Que le postulat de départ soit invraisemblable ne change rien au projet. Le cinéma a souvent transcendé des faits imaginaires pour les porter au niveau de l’universel . Ce que j’imaginais à la lecture de cette histoire d’un français qui pour échapper à la mort pendant l’occupation fait croire qu’il est persan. Ca tombe bien, si j’ose, le chef cuisinier SS au Struthof veut apprendre le farsi afin de partir après la guerre ouvrir un restaurant à Téhéran. Sur cet argument, le réalisateur Vadim Perelman développe une stratégie classique autour des rapports qui se tissent entre le SS et le prisonnier. Il y mêle ensuite dans l’invraisemblable, les amours de l’armée allemande confrontée aux sentiments malmenés. La mise en scène s’empêtre gentiment dans ce salmigondis scénaristique ( je n’ai pas lu le roman de Wolfgang Kohlhaase) pour laisser au final une sorte de fable qui n’assume que très rarement l’Histoire qu’elle sous-tend, la vérité que l’on entend. Rappeler ce que fut l’existence des camps de concentration demeure une vertu essentielle. En faire le théâtre d’un drame ordinaire parait quand même très étrange. Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
Les leçons persanes a le mérite de traiter d'un sujet original et de sortir un peu des sentiers battus du genre film historique sur la deuxième guerres mondiale. Si l'idée de base est excellente et magnifiquement servie par deux auteurs remarquables, le film manque clairement de tenu, se perdant dans des intrigues secondaires peu intéressantes et oubliant par moment de se reposer sur un scénario plus construit. Malgré des longueurs et le côté un peu cheap de la mise en scène trop consentuelle, l'histoire est assez passionnante pour séduire l'amateur d'histoire comme le novice. Bref, un film intéressant dans son propos mais convenu dans sa forme qui doit beaucoup à ses deux principaux auteurs remarquables de justesse.
Nahuel Perez Biscayart est connu en France surtout par le film 120 battements par minute ou il a obtenu le césar du meilleur espoir masculin et bien avec " les leçons persanes " il devrait obtenir le césar du meilleur acteur car quel prestation ! Il choisi ses roles et il nous le montre par chacune de ses prestations en jouant dans d'excellents films. Je dirais bravo aussi à Lars Eldinger. Vous pouvez donc allez voir ce rôle les yeux fermés enfin les yeux ouvert ca sera mieux.
Du cinéma très classique, sans audace ni faute de goût, qui a la décence de ne pas vouloir se montrer plus malin que son sujet. Si les rebonds sont assez prévisibles, la fin est en revanche assez inattendue et glaçante.
En 1942, dans la France occupée par les allemands, un juif se fait arrêter comme beaucoup d'autres à cette époque malheureusement. Afin d'éviter de se faire fusiller, il ment et clame haut et fort qu'il est persan, ce qui lui sauve momentanément la vie et lui permet d'être conduit auprès d'un officier d'un camp de transit qui cherche justement quelqu'un pouvant lui enseigner le farsi. Une partie de poker menteur débute alors entre les deux hommes, sachant que l'un des deux joue sa vie à chaque minute... Je n'attendais pas grand chose de ce film germano-biélorusso-russe, et force est de reconnaître que la surprise est plutôt bonne ! Le duo empoisonné entre Lars Eidinger et Nahuel Pérez Biscayart (découvert pour ma part dans "120 battements par minutes" en 2017) fonctionne parfaitement à l'écran, le scénario quant à lui procure une tension permanente au spectateur qui se demande constamment comment ce petit bonhomme va réussir à se sortir de cette situation ingérable. J'ai également aimé l'évolution de la relation entre les deux protagonistes tout au long de cette captivité. Avec un peu moins d'académisme et une pointe d'audace supplémentaire (le seul défaut à mes yeux), l'émotion aurait pu être bien plus forte et porter cette oeuvre bien plus haut. Une ambiance de guerre très bien reconstituée, une histoire terrible vraiment absorbante et deux personnages principaux inspirés et crédibles : voilà un drame à découvrir sans hésiter ! Site CINEMADOURG.free.fr
Intrigue en forme d’encéphalogramme plat, lisse, sans grand intérêt. La dualité sociale bourgeoise/servante est présentée sans finesse ni grande subtilité, elle frise la caricature. Un suspense psychologique si l’on veut, mais alors avec une psychologie proche de celle d’une huître ! Le tout est filmé sans inventivité, de manière linéaire, sans la moindre aspérité, sans la moindre surprise. On aurait pu réaliser le même film il y a un demi-siècle, voire peut-être un siècle. Le cinéma comme la technique et la société ont pourtant quelque peu changé entre temps. « Au revoir la-haut » a montré qu’il y avait matière à traiter de manière moderne et passionnante d’une intrigue donnant à voir de la Grande Guerre !
Que dire de la dernière séquence, sinon le ridicule d’une longue discussion entre les deux héroïnes Nelie et Eléonore roulant dans cette engin carrossé des années 1910, sur le chemin cabossé d’un pays en guerre. On a à l’écran l’impression sonore et visuelle d’être dans une Mercedes tout confort et insonorisée, se déplaçant toutes voiles dehors sur une autoroute allemande.
La photographie ne m’a guère convaincu, particulièrement dans le traitement des clairs-obscurs. La bonne interprétation de Laurent Poitrenaux, ne suffit pas à sauver la mise. Désolé, mais comme dans Papicha déjà, la jeune Lyna Khoudri ne réussit toujours pas à me convaincre dans ce film. Je la trouve peu expressive, limitée dans son jeu. A moins que ce ne soit l’académisme ennuyeux de la réalisatrice qui ait ici bridé les élans de son actrice… Ne parlons pas de la musique assourdissante et hélas omniprésente, j’ai déjà épuisé la réserve de louanges que j’avais pour ce film, dans ma musette.
Magnifique scénario, les acteurs exceptionnels. Beaucoup d'émotion et de suspens. Les paysages de neige sont superbe et servent à merveille la dureté du sujet.
Déçu du peu se scène de récitation et des possibles tensions qu'il pourrait y avoir en conséquence, de la perte de confiance de la part du commandant allemand. Au final tout tourne à côté du sujet principal du film.
On est dans le drame le plus tragique même si parfois on se dit que cette histoire est tirée par les cheveux. Et pourtant, l'Histoire regorge d'anecdotes inouïes et pourtant véridiques alors pourquoi pas un opportuniste au courage insoupçonné qui invente une langue comme un instinct de survie. Ce qui rend cette histoire crédible repose aussi sur les coups de pouce du destin et les erreurs qui sont forcément inévitables. On se demande si les histoires de coeur/cul des soldats allemands étaient vraiment nécessaires, mais cela apporte aussi une dimension humaine à ces soldats de la Solution Finale. Le mise en scène manque un peu de souffle, les montées sous tension sont un peu timorées et quelques passages restent sous-exploités ou peu approfondis comme le sacrifice un peu bête, la rencontre d'un soldat français ou le soldat qui n'émet aucune réaction au départ de sa fiancée. Il manque un peu de rythme et des détails traités avec plus de sérieux pour convaincre pleinement mais Vadim Perelman signe un drame historique intéressant, avec une belle idée et des acteurs investis. Ca reste un bon moment. Site : Selenie
Une histoire intéressante, un très bon jeu d'acteur du personnage principal mais beaucoup de longueurs, et un scénario qui finit par s'essouffler... Dommage !
Inspiré de faits réels, fiction ? On ne sait pas trop… On dira les deux. Sur la forme, une duperie pour survivre. Sur le fond, l’abomination des camps avec un avertissement pour les spectateurs. Si l’incroyable a sa place, il faut bien que l’inimaginable soit montré aussi. Si, une fois le cadre posé, le récit se veut sans tellement de rebonds (c’est souvent la limite de l’adaptation au cinéma de ce qui a été écrit pour une forme somme toute théâtrale, un feuilleton radiophonique, avec la voix off conservée pour guider la narration), le retournement final (qui correspond aussi à la Libération des camps) sera servi par une scène glaçante. Une énumération sortant le spectateur de la passivité ou du retrait qui aura pu s’emparer de lui.
De facture très classique, ce qui ne me semble pas être un défaut, ce film émeut et tient en haleine jusqu'au bout. Ses deux principales qualités sont un scénario très malin et une interprétation magistrale pour les deux personnages principaux. La fin est très réussie.
Cette fiction magnifiquement interprétée fait un parallèle intelligent entre la naissance d'une langue inventée grâce aux noms de juifs disparus. Ou comment survivre grâce à sa mémoire immédiate et des donner vie à la mémoire des défunts. La beauté des mots a su rapprocher un allemand et un "persan" dans ce milieu hostile. Très jolie fable qui ne dénature pas la réalité des camps. Bravo!