Martin Eden
Note moyenne
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ninilechat
ninilechat

84 abonnés 564 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 22 octobre 2019
       Ca, c'est la très, très, très bonne nouvelle du jour: le cinéma italien est vivant! Le film du (encore) jeune Pietro Marcello, italianissime, nous ramène à un cinéma d'anthologie, non, pas celui des comédies ou des grands films romanesques à la Visconti, mais à la génération d'après, celle des Bellocchio, des Bertolucci, derniers feux d'un cinéma somptueux.... dont Marcello a même les défauts, la recherche du truc un peu clinquant qui n'est pas forcément utile, mais donne au réalisateur l'impression de se séparer du "faiseur de film" moyen.... Ici, par exemple, le refus d'inscrire le récit dans une époque en mélangeant des costumes contemporains (pour les hommes) avec des robes 1910 ou 1980 (pour les femmes). Les robes désuètes sont associées à la famille de grands bourgeois.... un peu facile.
       Quand même, faire un film italianissime à partir d'un roman de Jack London, faut oser! Mais pourquoi pas? Après tout, il n'y a pas qu'en Californie qu'il y a des ports. A Naples aussi... Le récit de l'ascension et de la chute de Martin Eden est filmé d'une manière éblouissante, intercalant vraies et fausses images d'archive, souvenirs vrais ou réinventés.... à la fois sensuelle et politique -cette petite cuisine dont les italiens avaient le secret! 
       Martin, jeune marin à peu près inculte (Luca Marinelli est époustouflant!) sauve un jour un jeune bourgeois d'un mauvais pas -pris à partie par une brute, il aurait pu ne pas s'en sortir. La famille reconnaissante l'accueille, et Martin tombe aussitôt sous le charme de la très jolie petite soeur, Elena (Jessica Cressy). Et c'est réciproque. Pour elle, il veut sortir de sa condition, il achète des livres, il lit, il lit, il découvre Herbert Spencer, et comme il a plein d'idées, il forme un rêve: devenir écrivain...
       Martin vit chez sa soeur et son beau frère, qui a une petite entreprise, pas bien intello le beauf. Il s'achète une machine à écrire, écrit, écrit. Toutes ses nouvelles sont refusées. Il faut bien travailler, de temps en temps, pour payer sa pension à l'irascible beauf. Il rencontre Russ Brissenden (Carlo Cecchi), vieil anar tuberculeux qui l'introduit dans les milieux socialistes. Mais, et c'est en cela que le personnage est extrêmement intéressant, Martin rejette les socialistes tout comme les bourgeois. Il dénonce la misère, il dénonce l'exploitation, tout en étant fondamentalement individualiste. Il est sûr qu'il peut devenir un écrivain, mais, de plus en plus amer, en vient à tenir des discours provocants qui vont l'amener à rompre avec la famille d'Elena, pourtant tolérante! Et avec la jeune femme elle même, qui voudrait que Martin cesse de courir après ses chimères, accepte de prendre un véritable emploi. Quand, enfin, le succès arrive, et même un succès flamboyant, c'est trop tard: le Martin qui accède enfin à la célébrité est un pantin, veule et provocateur... La complexité du personnage est ce qui en fait la force.
​​​​​​​       A voir absolument
Poupée zoom
Poupée zoom

16 abonnés 60 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 octobre 2019
La première partie est magique , nous sommes emportés par les images, la musique , l'élan vers la réussite de Martin EDEN
remarquablement interprété , un marin aux yeux changeants comme l'océan . La fin verse dans ce qui menaçait le film : un peu trop de pathos! C'est dommage car la note de fin nous laisse sur la rive alors que tout le reste est splendide .
Yves G.

1 845 abonnés 4 020 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 21 octobre 2019
Martin Eden est marin. Après avoir porté secours à un jeune homme, il est introduit dans une famille de la grande bourgeoisie napolitaine. Il tombe sous le charme de Elena et décide de s'instruire pour la conquérir.

Le film de Pietro Marcello est la libre adaptation du roman d'apprentissage de jack London. Son cadre est déplacé de la baie de San Francisco à celle de Naples. Le roman autobiographique de Jack London se déroulait au début du vingtième siècle ; la temporalité du film de Pietro Marcello, enrichie de quelques images d'archives est moins certaine. Il pourrait se dérouler au début du siècle. Mais quelques indices (les automobiles, un poste de télévision) le situent plutôt dans les Trente Glorieuses.

"Martin Eden" est l'histoire d'un homme qui entend sortir de son état. Une sorte de Bel-Ami américain ou napolitain. L'écriture est pour lui à la fois le moyen d'y parvenir et l'expression d'une sensibilité étouffée. En devenant artiste, Martin Eden deviendra un autre et s'accomplira. Cette schizophrénie, on l'imagine sans peine, n'est pas tenable. L'intrigue - si intrigue il y a - est cousue de fil blanc : Martin Eden est condamné à se perdre. En devenant écrivain, il réalise son ambition mais au prix d'une trahison de classe. Et ses efforts pour être accepté dans la haute bourgeoisie sont condamnés par avance.

On comprend mal l'intérêt d'adapter "Martin Eden" en 2019. Ses longs développements politiques - où Martin Eden esquisse vainement une alternative entre capitalisme et socialisme en proposant un individualisme dont on pourrait redouter qu'il vire au fascisme - ont perdu tout écho dans notre société contemporaine. Aussi excellente que soit l'interprétation de l'excellent Luca Marinelli, qui n'a pas volé son prix d'interprétation à la dernière Mostra, on n'est jamais touché par le personnage qu'il joue.
cortomanu
cortomanu

85 abonnés 448 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 21 octobre 2019
Un joli film dans sa forme kaléidoscopique et son inventivité, mais un peu long, avec quelques vides et longueurs qui font qu'on ne retrouve pas le souffle des livres de Jack London.
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 20 octobre 2019
Ce film est d'une lenteur désespérante. Je conseille d'amener votre thermos de café fort sauf à vous y endormir d'ennuis.
Luca Marinelli est cependant un bon acteur que j'ai trouvé sympathique ainsi que la jeune fille dont il tombe amoureux.
Au lieu de présenter un film de 2h08 au cours duquel on s'ennuie le metteur en scène aurait dû faire beaucoup de coupures pour le réduire à 1h15 !
Tumtumtree
Tumtumtree

202 abonnés 578 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 octobre 2019
Ceci est une vraie critique d'un vrai spectateur (contrairement au remplissage de courts textes à cinq étoiles assuré par la prod, visiblement...) --- Martin Eden est un film d'une ambition démesurée. Le récit, la mise en scène, les comédiens rappellent les grandes heures du cinéma italien de Visconti, Pasolini, etc. La photographie, comme issue d'un passé lointain, inscrit ouvertement cette oeuvre dans ce passé mémorable. D'autant que les scènes tournées récemment sont mélangées avec des images d'archives comme hors-temps. Ce roman d'apprentissage est bien mené, même si de façon assez classique. Le brouillage des périodes réserve quelques pépites comme une séquence muette dans un escalier accompagnée de musique électro. Mémorable. L'ambition redouble dans la dernière partie du film où l'on fait des sauts dans le temps instantanés, déroutant complètement le spectateur. Cela donne l'occasion à l'acteur de renouveler son jeu et de pleinement mériter son prix obtenu à la Mostra de Venise. Malgré ses indéniables qualités, le film pèche un peu par son classicisme, le caractère convenu de son scénario et sa longueur. Il dure 2h08, mais semble en durer 3h30. C'est embêtant... Il sera intéressant de voir comment un tel opus vieillira : dans vingt ans, on y verra peut-être un évident chef-d'oeuvre de l'histoire du cinéma mondial, ou une vaine tentative de suivre les grands maîtres des années 1970. Mystère.
traversay1

4 482 abonnés 5 353 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 octobre 2019
Que vont penser les familiers de Jack London, de l'adaptation napolitaine de l'un de ses romans les plus marquants, Martin Eden, paru en 1909 ? Une transposition très libre mais qui reprend le thème de l'autodidacte qui cherche à s'élever socialement pour les beaux yeux d'une blonde bourgeoise. Très ambitieux narrativement et formellement, le film brouille à dessein les repères historiques : il semble se passer parfois dans les années 70 et à d'autres moments vers 1930, façon de montrer l'universalité et l'atemporalité de son sujet et de son personnage principal. Celui-ci, méfiant vis-à-vis de tous les systèmes de pensée et qui trouve dans l'individualisme sa raison d'exister, a un côté romantique, idéaliste mais aussi auto-destructeur. Le réalisateur, Pietro Marcello, notamment remarqué avec Bella e perduta, en fait un homme fascinant, pas très aimable malgré sa recherche effréné d'émancipation politique, à travers l'acquisition de la culture et du talent de l'écriture. Le film le voit traverser le XXe siècle, ne serait-ce que de manière symbolique, avec en particulier des images d'archives superbes qui, loin d'être des digressions, sont comme des illustrations mentales ou sociales d'un monde régi par une perpétuelle lutte des classes. Martin Eden réussit la gageure d'être à la fois balzacien dans son récit et puissamment cérébral. C'est parfois déconcertant car elliptique mais le plus souvent stimulant pour l'esprit, ce qui n'est pas si fréquent dans le cinéma contemporain.
Juwain
Juwain

9 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 19 octobre 2019
À l’est d’Eden

Martin Eden est de la trempe de ces jeunes hommes au grand cœur que rien n’effraie. Et pour conquérir le cœur de la jolie bourgeoise Elena, il ne recule devant rien pour s’extraire de sa condition sociale et parfaire sa culture encyclopédique. Au prix d’une détermination sans faille et d’un travail acharné, le beau marin sans éducation parvient au statut d’écrivain de renom. Mais tout ça n’est pas sans conséquence sur l’amour et l’ambition du jeune italien.

« Martin Eden, c’est Jack London », pouvait-on lire chez les critiques américaines qui ont tôt fait de voir dans le grand œuvre de l’auteur de Croc-Blanc un roman autobiographique lors de sa sortie en 1909.
Martin Eden, c’est aussi peut-être Pietro Marcello tant il est tentant de voir dans le réalisateur italien un peu du jeune marin autodidacte.

Comme pour dénoncer le capitalisme et l’individualisme galopants, Pietro Marcello revient à une photographie aux tonalités naturalistes, loin des ambitions scopiques des mastodontes du cinéma d’aujourd’hui. Pour mieux épingler les vanités et les dérives de nos temps modernes.

Il fleure bon une certaine atmosphère surannée, parfumée d’influences picturales du XIXe siècle, chères au réalisateur, qui font de Martin Eden un film d’époque, à l’économie, résolument rafraichissant.

La transposition de son Martin Eden dans l’Italie du XXe siècle montre l’universalité et l’intemporalité de la lutte des classes sur fond de montée du socialisme à Naples, car "c’est la référence la plus proche par ses couleurs, le rapport à la mer et les dynamiques sociales et politiques. »

Sous des airs de témoignage historique et documentaire, le propos est d’autant plus prégnant qu’il est accompagné d’images d’archives qui viennent ancrer le récit dans une réalité napolitaine, en écho improbable au San Francisco de l’œuvre originale.

Primé à Venise et Toronto, gageons que ce joli film contribuera à démocratiser davantage le véritable chef d’œuvre de Jack London dont c’est ici l’une des rares adaptations réussies.
Loïck G.

389 abonnés 1 825 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 18 octobre 2019
Le réalisateur Pietro Marcello et son scénariste Maurizio Braucci ont beau faire des entorses au roman de Jack London, ne serait-ce que ce saut entre San Francisco et Naples, ils réussissent à lui redonner cette ambiance, cette atmosphère, et ce ton prophétique de bouleversements sociaux et politiques importants, à venir. On les suit à travers un marin sans fortune qui en la rencontrant va s’ouvrir à la culture ( la littérature en particulier ) et découvrir l’amour. C’est une romance à dix balles transmuée par une plume et une caméra et le talent de Luca Marinelli récompensé à juste titre à Venise en 2019.
Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
Jmartine
Jmartine

202 abonnés 744 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 17 octobre 2019
Je ne connais pas la vie et l’œuvre de Jack London à part bien entendu Croc Blanc et l’Appel de la forêt lus dans ma jeunesse... Jack London publie Martin Eden en 1909…il apparaît très clairement pour les lecteurs, que l'histoire de Martin Eden, héros au génie incompris, possède de nombreux points communs avec celle de son créateur. Tous deux sont des aventuriers, tous deux sont avides de se hisser au niveau de n'importe quel jeune homme de la bourgeoisie. Tous deux sont autodidactes, rejetant ainsi la culture banale des riches de ce monde. Martin Eden nous conte l'ascension douloureuse, puis l'abandon fatal qui conclut cette ascension, d'un jeune homme pauvre aveuglé par l'amour et les richesses dont il a toujours été privé. Il ne s'agit pas seulement d'un roman d'apprentissage, mais aussi du récit d'un désenchantement, du refus catégorique de se conformer à la vision commune de l'élite d'une société qui se gangrène, hermétiquement fermée à toute pensée originale, Dans son adaptation du roman, le réalisateur Pietro Marcello a choisi de le transposer outre-Atlantique, dans une autre baie, celle de la Naples populaire et industrieuse de la première moitié du XXe siècle. Pour s’être porté au secours du jeune Orsini, pris dans une rixe, Martin Eden (Luca Marinelli), marin simple et sans attache, se retrouve du jour au lendemain introduit dans les salons de la haute bourgeoisie, où il tombe fou amoureux de la belle Elena Orsini (Jessica Cressy). Subjugué par sa beauté, il décide d’acquérir le langage, la culture, les savoirs qui sont l’apanage de cette société. Tout en travaillant de ses mains, Martin plonge à corps perdu dans la lecture, s’essaye à la poésie et ambitionne de devenir écrivain. La nécessité de subsister la dispute bientôt aux pages noircies et aux manuscrits retoqués par les éditeurs…avant de devenir comme Jack London lui-même un auteur à succès, lui qui fut l’un des premiers américains à faire fortune dans la littérature…Bien que situant son histoire dans les années 60, si l’on se réfère au parc automobile…Pietro Marcello y ajoute des références à la guerre, au fascisme, procédant pas ellipses et flash-back dans un méli mélo interminable d’époques et d’images qui finissent par donner le tournis, entre les clichés de l’amour impossible, de l’introspection douloureuse, de la colère de classe, de la rébellion sociale. Il est servi dans ce dessein par un acteur qui n’a pas opté pour la sobriété. Luca Marinelli est l’exemple d’un jeu sans finesse, outrageusement démonstratif. C’est pourtant cette interprétation grandiloquente lui a néanmoins valu de recevoir le prix du meilleur acteur à la Mostra de Venise 2019, plutôt surprenant !!! Que dire du final ampoulé, à la sous- Visconti, avant un épilogue sur une plage fellinienne, vu mainte fois…Je me suis profondément ennuyé…
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 17 octobre 2019
Pietro Marcello emmêle images d'archives, portraits de napolitains et variété italienne pour faire vivre le héros de Jack London. Comment incarner un personnage si imparfait ? Luca Marinelli est saisissant de brutalité, plein de rage et de maladresses. Il a su comprendre celui qui s'entête et se jette à corps perdu dans une quête sans fin, dans laquelle il nous transporte à bout de bras, comme au milieu d'une mer déchaînée. Par contraste, avec subtilité, la délicate Elena traverse le film avec sa force tranquille - belle ondine que l'actrice française Jessica Cressy, qui ne se contente pas d'attraper toute la lumière, mais qui la réfléchit avec élégance. Un moment de grâce !
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 17 octobre 2019
Film magnifique, très bon jeu d'acteurs et très émouvant. Je recommande à tous d'aller voir ce film au plus vite.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 17 octobre 2019
Un film magnifique, une très belle adaption, libre et sublime.
La palette d'émotions qui nous traversent, alliant philosophie et politique, et ce combat interne que mène le héros avec ses propres convictions sont d'une justesse rarement vu au cinéma.
Les acteurs sont excellents, Elena est d'une beauté renversante.
Bravo!
Agnès J.
Agnès J.

16 abonnés 31 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 16 octobre 2019
Très beau film très bien joue. Bien que liong on est toujours intéressé. Donne envie de lire le livre
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 16 octobre 2019
Une adaptation réussie
Ça n'est pas toujours le cas !

Un film poignant
Belle réalisation juste et étonnante
Je découvre des acteurs magnifiques

Quel beau film
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