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Cricriiiiiiii
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4,0
Publiée le 13 avril 2021
Wang Xiaoshuai dépeint avec brio quarante années d'adversité de ce couple que rien ne peut séparer, avec en trame de fond une chronique captivante de l'évolution des mœurs et de la société chinoise. Le casting et particulièrement les deux acteurs principaux sont habités et subliment la douleur et la pudeur de ce récit terriblement poignant, même si parfois un peu brouillon du fait de sa structure narrative non linéaire, où l'utilisation à outrance de flashbacks souvent injustifiés, plombe la fluidité et la bonne compréhension de l'histoire.
Avec des œuvres comme celles de Jia Zhangke ou Hu Bo, le cinéma chinois nous avait habitué aux subtils entrelacements entre l'Histoire d'un pays en mutation et celle, intime et tourmentée, de ses habitants. Un élément que l'on retrouve dans "So long my son", le dernier film de Wang Xiaoshuai. Tout en pudeur, sans pathos excessif, il nous donne à voir la manière dont les évolutions de la politique et de l'économie chinoise (mise en place de la politique de l'enfant unique, basculement dans l'économie de marché et émergence d'un capitalisme débridé) affecteront la vie d'un couple d'ouvriers tentant de se reconstruire après la disparition d'un fils mort noyé en jouant près d'un barrage. Trois heures durant, s'entremêlent habilement petite et grande histoire, mais également passé et présent, drame et moments lumineux, le tout émaillé de touches d'humour rares mais toujours bien pensées.
Et l'on ne peut que saluer les multiples talents qui font de ce long-métrage un film fort et sensible. Celui du réalisateur d'abord, qui sait éviter l'écueil du drame larmoyant pour livrer un film touchant, avec peu de mots mais beaucoup de sentiments. Rien n'est explicité ou appuyé, le réalisateur de "Beijing Bicycle" se contente de montrer. Simplement, sans commentaires, mais avec une grande justesse. On appréciera aussi la construction de l'intrigue. Pas de séquences à rallonges ni de narration classique ici, mais une succession de flashback et d'ellipses qui donnent au film un souffle et un intérêt certain. Un choix narratif qui contribue à maintenir alerte l'attention d'un spectateur déjà séduit par l'humanité des personnages et la beauté des images et du cadrage.
Mais si Wang Xiaoshuai épate, le talent est aussi celui des acteurs, qui incarnent tout en finesse, avec sobriété et subtilité, des personnages malmenés par la vie mais toujours dignes, complexes mais humains, pris en tenaille entre leurs aspirations personnelles et les évolutions d'un système auquel ils ont tout donné mais qui ne leur offrira en retour que douleur et déclassement.
Si Wang Xiaoshuai tombe parfois (rarement tout de même) dans les poncifs du drame familial, son treizième film, avare de mots mais généreux en émotions, réussit à toucher. Et mêle avec brio le passé et le présent, l'histoire individuelle et nationale.
Un beau film qui permet, à nous occidentaux, d'appréhender le virage violent qu'a emprunté la société chinoise sur 40 années. Passant d'un obscur communisme à une société tourné vers le développement économique à tout prix. Dommage que le montage nous perde longtemps dans le déroulé de l'histoire. Pour ma part, il m'a fallu attendre la dernière demi-heure pour réellement comprendre l'oeuvre dans son ensemble. C'est peut-être ce que voulait le réalisateur mais, personnellement, je trouve que cela nuit au plaisir du spectateur. Par contre, il est vrai, que la scène finale n'aurait peut-être pas eu autant d'intensité sans cette mise en scène qui semble diviser.
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1,0
Publiée le 1 août 2020
Les personnages sont apparus au hasard ou hors du film sans explication appropriée. Ils sont simplement apparus si brusquement puis sont soudainement apparus dans les flashbacks du passé nous faisant souvent nous sentir impuissants. Les liens entre-eux ou parmi les autres personnages étaient si vagues et déroutants. Les raisons pour lesquelles ce couple a déménagé d'un endroit à un autre ne semblaient pas se justifié à juste titre. Car pendant ces années le Parti communiste chinois ne permettait pas aux gens de se déplacer librement en Chine comme ils le souhaitaient et les raisons pour lesquelles ils continuaient à se déplacer étaient ridicule car ils n'étaient ni des criminels, ni impliqués dans des scandales honteux. C'est un film tellement illogiquement scénarisé et mal réalisé mais le pire était le montage médiocre. Si déroutant qui a rendu le film constamment dans une situation désemparée. J'ai été trompé par des éloges à propos de ce film et je n'avais jamais pensé qu'un film puisse être aussi mauvais...
Un drame familial qui se complète par une vision crue (effrayante ?) du communisme excessif de la Chine au XX ème siècle. Tout se sait, tout est espionné et dénoncé, on se préoccupe vraiment de ce que les "voisins vont penser", on fait de grandes cérémonies pompeuses pour remercier les meilleurs travailleurs, on chante à la gloire de la patrie dès le plus jeune âge... Et ces incroyables plans statiques où s'accumulent des milliers de visages, fermés, flegmatiques, sont impressionnants car l'on se demande où la liberté et le bonheur sont passés. Peut-être sont-ils passés dans cette petite famille de prolétaires, unis et solidaires dans l'adversité du drame qui touchera le petit enfant d'un des deux couples que l'on suit, en plus des parents plus âgés dont la mère est en fin de vie. On regrette seulement la durée du film, car on sent passer les trois heures, et en bon occidental, on s'est parfois emmêlé les pinceaux dans les couples (plusieurs personnages qui ont " un petit air de ressemblance "). Touchante, " humaine " parmi la société robotisée que l'on voit apparaître, cette famille prouve encore que le cinéma asiatique moderne peut nous offrir de beaux moments cinéphiles.
Les personnages auraient pu être attachants et l'histoire pleine d'émotion mais malheureusement le montage casse la compréhension du film, à part, peut être sur la dernière heure. Le rythme est d'une lenteur. Il se passe pas grand chose. Seul point positif positif la photo, luminosité, cadrage. 1, 5 point pour la technique et l'interprétation.
Une fresque familiale émouvante et pleine de pudeur sur fond d’impossible deuil dans la Chine des 80’s aux années 2010, avec certes des longueurs, mais soutenue par des scènes d'une puissance émotionnelle vive, et par une interprétation pleine de justesse. 3,75
Film extrêmement lent sur le néant que peut être la vie si on a pas de chance. La lenteur et la tristesse devraient être compensées par certaines qualités cinématographiques mais il n'en est rien même si on ne peut pas dire que c'est un navet.
Pourquoi peut-on avoir un coup de cœur pour un film ? Il faut dire qu’au départ je ne me sentais pas trop d’attaque pour aborder un film de plus de trois heures. En général j’ai envie d’y donner des coups de ciseaux pour en retirer une bonne moitié. Et la, c’est le miracle ! Pas une seconde d’ennui, pas un plan de trop. On pourrait penser que ce film constitué comme un puzzle serait difficile à suivre, voire compliqué à souhait. Pour moi il n’en a rien été. Chaque morceau de cette fresque vient s’emboîter logiquement, simplement et l’on voit s’élaborer le cheminement de l’histoire au fur et à mesure que le film avance en comprenant bien que l’on n’est pas arrivé au bout de ce chemin mais que chaque moment incomplet se suffit à lui-même. Et l’on voudrait que cela ne s’arrête pas tant les acteurs sont prenants et justes, les plans impeccables et la trame implacable. C’est l’histoire d’un deuil que Wang Xiaoshuai propose de nous raconter, celle d’une disparition et de multiples transformations. Comme dans tous les deuils il faudra finir par accepter. Et c’est ce que font les personnages. Mais aussi à travers eux c’est l’histoire de la Chine contemporaine que nous sommes amenés à suivre. Les vieilles lunes de la révolution culturelle feront place à l’économie de marché. D’une dictature l’autre, mais aussi un chemin vers l’Occident, vers l’individualisme qui nous montre comment la place faite à la personne en tant qu’individu ne cesse de s’imposer. Si l’on peut distinguer quatre périodes dans cette histoire, le basculement, par un clin d’œil à une statue Mao, un petit « So Long » vers la fin du film, nous fait comprendre quel virage la Chine a pris à travers la vie de chacun des personnages. Ce sera le moment du changement, de l’oubli et du pardon avec cette magnifique scène du cimetière ou même la mort peut être vue comme l’ancien et le nouveau. On me proposerait de le revoir demain que j’accepterai sans hésiter avec la certitude d’y retrouver le même plaisir et certainement de découvrir certains aspects qui auraient pu m’échapper.
Dommage que les flash-back rendent difficile de s'y retrouver et pour moi gâchent ce beau film sue j'aurais aimé voir chronologiquement. Je n'y comprenais rien pendant un non moment. C'est trop long, aussi. Mais ça reste un beau film.
Roman cinématographique. So long, my son s'étale sur quatre décennies et décrit l'histoire d'un couple marqué par la tragédie de la politique de l'enfant unique. Fresque d'une ampleur considérable, le film brille par sa sobriété et sa subtilité. Les acteurs y sont pour beaucoup, dans un jeu tout en retenue qui leur confère une dimension héroïque, presque messianique. Pendant tout une partie du film, le spectateur fait face à l'incompréhension. Il ne sait trop qui sont les personnages, les liens qui les unissent, les époques. Tout est confus. Petit à petit, le puzzle se construit. Les pièces s'imbriquent les unes dans les autres. C'est légèrement déconcertant, mais surtout peut être un peu long. Heureusement, la photographie et la mise en scène nous maintiennent éveillés. C'est donc dans la seconde partie, quand on commence à comprendre l'ampleur du drame qui se joue sous nos yeux, que l'on commence à vibrer, trembler, que l'on commence aussi à sentir que l'on est face à une oeuvre majeure. spoiler: Et l'émotion devient paroxystique dans ce lit d'hôpital, et dans la scène qui suit, où le couple et le(s) bourreau(x) s'expliquent, les uns marqués par la culpabilité, et les autres, par le pardon. Au bout de tout ce temps. Au bout de tous ces non-dits qui ont creusé un fossé qui ne se rattrapera jamais, et pour cause, le temps s'écoule sans jamais se retourner, la vérité éclate, terrible, mais nécessaire. Parfois, là où la simplicité frappe au cœur dans la mise en scène et le jeu des personnages, elle se perd malheureusement un chouia dans le scénario, un peu trop complexe et dans une histoire d'adultère qui vient un peu trop morceler le drame qui n'avait pas besoin de ça. Mais l'impression laissée par ce film reste grande, un mélo très puissant qui sait élever l'âme et toucher le cœur.
Que n'ai je pas lu sur ce film : chef d'oeuvre, film culte, bouleversant, magistral , photo superbe, etc...
Bon redescendons sur terre ! C'est un bon film d'accord, mais que c'est long ,long ,long comme le titre ! Pour être un très bon film il aurait fallu le raccourcir, l'histoire est effectivement émouvante , l'on découvre la Chine tel que l'on ne la voit jamais.. , mais de la à en faire un chef d'oeuvre ! J'ai eu l'impression de me retrouver ( par le jeu des acteurs et la durée des scènes) dans les films que l'on tournait dans les années 50, 60 . Je n'ai peut être pas " les codes " pour apprécier ce genre de film !
Un très beau film mais pas à la portée de tous: Le vrai bémol : une recherche de réalisme du réalisateur qui se concrétise par beaucoup de scènes mutiques pour des personnages discrets. À la longue, le rythme baisse énormément. En dehors de cela, il faut dire que c’est bien écrit, bien joué, bien réalisé. Vraiment très bien construit. Il mérite d’être vu Les émotions sont au rendez vous et le regard est très touchant sur l’amitié, la filiation, la vie dans la Chine d’hier et d’aujourd’hui. On en ressort un peu plus riche qu’avant