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Bertie Quincampoix
142 abonnés
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3,5
Publiée le 30 mai 2026
Premier long-métrage de Vincent Maël Cardona, Les magnétiques développe un univers singulier et inattendu, prenant pour cadre le parcours de deux frères évoluant dans la France du début des années 80, marquée par l’élection de François Mitterrand et l’éclosion des radios libres. Le film se concentre plus précisément sur l’itinéraire de Philippe, la vingtaine, timide et passionné de bidouillages sonores pré-numériques – un peu geek, dirait-on aujourd'hui. Si l’on ne comprend pas toujours où le film nous mène, son évocation d’une période révolue au son d'un rock britannique électrisant est d’une intégrité évidente. César du meilleur premier film en 2022.
C'était magnétique. Faisant un portrait très juste des premières années mitterrandiennes et du service militaire obligatoire qui ne nous manque pas vraiment, Les Magnétiques fascine pour les bricolages analogiques de son jeune protagoniste ingé son, dont le parcours initiatique est peut-être attendu mais pudique, préférant raconter peu que trop.
C'est un joli film, émouvant, voire bouleversant: il joue avec nos émotions. Il y a de belles images et une vraie atmosphère. C'est noir et en même temps joyeux. La reconstitution de cette fin des années 70, et début des années 80 est bien faite. Le scénario est pas mal non plus, avec une histoire qui se tient, une fin plutôt sympa, bien qu'elle ne soit pas tout à fait une fin. A voir.
Un petit film qui a des côtés attachants avec l’histoire de ce jeune garçon passionné de musique pop/rock et ayant une appétence pour le mixage. On va suivre son destin au début des années 80 . Mais le film est un peu brouillon et veut aborder beaucoup (trop) de sujets , on insiste lourdement sur l’élection de F. Mitterrand et le « changement culturel », mais on ne voit pas vraiment le rapport avec le récit principal. Idem pour la description glauque du métier de garagiste du père, dans une ville grise, crade et désespérante. Une drôle d’image, noire, donnée des garagistes et des petites villes de province. Le ton n’est pas bon presque méprisant. On peut supposer qu’il s’agit de retranscrire un ressenti, ce que ce que percevait le jeune garçon à ce moment là, mais c’est lourd , caricatural, pesant et même gênant par moment. Les meilleures parties sont les parties musicales, on sent le gout de Vincent Cardonna, le réalisateur pour le pop/punk et la new wave underground qui suivra, une très bonne sélection, de bons morceaux, une belle bande son. La partie sur son service militaire effectué en Allemagne, la découverte du Berlin Est , pré-punk est assez marrante. L’histoire d’amour de la jeune fille tiraillée entre les deux frères n’est pas très crédible, même si la jeune actrice Marie Colomb joue plutôt bien, déjà vue dans le très bon « la Voix royale ». La réalisation est assez médiocre. Un film que l’on aurait voulu aimer, mais rempli de faiblesses.
"Les Magnétiques" nous plongent au tout début des années 80. L'élection de Mitterrand, espoir pour la jeunesse. La musique synthé. Le service militaire. Et les radios pirates. Philippe et Jérôme sont deux frères tenant l'une d'entre elles, Radio Warsaw. Jérôme est la grande gueule, animateur sur les ondes. Philippe, très réservé, est un technicien du son prodige, qui fait des merveilles avec l'électronique analogique de l'époque. Jusqu'à ce que le service militaire le convoque... Je n'ai pas connu cette période (né plus tard, j'ai quand même connu les cassettes audio !). D'ailleurs Vincent Maël Cardona pas vraiment non plus, puisqu'il est né en 1980. Mais le réalisateur arrive à reconstituer cette époque, ou tout du moins son empreinte perçue, de manière assez bluffante. Via les décors et costumes certes, mais aussi de nombreux détails visuels. Ne serait-ce que tout le matériel rétro manipulé par le protagoniste ! Et les personnages masculins pour la plupart bourrus, entre lesquels le protagoniste plus doux est perdu. Le tout filmé dans la grisaille de la campagne anonyme, là encore bien retranscrite. Le réalisateur se permet par ailleurs quelques très jolies scènes, étonnantes pour un premier long-métrage. Je retiens celle du studio de la BFBS à Berlin, galvanisante. Et une scène d'amour très esthétisée. Côté acteurs, Joseph Olivennes et Thimotée Robart ont beau être plus vieux que leurs personnages, ils sont très à l'aise en petits c*ns de l'époque, chacun à son niveau. Thimotée Robart convient bien à ce rôle de jeune homme réservé, très maladroit quand il s'agit de communiquer par les mots, brillants quand on le laisse s'exprimer par les sons artificiels. Pour l'anecdote ce dernier mène en parallèle de sa carrière d'acteur une activité de... perchman ! Logique... Je ne serai pas aussi positif sur le scénario, sans grande surprise. J'ai un peu de mal à croire qu'il a fallu 10 ans (!) au réalisateur pour l'élaborer, avec une tripotée de scénaristes. Ou alors c'est qu'ils avaient aussi anticipé les visuels ? En tous les cas, "Les Magnétiques" est un beau premier long-métrage pour son réalisateur.
Ce premier film de Vincent Maël Cardona, à qui l’on doit ensuite la série « De grâce », est une chronique sincère sur les premières radios libres qui ont éclos au début des années 80. La réalisation est soignée et l’histoire se tient mais l’ennui guette par moments.
Au delà d'un scénario qui cherche sa ligne directrice, on vit dans ce film plusieurs histoires intéressantes. Celle d'une tranche d'époque (les années 80), celle du service militaire et du rendez-vous préalable des 3 jours avec la tentative de réforme P4 (j'ai vécu ce moment au côté d'autres futurs appelés), celle de l'amour entre deux frères et celle de l'amour entre un jeune homme et une jeune femme qui ont peu de visibilité sur leur avenir. La forme est très réussie, avec un mélange de sobriété campagnarde, de musique underground et d'expérimentation musicale. On est loin des films français sur-éclairés à faible scénario (que ce soit les comédies ou les drames) et interprétés par des acteurs qui tapent la cloche chez Vivement dimanche. Même si l'acteur principal manque un peu de charisme (au delà de son personnage de jeune homme effacé) et d'intensité, les 2 autres acteurs ont une belle présence et apportent beaucoup à l'ambiance du film. Le titre me semble avoir un double sens et sonne très bien. Une assez belle réussite.
On est pris dans l'histoire et dans l'époque, le son est fantastique, la musique géniale. La photo est aussi très belle et évolue avec les personnages.
Film pour moi très ennuyeux ! Je ne voyais pas du tout où auteur et réalisateur voulaient nous emmener. Tout n’est pas à rejeter, notamment la reconstitution des années 80, le jeu des acteurs ou plutôt le fait que les acteurs ne jouent pas mais semblent habiter leur personnage. Ce qui explique ma note qui n’est pas zéro
Le récit d'apprentissage, doublé du portrait d'une époque et d'une génération, est réussi. C'est un concentré de nostalgie avec un souci du détail, du sensoriel, qui doit être bouleversant pour ceux qui étaient adolescents/jeunes adultes dans les années 80. On ressent une recherche permanente de la justesse, une pudeur des sentiments, un refus de l'esbroufe qui sont les bienvenus... Mais le film finit par se perdre entre portrait générationnel et coming of age, se dilate dans sa reconstitution et, à l'image de son personnage principal qui aime bidouiller des sons plus qu'il n'aime la musique, loupe le coche de l'émotion, trop embué dans sa mélancolie rétrophile.
Ce film donne une image du cinéma Français abusivement horrible. Je qualifierais cela de téléfilm de cinéma pour les nostalgiques des années 80 et de 68...
Une version ratage de l’amour dans le décor des années 80 d’une province française populaire. Chaque personnage est coincé dans son mal être et empêtré dans ses divisions et ses empêchements. Le protagoniste est talentueux et créatif ce qui lui permettra de s’extraire de cette destinée familiale figée. C’est un film nostalgique sur ces années que l’élection de François Mitterand promettait pleine de changement, de liberté et d’expression créative. Ce qui en ressort ici dans cette famille c’est le ratage, les atavismes, la résignation et l’autodestruction. Porter ses rêves jusqu’au principe de réalité d’action demande un véritable arrachement, celui qui permet de s’extraire de ses identifications (familiales, sociales, paternelles, fraternelles…), celles qui poussent au fatalisme et à l’emprisonnement dans sa propre condition.
Film sur les années 80 et les radios libres, avec une histoire d'amour et des rapports générationnels classiques. Les meilleurs moments sont les créations audio, bien filmées et mises en valeur, autour d'une bande son tonique. Mais sans plus dans l'ensemble.