Film de guerre coécrit et réalisé par Francis Ford Coppola, Apocalypse Now est une immense œuvre cinématographique. L'histoire se déroule pendant la guerre du Viêt Nam et nous fait suivre le capitaine Willard qui se voit confier une mission par les services secrets de l'armée américaine consistant à retrouver et exécuter le colonel Kurtz, dont les méthodes sont jugées malsaines. Celui-ci, établi au-delà de la frontière avec le Cambodge, a pris la tête d'un groupe de Mnong et mène des opérations contre l'ennemi avec une sauvagerie terrifiante. C'est ainsi qu'à bord d'un patrouilleur et de son équipage mis à sa disposition que Willard doit remonter le fleuve jusqu'au plus profond de la jungle pour éliminer l'officier. Mais ce voyage au péril de leurs vies va laisser des marques indélébiles chez ces hommes. Ce scénario clair et limpide, librement adapté du roman court Heart Of Darkness de l'auteur Joseph Conrad, publié en 1899, s'avère particulièrement prenant à visionner tout du long de sa durée de plus de trois heures dans sa version Final Cut. Une durée nécessaire qui ne se fait presque pas ressentir, hormis deux petites longueurs lors du passage avec les français et lors du dernier acte. L'intrigue nous embarque dès les premiers instants dans son ambiance psychédélique qui va s'accentuer au fil des minutes de cette avancée au cœur du conflit. Le récit nous fait vivre un véritable cauchemar en nous plongeant de façon immersive dans l'enfer de cette bataille n'occultant aucunement les horreurs d'une telle guerre et les conséquences de celle-ci sur les soldats. On avance ainsi, bercés par la narration du principal intéressé, sur ce fleuve serpentant au milieu des terres où la menace peu surgir de partout. Si la vie à bord du patrouilleur permet aux hommes d'apprendre à se connaître davantage, chaque arrêt sur la terre ferme apporte pour sa part sa dose d'adrénaline. Tout cela donne lieu à des scènes mémorables au sein desquels la cruauté, la folie et la peur se mêlent. Les scènes d'action sont d'une intensité incroyable en nous faisant vivre au plus près le parcours de ces hommes pris sous les feu ennemi et sous les obus alliés, générant ainsi énormément de tension. L'ambiance se veut palpable en nous faisant ressentir la moiteur et l'humidité du pays traversé, en plus de parfaitement retranscrire les effets physiques et psychiques de cette mission. L'ensemble est porté par des personnages attachants, à commencer par les hommes à bord du patrouilleur. Des rôles joués par une distribution des plus convaincante comprenant Martin Sheen, Frederic Forrest, Sam Bottoms, Albert Hall et le jeune Laurence Fishburne. Robert Duvall campe lui un lieutenant-colonel ultra charismatique apportant une petite touche d'humour bienvenue, alors que Marlon Brando incarne un colonel mystique. À noter également les prestations de Dennis Hopper, . Spradlin, Harrison Ford, ou encore Scott Glenn. Tous ces individus entretiennent des rapports basés sur l'entraide et les valeurs de l'armée, qui procurent beaucoup d'émotions, notamment de l'empathie pour les membres de l'équipage. Des échanges soutenus par des dialogues très bien écrits, toujours justes. Sur la forme, la réalisation du cinéaste américain est tout simplement grandiose. Sa mise en scène est spectaculaire et nous gratifie de séquences réalistes dans lesquels il se passe toujours quelque chose que ce soit au premier ou au second plan, voir même au troisième. Elle est d'une très grande richesse créative en superposant et en mêlant les images et change constamment d'atmosphère esthétique d'une scène à l'autre. Elle évolue dans des environnements dont l'hostilité est parfaitement retranscrite à l'écran et la destruction des décors lors des batailles est époustouflante. De plus, la colorimétrie singulière lui confère une photographie aussi sublime que funeste. Ce visuel techniquement remarquable est en plus accompagné par une bande originale mémorable signée par Carmine Coppola et son fils Francis Ford lui-même. Leurs compositions ne font qu'un avec la nature et les bruits entendus tout du long. Elles se fondent avec les pales des hélicoptères et les explosions. Elle confèrent au métrage une atmosphère renforcée et s'accordent à merveille avec l'action et les images. De plus, elle intègre plusieurs titres connus comme The End des Doors et Satisfaction des Rolling Stones, qui s'accordent parfaitement avec les séquences accompagnées. La Chevauchée Des Walkyries de Richard Wagner nous offre elle également une séquence auditive inoubliable. Ce périple éreintant s'achève sur une fin à la hauteur du reste de la narration, venant ainsi mettre un terme à Apocalypse Now qui, en conclusion, est un véritable chef-d’œuvre du septième art, faisant de lui un film incontournable devant absolument être admiré.