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brianpatrick
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3,5
Publiée le 10 mars 2026
Un bon petit vaudeville sans prétention. Une photographie recherchée. Par contre un scénario improbable. Une suite de blags qui passent plus ou moins bien. Des scènes mitigées, comme l'affaire avec les britanniques dans le lac du parc de Vincennes. Des histoires moyennement drôles. Des situations cocasses moyennement drôles. On prend plus plaisir de voir la plastique d'Anais Demoustier trepasser tout le long du film. Cette actrice peut remercier ses parents. Mais après on recherche l'intrigue, et effectivement elle n'arrive pas. Ou bien elle reste très faible.
C’est peu dire que j’avais beaucoup aimé La Loi de la Jungle, le précédent film de Peretjako. Alors quand l’occasion de voir La Pièce Rapportée se présente, je fonce.
Pour faire simple, une famille de bourgeois se voit confrontée à une belle-fille inattendue. Le fiston de la famille n’étant pas très porté sur les rencontres et les jeux de l’amour, c’est elle qui tombe sur lui par hasard … et flaire le bon coup. Seulement voilà, une fois dans l’antre et dans la vie de cette famille qui n’a besoin de rien, elle s’emmerde et traîne et badine et l’inévitable finit par arriver. La belle-doche voit tout ça d’un bien mauvais œil et n’a pas l’intention de s’en laisser conter.
Sur un ton léger comme une brise de printemps, comme les robes d’Anaïs Demoustier, comme la mèche de Philippe Katerine, le film débute sur une voix off qui nous situe les personnages et le milieu dans lequel ils évoluent. Mais la légèreté n’est pas synonyme de finesse. Ce sera le premier écueil du film. C’est à gros traits qu’on nous brosse le portrait d’une classe sociale ridicule vivant dans l’opulence, voire dans le cliché de l’opulence. Mais au fond, c’est parce que ce n’est pas ce qui intéresse le réalisateur ici. Non, la drôlerie est dans le détail, celui qui justement ne se voit pas de loin. Les petites remarques sur les enjeux politiques du moment (ou de toujours), l’entre-soi qui ne veut rien comprendre, la compromission des valeurs. La drôlerie est aussi dans une galerie de personnages pittoresques incarnés avec panache par une belle brochette (Balasko, Katerine, Lebghil, Lopez, Duquesne …), toujours ridicules. Donc au-delà de la lourdeur de la description, c’est assez drôle. Pas la grosse marrade non plus mais quand on est disposé, ça marche assez bien. Bien qu’on soit très loin du grain de folie rafraîchissant de La Loi de la Jungle. Il est en revanche très dommage que la mise en scène soit aux abonnés absents. C’est une certaine paresse qui domine et on a constamment cette impression de voir du théâtre filmé. Un truc plan-plan en somme. Ça gâchera le ton légèrement irrévérencieux que l’entreprise semble vouloir entretenir par moment.
En clair, c’est une déception mais ce n’est pas un mauvais film pour autant et surtout pas un mauvais moment. Les situations et les personnages garantissent un sourire constant. On attendra cependant bien mieux de la prochaine réalisation de Peretjako. Et en attendant, il me reste La Fille du 14 Juillet à voir.
Une Comédie romantique et subversive coécrite et délicatement mise en scène par Antonin Peretjatko. Avec une histoire qui peine à se mettre en marche, le scénario, plutôt léger, nous délivre néanmoins de bonnes idées, un peu d'action, des surprises, du rire et beaucoup de dérision. Outre la sympathique participation de Philippe Duquesne, cette réalisation nous offre une jolie distribution ; si Anaïs Demoustier se révèle pétillante à souhait, Philippe Katerine montre quelques difficultés à briller dans un rôle il est vrai insipide. Quant à Josiane Balasko, loin de son humour coutumier, elle exprime pleinement sa verve habituelle avec ce personnage central haut en couleur.
Une comédie qui fait mouche à quelques occasions par son humour burlesque et décalé mais cela ne sauve pas l’ensemble de sa lourdeur globale. Seule Anaïs Demoustier apporte un peu de fraîcheur à cette « Pièce Rapportée ».
Rarement; à travers les âges, un film n'aura aussi bien porté son nom. J'vous jure que c'est vrai les mecs. Bon, dire que je ne me suis pas marré en regardant ça, ce serait vous raconter des cracks parce qu'effectivement, il y a des choses qui m'ont plu là-dedans. Un message en début de film faisant (à sa façon) la promotion de la parité, une chasse aux sangliers qui se termine par huit gilets jaunes fusillés sans pitié à la place de l'animal, le chien qui fume la pipe, Ava planquée dans un étui de contrebasse, à oilpé évidement, sinon ce ne serait pas drôle, des riches qui font péter le champagne quand ils apprennent que l'ISF est supprimé, d'autres riches menacés d'être fiscalement domiciliés en France si la Reine-mère n'obtient pas ce qu'elle veut, l'ascenseur Pinochet avec au passage une opinion positive du régime du dictateur chilien ( ce qui serait bien évidemment inacceptable si c'était pensé sérieusement) et deux ou trois autres trucs. Mais, vous dire que je me suis senti pleinement concerné serait également vous mentir. Ce n'est pas ces clichés à gros sabots sur les bourgeois qui m'ont gêné mais bel et bien le manque de folie général, surtout que le film lorgne carrément vers les comédies vaudevillesque des années 60 et 70, allant même jusqu'à proposer un générique, un lettrage et une musique les rappelant. En dehors des quelques idées énoncées ci-dessus, le film survit aussi grâce au trio Demoustier/Balasko/Katerine. Chacun des trois évoluant dans un registre qu'on lui connaît ou que l'on commence à lui connaître. Mention honorable.
Anaïs Demoustier et Philippe Katerine sont presque aussi bien que Vimala Pons et Vincent Macaigne dans le film précédent du réalisateur. La fantaisie est toujours très présente dans ce dernier long-métrage mais l'univers du vaudeville l'enserre quelque peu dans un carcan désuet. C'est dommage même si on passe un moment agréable et que Balasko est supportable, bien qu'elle en fasse des tonnes. La scène du concert et de l'étui du violoncelle est la plus drôle.
Petite comédie agréable à regarder. Ce n’est pas du grand cinéma mais ça a le mérite d’être frais et bien interprété. Les 4 acteurs principaux sont dans leur rôle et donnent vie avec malice aux personnages.
La lutte des classes représentée dans La Pièce rapportée mute en dialogue entre l’ancien et le nouveau, à l’instar du remplacement du mobilier d’intérieur que refuse la terrible belle-mère : l’écriture vaudevillesque du scénario, qui adapte une nouvelle écrite par Noëlle Renaude, est synonyme de dynamisme et se réjouit des stéréotypes qu’incarnent les personnages au contact desquels s’égarent et s’aiment deux parvenus. Les séquences puisent à différentes sources : le voyage d’Ava nue dans une contrebasse cite la nouvelle Le Roman d’une contrebasse d’Anton Tchekhov, les tenues et déguisements portés par la jeune femme emprunte aux comédies musicales américaines ayant adopté Paris comme chef-lieu – on pense notamment à celles réalisées par Stanley Donen –, la fantaisie dont témoigne la mise en scène pourrait s’y rattacher, ainsi qu’au cinéma de René Clair par exemple, en témoigne l’attachement à la tour Eiffel et aux différents quartiers emblématiques de la capitale, reconsidérés à la lumière des sans-abris peuplant les bas-côtés de l’autoroute. Le réalisateur Antonin Peretjatko conçoit une atmosphère tout aussi désuète que le reliquat d’aristocratie ici croqué et orchestre la revanche des déclassés avec verve, malice et drôlerie. Une belle réussite portée par d’excellents comédiens.
Décidément la belle Anaïs Demoustier enchaine les rôles légers ces derniers temps. Elle campe ici la fiancée d'un Philippe Katerine, vieux garçon vivant sous la coupe de la démoniaque veuve, Adélaïde Château-Têtard (Josiane Balasko). Cette dernière a une activité cinématographique également intense en ce moment. Elle trouve un rôle à la hauteur de son potentiel comique. Dans la lignée de "La loi de la jungle" du même cinéaste Antonin Peretjatko, on passe un bon moment devant ce marivaudage déjanté. Bon...après, ce n'est pas non plus la comédie de l'année mais les deux actrices sont délicieuses, d'espièglerie pour l'une, de sadisme pour l'autre.
Film qui ne promet pas la lune mais qui m à permis de passer un très bon moment. Un excellent feel good en somme. Certes, il y a quelques scènes tirées par les cheveux mais cela fonctionne tout de même. Josiane Balasko est exquise, très drôle. Philippe katerine et Anais Dumoustier sont excellents aussi. A noter une photo lumineuse.
Après ‘La fille du 14 juillet’ et ‘La loi de la jungle’, Antonin Peretjatko confirme qu’il est un cas à part au sein de la comédie française. Son dernier film s’empare d’un sujet de comédie hexagonale typique - la lutte des classes et les ultra-riches - pour le décortiquer dans une veine burlesque, empreinte de poésie absurde, et d’un tempo qui force les acteurs à faire usage de leurs corps bien au-delà de ce que réclament les comédies françaises moyennes. Ces caractéristiques atypiques, toujours présentes au sein de la comédie américaine - ont disparu d’une époque et d’un créneau où le verbal, le référentiel et le cinglant règnent en maîtres incontestés. De fait, ‘la pièce rapportée’ est rarement bouleversante de drôlerie…mais c’est cette foule de petits détails et d’excentricités qui la rend aussi amusante à découvrir.. Il s’agit en effet de pur théâtre de boulevard avec ses cocus dans l’armoire et ses chauffeurs de limousine pour qui s’occuper de Madame entre aussi dans le profil de fonction, quelque chose de terriblement suranné et vieillot, où l’idée “d’interner” - encore un mot d’un autre temps au cinéma ! - la vieille qui zozote du trolley peut constituer un enjeu majeur, et où il est possible de faire du vol des vêtements après une baignade un gag à rallonge. Pourtant, ça fonctionne, beaucoup mieux qu’un franc authentique comme l’était la récente adaptation du ‘dindon’ de Feydau, qui ne faisait confiance qu’à ses dialogues. Avec ses téléphones qui sautillent quand ils sonnent, son chien qui fume la pipe ou sa belle-mère renversée par un piano à queue, Peretjatko n’est jamais dupe et fait d’un vaudeville autrefois écrit pour le magazine féminin “Bonne soirée’, un film consciemment et ludiquement passéiste, qui obéit à tous les codes des bande-dessinées familiales et fatalement un peu ringardes d’il y a un 40 ou 50 ans.
Un petit film atypique, un faux boulevard dans une ambiance sixties. Ca ne mange pas de pain, c'est divertissant, Philippe Katerine est égal à lui-même, Josiane Balasko est truculente et Anaïs Demoustier enflamme l'écran par son érotisme aquatique. Amusant et surprenant.