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Gérard Delteil
263 abonnés
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4,0
Publiée le 27 novembre 2022
J'ai du mal à comprendre les réactions hostiles de certains critiques de presse qui ont notamment été choqués par les séquences consacrées aux rivalités amoureuses et aux magouilles diverses parmi les soldats et officiers SS. C'est pourtant tout à fait réaliste et sujet à réflexion : pour les maîtres du camp, bien nourris, la vie continue avec son lot de futilités, alors que les détenus crèvent de faim et au travail, ou sont exécutés. Et il en est toujours ainsi dans les circonstances de ce genre. Mais l'aspect central du film porte sur les relations entre un prisonnier et un capitaine SS. Celles-ci sont montrées avec une grande finesse psychologique. Certes l'angoisse est permanente, mais comment pourrait-il en être autrement. Quant à "l'esthétisation de la mort" dénoncée par certains critiques, je ne l'ai jamais ressenti. Le camp est présenté comme ce qu'il est : une usine où les déportés sont traités comme des esclaves et un abattoir humain. Le contraste avec la petite vie et les mesquineries des SS fait ressentir encore plus cruellement la barbarie nazie et la bonne conscience des bourreaux. On approche du chef d'oeuvre.
Tiré d’une nouvelle de l’écrivain allemand mais aussi cinéaste et scénariste, Wolfgang KOHLHAASE (1931-2022), le film a un point de départ incroyable : en 1942, en France, Gilles (Nahuel Pérez Biscayart), fils du rabbin d’Anvers, a été arrêté, avec d’autres, par les nazis et transporté en camion ; spoiler: dans une forêt, à leur descente du camion, tous sont fusillés ; Gilles obtient un moment de répit en déclarant n’être pas juif mais persan (il a en sa possession un livre iranien, obtenu en échange d’un sandwich). Un soldat l’épargne car le capitaine du camp de transit (pour la Pologne) proche, Klaus Koch (Lars EIDINGER) souhaite apprendre le persan car ayant le projet d’aller en Iran, via Istanbul, diriger un restaurant après la guerre avec son frère à Téhéran. D’où son intérêt de disposer d’un interprète qui doit lui apprendre 2 000 mots dans les 2 ans qui viennent. Le film est un vrai choc en raison de son scénario inventif, basé sur un mensonge et qui tient en haleine (pendant 2h07) alors que l’imposture de Gilles (qui se fait appeler Reza) devrait être facilement démontée. Outre l’inventivité de Gilles pour sa survie, le film (tourné en Biélorussie) montre, bien sûr, la tragédie des Juifs déportés, la solidarité entre certains mais aussi, ce qui est rarement montré au cinéma, les dissensions, les jalousies et les flagorneries entre soldats, sous-officiers et officiers allemands. Les 2 acteurs sont extraordinaires, l’un en démiurge lexicographe (spoiler: inventant les mots d’après les patronymes des personnes en transit qu’il entend lors de leur recensement ) et l’autre, méfiant comme une chatte (scène finale poignante), dans une nouvelle version de la dialectique du maitre et de l’esclave, développée dans « La phénoménologie de l’esprit » (1807) du philosophe allemand Georg Wilhelm Friedrich Hegel (1770-1831).spoiler:
Vu récemment en DVD, j'ai trouvé le sujet sinon passionnant, du moins savamment traité. Magistralement interprété par deux acteurs qui s'épient, se jaugent, se jugent et finalement dénouent une relation ambigüe. La construction d'une langue autour des noms des prisonniers n'est pas définie comme telle, mais elle a du "souffle" puisque c'est souvent le contraire, les noms et les patronymes surtout, sont issus de la matrice linguistique. Les seconds rôles sont bien campés et joués aussi, avec ces femmes SS qui ne sont pas souvent mises en scène dans des films relatant le Reich Hitlérien. Toujours cruelle la petite histoire imbriquée dans la grande. De belles images et un rythme de thriller. J'ai aimé sans juger que cela soit un film exceptionnel.
Que dire de ce chef d'oeuvre ?!! Une histoire époustouflante, une photographie magnifique, un acting parfait, voici quelques raisons pour voir ce film. "Les leçons persanes", c'est l'histoire de Gilles, capturé par des allemands en 1942, qui se voit déporté dans un camp de concentration au lieu d'être fusillé sur place CAR celui-ci se fait passer pour un Perse. Il devra donc inventer et retenir une langue qu'il va créer de toutes pièces pour l'apprendre au "directeur" du camp. Ce film retranscrit premièrement les conditions de vie dans les camps d'extermination. À travers le personnage de Gilles, privilégié par son statut d'"enseignant", nous assistons à la maltraitance subis par les juifs lors de la WWII. La relation qui se crée entre le directeur et Gilles est très intéressante puisque celui, contrairement aux autres soldats, est montré avec une certaine forme d'humanité (ne l’empêchant pas de commettre des atrocités impardonnables). Le scénario du film est très bien conçu, avec une pression constante autour du protagoniste, des rebondissements fréquents, permettant de garder une certaine dynamique. La fin est un enchainement de séquences jouissives, je peux vous l'affirmer !
Ils parviennent toujours à trouver des moyens de présenter la seconde guerre mondiale et les camps de concentration, c'est fou cette imagination. A priori non tirée d'une histoire vraie, la situation est folle et se termine d'une façon apaisante. Une belle surprise.
Si l’on fait abstraction d’une mise en scène assez plan-plan, on appréciera en tout cas le suspense et la tension qui règnent en permanence dans ce film aux airs de thriller où il sera question de culpabilité, de haine, de jalousie et de trahison, et qui nous tiendra en haleine durant deux heures, avec un final en plus très touchant.
Film très orignal qui pour une fois montre les allemands comme des personnes embarqués dans une guerre sans trop savoir pourquoi; l’idée du scenario est surprenante et les acteurs excellents.
Dans le contexte de la Shoah, déjà mis en scène de nombreuses fois au cinéma, ces "Leçons Persanes" se distinguent par son histoire qui sort de l'ordinaire: celle d'un déporté qui est contraint pour rester en vie de se faire passer pour un Persan auprès d'un officier SS et d'inventer de toute pièce un langage. Ce scénario n'est bien sûr pas plausible (de quelques mots inventés et mémorisés sur l'instant, jusqu'à finir avec une véritable langue maitrisée et conjuguée), aussi la précision "basée sur des faits réels" peut paraitre mensongère, mais il permet d'installer une double tension: celle de la survie classique dans les camps de la mort et celle de savoir jusqu'à quand la mystification pourra tenir. Cette totale fiction originale permet de montrer de manière assez réaliste par les images le quotidien dans l'univers concentrationnaire. Ma note moyenne vient donc du paradoxe qu'il est impossible de croire un seul instant à l'authenticité de cette histoire et qu'elle est cependant mise en scène comme si tout était vrai. Cela laisse un léger sentiment d'être dupé, là où j'aurais aimé que le côté "burlesque" soit plus assumé et non pas occulté en dehors d'un peu de comique de situation. Aussi, du style tragi-comique on retiendra uniquement le tragique : ce n'est pas "la Vie est belle" de Benigni , même si le fond est semblable, celui de l'importance du mensonge pour survivre dans l'enfer nazi.
Nahuel Perez Biscayart est décidément un grand acteur en devenir. L'histoire de ce film se situe pendant la déportation des juifs lors de la Seconde Guerre Mondiale. Son personnage échappe à l'exécution promise, se faisant passer pour persan. De là, il va devoir enseigner une langue qu'il ne connaît pas (le farci) à un officier allemand qui va le prendre sous son aile. Le cinéaste, Vadim Perelman, sait maintenir une tension de tous les instants, au gré des rebondissements qui peuvent mettre à jour cette supercherie. Certains passages comme les parties fines des SS freinent un peu l'intrigue. L'ensemble, malgré sa durée un peu longue, offre cependant un suspense intéressant malgré quelques incohérences dans l'histoire surmontées par ce duo d'acteurs convaincants.
"Les Leçons Persanes" tire sa force du couple des personnages, entre méfiance, peur et amitié improbable. La qualité de leur deux interprètes, subjugante, invite le spectateur à l'introspection sur les fondements de l'Humanité. La mise en scène, à commencer par la photographie, est adéquate mais sans génie. Il manque ce "quelque chose" qui le sépare d'un très grand film.
Gros manque de crédibilité; un juif fils de rabbin donc… Circoncis ? À l’époque les nazis observaient l’un de ses critères religieux pour être qu’une personne de confession juive. Le film est direct faussé et surf sur la Liste de Schindler mais d’une manière très mauvaise… Décevant.
Magnifique film sur un sujet toujours difficile des camps de concentrations nazi durant la seconde guerre. Les acteurs sont parfaits de justesse pour porter cette idée étonnante dont je ne sais si elle est vraie mais ont y crois. J'avais peur que le film tourne en queue de boudin sur la fin car comment atterrir sur une histoire aussi ... simple. Mais je n'ai pas été déçu la fin est à la hauteur du reste du film ... pas de spoil désolé.
Avec un cinéaste qui s'est bien documenté auparavant, on prend le pouls de la condition des camps pendant la seconde guerre. La moindre opportunité pour survivre était à saisir et c'est surtout ce que dit le film. Néanmoins, en plus des scènes répétées d'apprentissage de la langue, une doublure française décridibilisante (notammentdes SS), ce drame n'a aucun rythme, peu de tension et de rebondissements notables. Les 30 dernières minutes sont plus intenses.
Ce film fin mais radical et glaçant fait honneur à Perelman qui l'a signé autant qu'à Kohlhaase, l'auteur de la pièce dont il est une adaptation. Fiction ou pas, j'étais complètement immergé dans le quotidien de ce camp de concentration imaginaire, où se côtoient la débrouillardise, la bassesse, l'ignominie et l'héroïsme de la simple survie. L'idée de base du détenu qui se condamne d'instinct à des prouesses de mémoire et qui joue son mensonge comme un fou, au jour le jour jusqu'à capturer l'esprit de son bourreau, cette idée est assez brillante. Grâce au talent des deux acteurs principaux, elle marche à fond, jusques et y compris lors de la scène où se jouent les premiers dialogues dans le "farsimaginaire". Une réussite captivante qui nous épargne même un happy end convenu. Bravo !