes de la barbarie nazie...fort, très fort !
Il est toujours indispensable de replacer une oeuvre ou un quelconque document dans son contexte afin de le comprendre et éventuellement de l'apprécier. Avec "Requiem pour un massacre" (la traduction française est si je ne m'abuse lamentable puisqu'il me semble que le titre original donnait "Va et regarde", autrement plus caractéristique du film), on n'échappe pas à la règle. Réalisé dans une Union Soviétique en fin de règne (1985) par un Elem Klimov qui n'a depuis donné suite à aucun autre projet, cette désacralisation de la guerre vue par les Russes est historiquement passionnante. Quarante ans après la fin des combats et alors que la guerre froide connaissait un dernier regain, comment ne pouvait-on pas saluer l'audace d'un artiste rompant radicalement avec la propagande officielle ? Celle-ci, belliqueuse, avait transformé cet atroce conflit en fait d'arme héroïque jusqu'à en faire l'emblème de la victoire communiste. Stalingrad et son siège extraordinaire puis l'anéantissement d'un adversaire repoussé jusque dans ses propres frontières ont toujours alimenté le nationalisme Russe, quitte à oublier un côté plus sanglant mais également plus véridique et rationnel. Alors non les batailles face aux nazis n'ont pas nécessairement grandi le pays ; non, les officiers et soldats aux ordres du petit père des peuples ne sont pas exempts de tout reproche ; non, la population n'est pas sortie plus heureuse ni plus confiante à l'égard du régime qu'auparavant. Une guerre est une guerre, son lot d'atrocités lui étant proprement indissociable. Evidemment, aux yeux de Klimov, le grand responsable reste Hitler et lui seul ; ça vous purifie une conscience et ça vous sauve la morale. De plus, l'utilisation de symboles très (trop) forts peut aujourd'hui apparaître comme dépassée : le requiem de Mozart ou la perte de l'innocence (de l'enfance) semblent grossiers. N'empêche, on suit avec intérêt ce film intriguant ayant marqué la fin définitive du pompeux réalisme socialiste.
D'un réalisme frappant, ce film nous dévoile toute la cruauté de la guerre et ses horreurs. A partir d'un Scenario solide et des acteurs fabuleux (surtout l'enfant acteur principal),un son excellent et des scenes de bombardements digne d'un documentaire, ce film a trouvé sa place parmi les meilleurs films de guerre de l'histoire du cinéma. Ames sensibles s'abstenir.