Apocalypse Now est difficile à définir. On suit le capitaine Willard, interprété par Martin Sheen, sombré dans la folie dans sa chambre d'hôtel à Saïgon pendant la guerre du Vietnam, n'ayant rien à faire et attendant désespérément une mission.
Il obtient finalement une mission top secrète où il doit retrouver et "neutraliser" le colonel Walter Kurtz, menant une guerre brutale et ne suivant plus les instructions de ses supérieurs dans un coin reculé où il est vénéré.
Une véritable odyssée est donc lancée, où Willard et son équipe remontent le fleuve Nung pour retrouver Kurtz, et où l'on est plongé dans les tréfonds du Vietnam et de la folie humaine. L'immersion est totale, on se perd dans les entrailles de la jungle tout comme Willard.
Ce n'est peut-être pas pertinent d'en parler ici vu qu'il est sorti bien après, mais l'ayant déjà vu, cela m'a énormément fait penser à Silence de Scorsese. En effet, nous suivons des hommes d'une grande institution occidentale qui ont pour mission d'aller à l'autre bout du monde, en Asie, en terre hostile, afin de retrouver un ancien haut gradé de cette institution ayant renoncé à ses principes pour embrasser la culture locale tout en ayant un doute sur ses réelles intentions.
Cependant, c'est différent dans les thématiques : ici, cela montre la guerre du Vietnam, sa dureté, tout en questionnant l'utilité de la présence américaine tout au long du métrage. On est témoin des pires horreurs de la guerre avec des massacres inutiles, sans fondement,
de barques ou même de villages
entiers, la folie meurtrière s'étant emparée des personnages.
Cela n'empêche pas d'avoir son lot de scènes cultes de guerre, le tout accompagné d'une BO épique,
comme la scène de la chevauchée des Walkyries par exemple.
Dans le même temps, le personnage de Kurtz plane sur toute l'œuvre même si l'on ne le voit pas, de par ses écrits ou les récits sur lui lus par Willard. Un sentiment ambivalent commence à l'habiter entre interrogation et admiration.
Le final, dans lequel Willard le trouve enfin,
est irréel dans une ambiance mystique où Kurtz apparaît comme un véritable gourou dans la pénombre. En fin de compte, Ce film est psychologiquement intense et marquant, avec une aura si particulière.