Dans son Manifeste du surréalisme (1924), André Breton définit les fous comme des êtres « qui puisent un grand réconfort dans leur imagination », qui « goûtent assez leur délire pour supporter qu’il ne soit valable que pour eux ». Dès lors, que Ferdinand refuse à de nombreuses reprises, tel un leitmotiv parmi d’autres, de répondre au prénom « Pierrot » imposé par Marianne et, ce faisant, de coïncider avec le titre du film qui subordonnerait sinon Ferdinand, alias Pierrot, au « fou », montre son attachement à une liberté qui se partage, et à l’exercice de cette liberté en partage. Lui est un personnage qui ne cesse de raconter ce qu’il vit à un public multiple duquel font partie intégrante les spectateurs de cinéma spoiler: – en témoignent les transgressions de l’illusion référentielle par des regards face caméra, par la perturbation de l’extradiégétique par les protagonistes qui décident, en gestes ou en paroles, d’interrompre une musique ou de changer de scène – , lecteur tout autant qu’écrivain voire même artiste complet puisqu’il spoiler: rejoue la guerre du Vietnam avec des allumettes et se peint le visage en bleu avant de l’entourer de dynamite rouge et jaune, performance digne du cartoon américain . Face à Ferdinand se déplace, insaisissable, la belle Marianne qui vit dans un présent perçu comme l’accomplissement d’un projet bien précis : en cela, elle appartient pleinement au genre du polar, reconduit le stéréotype de spoiler: la femme fatale parée d’innocence (peluche à l’appui) qui endort la vigilance par son chant . Le road trip ainsi formé se charge d’une tonalité tragique, qu’alimentent pourtant la confusion des registres et la profusion des références à l’art intégrées pêle-mêle au récit comme le pratiquent les surréalistes (collage). En résulte un paradoxe époustouflant : la référentialité se fait vectrice de vitalité – d’ordre intellectuel, physique mais aussi rythmique, principe de ligature des plans, liant permettant au livre d’images de tenir et d’être animé – et vectrice de spoiler: morbidité puisqu’elle représente la course de ses personnages comme l’imitation d’une course remontant aux origines de l’art et donc de l’homme. Le geste libertaire de Ferdinand, alias Pierrot, recouvre alors la qualification de « fou » parce qu’il ne cesse de revenir à l’enfance, un volume des Pieds Nickelés sous le bras ; et ce dialogue à l’enfant ouvrait d’ailleurs le long métrage, par la lecture d’un essai sur l’histoire de l’art à une petite fille. « Là, l’absence de toute rigueur connue lui laisse la perspective de plusieurs vies menées à la fois ; il s’enracine dans cette illusion ; il ne veut plus connaître que la facilité momentanée, extrême, de toutes choses » disait encore André Breton. Jean-Luc Godard l’a parfaitement compris. Chef-d’œuvre.
Ce film comporte tous les défauts de la nouvelle vague. Il part dans tous les sens et franchement on ne comprend pas tout. C’est très bavard avec des réflexions pseudo philosophiques. Il y a même des moments de comédie musicale limite malaisants tellement c’est mauvais. Le scénario est assez pauvre. Heureusement, ce film est sauvé par ses acteurs, tous les deux magnifiques et parfaits dans ce décor de bord de mer.
Superbe expérience offerte par Jean-Luc Godard. Un film au cadrage ultra millimétré donnant une mise en scène captivante, au rythme haletant, aux répliques percutantes sans parler du charisme habituel de Belmondo. Les personnages ont une alchimie très plaisante et même si l’ambiance générale est plutôt dramatique, le métrage se permet quelques sorties humoristiques réussies.
Décidément, le cinéma de Jean-Luc Godard et moi, ça fait deux. Après À bout de souffle, que je n’avais déjà pas aimé, je me suis lancé dans Pierrot le Fou, en me disant : “Il est bien noté, il doit bien y avoir quelque chose à en tirer.” Eh bien… non.
Ce road-movie expérimental m’a laissé totalement hermétique. L’histoire, si on peut parler d’histoire, semble décousue, enchaînant les scènes sans réel liant. L’absurde règne en maître, et l’impression d’improvisation totale des acteurs (Belmondo et Anna Karina) donne au film un côté brouillon qui m’a totalement perdu. Certes, on peut saluer une certaine audace visuelle et un ton décalé, mais quand tout semble n’être qu’un prétexte à la désinvolture et au non-sens, difficile d’adhérer.
On appelle ça la Nouvelle Vague, mais moi, je n’ai pas réussi à la surfer. Un cinéma qui se veut libre et poétique, mais qui m’a surtout semblé prétentieux et hermétique. Définitivement pas mon style.
Première rencontre avec Godard et que dire ? L'étalage faussement intello d'une fraude qui n'a que trop durée, Jean-Luc Godard ou juste moi qui suis bête ?
J’ai décidément beaucoup de mal avec Godard, et avec la Nouvelle Vague en général. Alors c’est sûr, ça devait être disruptif à l’époque, et ça le reste un peu, mais qu’est-ce que c’est long et creux ! On a vraiment l’impression d’un film conceptuel, où le projet n’est pas de raconter une histoire mais juste de casser tous les codes. On va donc multiplier les plans où les personnages sont tronqués, casser le 4ème mur et s’adresser au spectateur sans raison, ou encore faire raconter le récit par les personnages. Ces mêmes personnages vont répéter des répliques comme une litanie, et puis on va introduire des passages de comédie musicale, ou des passages écrits dans un carnet. Et puis ajouter une touche d’absurde, pour le plaisir. Ce gloubi-boulga ne marche pas. On se retrouve avec une histoire décousue et une accumulation d’effets qui ne provoquent que l’ennui. Certaines scènes sont grotesques spoiler: (la scène de théâtre devant les Américains, par exemple) . Et même les longues scènes en voiture, tournées en studio, sont ratées, avec les mêmes lumières qui reviennent en boucle toutes les 3 secondes alors que sur les plans larges il n’y a pas de lampadaires. Il reste Belmondo et Anna Karina, sympathiques mais mal dirigés et donc peu convaincants. J’ai beaucoup de mal à comprendre comment l’on peut encenser ce film...
J'ai toujours eu une aversion pour le cinéma dit de nouvelle vague, "pierrot le fou" souvent considéré comme un chef d'œuvre a attisé ma curiosité, je me suis donc lancé dans la vision de ce film et verdict : un grand foutoir prétentieux, bref un film de la nouvelle vague ! Une étoile pour la scène avec Raymond Devos, la seule digne d'intérêt dans cette réalisation.
Le cinéma de Godard est très particulier, avec un style propre à lui même, aini qu'une patte vraiment reconnaissable. Pour "Pierrot le Fou", on part sur un film de romance road trip très spéciale. Il est impossible de comprendre à 100% son cinéma, surtout quand on est pas adepte à son style. Pour ma part, je suis tout le temps dans l'interrogation. Mais sa mise en scène, et surtout ses DIALOGUES portent le film de très haut ! Fort heureusement car sinon, le film est loin d'être "parfait" comme je pourrais l'entendre. C est un style qui plaît à certains et donc, qu'il ne convient pas à tout le monde. C etait une bonne expérience
Certes, Godard déconstruit le cinéma, bouscule le cinéma de papa, a des couleurs magnifiques et des cadrages inventifs. Mais au final, son histoire est incompréhensible, ses personnages peu crédibles et on s'ennuie à mourir !
Un film que je découvre tardivement. la construction, la manière de filmer, le montage sont originaux, mais si ça suffit à faire parler et discuter à l'infini de la nouvelle vague, ça ne suffit pas à rendre ce film clair et séduisant
Dialogues affligeants, situations invraisemblables, un cinéma expérimental pseudo intello qui se prend bien la tête, un pur exercice de style sans queue ni tête .... dès le début, ce film m'a horripilé et je n'ai finalement tenu que 20 mns ... faut il que ce soit vraiment mauvais pour que je lache l'affaire aussi rapidement !
Un scénario sans queue ni tête. Un film destructuré comme un nouveau roman. Je me suis accroché pour le voir jusqu'au bout puisque le présentateur de la télé le présentait comme génial. Je lui ai mis 1,5 pour le jeu de Belmondo et surtout d'Anna Karina...
Une note moyenne, car visuellement réussi, souvent poétique et original (voire avant-gardiste) par certains aspects, mais un scénario fumiste (sans doute assumé), un côté expérimental plutôt foutoir et prétentieux. On hésite entre applaudir l’aspect novateur et non conventionnel ou fustiger du grand n'importe quoi.
Pierrot le Fou est une œuvre iconoclaste et flamboyante !
Le film nous plonge dans l'univers tourbillonnant de Ferdinand Griffon, un homme ordinaire pris au piège d'une vie routinière et monotone. Sa rencontre avec Marianne, une femme libre et énigmatique, le propulse dans une aventure insensée, un voyage onirique où les codes du cinéma classique sont bousculés et les frontières entre réalité et fiction se diluent.
Godard déploie une virtuosité technique époustouflante, multipliant les références culturelles et les jeux de langage. Le film s'articule autour d'un kaléidoscope d'images, où les couleurs vives et saturées explosent à l'écran, créant une atmosphère électrique et envoûtante.
La narration, fragmentée et non linéaire, épouse le rythme effréné de la fuite de Ferdinand et Marianne. Des citations littéraires et des réflexions philosophiques ponctuent le récit, ajoutant une dimension poétique et introspective à cette odyssée moderne.
Pierrot le Fou n'est pas un simple film, c'est une expérience immersive qui questionne la nature du cinéma et le rôle du spectateur. Godard nous invite à réfléchir sur la société de consommation, l'aliénation et la quête de liberté.