Seules Les Bêtes
Note moyenne
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261 critiques spectateurs

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William Dardeau
William Dardeau

36 abonnés 176 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 6 décembre 2019
On avait oublié Dominik Moll depuis l'excellent Harry, un ami qui vous veut du bien. On est tout heureux de le retrouver dans ce polar "glaçant" au sens propre et au sens figuré. Le début paraît poussif et convenu; on craint fort de s'être laissé embarquer dans un téléfilm style "meurtre dans le massif des Causses". Mais très rapidement le spectateur comprend qu'il ne s'agit pas du tout de cela. Très intelligemment et avec une grande maîtrise, Dominik Moll détourne les codes du polar, pour raconter une histoire de passions extrêmes, de solitudes, de recherche éperdue. Et le film devient passionnant, jusqu'à un final très abouti. Il faut souhaiter que Seules les bêtes aura du succès, pour que Dominnik Moll puise continuer à nous offrir de tels films, malheureusement rares dans le cinéma français. Hautement recommandé.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 4 décembre 2019
Je me suis limité au résumé du scénario devant le cinéma... sans avoir vu la bande-annonce. La première scène m’a forcément surpris mais rapidement on comprend la réalisation du film... une disparition, des séquences vécues par divers personnages et le tout rassemblé conduit à la résolution de l’intrigue... Vraiment excellent !!!... Un film sans promotion extravagante amène souvent à une très belle surprise...
Jorik V

1 363 abonnés 1 952 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 4 janvier 2020
Voilà un thriller choral qui utilise un procédé narratif connu : celui de voir rejouer les mêmes scènes selon le point de vue des différents personnages, un procédé initié il y a plus d’un demi-siècle par le précurseur Kurosawa avec « Rashomon » et relayé par les plus grands depuis, de Tarantino à De Palma. Mais aussi dans bon nombre de séries B, tel qu’on a récemment pu le voir avec « Sale temps à l’hôtel El Royale ». Un type de structure que l’on voit donc apparaître épisodiquement au cinéma, emprunté par certains cinéastes mais pas forcément à bon escient, ce qui peut dans certains cas révéler un simple gimmick de style plutôt qu’une véritable nécessité narrative. Dominik Moll, qui représente l’un de nos meilleurs auteurs hexagonaux en termes de polar depuis son magistral « Harry, un ami qui vous veut du bien » il y a vingt ans, ne s’y trompe pas : il utilise la même trame éclatée que celle du roman dont le film est adapté. Et, à l’écran, cet artifice est utilisé de la meilleure des manières ce qui a pour effet d’embarquer le spectateur dans sa toile d’araignée. Durant les deux premiers tiers tout du moins…



Car dans cette découpe en chapitres selon cinq personnages, le résultat est indéniablement maîtrisé et réussi. Chaque nouveau segment rebat les cartes de l’histoire et donc les suppositions du spectateur quant à la résolution du mystère. « Seules les bêtes » s’avère donc puissamment intrigant et on a vraiment envie de connaître le fin mot de cette disparition. Les tenants et les aboutissants de ce polar, qui se déroule dans un coin perdu du Massif central mais a des ramifications jusqu’à Abidjan, attise la curiosité. Le contexte de ce plateau de Causse enneigé joue également pour beaucoup dans le côté ténébreux du long-métrage. Moll sait instaurer une atmosphère inquiétante et provoquer la tension chez le spectateur. La troupe d’acteurs réunis pour l’occasion et qui joue pour la plupart une partition en solo ou en duo n’empêche pas une homogénéité du casting incontestable.



Les rebondissements s’égrènent de manière régulière pour que jamais le rythme ne se relâche. Et petit à petit, on réussit à dénouer les fils de l’intrigue. Une intrigue qui s’est bâtie sur la solitude affective ordinaire à l’heure des réseaux sociaux et sur les hasards de la vie qui peuvent aboutir à de sacrés concours de circonstances. Il faut donc parfois laisser sa logique au placard car certains aspects du scénario peuvent sembler hautement improbables, notamment une conclusion surprenante mais quelque peu invraisemblable si l’on n’est pas versé dans le domaine des coïncidences heureuses. Cependant, on est un peu déçu que lors de la dernière partie tout le suspense soit éventé car on a déjà assemblé les pièces du puzzle. On a l’impression d’avoir un coup d’avance sur le protagoniste principal du dernier chapitre et que le scénario tourne à vide et radote. Pas que l’on s’ennuie, car on admire les fondations d’un script retors et dont les morceaux sont parfaitement imbriqués, mais on aurait aimé être tout aussi stimulé qu’au début. « Seules les bêtes » reste pour autant un film noir de haute tenue, prenant comme il faut et à l’atmosphère singulière et réussie.



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Jack K.
Jack K.

17 abonnés 52 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 8 décembre 2019
Excellent moment de cinéma. L'histoire à tiroirs multiples et l'enchaînement des évènements sont tout simplement bluffants. Les comédiens sont magnifiques de justesse et le Causse est un personnage à lui tout seul. Youpie un bon film !
Jecesse
Jecesse

5 abonnés 16 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 décembre 2019
Quel film! une superbe claque française! ENFIN!
Acteurs excellents, découpage, lumière et musique qui rejoignent un même but!
Yves G.

1 845 abonnés 4 020 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 10 décembre 2019
Sur le causse du Larzac, battu par les vents, une femme disparaît. Evelyn Lucat (Valeria Bruni Tedeschi) avait la quarantaine et vivait dans une grande bâtisse rénovée. Qui est responsable de sa mort ? Marion (Nadia Tereszkiewicz), la serveuse qu'Evelyn a rencontrée à Sète et qui l'a suivie par amour jusque chez elle ? Joseph (Damien Bonnard), un paysan bourru reclus dans sa ferme avec son chien depuis la mort de sa mère ? Alice (Laure Calamy), l'assistante sociale venue aider Joseph et devenue sa maîtresse ? Michel (Denis Ménochet), le mari trompé d'Alice qui cherche sur Internet un peu de chaleur humaine ? Ou même Armand (Guy Roger N'Drin), un jeune ivoirien qui se fait passer pour la pulpeuse Amandine pour arnaquer Michel ?

Une semaine après "À couteux tirés", "Seules les bêtes" raconte un Cluedo à la française. Pas de manoir anglais sinon les paysages désertiques de la Lozère. Pas de Hercule Poirot sinon un brave major de gendarmerie. On est plus proche de "Fargo" que de "Dix petits nègres". Pas de stars hollywoodiennes, mais quelques uns des acteurs les plus solides de la nouvelle génération française (à commencer par Denis Ménochet qui aurait, selon moi, plus mérité pour "Jusqu'à la garde" l'Oscar que Léa Drucker). Pas de twist renversant sinon une construction méticuleuse d'un récit polyphonique.

C'est ce scénario au cordeau qui retient l'attention et force l'intelligence. "Seules les bêtes" est un puzzle dont chaque pièce s'agence parfaitement avec les précédentes jusqu'à révéler les motifs tragicomiques de la disparition d'Evelyn Lucat. Cette narration à la "Rashomon", savante et toujours lisible, faite de flashbacks entrelacés, est un vrai régal pour l'intelligence même si le procédé devient parfois un peu trop systématique - chaque zone d'ombre, chaque mystère trouvera un peu plus tard son explication.

Les deux dernières scènes concluent magistralement le tout, quand bien même elles n'étaient pas strictement nécessairement à l'achèvement du puzzle. L'une boucle la boucle en réunissant deux personnages secondaires. L'autre ouvre le récit sur un gouffre : celui de l'intolérable solitude qu'on est prêt à tout pour combattre. Que le grand cric me croque si je n'ai pas réussi à vous donner envie d'aller voir ce film.
Dandure
Dandure

185 abonnés 205 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 décembre 2019
Attention, cet avis comporte ce genre de spoiler: spoiler: du massif central à Abidjan...à pied...la vache, ça c'est de la détermination! Et de la grosse ellipse aussi.

La bande-annonce semblait promettre un thriller entre hiver blanc et magie noire. Sauf qu'au 3/4 de la BA surgit la chanson "Tu t'en vas" et on ne comprend plus très bien...où l'on va.
Adaptés d'un livre que je n'ai pas lu, "Seules les bêtes" affiche un dispositif simple et efficace. Une femme a disparu et le spectateur, intrigué puis fasciné va suivre la piste de sa disparition à travers les points de vue successifs des différents personnages. Leurs histoires secondaires finiront par livrer la clé de la trame principale. Mais le film ne se limite pas à un simple mystère policier. Il se double aussi d'un film à sketches sur le thème "l'amour, c'est donner quelque chose que l'on a pas à quelqu'un qui n'en veut pas (Jacques Lacan) et se triple d'un double drame social. Autant d'ambitions réalisées sans esbroufe ni faux semblant dans un style sobre et efficace.
Bon après, on peut regretter que certains personnages disparaissent en cours de route parce qu'on passe à quelqu'un d'autre, qu'au final, il n'y ait au final que spoiler: 2
personnages importants, que le rythme s’essouffle dans les phases de spoiler: virtualités
, et surtout que les spoiler: paysans
et les spoiler: jeunes ivoiriens
passent pour des spoiler: arriérés
(bah si, un peu quand même). Néanmoins, la dernière scène comme un second pied-de-nez du hasard offre au récit une chute vertigineuse.
mireille56
mireille56

13 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 7 décembre 2019
Excellent film, très original, avec de bons acteurs et beaucoup de rebondissements. Dominik Moll que je n'avais pas revu depuis Un ami qui vous veut du bien (et ça date...) nous revient en pleine forme!
Avoine M.
Avoine M.

70 abonnés 295 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 6 décembre 2019
Le genre de film qu'on aurait aimé aimer. Début intrigant, bonne exposition des personnages, décors enneigés des Causses cinégéniques, interprétation et mise en scène soignées harponnent le spectateur pendant la première heure. Et d' harponnage, il est justement question dans la seconde moitié, de manière trop détaillée -donc longuette - et qui, surtout, fait appel à l' entière adhésion de qui regarde ( peut-on vraiment être si naïf que le "pigeon"?). Les divers éléments de l'intrigue de départ se mettent alors en place un à un, mais le spectateur a décroché et seul le (mini) coup de théâtre final réussira encore à le surprendre.
Fêtons le cinéma

849 abonnés 3 658 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 25 avril 2020
Seules les Bêtes se contente de construire un puzzle par le biais du découpage et de l’agencement de son récit : les pays se superposent, les points de vue se suivent et se croisent, la compréhension du spectateur se précise à mesure qu’une même scène est rapportée plusieurs fois sous des angles différents. C’est dire que son mystère est scénaristique, en amont du film lui-même, et qu’à aucun moment il ne s’incarne dans des personnages, dans une mise en scène, dans du cinéma. Trop littéral, trop littéraire. Quelques réussites locales peuvent, à la rigueur, susciter un semblant d’intérêt, à l’instar de cette errance amoureuse de deux femmes dans un paysage montagneux à la rudesse poétique. Mais c’est tout. Les protagonistes sont détestables et empêchent toute identification, et dont toute émotion de naître ; l’imagerie est commune, digne d’un pilote de série télévisée diffusée sur les chaînes publiques ; le regard porté sur la paysannerie reste cantonné à l’âpreté et la sauvagerie d’un mode de vie ici dépourvu de vie, figé, recroquevillé sur lui-même comme le corps de Joseph couché parmi les ballots. La réception critique dithyrambique présente le long métrage comme un grand polar noir et glacial ; il s’agit plutôt d’une longue vape d’ennui ponctué çà et là de réveils stéréotypiques. On a déjà vu ça mille fois, et mille fois mieux fait.
Blankovitch
Blankovitch

71 abonnés 262 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 27 décembre 2019
Bien joué, bien écrit, bien réalisé. On est surpris et tenus en haleine jusqu'au bout. Bravo. Je laisse chacun découvrir à quel point ce film est bon.
soniadidierkmurgia

1 435 abonnés 4 337 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 novembre 2020
Dominik Moll est un réalisateur rare mais précieux. Les scénarios des thrillers qu’il écrit en compagnie de Gilles Marchand qu’il a rencontré à l’HIDEC sont parmi ce qui se fait de plus passionnant au sein d’une production française à la créativité un peu atone depuis un certain moment qui ressemble désormais à une éternité. Inspiré du roman éponyme de Colin Niel, ancien ingénieur des eaux et forêts reconverti dans l’écriture de romans noirs, « Seules les bêtes » mélange avec dextérité suspense, angoisse, étude de caractères mais aussi humour sur fond de détresse d’un monde rural largement oublié par des élites politiques et financières résolument tournées vers la mondialisation débridée des échanges. Une mondialisation qui sera très habilement convoquée pour rappeler au spectateur qu’à des milliers de kilomètres des causses du Massif Central, l’image virtuelle d’une jeune femme qui se languit puis se trémousse sur l’écran d’un cultivateur (Denis Ménochet) en dérive sentimentale peut prendre une toute autre forme. Dominik Moll s’il tourne assez peu, connaît désormais parfaitement son affaire et sait conduire le spectateur où il doit se rendre pour tout à la fois se divertir et s’interroger sur un monde qui décidément ne tourne plus très rond. On notera la performance très convaincante de Valeria Bruni-Tedeschi qui n’en finit pas de surprendre. Le reste du casting relativement jeune et parfaitement dirigé est à la hauteur des deux aînés qui les encadrent. « Seules les bêtes » nous rappelle urgemment via un thriller enneigé que nous ne sommes encore des humains.
Cinemadourg

906 abonnés 1 784 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 16 décembre 2021
En Occitanie, sur le causse Méjean, une voiture est retrouvée abandonnée le long d'une route au milieu de nulle part.
La conductrice disparue est rapidement identifiée, une enquête commence alors dans cette région isolée de tout et recouverte de neige en cette saison.
Cinq personnes, cachant chacune un secret, se retrouvent de près ou de loin impliquées dans ce drame.
Qu'a t-il bien pu se passer ?
Ce thriller rural, tiré du roman éponyme de Colin Niel paru en 2017, nous fait découvrir tour à tour les protagonistes mêlés à cette histoire sordide et terrible.
Les comédiens sont convaincants et le scénario superbement écrit, on plonge à 100% dans ces événements épouvantables sur fond de misère affective et de funeste hasard.
Assez saisissant.
Site www.cinemadourg.free.fr
elriad

518 abonnés 2 024 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 avril 2020
L'adaptation d'un roman au cinéma arrive rarement au niveau de l’œuvre littéraire, par le simple fait que les mots ont un pouvoir autrement plus fort que l'image dans l'imaginaire.
Cela a été très souvent vérifié. Pour avoir adoré le roman de Colin Niel sorti en 2017, l'attente était donc forte. Et si une fois de plus le livre surpasse le film, force est de constater que le réalisateur en a fait une adaptation honorable. Un lieu : une montagne venteuse, neigeuse, sauvage, où les rares habitants sont à l'image du climat, bourrus, taiseux. Une intrigue. A tiroir. Un puzzle de chapitres prénoms qui, chacun, font avancer l'histoire en la racontant de leur point de vue. Et à l'arrivée, le mécanisme termine sa boucle sans s'être égaré, laissant le spectateur-lecteur interdit.
isakkk
isakkk

17 abonnés 212 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 8 décembre 2019
Très beau film avec une distribution impeccable et des dialogues très justes, la photo est belle et l'intrigue puissamment amenée, une belle réussite !
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