Nomadland
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Fêtons le cinéma

850 abonnés 3 659 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 9 juin 2021
Nomadland est tout ce que The Rider (2018) n’était pas et parvenait à ne pas être. Car là où la précarité frappait le jeune Brady de manière progressive, d’abord en rendant son environnement asphyxiant et monotone, puis en déplaçant la lutte extérieure vers l’intérieur, au sein même de son corps, pour une déploration mélancolique d’un âge d’or à jamais révolu, elle tend ici à suinter de chaque image comme s’il fallait à tout prix assommer le spectateur sous un déluge de misère. La caméra de Chloé Zhao ne recouvre pas la spontanéité qu’elle revêtait dans son précédent long métrage, son geste artistique perd en simplicité pour devenir opportuniste et filmer en gros plans des visages et des histoires larmoyants dont la seule utilité est d’enrichir une énumération des malheurs vécus par des marginaux contraints de vivre à l’écart. Il y avait pourtant une belle idée, celle d’un lieu de solidarité vagabond, en constant mouvement, qui inscrit les amitiés dans un temps long voire absolu comme l’homme projette sur les étoiles sa soif d’infini et d’espérance. L’ensemble demeure trop théorique et conventionnel pour convaincre, les séquences courtes se suivent tels les colis Amazon sur les tapis automatiques. Il manque à Nomadland l’essentiel, à savoir la recherche de l’impromptu et du hasard. Tout semble guidé par une fatalité représentée avec complaisance, à l’origine d’un manichéisme stérile qui élude les questionnements véritables.
vidalger

378 abonnés 1 311 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 9 juin 2021
Beaucoup d'emballement pour un film certes sympathique mais sans véritable scénario ni exceptionnelle maîtrise technique. L'histoire de cette femme au bord de la vieillesse qui, après le deuil de son mari et la fermeture - quel autre mot ? - de la ville industrielle sans intérêt dans laquelle elle a habité l'essentiel de sa vie dans un pavillon sans charme, prend la route à bord d'un van bricolé en caravane, ressortit davantage au genre du pseudo-documentaire qu'au film de fiction. On découvre la solidarité de ce petit monde de prolétaires de la route qui vadrouillent dans une Amérique de l'ouest éloignée des zones touristiques, qui vivotent en travaillant dans les centres Amazon, dans les parcs ou en ramassant des betteraves, tous, petits boulots mal payés et peu considérés. Souvent âgés, malades, désabusés, mais parfois se forgeant une philosophie positive, ces nouveaux (?) pauvres sont la face cachée d'une Amérique mythique, d'un pays où tout le monde a sa chance. Lointains reflets de ces chercheurs d'or épuisés ou des pionniers en chariots du 19eme siècle, ils ne sont que le produit, voire le résidu du capitalisme échevelé qui est peut-être le fondement de la première puissance économique mondiale.
On peut comprendre que les habitants actuels des USA voient cette image avec l'effroi ou avec la sympathie que peut leur inspirer la crainte de tomber un jour à cette extrémité de devoir tout abandonner pour survivre.
D'où sans doute la pluie de récompenses qui s'est déversée sur un film très moyen et sur une actrice loin du glamour hollywoodien.
Cinememories

585 abonnés 1 664 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 9 juin 2021
Les outsiders et de nouveaux les invisibles de la société continuent aussi bien d’enrichir le glossaire de Chloé Zhao que son poème de l’Amérique profonde, qui prend de plus en plus d’ampleur à chaque route empruntée par l’héroïne. Sur la base du livre de la journaliste Jessica Bruder, nous sommes dans la continuité des œuvres précédentes de la réalisatrice, le Dakota du Sud étant son point de départ. En accompagnant la démarche sociologique des hobos, vagabonds et travailleurs épisodiques dans un no man’s land de désespoir, le recueil se veut avant tout empathique et bienveillant à l’égard d’une communauté qui puisse de la chaleur et du réconfort chez son voisin de fortune. Le sujet esquisse ainsi de nombreux instants de contemplation et de peine, mais garde toujours un œil de lynx sur l’espoir qu’on entretient en restant en transit.

Sans emploi, sans époux et sans identité, Fern s’engage sur une voie jonchée de facteurs inconnus et aux activités les plus spontanées possible. De la même manière, c’est de cette façon que nous recevons les émotions, abruptes et sans concessions. À bord du Vanguard, fraîchement baptisé par la sexagénaire, la femme ne s’abandonne pas à la ruine, sachant son maigre état des lieux. Bien au contraire, elle s’octroie le permis d’aller plus loin qu’auparavant et de préserver légitimement la liberté qui lui ouvre ses portes. Néanmoins, cela ne se fait pas sans un tribut à payer. Frances McDormand nous livre avec une grande authenticité les fractures d’une vie piétinée par la masse visible et invisible de l’industrialisation. Elle se situe ainsi, toujours sur cette frontière, entre le documentaire et la fiction, toujours dans un dilemme qui lui rendrait l’opportunité de l’installer définitivement auprès d’une famille pour d’un Dave (David Strathairn), qui ne la laisse pas insensible. Tant d’épreuves s’accumulent avec la force croire en une vérité pure, que la cinéaste arrache avec de la courte focale et de la patience.

On prend son temps d’établir un camp provisoire, mais on n’en perd pas pour autant dans les interactions qui dispersent les charges physiques et morales, enracinées dans l’esprit et le cœur de guerriers de la route. Différents intervenants n’apparaissent pas en vain, en pensant notamment à Charlene Swankie, pour qui les souvenirs de sa fin de vie développent toute la symbolique derrière le récit. En filmant la nature avec une distance des plus saine et des plus évocatrice, l’humanité est remise à sa place primaire et le film resserre son intérêt quant à l’apprivoisement d’une vie épanouissante, quand bien même les sacrifices peuvent être conséquents. Que faut-il pour réellement hériter de l’indépendance ? Est-elle exclusivement à arracher ou encore à troquer ? Comment l’assumer ? C’est un nouveau rodéo de fascination, qui passe par des généralités, que l’on éclipse trop rapidement. C’est pourquoi les images parlent d’elle-même, non pas comme une source de distractions, mais bien comme une inspiration, profonde, élégante et salvatrice.

Cela fait un moment que l’on reconnaît une certaine vertu à Zhao, qui a su mettre en valeur ce patrimoine américain délaissé par le nouveau système, où la réussite des zones urbaines prive d’autres contrées de leur propre richesse et parfois de leur humanité (Les Chansons que mes frères m’ont apprises, The Rider). « Nomadland » ne se détourne pas de cette voie et pose un nouveau testament sur une tragédie moderne et omniprésente. Le deuil est une toile de fond qu’il convient de dépasser et c’est ce que propose le film avec une franche affinité avec les sensations les plus simples, les plus engagées et les plus nostalgiques. Et en trouvant un peu plus de nuances dans la spirale des souvenirs, le film avance et ne s’arrête jamais à l’horizon qu’il s’est fixé.
Yves G.

1 846 abonnés 4 022 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 juin 2021
Après la mort de son mari, après la fermeture de l'usine où elle travaillait avec lui qui provoqua la désertion de leur petite ville du nord du Nevada, Fern (Frances McDormand), la soixantaine, n'a d'autre solution que de quitter sa maison et de s'installer rudimentairement dans sa camionnette. Le temps des fêtes de fin d'année, elle trouve un emploi chez Amazon avant de prendre la route. Au Dakota du Sud, elle travaille dans un parc national puis va faire la récolte des betteraves au Nebraska. Sur sa route, Ferne croise d'autres vagabonds qui, comme elle, par choix de vie ou par nécessité, refusent de se sédentariser.

"Nomadland" arrive - enfin - sur nos écrans, précédé d'une réputation écrasante. Lion d'Or à Venise, quatre BAFTA, deux "Golden Globes" et surtout trois Oscars dont celui de la meilleur réalisation pour Chloé Zhao et celui de la meilleure actrice pour Frances McDormand (son troisième, excusez du peu, après "Fargo" et "Three Billboards"). N'en jetez plus ! la coupe est pleine !

Tant de louanges laissent augurer un chef d'oeuvre... et risquent immanquablement de frustrer les espérances des spectateurs. Car, pour le dire d'une phrase, si "Nomadland" est certainement un bon film, ce n'est pas un grand film qui mériterait sa place au Panthéon du cinéma à côté de "Parasite", "Moonlight", "Twelve years a Slave" ou "La la Land" (ah... zut .... La la land s'est vu souffler l'Oscar du meilleur film par "Moonlight" justement).

"Nomadland" a plusieurs défauts.
Le premier, diront les anti-Modernes, est d'être un peu trop à la mode. Son sujet fleure bon l'anti-trumpisme qui, à tort ou à raison, a fait florès pendant quatre ans à Hollywood. Rien de tel que de filmer l'Amérique pauvre, celle des "working poor", des "white trash", des minorités discriminées pour ravir les suffrages aux Oscars.
Les anti-féministes en rajouteront une couche : si Chloé Zhao a emporté la statuette, c'est en raison de son genre, pour que l'Académie qui n'avait jusqu'alors couronné qu'une seule femme dans cette catégorie (Kathryn Bigelow pour l'oubliable "Démineurs") se rachète une respectabilité.
Les autres - et j'en fais partie - diront qu'ils se sont ennuyés, que ce film de cent-huit minutes, qui enfile à la queue leu leu les épisodes interchangeables et souvent répétitifs de l'odyssée de Fern, aurait pu sans préjudice en durer vingt de plus ou de moins.
Enfin d'aucuns renâcleront aux récompenses qui pleuvent sur la tête de Frances McDormand que la caméra ne quitte pas d'une semelle et qui ne fait pas grand-chose sinon regarder le soleil se coucher sur les plaines désolées du Grand Ouest américain. Sa prestation, diront-ils, est honnête, mais ne mérite pas de la placer au-dessus de Meryl Streep, d'Ingrid Bergman ou de Bette Davis qui n'ont jamais réussi à décrocher leur troisième statuette aux Oscars

Ces arguments sont recevables. Mais ils ne sont pas fondés.
"Nomadland" est un film modeste, qui refuse le sensationnel. Chloé Zhao refuse la facilité qui aurait consisté à ajouter à la vie de Fern des rebondissements dramatiques (une agression une nuit dans son van ? les retrouvailles lacrymales avec un fils ou une fille perdue de vue ?). Elle utilise une base documentaire - l'enquête de Jessica Bruder sur les "Van Dwellers", ces Américains, souvent âgés qui ont quitté leur maison pour prendre la route - pour en faire une fiction élégiaque où souffle la poésie qui traversait déjà ses précédents films : "The Rider" (2017) et "Les chansons que mes frères m'ont apprises" (2015).

"Nomadland" est un film qui m'a surpris et qui m'a interrogé.
Les résumés que j'en avais lu me laissaient présager un livre sociologique, une illustration sinon une démonstration des ravages que la crise des subprimes puis les inégalités creusées par Trump avaient causées. Or, tel n'est pas le cas. Ou, pour être tout à fait exact, tel n'est peut-être pas le cas. Certes, Fern s'installe dans son van, nécessité faisant loi, faute d'autre alternative. Mais elle y trouve bientôt des habitudes et une liberté qu'elle chérit ("houseless but not homeless" résume-t-elle dans une formule parlante). Sur la route, en Arizona, elle croise toute une communauté de vagabonds qui ont fait le même choix qu'elle et embrassé le même mode de vie alternative. Fern pourrait y renoncer : en s'installant chez sa sœur qui lui ouvre les bras, ou chez Dave (épatant David Strathairn que l'interprétation de Frances McDormand a injustement éclipsé) qui lui ouvre son cœur. Elle n'en fait rien.

Pour moi, "Nomadland" est moins un film sociologique qu'un film psychologique sinon métaphysique. Il interroge moins notre société que nos choix de vie individuels. C'est cette ambiguïté, cette richesse qui au bout du compte m'a plu dans ce film, contrebalançant l'ennui que sa langueur revendiquée avait fait naître.
Rudy J
Rudy J

4 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 juin 2021
J’ai beaucoup aimé ce film. J’apprécie particulièrement les road movie et celui-ci m’a séduit par le jeu d’actrice, les paysages, les musiques, ce qu’il donne à voir de la société américaine : Des secteurs clés pourvus par des emplois précaires (même si le propos du film n’est pas la contestation) et de son histoire liée au nomadisme, et la réflexion qu’il induit autour de la part de liberté que souhaite conserver à tout crin le personnage de Fern. Le bonheur, c’est avant tout celui qu’on se choisit. Un film certes contemplatif, qui m’a transporté.
Ismael
Ismael

127 abonnés 210 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 9 juin 2021
Nomadland est un film assez déroutant et c’est dit évidemment sans aucun jeu de mots. La première moitié fait en effet vraiment craindre le pire. On est dans une sorte de documentaire sur la misère économique et sociale contemporaine vécue en mode vaguement alternatif (le fameux nomad du titre). Des pauvres gens qui ont presque tout perdu vivotent dans des mobiles homes et s’en sortent grâce au troc et à l’entraide. Ça ressemble à du Ken Loach américain, la contestation et l’humour en moins. Alors oui c’est précis, réaliste, bien documenté, réalisé avec empathie, mais néanmoins d’une tristesse et d’un glauque ( sans oublier la crudité de certaines scènes) à avoir envie de quitter la salle.

Heureusement je ne l’ai pas fait car le film évolue, ce qui est tout de même suffisamment rare pour être signalé. Dans sa deuxième moitié et plus particulièrement sa dernière demi-heure, il prend une dimension mélancolique et philosophique qu’il n’avait absolument pas au départ. Le personnage principal joué par Frances Mc Dormand gagne également en épaisseur et on se rend compte qu’elle n’était peut-être pas la pauvre semi-clocharde qu’on imaginait au départ et que son mode de vie n’est pas uniquement le fruit de la misère et de la fatalité. Il y a clairement aussi une part de choix, surtout quand l’on commence à entrevoir, au fur et à mesure que l’histoire avance, les autres options qui s’offrent à elle.

Bref le film devient intéressant, émouvant même, tout en demeurant assez académique. La photo est très belle, la mise en scène impeccable, les acteurs rien à dire. Ce qui lui manque simplement c’est ce petit truc qu’ont les grands films : un mystère, un ton, un grain de folie comme c’est le cas pour Into the Wild dont le thème est parfois assez proche.
Bien qu’assez classique, Nomadland reste un film fort et digne, qui témoigne parfaitement d’une certaine réalité sociale. Et il y a incontestablement de la noblesse d’esprit dans l’attitude du personnage de Fern.
Cinéphiles 44

1 667 abonnés 4 647 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 juin 2021
C’est après avoir tout perdu lors de la crise économique mondiale de 2008, que Fern, une sexagénaire reprend sa vie en main en aménageant une camionnette pour y vivre. Sur la route, elle adopte une vie de nomade et multiplie les rencontres dans une communauté solidaire et incroyablement amicale. Pour pouvoir payer ses frais quotidiens, Fern fait quelques contrats dans les champs de betteraves ou chez Amazon. Avec “Nomadland”, la réalisatrice chinoise Chloé Zhao nous fait découvrir une Amérique hétérogène du Dakota du Sud au désert du Nevada. Comme à son habitude, l’actrice Frances McDormand nous offre une prestation touchante et juste, sans jamais tomber dans le pathos et ce, malgré une bande originale qui frôle la corde sensible à chaque instant.
D'autres critiques sur notre page Facebook : Cinéphiles 44 et notre site cinephiles44.com
Boby 53
Boby 53

26 abonnés 251 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 7 juin 2021
D'une simplicité et d'une humanité hors du commun, loin des standards pesant d' Hollywood, l'autre face du rêve américain, de ceux qui refusent ( plus ou moins volontairement) la consommation à tout va. Une Frances Mcdormand aux antipodes du jeu formaté hollywoodien, un oscar mérité pour elle, tant pour le film.Tres grand film.
Les choix de pauline
Les choix de pauline

161 abonnés 270 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 7 juin 2021
Un beau film! Poignant et doux. Un film qui distille mélancolie et solitude mais exhale aussi beaucoup de bienveillance. Pas de rebondissements sordides ou spectaculaires. Simplement la vie de braves gens qui retrouvent liberté et fraternité le long des routes américaines et se réapproprient humanité et dignité hors d'un système qui broie et recrache les petites gens au bout du rouleau. Un beau portrait de l'Amérique.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 7 juin 2021
"une énorme claque"

Je viens de voir ce film sublime, frances mc dormand est bouleversante, image et musiques somptueuses.
Ggoldfinger
Ggoldfinger

16 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 juin 2021
Une bonne critique de la situation de ces travailleurs précaires dans une Amériques profondes et humaine.
Malgré la beauté et la poésie des paysages de l'ouest, on ne tombe jamais dans la contemplation lascive, la réalité se rappelle toujours à nous.
Alex Motamots
Alex Motamots

10 abonnés 387 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 mai 2021
Un film lent, qui s'étire sur une année.
Fern doit quitter sa ville suite à la fermeture de l'usine qui employait son mari décédé.
Ce film est certes un film sur la récession et l'obligation de vivre en marge de petits boulots, mais d'abord un très beau film sur le deuil.
Celui qui met du temps à se faire, qui devient moins douloureux dans le silence et à force de temps.
Clémentine K.
Clémentine K.

243 abonnés 1 430 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 27 mai 2021
La dure et émouvante fresque d'une dure réalité menée par une actrice principale brute, vraie et authentique. Ce film un peu au format documentaire fait part d'une des nombreuses injustices économiques américaines qu'on efface souvent dans notre perception de ce pays puissant, pourtant si dur avec sa classe moyenne et ouvrière.
SansCrierArt
SansCrierArt

59 abonnés 432 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 24 mai 2021
Dans le Nevada, l'entreprise qui a fait vivre pendant des décennies la ville d'Empire n'a pas résisté à la crise de 2008. Fern, récemment veuve, seule dans une ville morte elle aussi, aménage sa camionnette et prend la route vers une vie hors d'un système qui ne veut plus d'elle.

Ils sont rares les films sociaux dans le cinéma d'Hollywood. A la façon d'un Ken Loach américain, Chloé Zhao fait le portrait de ces américains nomades qui habitent dans leur truck, vivant de petits boulots, choisissant leur destination en fonction des travaux saisonniers qu'ils pourront y glaner. Ce road movie fait la part belle aux paysages somptueux des grands espaces américains, à la force de l'entraide et de la communauté et laisse planer le doute sur les réelles raisons de ce nomadisme, choix de vie ou contrainte d'un système économique sans pitié. Sous le regard incrédule ou réprobateur de ceux qui croient encore au rêve américain, Fern choisie, semble t-il, une certaine forme de liberté.

Frances Mc Dormand est, cette fois encore, parfaite dans le rôle de cette femme déterminée. Elle est également la productrice de ce film inspiré du livre Nomadland – Surviving America in the Twenty-First Century de la journaliste Jessica Bruder.

Nomadland vient d'être récompensé de l'Oscar de la meilleure réalisatrice pour Chloé Zhao, du meilleur film et de la meilleure actrice pour Frances Mc Dormand.
Shephard69

405 abonnés 2 259 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 19 mai 2021
Sur le sujet grave des victimes de la crise financière aux Etats-Unis qui ont tout perdu et se sont retrouvés sur la route, un long-métrage sans jugement ni parti pris qui alterne avec une grande justesse et une puissante force narrative les moments durs, poignants, parfaitement ancrés dans une réalité crue, hivernale et les séquences plus positives, proche du feel good movie, faites de rencontres, d'échanges exactement à la manière du film de Sean Penn "Into the wild". Un rythme un peu lent, contemplatif, une mise en scène assez académique, sans emphase inutile mais très proche de son thème et de ses protagonistes. Des personnages à la psychologie toute en subtilités, magnifiquement écrits avec une mention spéciale évidemment pour Frances MacDormand et David Strathairn. Une belle oeuvre touchante et sensible.
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