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2,5
Publiée le 5 février 2022
Intéressant sur le fond mais bien trop pauvre sur la forme. Si la réalisation épurée peut être considérée comme un choix artistique (discutable), le jeu Rabah Nait Oufella est laborieux et n’a pas réussi à m’embarquer. Dès lors, le film basé sur la mise en abîme de son personnage perd de sa force et de son intérêt.
Réalisé par Laurent Cantet, Arthur Rambo est un long-métrage dramatique de qualité, inspiré d'un fait réel. L'histoire nous fait suivre un jeune écrivain issu de la diversité qui se voit couvert de louanges pour la sortie de son roman. Seulement, le rêve va rapidement se transformer en cauchemar quand d'anciens commentaires publiés sur internet vont refaire surface et ainsi le faire passer de statut d'exemple à celui d'infréquentable. Ce scénario parvient à immédiatement capter l'attention et s'avère prenant à vivre, d'autant plus que sa durée est relative puisqu'elle est à peine d'une heure et vingt minutes. Le sujet est intéressant car il questionne et est bien traité à travers ce récit touchant. Il pose de véritables questions morales et interroge sur la liberté d’expression. De plus, le film ne tombe pas dans le manichéisme en confrontant les deux points de vue et la défense de l'accusé peut s'entendre. Mais cet accusé va être lâché dans sa chute par une grande partie de son entourage lui tournant le dos et va trouver peu de soutien auprès de lui. Un personnage ambigu, convenablement interprété par Rabah Nait Oufella qui trouve un rôle attachant et dont le sourire va s'effacer peu à peu à mesure que le scandale l'affecte de plus en plus. Il est entouré par d'autres comédiens tout aussi appréciables, offrant des relations d'une belle sincérité. Leurs échanges sont forts en émotions grâce à des dialogues d'une grande franchise. Les mots ont une véritable portée. Ils sont durs et impactants, mais empreints de vérités afin de tenter de lui faire comprendre la gravité de ses écrits. Tout cela se ressent à travers la réalisation, qui par sa simplicité parvient à montrer l'isolement de Karim et faire ressentir sa vision des choses. La façon d'incruster les messages à l'écran apporte également beaucoup en distillant ces informations au fur et à mesure de la soirée. Un visuel accompagné par une b.o. se fondant parfaitement dans l'ambiance et comportant quelques morceaux agréables. Hélas, cette affaire s'achève de façon un peu rapide, sans réellement avoir de conclusion. Une fin nous laissant un peu sur notre faim, surtout que vu sa courte durée, il aurait pu être plus généreux et montrer les répercutions sur le long terme, car ici l'histoire se déroule dans un espace temps très réduit. Malgré tout, Arthur Rambo s'avère être un film d'une belle profondeur méritant d'être découvert.
Un vrai sujet, contemporain de sa création, mais qui a ce malheur de tomber dans la caricature. Oui une fracture existe, mais tout n'est pas aussi simple que cela, des nuances sont nécessaires. À vouloir simplifier, "Arthur Rambo" rate sa cible et tombe dans le simplisme.
Je m'attendais à une histoire un peu plus longue, construite autour d'un point précis : Au final il ne se passe pas grand chose après la découverte et on reste sur notre faim
Il ne faut pas se leurrer. Déverser autant de venom et puis se justifier sa haine pour avoir soi-disant des abonnés, il faut être drôlement naïf pour y croire. Même Taubira (dont je ne suis pas fan l'avait condamné à l'époque.. à sa façon).
Ce film m'a fait découvrir ce fait divers. Mais contrairement aux autres je n'ai pas trouvé de condescendance..
Cantet semble présenter les faits sans partie prise. Les tweets présentés en fond noir m'ont beaucoup choqué. Quelle haine ! De plus, mise à part sa maman, aucun de ses proches ne condamne ses propos. Un moment, il se justifie en leur disant "vous avez écrit avec moi". Glaçant.
J'aurai aimé mettre 4 étoiles mais j'ai trouvé que aucun acteur n'est convaincant. Tout le monde joue mal. Dommage.
Pas mal puis des hauts et des bas. Un peu trop scolaire à mon gout, mais à mon avis, une bonne réflexion sur le monde d'aujourd'hui, à base du tweet, de scandale et de polémique lié à notre propension à nous enflammer pour tout et n'importe quoi (à juste titre ou non). Ambiguë et chacun se fera sa propre idée sur le personnage (inspiré, rappelons le, d'une histoire vraie)
Une histoire tirée de fait réel, qui m'a fait exploser de rire par les tweets d'Arthur Rambo (Marcel Deschamps), moi qui aime l'humour du 3e degré. La première partie du film est convaincante, cependant sa deuxième qui évoque la descente aux enfers de l'auteur est beaucoup moins captivante, et c'est dommage ! conclusion : ils ne changeront jamais lol. 3 bonnes étoiles pour cette histoire à découvrir. ---- Janvier 2023---
Gros malaise en format court (1h25). Laurent Cantet (décédé en 2024, c'était sa dernière réalisation) dédouane complètement son personnage, présenté comme un gentil provocateur à la recherche du buzz, un doux rêveur ("On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans", d'où son pseudo) dépassé par les effets de ses torrents de boue (alors qu'il avoue, face caméra, son antisémitisme et assume avoir radicalisé, par ses tweets haineux, son frère et les jeunes de sa cité). Bref un grand naïf. Le réalisateur a sans doute cru qu'on l'était aussi...
“Entre les murs”, “L’atelier”... Laurent Cantet nous questionne régulièrement sur des sujets sociaux et "Arthur Rambo” est l’occasion pour lui de nous mettre en pleine face notre identité numérique et la spontanéité que nous y apposons. L’histoire nous présente Karim D., un jeune auteur en pleine ascension. Son premier roman sur l’immigration est d’ailleurs la cible d’une adaptation cinématographique. Pourtant, la carrière de cet homme d’origine algérienne va brusquement s’arrêter après la découverte de centaines de tweets racistes, antisémites, homophobes, misogynes, postés il y a des années sous le pseudonyme “Arthur Rambo”. L’écrivain au charisme fou s’attise alors la haine de tout son entourage. Peut-on rire de tout et s’exprimer sur tout ? Laurent Cantet signe une œuvre troublante et très actuelle sur le poids des mots à l’heure des réseaux sociaux. D'autres critiques sur notre page Facebook : Cinéphiles 44 et notre site cinephiles44.com
Une satire contre le fléau des réseaux sociaux, c'est forcément intéressant. Les dérives du monde de la prose facile, où le média à une emprise sur nos opinions, où il est quasiment impossible de renier son passé. L'étau dans lequel se trouve Arthur Rambo est pertinent. Jusqu'à quel point des mots peuvent ruiner une trajectoire professionnelle ? Assumer ses écrits jusqu'au qu'au non-retour. Le film remet en question l'apologie de la libre pensée et son pouvoir anesthésiant dans un désir de carrière. La confusion de la situation et le vertige du réseau social prend ici un sens particulier, qui rend le tout terrifiant.
Laurent Cantet s’est ici inspiré de l’histoire de Mehdi Meklat, figure médiatique et littéraire en vogue issue d’un quartier populaire de Seine-Saint-Denis, qui se fit rattraper en 2017 par des centaines de tweets immondes écrits sous pseudonyme, le faisant instantanément devenir un paria pour ceux qui l’encensaient la veille. Un peu trop froid et théorique dans sa première partie, Arthur Rambo bascule dans une deuxième partie plus introspective et plus intéressante, qui révèle toutes les contradictions et les parts d’ombre du personnage, sans jamais le juger ni fournir trop d’explication. Avant de s’arrêter un peu brutalement au bout de 1h25, abandonnant quelque peu ce (court) long-métrage à l’état d’esquisse. Ce film imparfait a néanmoins le mérite de s’interroger sur le statut nébuleux et mystérieux des réseaux sociaux, zone grise échappant à tout contrôle et dont nul n’est réellement capable d’en définir l’essence, la réalité objective et la portée de propos dont les auteurs sont souvent cachés derrière leurs écrans.
Laurent Cantet adapte ici l'affaire Mehdi Meklat au cinéma. On peut y suivre Karim D, jeune écrivain, encensé par la critique pour la sortie de son dernier livre. Mais alors que la fête bat son plein, de vieux tweets nauséabonds publiés quelques années auparavant sous le pseudonyme d'Arthur Rambo vont refaire surface. Ce film a le mérite d'interroger le spectateur sur de multiples questions. Rabah Naït Oufella est très crédible dans son rôle d'auteur à succès, tenaillé entre ses origines populaires et le milieu bourgeois de l'édition, qui va vite le laisser tomber. Malgré un gros passage à vide au milieu du film, c'est très intéressant de voir le regard du petit frère de Karim qui peut être sujet à interprétation. spoiler: Dommage que la fin laisse un goût d'inachevé car dans l'ensemble le cinéaste est plutôt inspiré, même si c'est loin d'être son meilleur film.
Librement adapté de l’affaire Medhi Meklat [collaborateur du site en ligne « Bondy Blog », de l’émission « Comme on nous parle » de Pascale Clarke sur France Inter et co-auteur du livre « Burn out » (2015)] qui avait défrayé la chronique en 2017, le film décrit, avec la précision d’un médecin légiste, l’influence des réseaux sociaux qui brûlent ce qu’ils ont adoré et rappelle aussi que ce qui est diffusé sur Internet n’est jamais oublié. C’est aussi une version moderne et proche des « Illusions perdues » de Balzac où on ne pardonne pas à Karim D. (excellent Rabah NAIT OUFELLA, tout en nuances), bien sûr, ses tweets outranciers (racistes, homophobes, antisémites et misogynes mais qui, pour lui, était du 3e degré, histoire de voir jusqu’où il pouvait aller, tout en étant de son époque où tweeter est aussi naturel que respirer) mais aussi son origine sociale, de l’autre côté du périphérique parisien (où, malheureusement, ses propos étaient pris au 1er degré par les jeunes). C’est son succès (sortie de son livre « Débarquement » où il évoque sa mère algérienne, favorablement accueilli par la critique) qui est responsable de sa chute alors que ses tweets (200 000 suiveurs) parus avant sa célébrité, sous le pseudonyme potache d’Arthur Rambo, ne choquait pas grand monde et même étaient transférés, y compris par ses proches. Bonne illustration de l’adage latin, Arx Tarpeia Capitoli proxima, il n’y a pas loin du Capitole à la Roche Tarpéienne ! Le film n’est, ni, une illustration modernisée de « L’étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde » (1886) de Robert Louis Stevenson (1850-1894), allégorie de la double personnalité de chacun, écartelé entre le bien et le mal, ni une réflexion sur la différence entre l’artiste talentueux et l’homme méprisable dont l’écrivain Louis-Ferdinand Céline (1894-1961) est le prototype : prix Renaudot en 1932 pour « Voyage au bout de la nuit » et dont les propos antisémites, notamment dans « Bagatelles pour un massacre » (1937) et son attitude pendant l’occupation nazie lui valurent l’emprisonnement, la confiscation de ses biens et l’indignité nationale.
Le sujet etait interessant mais le traitement est rate. On ne comprend jamais trop ou le film veut en venir et malgre la courte duree du fillm, on s’ennuye assez souvent. Un film finalement pas terrible…
Un film assez paresseux, on ne sait pas trop où Laurent Cantet veut nous amener. Après avoir posé la situation de départ, le film enfonce des portes ouvertes pendant 1h30 sans vraiment aller au fond de son sujet qui pourtant était intéressant. Même l'interprète principal, Rabah Naït Oufella, qui pourtant était très bon dans "Grave" de Julia Ducourneau, ne semble pas y croire, le spectateur encore moins...