Nos vies sont la somme de nos choix.
170 minutes ! Soit 2h50 ! Un des grands spécialistes du blockbuster, j’ai nommé Christopher McQuarrie, un habitué de la saga, Un film sans pitch ??? Ou alors c’est là aussi, mission impossible que de résumer quoi que ce soit à ce scénario abracadabrant. Soit la production semble se contenter du nom de Tom Cruise pour attirer le public. En tout cas, signe des temps, à l’issue de la 2ème semaine d’exploitation, il comptabilise seulement (!!!) 1 500 000 entrées alors que, dans le même temps, le film pour familles, Lilo et Stich, émarge au score de 2 700 000 spectateurs !
Il s’agit donc de la deuxième moitié d'une histoire scindée en deux par son réalisateur et co-scénariste Christopher McQuarrie. Ben tiens ! Quand on est à la tête d’une série qui rapporte autant, - les six précédents numéros ont rapporté respectivement entre 400 et 800 millions de dollars. Alors pourquoi se priver ? Cet ultime - (?) ce qui signifie que je m’autorise le doute -, volet a coûté la bagatelle de 400 millions dont on ne doute pas qu’ils seront remboursés sans problème. Un petit filet du Pactole suffit à notre ambition écrivait un historien du 18ème siècle. Pour moi, vous l’avez compris, il s’agit avant tout d’une affaire de très gros sous. Car côté cinéma, on reste un peu sur sa faim. Oh ! Ne me faites pas dire ce que n’ai pas écrit, c’est efficace, bien joué, bien tourné, les cascades restent bluffantes – malgré leur arrière-goût de déjà-vu -, le scénario, comme il se doit est particulièrement alambiqué – dont une scène interminable et totalement improbable sous les eaux glacées du détroit de Béring -, et le suspense final, - évidemment rythmé par un compte à rebours « inexorable », lancinant et d’une banalité à pleurer -… Mais au passage, j’ai lâché le mot-clé de ce film : INTERMINABLE. Malgré les différents épisodes filmés au Royaume-Uni, à Malte, en Norvège et surtout en Afrique du Sud, - magnifique -, on finit par s’ennuyer un peu devant, je le répète, ce grand spectacle du déjà-vu. Du thriller géopolitique XXL, du héros qui sauve l’humanité rien qu’avec ses petites mains, du suspense à la louche, des cascades improbables – mais réjouissantes, il faut le reconnaître -, et du panache estampillé America first… demandez le programme où tous les tics, les scories et les qualités du genre sont présents. Du spectacle et c’est tout.
Comme d’habitude, « the hero », Tom Cruise ne quitte pas l’écran et emprunte à peu près tous les moyens de transports possibles et imaginables… quand il ne court pas – très bien au demeurant -, il saute d’une voiture, à un sous-marin, ou un biplan… Manque à l’appel la trottinette et la montgolfière… Il est fort bien secondé par les sculpturales Hayley Atwell et Pom Kiémentieff, - ça, c’est pour le glamour-, Simon Pegg, - pour l’humour -, Esaie Morales, - parfait en grand méchant « qui apportera misère et souffrance à tous les habitants de la planète, si le héros ne l’arrête pas », digne de la série -, et Angela Bassett, dans la peau de la Présidente étasunienne… ah oui ! J’ai oublié de vous dire, mais le message final, c’est que c’est toujours les USA les gendarmes et les sauveurs du monde. Quelle surprise ! On a annoncé de partout, que ce 8ème opus serait le dernier. Même si on peut en douter, je me dis que ce serait sans doute sage et que le temps de raccrocher est venu. Car si tout ce petit monde tient toujours fermement la barre, les scénaristes s’essoufflent de toute évidence. Et nous avec…