Durant la Seconde Guerre Mondiale, certains déportés ont dû faire preuve d’imagination pour échapper à la mort. “Les Leçons Persanes” est basé sur une nouvelle de Wolfgang Kohlhaase qui racontait comment un juif à fait croire qu’il était persan. Porté par le Nahuel Perez Biscayart, son personnage devait créer et enseigner simultanément une langue et faire croire qu’il s’agissait du farsi à un chef de camp nazi. Très crédible, cette histoire de mensonge nous tient en haleine malgré les rebondissements de plus en plus rocambolesques. La mise en scène classique aux films qui traitent de cette époque, emprunte également quelques codes du thriller pour rendre la duperie d’autant plus subtile. D'autres critiques sur notre page Facebook : Cinéphiles 44 et notre site cinephiles44.com
Réalisé de façon classique sans pour autant se figer dans l’académisme, "Les leçons persanes" n’est pas qu’un film de plus sur sur la seconde guerre mondiale. Sur une idée de départ fort intéressante, Vadim Perelman décortique avec talent l’évolution des rapports entre deux hommes qui n’auraient jamais dû se rencontrer. L’interprétation des deux personnages principaux est magistrale.
Très beau film sur la shoah avec Nahuel Pérez Biscayart toujours époustouflant. Il y incarne un juif, qui se fait passer durant de long mois pour un persan et va inventer un dialecte pour sauver sa vie. Un récit dur et un final glaçant.
L'histoire racontée par Les leçons persanes est aussi stupéfiante que quasi invraisemblable, en dépit de la formule consacrée : "basée sur des événements réels." Difficiles à croire, en effet, mais nous sommes au cinéma et ce n'est pas la première ni la dernière fois qu'un film, dramatique et délibérément romanesque (rocambolesque ?), prend pour cadre la seconde guerre mondiale et ses atrocités . Le camp de travail où l'action se passe est une sorte de sas avant que les prisonniers ne rejoignent un autre camp, plus à l'est, d'où l'on ne revient pas. Si Les leçons persanes n'est donc pas à proprement parler une œuvre sur l'Holocauste, il ne se situe pas moins dans un environnement où la différence entre la vie et la mort ne dépend parfois que de l'humeur d'un gradé allemand. Le film, malgré une mise en scène le plus souvent académique et rigide, parvient assez bien à rendre ce sentiment de peur même s'il est avant tout fondé sur la relation entre un officier et son interprète en farsi, ce dernier mythomane et inventeur d'un volapük pour survivre. Beaucoup d'ambigüités affleurent dans ce rapport entre les deux hommes qui nourrissent un véritable suspense quant à savoir quand la supercherie sera finalement découverte. Les quelques sous-intrigues qui soutiennent le récit, comme la suspicion des autres officiers, font long feu mais ont au moins le mérite de desserrer quelque peu la tension. Le dénouement, lui, est réussi, avec de l'humour puis une dernière séquence poignante. Mais le film ne tiendrait pas la route sans deux interprètes d'exception et c'est bien cela que sont Nahuel Pérez Biscayart et Lars Eidinger., ce dernier se révélant d'une incroyable subtilité, dans un rôle complexe de personnage à la fois abominable et humain dans sa profonde naïveté.