Les Leçons Persanes
Note moyenne
4,0
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110 critiques spectateurs

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Jorik V

1 363 abonnés 1 952 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 29 janvier 2022
Le sujet, le contexte et la tonalité choisis laissaient présager un grand film entre rappel historique, tragédie et suspense implacable. Et bien c’est à une œuvre tiède et guère palpitante que l’on aura finalement affaire. Dès le départ, quelque chose de fondamental cloche : on ne croit pas une seconde à ce postulat de base. En effet, il semble tout de même improbable qu’un officier nazi fasse confiance de la sorte à un prisonnier sans plus de preuves corroborant ce qu’il recherche. Quelques recherches de sa part, dans un dictionnaire ou un livre de langues, auraient facilement pu mettre à jour la duperie. Pour la crédibilité et la logique, on repassera. Et cela joue forcément contre le film et l’adhésion que peut avoir le spectateur. Et quand bien même on passe outre, après tout on est au cinéma, cette intrigue centrale enchaîne pas mal d’autres facilités et d’invraisemblances.



En outre, tout cela est de facture fort académique à tous niveaux. Par exemple, en ce qui concerne les péripéties et la narration, on n’est jamais surpris. « Les leçons persanes » déroule donc son intrigue, certes peu commune à la base, mais ne parvient jamais à la transcender, à la rendre soit captivante, soit déchirante. Et pourtant, il y avait du potentiel, il faut l’admettre. C’est donc de manière distraite et peu engagée que l’on regarde cette œuvre qui se veut imposante mais qui s’avère au final assez mineure. Et on a même presque hâte que le film se termine, le résultat n’étant pas vraiment à la hauteur des attentes du spectateur et de l’ambition de ses instigateurs. La mise en scène est fonctionnelle sans être laide, elle se contente d’illustrer. C’est donc visuellement tout aussi académique que sur le fond. On se console donc avec le duel d’acteurs dont certains échanges parviennent sporadiquement à capter notre attention mais c’est paradoxalement dans les intrigues secondaires que le film va peut-être plus nous intéresser...



En effet, les confrontations entre cet officier SS avide d’apprendre la langue persane, le farsi, et ce prisonnier juif qui se fait passer pour ce qu’il n’est pas pour rester en vie deviennent vite redondants et baissent en intensité plus le film avance. Comme si Perelman mettait en scène une idée qu’il n’arrivait pas à développer. D’où l’apparition de sous-intrigues mettant en scène les relations entre les officiers nazis, des intrigues de cour presque. Et celles-ci deviennent presque plus intéressantes. Du remplissage en forme d’enrobage, satellitaire au sujet principal, qui en détourne presque l’attention. Et cela occupe le vide laissée par un fil narratif qui se prend les pieds dans le tapis. Et vu le contexte, on s’attendait à être choqué, bousculé ou, au minimum, ému. Et bien pas du tout, tant d’œuvres étant passé par là avec bien plus de talent et d’affects. En bref, ce n’est pas désagréable mais c’est clairement décevant, mineur et guère emballant.



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Loïck G.

389 abonnés 1 825 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 23 janvier 2022
Que le postulat de départ soit invraisemblable ne change rien au projet. Le cinéma a souvent transcendé des faits imaginaires pour les porter au niveau de l’universel . Ce que j’imaginais à la lecture de cette histoire d’un français qui pour échapper à la mort pendant l’occupation fait croire qu’il est persan. Ca tombe bien, si j’ose, le chef cuisinier SS au Struthof veut apprendre le farsi afin de partir après la guerre ouvrir un restaurant à Téhéran. Sur cet argument, le réalisateur Vadim Perelman développe une stratégie classique autour des rapports qui se tissent entre le SS et le prisonnier. Il y mêle ensuite dans l’invraisemblable, les amours de l’armée allemande confrontée aux sentiments malmenés. La mise en scène s’empêtre gentiment dans ce salmigondis scénaristique ( je n’ai pas lu le roman de Wolfgang Kohlhaase) pour laisser au final une sorte de fable qui n’assume que très rarement l’Histoire qu’elle sous-tend, la vérité que l’on entend. Rappeler ce que fut l’existence des camps de concentration demeure une vertu essentielle. En faire le théâtre d’un drame ordinaire parait quand même très étrange.
Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
Gattaca
Gattaca

1 abonné 2 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 17 novembre 2021
Un bijou d'intelligence et d'émotion. Quelle histoire surprenante, parfaitement mise en scène. Mon film de l'année !
Cinemadourg

906 abonnés 1 784 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 22 janvier 2022
En 1942, dans la France occupée par les allemands, un juif se fait arrêter comme beaucoup d'autres à cette époque malheureusement.
Afin d'éviter de se faire fusiller, il ment et clame haut et fort qu'il est persan, ce qui lui sauve momentanément la vie et lui permet d'être conduit auprès d'un officier d'un camp de transit qui cherche justement quelqu'un pouvant lui enseigner le farsi.
Une partie de poker menteur débute alors entre les deux hommes, sachant que l'un des deux joue sa vie à chaque minute...
Je n'attendais pas grand chose de ce film germano-biélorusso-russe, et force est de reconnaître que la surprise est plutôt bonne !
Le duo empoisonné entre Lars Eidinger et Nahuel Pérez Biscayart (découvert pour ma part dans "120 battements par minutes" en 2017) fonctionne parfaitement à l'écran, le scénario quant à lui procure une tension permanente au spectateur qui se demande constamment comment ce petit bonhomme va réussir à se sortir de cette situation ingérable.
J'ai également aimé l'évolution de la relation entre les deux protagonistes tout au long de cette captivité.
Avec un peu moins d'académisme et une pointe d'audace supplémentaire (le seul défaut à mes yeux), l'émotion aurait pu être bien plus forte et porter cette oeuvre bien plus haut.
Une ambiance de guerre très bien reconstituée, une histoire terrible vraiment absorbante et deux personnages principaux inspirés et crédibles : voilà un drame à découvrir sans hésiter !
Site CINEMADOURG.free.fr
Hervé l.
Hervé l.

3 abonnés Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 janvier 2022
Bel interprétation. Film intéressant. Telerama et les cahiers du cinéma se trompent pour une fois.
Gérard Delteil
Gérard Delteil

256 abonnés 2 058 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 novembre 2022
J'ai du mal à comprendre les réactions hostiles de certains critiques de presse qui ont notamment été choqués par les séquences consacrées aux rivalités amoureuses et aux magouilles diverses parmi les soldats et officiers SS. C'est pourtant tout à fait réaliste et sujet à réflexion : pour les maîtres du camp, bien nourris, la vie continue avec son lot de futilités, alors que les détenus crèvent de faim et au travail, ou sont exécutés. Et il en est toujours ainsi dans les circonstances de ce genre. Mais l'aspect central du film porte sur les relations entre un prisonnier et un capitaine SS. Celles-ci sont montrées avec une grande finesse psychologique. Certes l'angoisse est permanente, mais comment pourrait-il en être autrement. Quant à "l'esthétisation de la mort" dénoncée par certains critiques, je ne l'ai jamais ressenti. Le camp est présenté comme ce qu'il est : une usine où les déportés sont traités comme des esclaves et un abattoir humain. Le contraste avec la petite vie et les mesquineries des SS fait ressentir encore plus cruellement la barbarie nazie et la bonne conscience des bourreaux. On approche du chef d'oeuvre.
evariste75
evariste75

210 abonnés 248 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 17 avril 2024
Authentique chef-d'œuvre, scénario très original et quelque peu iconoclaste, vu 3 fois...

Lars Eidinger, grand acteur shakespearien...

Ce film audacieux envisage les camps de concentration sous un angle nouveau...

Film non manichéen par excellence...

Every cloud has its silver lining !
missfanfan
missfanfan

111 abonnés 885 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 février 2022
Beau film mais dur quelques invraisemblances dans l histoire on a un peu de mal à y croire mais le jeu des acteurs vaut le déplacement , à lui tout seul Nahuel Perez Biscaya malgré sa jeune carrière et sa maigre filmographie est un acteur excellent qui mériterait de tourner un peu plus souvent
Georges P.
Georges P.

95 abonnés 864 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 février 2022
Formidable film qui tient captif jusqu'au bout. L'idée est formidable de créer une nouvelle langue pour sauver sa vie.
Bernard D.
Bernard D.

129 abonnés 613 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 3 février 2022
« Les Leçons Persanes » de Vadim Perelman (2022) est un film qu’il faut absolument aller voir ! Ce réalisateur américano-ukrainien nous conte à partir d’une œuvre de théâtre radiophonique de Wolfgang Kohlhaase dont je ne sais si elle repose ou non sur une histoire vraie, l’incroyable aventure d’un jeune juif belge, Gilles (Nahuel Pérez Biscayart, meilleur jeune espoir masculin en 2018 pour « 120 battements par Minute » de Robin Campillo) qui se fera appeler Reza après avoir échappé de peu à une fusillade en clamant qu’il n’était pas juif mais persan. Or Klaus Koch (Lars Eindiger dans un superbe rôle), officier chargé de la gestion de la cuisine dans un camp de transit vers l’est, désire apprendre le farsi car il rêve d’ouvrir après la guerre un restaurant à Téhéran. Et Reza verra tous les soirs après son travail en cuisine, cet officier pour lui apprendre en fait des mots qu’il invente et se répète toutes les nuits par instinct de survie ! L’officier ayant calculé qu’il devait apprendre 2 420 mots, Reza trouvera un moyen mnémotechnique en s’aidant du registre des entrés et « sorties » du camp et en distribuant la pitance des prisonniers. La progression de la relation entre les 2 hommes est très singulière puisqu’ils finiront par se tutoyer bien que Klaus doute à plusieurs reprises de la réelle origine persane de son protégé et qu’un des soldats allemands qui a arrêté Gilles l’a toujours dans le collimateur. Un film qui nous montre bien sûr la brutalité des Allemands vis-à-vis des prisonniers via les Kapos et les soldats mais où on voit aussi - pour la première fois me semble-t-il - des aspects de la vie des Allemands dans les camps avec le mess, un déjeuner à la campagne, une intrigue amoureuse et des ragots sur cette relation entre Klaus et Reza et même sur le commandant en chef du camp. On y voit également l’entraide entre certains prisonniers (cf. le prisonnier italien qui va trancher la gorge d’un véritable persan arrivé au camp car Reza a pu donner à manger à son frère muet tabassé par les Kapos). Lorsque les Américains arrivent, les allemands vont brûler toutes les traces et les prisonniers de sortir avec pour Reza et Klaus une fin tout à fait inattendue.
Un film sur la Shoah moins dur que « Le fils de Saul » de László Nemes (2015), mais qui montre de nouveau cette supposée suprématie de la race arienne qui se croyait au-dessus de tout et se dotait de tous les pouvoirs. Un seul regret : ne pas avoir vu le film en VO car des allemands parlant un excellent français … ça choque un peu au début.
Vincent Lignereux D
Vincent Lignereux D

47 abonnés 35 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 3 février 2022
Ce film est un chef d'oeuvre. Cela fait des années que je n'ai pas vu un film aussi excellent. Les acteurs pourtant totalement inconnus sont à couper le souffle. D'ailleurs, à tous les niveaux, c'est tout le film qui est à couper le souffle. C'est une véritable perle et je ne comprends pas pourquoi l'on n'entend pas davantage parler de ce film d'une profondeur incontestable. Je comprends encore moins les critiques diatribes d'une certaine presse. Pour moi c'est LE film de ces dernières années. Il mériterait toutes les récompenses du monde mais personne n'en parle. Drôle de monde!
Hervé L
Hervé L

92 abonnés 717 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 janvier 2022
Un très bon film très bien joué une intrigue crédible et un très bon sens du rythme servi par de bons acteurs
Dois-Je Le voir ?

411 abonnés 1 862 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 25 janvier 2022
C’est une réalisation de l’Ukrainien Vadim Perelman qui va se baser sur la nouvelle "Erfindung einer Sprache" ("Invention d’une langue") de Wolfgang Kohlhaase, parue en 2021. Le scénario a été écrit par Ilja Zofin.

Les Leçons Persanes va se pencher sur les camps de transit. Ce sont des camps de concentration spécifique par là où transitaient les prisonniers avant d’être envoyés en camp d’extermination. Le camp de transit de Drancy, situé en banlieue parisienne, était le plus grand de France. Plus de 80 000 Juifs auront été détenus à Drancy, entre mai 1941 et août 1944. Pour la représentation de ce film, ils se sont inspirés du camp de concentration Natzweiler Struthof situé entre la France et l’Allemagne, dans le nord-est de l'Hexagone.

Le récit va être inspiré par beaucoup d’histoires s’étant réellement produites et dans lesquelles des prisonniers ont réussi à s’échapper grâce à leur ruse. Il faut donc se rendre compte que ce qui passe devant nos yeux à une véritable connotation. Cela donne une ampleur bien particulière. Alors certes, dans le synopsis, on peut se dire que cela fait gros donc peu crédible de se faire passer pour un Perse. Une chose est sûre, la manière dont s’est tournée est tout à fait crédible. Ce récit va monter en puissance dans l’intensité. Il est de plus en plus passionnant. Un véritable suspense se crée afin de savoir si Gille “Reza” va s’en sortir.

Cette idée de se faire passer pour un Perse est donc brillante. Il est fascinant de voir cet homme créer sa propre langue pour faire croire qu’il parle le farsi. C’est tellement ingénieux. Son système pour trouver des mots arrive à nous captiver. Forcément, faire plus de deux mille mots nécessite une parfaite coordination et on sent qu’il est sans cesse sur le fil de rasoir. Sa prise de risque est maximale, car il se moque littéralement du commandant nazi. Un pied-de-nez fantastique tant par l’audace que par l’exécution.

Lauréat du César du Meilleur jeune espoir masculin en 2018 pour 120 battements Par Minute, Nahuel Perez Biscayart est grandiose dans ce rôle. Il a une véritable profondeur. Son personnage est pointu et sa performance est à la hauteur des enjeux. Ce qui fait la différence est aussi le commandant Klaus Koch. Déjà grâce à Lars Eidinger qui est véritablement un acteur de grande qualité, mais aussi par sa construction. Au début, nous sommes dans l’image “tout blanc ou tout noir”. Cependant, cela va évoluer et il va gagner en nuances. Certes, il garde son côté violent, symbole d’un système nazi dévastateur, mais on commence à comprendre ce qui l’a conduit là. Son histoire est dévoilée dans une scène assez touchante. Il ne passera pas pour une victime, il ne faut pas exagérer, mais on voit en lui toute une génération manipulée par le nazisme.
Ayrton d
Ayrton d

12 abonnés 22 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 21 janvier 2022
Un film qui ne paie pas de mine mais qui tient très bien la route ! Le nazi souhaitant apprendre le farsi est particulièrement bien interprété.
HomoLibris
HomoLibris

37 abonnés 135 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 28 janvier 2022
Un film d'allure assez classique, sans fioriture excessive, mais qui sait rester à la hauteur de son sujet. La mise en scène est sobre et réaliste, baignée dans une lumière fantomatique et brumeuse alors que le propos est parfaitement clair.
Les leçons persanes a le mérite de traiter du sujet de façon originale, en sortant quelque peu des sentiers battus. L'idée de base, la survie en milieu ultra-hostile grâce à une supercherie, est magnifiquement servie par un duo d'acteurs remarquables de justesse. Des seconds rôles intervenant dans des intrigues annexes (comme la suspicion des autres officiers, la jalousie des hommes du rang, la solidarité entre prisonniers, etc.), intrigues non superfétatoires contrairement à ce que prétendent d'aucuns, permettent de souligner l'environnement morbide dans lequel se joue ce face à face ambigu, environnement où la différence entre la vie et la mort dépend souvent de la seule humeur d'un homme armé. Le film transcrit assez bien ce sentiment de peur indicible et omniprésente, et sait préserver une certaine ambigüité sur les réelles motivations de l'un et les troubles sentiments de l'autre. La fin est assez étonnante, conjuguant une scène de surprise totale et une séquence d'émotion pure.
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