First Cow
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Juju57
Juju57

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5,0
Publiée le 3 décembre 2021
J'ai vu First cow au festival du cinéma américain de Deauville en septembre 2021 lors de sa présentation. Comment ne pas être envouté par l'univers de la cinéaste? A partir d'une base de western, elle décale complètement le spectateur en l'emportant dans une histoire ou le partage et l'amitié complice domine. Le rythme (qui a posé de nombreux problèmes aux spectateurs les moins endurant) est d'une douceur enveloppante et nécéssaire car il permet de rendre perceptible les petits détails et faire de ce film une perle de cinéma.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 20 octobre 2021
Ce film gagne beaucoup par son ambiance sonore, son image particulières, ces plans particulièrement bien faits. C'est au final un film sur l'amitié, et cela j'avoue l'avoir comprit assez tard. Il expose le cheminement d'une amitié. Cependant, le film aurait gagné à être moins long, car au bon d'un moment j'ai fini par attendre la fin.
Matthieu Ferrari
Matthieu Ferrari

5 abonnés 202 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 16 novembre 2021
Lent et contemplatif, First Cow est intéressant dans sa description de la vie dans l'Oregon des années 1800 sous forme de tableaux racontant une belle histoire d'amitié ainsi qu'une critique de l'esprit capitaliste et de ses conséquences. La réalisatrice refuse tout cliché du western populaire, quitte à mettre de côté le divertissement pour se concentrer uniquement sur un réalisme historique beaucoup moins passionnant.
Critique vidéo : https://youtu.be/P2-09nWqorM
Matatoune
Matatoune

1 abonné 11 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 25 octobre 2021
La rétrospective du Centre Pompidou pour la réalisatrice américaine Kelly Reichardt vient de finir. Et son dernier film First Cow est sortie en France le 20 octobre 2021. C'est l'occasion de retrouver un cinéma implanté dans un territoire encore sauvage, l'Orégon, bien connue de la réalisatrice.

First Cow décrit vers 1820 les conditions de vie de migrants qui fuient la misère et espèrent trouver dans un ailleurs les conditions d'une vie décente. Cookie Figowitz est un de ceux-là. Il sauve King-Lu, un émigré chinois poursuivis par des russes prêts à venger un des leurs assassiné par légitime défense.

De cette rencontre naît une amitié. La vente de beignets leur permet de connaître une vie meilleure et l'espérance d'un avenir plus lumineux. Seulement, leur succès attire l'attention du bourgeois de l'endroit, le Chief Factor local, qui va découvrir pourquoi les beignets sont si bons !

First Cow est tourné au bord du fleuve Colorado dans une forêt dense qui devient un personnage à part entière. La boue, l'humidité et la misère infiltrent tout. L'époque voit encore la coexistence de blancs avec une tribu d'indiens dont on pressent les derniers moments de liberté.

Ce récit d'une amitié, Kelly Reichardt la film avec les couleurs et la lumière de l'automne : les champignons ramassés par Cookie, ses bottes abandonnées car trouées, une nature à la fois enchanteresse avec une chouette qui me semble bleue mais aussi hostile avec les loups qui hurlent à la nuit.

Le mythe hollywoodien a vendu un Far-West avec des héros "testostéronés". Ici, la voix frêle de Cookie et sa sensibilité témoigne de son contraire. Alors, certes Kelly Reichardt choisit de représenter la période précédente à la ruée vers l'Ouest. Néanmoins ici, les héros sont des miséreux qui ne cherchent qu'à survivre. Leur solidarité les sort du chaos.

First Cow est tourné au bord du fleuve Colorado dans une forêt dense qui devient un personnage à part entière. La boue, l'humidité et la misère infiltrent tout. L'époque voit encore la coexistence de blancs avec une tribu d'indiens dont on pressent les derniers moments de liberté.

Ce récit d'une amitié, Kelly Reichardt la film avec les couleurs et la lumière de l'automne : les champignons ramassés par Cookie, ses bottes abandonnées car trouées, une nature à la fois enchanteresse avec une chouette qui me semble bleue mais aussi hostile avec les loups qui hurlent à la nuit.

Impossible de ne pas penser à la chasse aux migrants que se livre le monde occidental oubliant que leur histoire, comme celle des États-Unis, témoigne de ces vagues de métissage. Impossible de ne pas penser aussi à l'économie capitaliste qui s'implantera plus tard sur ces terres. Cette course au profit fait perdre toute prudence aux deux amis, devenus trop surs d'eux et confiants dans le succès de leur pâtisserie. Le rêve américain s’effrite, encore et encore !

la suite ici
https://vagabondageautourdesoi.com/2021/10/25/kelly-reichardt/
Joseph B
Joseph B

2 abonnés 2 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 novembre 2021
First critique

Le beurre et l'argent du beurre

First cow, réalisé par l'américaine Kelly Reichardt, est adapté d'un roman de Jonathan Raymond nommé The Half-life. Le film nous place au début du XIXème siècle, sur les terres sauvage de l'Oregon, et nous conte l'histoire d'un cuisinier, Cookie, qui rencontre King-Lu, un immigrant d'origine chinoise avec qui il se lie d'amitié. Ils vont décider de s'installer en partageant le même cabanon. Grâce au talent de cuisinier de Cookie, ils se lancent dans la confection de gâteaux Pendant ce temps, la première vache, dont le lait les aidera à faire leurs pâtisseries, est introduite en Amérique. Problème : elle appartient à un noble des environs.
First Cow est le 8ème film de Kelly Reichardt et résonne beaucoup avec La dernière Piste ( son 5ème film, sorti en 2011) qui se passait également pendant la conquête de l'Ouest. Je découvre Kelly Reichardt avec ce film et je dois dire que j'en suis plutôt réjoui et intrigué.
Le film commence avec une citation de William Blake : «l'oiseau a son nid, l'araignée a sa toile et l'homme l'amitié », qui décrit bien le thème central du film : l'amitié.
Le film aborde en effet l'amitié entre Hommes (et ici entre deux hommes) et montre son évolution.
Le genre du western est ici réécrit pour montrer quelque chose de plus intimiste et modeste, que ce soit à travers les personnages ou le scenario. Il n'y a pas ici de courses de chevaux ou de combats de saloon. Le film dépeint une histoire simple et assez calme (mais néanmoins violente en arrière plan) dans laquelle on se laisse guider avec un récit qui nous met l'eau à la bouche mais nous refroidit, en montrant la cupidité humaine. Car oui, derrière ses airs de film reposant et relaxant, le film fait une certaine critique de l'homme moderne et du capitalisme mondialisé. Le premier plan du film le montre bien : un porte conteneurs traversant lentement les eaux naturelles de l'Oregon ( fleuve Colombia ). Cela est en contraste avec les petites barques qui le traversent aux XIXème siecle comme le dit Kelly Reichardt: « Qu'est ce qui est arrivé ? On est passé d'un monde de canoë à un monde de porte-conteneurs».1
Les acteurs principaux (John Magaro et Orion Lee) apportent beaucoup au film de par leur jeu d'acteurs mais aussi par leurs personnages. John Magaro (Cookie) procure au film cette douceur retranscrite notament à travers l'image et le son. Les deux personnages donnent au récit ce côté « anti-western hollywoodien » en montrant l'opposé du cliché du « cowboy viril».
Les plans, ou domine les tons vert et ocre sont donc révelateurs de cette douceur que ce soit à travers les gros plans sur la nourriture ou sur la nature elle-même, ici omniprésente. Les premiers plans du film sont directement liés à sa fin et nous font deviner l'aboutissement de l'histoire (telle une boucle). Le but du film n'est pas de connaître la fin, mais de raconter une histoire sans suite, mais qui en dit beaucoup.
Le film est tourné en 4/3, ce qui est un choix même déjà récemment utilisé au cinéma (Mommy de Xavier Dolan ou The Grand Budapest Hotel de Wes Anderson ), que la réalisatrice justifie en expliquant : « Le format carré convient bien aux grands arbres pour les extérieurs et accentue la proximité des éléments du plan avec le spectateur. Il convient bien également aux personnages. Le 4/3 n’a rien de spectaculaire. C’est un format modeste.»2 Cela rajoute, en effet, un aspect authentique au film (de par également le grain de l'inmage).
First Cow est donc un film simple mais très bien écrit et visuellement beau dans sa tacon de filmer la nature (différemment de Terrence Malik, car moins spectaculaire). Malgré ses deux heures, le film n'est pas ennuyeux. On peut s'endormir mais ce sera pour le plus grand plaisir de la réalisatrice car on aura certes loupé son film mais il aura quand même réussi à nous hypnotiser dans ces plans silencieux (et musique douce) et apaisants. C'est donc un film apaisant mais qui dépeint la violence d'une/des époque/s.

1.Interview Trois Couleurs/ du 10-12-2021
2.Entretien/ Allociné : secret de tournages
Flokita
Flokita

1 abonné 84 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 octobre 2021
La bande son est superbe ! Les bruits de la nature sont sublimés. Les paysages sont très beaux mais le format trop carré ne leur rend pas justice sur un écran de cinéma... C'est vraiment dommage. La narration est réussie. Les personnages sont réalistes et sympathiques : ils apportent une jolie tendresse dans ce monde de brutes qui n'est pas du tout caricaturé. On est loin des clichés, de la violence et du goût moderne pour la perversion.
Un beau film, qu'un format grand écran aurait rendu excellent.
anne boucays
anne boucays

5 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 2 novembre 2021
Trop long et tenu. Je ne suis pas admirative du tout. Les feuillus sont trop foncés et on ne voit presque pas la vache
Octavio Gry
Octavio Gry

24 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 1 mai 2026
L’ambition archéologique est affichée dès la première séquence : en déterrant deux squelettes anonymes, K. Reichardt reconstitue minutieusement la vie des pionniers et questionne les mythes fondateurs américains. A l’intérieur du cadre, humains, animaux, végétation cohabitent dans un Eden magnifiquement photographié. Mais l’utopie finit mal : les propriétaires construisent l’enclos autour de la vache et éliminent ceux qui veulent leur part du rêve américain.
Kethuwan
Kethuwan

17 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 17 décembre 2021
First Cow est une petite pépite de scénario : Du western culinaire, voilà qui est original et rafraîchissant !

En réalité, il s'agit plutôt d'un "anti-western" : S'il se passe pendant la conquête de l'ouest, parmi les trappeurs, la plupart des codes du western sont inversés :
Peu de paysages immenses, grandioses et désertiques, les décors sont plutôt les belles mais denses et sombres forêts de l'Oregon. Le cadrage est d'ailleurs très centré sur les acteurs (avec un format d'image 4:3), et les rares plans larges sont souvent filmés en caméra fixe.

Pas vraiment non plus de scènes "d'action", ou si peu, le réalisateur préfère s'intéresser à la vie quotidienne des personnages : La recherche de nourriture, la traite d'une vache, la marche en forêt... Même les scènes de poursuite sont filmées "calmement", la caméra s'attarde plus sur les moments de cache ou de repos des chassés que sur la course.

Les acteurs sont bons dans leurs rôles, mais souvent peu causants, un peu taciturnes, mais malgré tout attachants : On a envie de voir les héros progresser et réussir dans leur aventure un peu insensées, de les voir atteindre leurs rêves... Et voir Toby Jones dans une production aussi confidentielle est assez appréciable, d'autant plus que son rôle lui va à merveille.

Ce que je reprocherais au film est justement de vouloir trop prendre son temps : on finit par trouver le temps long pendant certaines scènes, et l'accumulation de ces scènes peut créer un peu d'ennui chez le spectateur (du moins, ça a été le cas chez moi). On pourrait également se dispenser de la scène d'introduction, ou tout du moins l'avoir sous une autre forme.

Mais ça reste pour autant un bon film que j'ai apprécié voir : L'histoire est prenante et inattendue, on s'attache aux personnages, on a le temps d'apprécier les décors de l'Oregon "profond"... Si le film avait duré une quinzaine de minutes de moins, il aurait pu être un vrai coup de cœur pour moi !
Reb
Reb

15 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 22 janvier 2022
Beau scénario et belle histoire. Les acteurs sont top. Malheureusement j'ai trouvé le film un peu trop long, je pense qu'il aurait pu avoir 30 minutes en moins. Il est un peu lent et mou, pas beaucoup d'action sauf à la fin. Petit risque de s'endormir.
Gruffalo75
Gruffalo75

7 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 novembre 2021
Très beau !
Film doux et agréable
Anti western mais d’autant plus juste
Un beau voyage en Amérique
Sylvain R
Sylvain R

5 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 juin 2021
C'est un film très lent, et paradoxalement très rapide. Il conte l'histoire de deux compères dans un laps de temps très court. L'histoire est intéressante, et parle de la prospérité économique des deux héros. Mais l'histoire n'est pas le point fort du film, elle juste banale sans vraiment de péripéties.
Les acteurs sont convaincants, (difficile avec un scénario pareil de rendre les personnages mémorables) la musique est peu présente mais le thème principal est sympa.

Le réel atout de First Cow, c'est la caméra et l'image. L'histoire est développé tout en douceur. Celle-ci m'a personnellement un peu assommé de fatigue au début, mais il ne faut pas croire que tous le film est ainsi. La caméra est lente, quasi que des plans fixes (les mouvements de caméra se comptent pratiquement sur les doigts de la main), la photo est simple mais magnifique de simplicité. La colorimétrie fade, nous plonge efficacement dans la nature sombre et vierge de l'époque.

Le film traite également, sans détail de la colonisation de l'Amérique du Nord par les colons et leurs cohabitations avec les populations locales. Nous pouvons également noté que First Cow met en évidence les rapports de classe : bourgeois/petit colons pauvres. spoiler: Le sort réservé au 2 voleurs est démesuré par rapport à leurs actes. Mais profitant de son monopole, le bourgeois est le seul maitre de la région, un dieu décidant de vie ou de mort sur ses sujets. Quelle ironie, qu'il ne propose pas aux voleurs de devenir ses cuisiniers, même en tant que punitions !?


First Cow, peut être lu de bien des manières, et un second visionnage pourrait même s'avérer intéressant.

Il s'adresse aux spectateurs préférant un cinéma plus doux, sans violence, et sans prise de tête.


J'aimerai aussi détaillé la fin de génie de la réalisatrice : spoiler: L'ultime plan n'aurait pas la même puissance émotionnelle sans le premier plan du film. En le voyant, je me suis demandé si je ne m'était pas trompé de salle, mais non. Pour moi, cette émotion tragique est aussi puissante grâce à plusieurs points. Tout d'abord, il n'y a aucune scène provoquant une émotion pareil dans le reste du film. Ensuite, l'écho que se font les deux plans, ne laissent aucun doute sur leurs rapports entre eux ou non. En troisième, le fait que la réalisatrice nous montre qu'ils sont suivit par un chasseur, permet d'expliquer leurs morts. Mais l'élément qui transmet le plus d'émotions est le suivant : le fait que King pense s'en sortir, lorsqu'il dit qu'il repartirons bientôt après juste une sieste. Seul eux, croit en leurs non mort, en ce lieu. Mais le chasseur, le plan d'introduction, laisse suggérer le pire pour nos deux pauvres cuisiniers. Mais pourquoi la réalisatrice a-t-elle laissé une fin ouverte ? Peut-être que nos deux compères s'en sont sortit ? Mais cette fin ouverte, c'est la goutte de trop de l'émotion. Elle permet aux spectateurs d'imaginer eux-mêmes la terrible fin du film. Les indices suggérant leurs morts ne laisse en fait aucun doute sur la tragédie. Elle qui était pourtant annoncée dès le début, mais qui laisse le spectateur dans une ultime et puissante émotion fatale.


Ce film est pour moi un chef d'œuvre. Personnellement, je trouve que plus de musique aurait rendu celui-ci encore plus réussi.
Allez-y, vous ne serez pas déçu.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 20 décembre 2021
Film mélancolique et prenant, crédible, il nous plonge parfaitement dans la dureté de la vie de ces premiers anglais qui ont débarqué dans cette région de l Amérique du Nord. Seul bémol l image n'est pas en 16 :9.
Frlef
Frlef

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3,5
Publiée le 24 octobre 2021
Un peu lent mais on apprécie la délicatesse du sujet. Un film définitivement original, qui rencontre un public amateur de ciné d'auteur
An ELuar
An ELuar

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5,0
Publiée le 9 juillet 2023
Ici la cruauté côtoie la tendresse. Magnifique parabole du capitalisme, dans une histoire ancrée dans le territoire américain contemporain, avec une scène d’ouverture sui donne le ton.
Sorte de western des origines, First cow est une très belle histoire d’amitié masculine, où déploie plusieurs sentiments d’une grande finesse. Rythme lent et contemplatif auquel on se laisse volontiers aller.
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