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Peter Franckson
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4,0
Publiée le 25 janvier 2021
Le réalisateur s’est inspiré du livre « Conversations entre adultes-Dans les coulisses secrètes de l’Europe » (2017) de l’ancien ministre des finances grec, Yánis Faroufákis mais déjà en 2007, l’ambassadeur de Chypre en France l’avait prévenu que la Grèce courait à sa perte. Le film débute en janvier 2015, lors des élections législatives gagnées par SYRIZA dont fait partie Aléxis Tsípras (41 ans) qui devient Premier ministre tandis que Yánis Faroufákis (54 ans) est son ministre des finances. La démission de ce dernier, 5 mois et 12 jours après, est expliquée par les évènements qui ont suivi les élections. On y découvre les affrontements brutaux et d’une grande violence entre les ministres grecs et l’Eurogroupe, constitué par les ministres des finances des pays de la zone euro et présidé par le néerlandais Jeroen Dijsselbloem, dominé par l’intraitable allemand Wolfgang Schäuble (paraplégique à la suite d’un attentat), souhaitant la sortie de la Grèce de la zone euro et que Christine Lagarde, directrice du F.M.I. (Fond Monétaire International), tempère afin de ne pas bloquer les négociations. Le film montre les coulisses, souvent en opposition avec les discours de façade, notamment devant la presse (bel exemple d’hypocrisie du français Michel Sapin), le côté tatillon de Jean-Claude Juncker, président de la commission européenne qui veut imposer le port de la cravate à Yánis Faroufákis ou le cynisme et l’arrogance de la troïka constituée d’experts de la Communauté Européenne, de la Banque Centrale Européenne (dirigée par l’italien Mario Draghi) et du F.M.I.). C’est finalement le référendum grec, proposé par Aléxis Tsípras (après la limitation des retraits bancaires à 60 € / jour), le 5 juillet 2015, qui refuse (à 61 %) l’adoption des mesures de la troïka, qui provoque la démission du ministre des finances, ne voulant pas appliquer une politique de droite et préférant que la gauche disparaisse pour renaitre ultérieurement. Le titre du film vient d’une réflexion de Christine Lagarde trouvant, lors d’une réunion de l’Eurogroupe, que la salle manquait d’adultes, vu l’affrontement des égos. Belle illustration de la déconnection de la plupart des membres de ces commissions, pas toujours élus et oubliant les peuples dont ils sont issus.
Malgré un manque de nuance, ce film porté à gauche a le mérite de replacer ces événements et notamment le comportement et convictions de chacun des acteurs politiques.
Je n'avais pas été prévenu que c'était un film d'horreur ! Et pourtant, on y est. Costa Gravas nous livre un portrait sans concession des coulisses de l'Europe. L'unique pouvoir, celui de l'argent y trône en maitre. On manipule et remanipule, qu'importe le peuple, qu'importe la conscience. Le film est austère mais Christos Loulis est plus vrai que nature. Est-ce si caricatural que cela ? Hélas, je ne crois pas.
Je craignais un peu mais Costa Gravas dépeint la crise grecque avec clarté sans être pompeusement didactique. A ce jour encore, avec les intérêts « personnels » des autres membres de la communauté européenne, plus que jamais on peut reprendre la réflexion émise par Christine Lagarde sous les traits de Josiane Pinson « Y a-t-il un adulte dans cette salle ? » Tant ces hommes et femmes se comportent comme des gamins. Ces mêmes gamins qui ont le pouvoir de décider de nos vies sociales. Costa Gavras tout en pointant du doigt cette douce cacophonie faite d’hypocrisie, de compromis, d’égoïsme, de cupidité, prend soin de rappeler que la Grèce a menti sur ses comptes. Il ne le dit pas explicitement. On a droit à « Je ne suis pas responsable des comptes de mes prédécesseurs ». Mais il aurait dû aussi pointer du doigt les Allemands qui auraient été complices, c’est-à-dire au courant que la Grèce avaient manipulé ses comptes pour entrer dans l’Europe. Les Allemands "bon élève" pas tant que ça en tout cas, pas bonne mentalité ! On y apprend aussi qu’il y a deux discours celui qui se tient dans la sphère privée entre quatre murs, et celui qui se dit devant la presse et les caméras. Comment trahir avec velours les entretiens ! Nos responsables grecs qui s’évertuent à obtenir un remboursement de la dette apprennent à jongler avec le chaud et le froid. Tous ces halls, tous ces vestibules, tous ces corridors de pourparlers ont été vains puisque la Grèce sera sanctionnée et devra ajouter de la dette à la dette. Costa Gavras a eu la bonne idée en toute fin d’illustrer un ballet où tous les responsables européens dansent pour amener dans leurs filets une Grèce condamnée à rentrer dans le rang. Intéressant et instructif. Bonne prestation de Christos Loulis.
La crise grecque m'est restée en mémoire comme l'événement qui a fait perdre à l'Union européenne toute sa raison d'être, celle d'une instance supranationale visant à dépasser les égoïsmes nationaux en vue d'une stabilité collective, soit par complaisance - cette crise devenant justement le point de cristallisation des égoïsmes nationaux - soit par impuissance, parce que le mode de fonctionnement des institutions était vicié dès le départ. Pour être tout à fait complet, il semble utile de préciser que Costa-Gavras a basé son film sur le livre de Iannis Varoufakis, le ministre des finances issus des rangs du parti d'extrême-gauche Syriza qui y relate sa (brève) expérience à batailler avec l'Eurogroupe, la Troika et spécifiquement son homologue allemand Wolfgang Schäuble non seulement parce qu'en tant qu'économiste, les mesures d'austérité imposées à la Grèce lui semblaient contre-productives et à même d'enfermer le pays dans un cercle sans fin de remboursements et d'emprunts, mais aussi pour que l'expression démocratique du peuple grec soit prise en compte dans l'équation. En vain : quelle que soit la responsabilité - réelle - des élites grecques des dernières décennies dans la banqueroute qui frappa leur pays, on ne peut qu'être écoeuré face aux calculs comptables et à la logique d'épicier des interlocuteurs institutionnels des représentants hellènes, à l'arrogance de ces fonctionnaires non-élus chargés de vendre à l'encan le patrimoine grec et au mépris affiché pour le fonctionnement démocratique des états, qui se rengorge d'une logique économique inattaquable sans comprendre qu'il ruine l'essence même du projet européen aux yeux des peuples. Entre une France qui se repaît de grandes déclarations d'intention, faute d'avoir d'autres atouts dans sa manche et une Allemagne aveugle et sourde car arc-boutée sur son dogmatisme budgétaire, les états membres n'offrent pas un spectacle plus glorieux dans ce théâtre de l'absurde, qui déshabille l'Europe et la laisse nue, exposant aux yeux de tous sa médiocrité à courte vue. 'Adults in the room' est un film de débats, d'argumentaires, un pensum de droit européen parfois rébarbatif mais qui a le mérite de laisser la parole à la partie demanderesse, ce qui n'avait pas été forcément le cas dans la presse de l'époque: un point de vue qu'on peut difficilement taxer d'impartialité mais qu'il est tout aussi difficile de ne pas considérer avec sympathie.
Faire des négociations entre le ministre des finances grecs et ses créanciers (la troïka) un sujet de cinéma semble plutôt farfelu. Et pourtant, en cinéaste très engagé, Costa-Gavras s’en empare et en fait un thriller grinçant et désabusé sur les arcanes du pouvoir. Ce n’est pas ce film qui redonnera foi en l’union européenne.
Un film tout simplement génial qui nous dévoile les dessous du fonctionnement de l UE. Ça fait froid dans le dos, ce n est pas réjouissant mais c est très éclairant. A voir et à méditer...Adults in the Room », en partant de l’histoire et de l’état de la Grèce en 2015, est un film véritablement passionnant et palpitant sur les dessous de la « Politique et de la Finance » ! Costa Gavras a réussi un exploit en faisant de ces fameuses élections et du gouvernement qui en a découlé, une histoire haletante dont les rebondissements incroyables et son déroulement-même, sont un vrai enseignement sur l’Europe d’aujourd’hui !
Séquences économiques compliquées et peu constructives par moment, jeu des acteurs inconstant et scènes de danse par exemple tout à fait inadaptée au sujet, sujet un peu lourd et film un peu trop long... moyen
Il est intéressant d'avoir le point de vue grec des négociations sur le MoU qui est plus précisément celui de Varoufakis. C'est de fait un point de vue subjectif, mais il vient équilibrer celui bien plus connu et diffusé de la troïka. On franchit un peu le mur de la communication factice du monde politique pour jeter un œil à ce qu'il peut y avoir concrètement derrière. La phrase lâchée au cours du film "Y a t'il un adulte dans la pièce ?" résume bien ce petit voyage initiatique. Quant à la réalisation, elle est trop burlesque et caricaturale avec une séquence de fin complètement fantasque. C'est assez lent et cela manque de pas mal d’intelligibilité sur les enjeux.
Ce thriller politique est globalement bien construit, mais la fin est trop vite expédiée et le flot de paroles stériles déversées par moments ralentit le film. Reste un long-métrage instructif.
Aborder un sujet si complexe sur un ton faussement désinvolte, en voilà un pari osé, mais partiellement réussi. En effet, malgré quelques répliques et scènes savoureuses (je vous laisse apprécier les 5 dernières minutes, un vrai condensé d'intelligence narrative), l'ensemble traîne en longueur. Non pas que "Adults in the room" soit une mauvaise production, mais il reste difficile d'échapper aux écueils inhérents à cette thématique politique si le réalisateur souhaite se rapprocher d'une forme de réalité. C'est alors que certains passages sont ennuyeux et casse le rythme imprimé par la bonne volonté des acteurs de ce "mélodrame".
dire que je me suis lancé dans le visionage du film sans reelle conviction ( ayant peur de m ennuyer ) mais costa gavras et le sujet me titillait et franchement c est excellent un superbe film de real fiction politique avec un regard d une limpidité absolu, le regard d un homme qui a de la bouteille et connait parfaitement l etiquette et les enjeux des puissants A VOIR ABSOLUMENT pour tout ceux qui ne sont pas des analphabete politique au sens brechtien
Avec un sujet qui aurait pu être verbeux, linéaire, voire ennuyeux, Costa-Gavras réussit le pari de livrer un film énergique, sans temps mort malgré ses deux heures de durée. Sur la forme, le film est donc une réussite, si ce n'est le parti-pris métaphorique de la longue scène finale chorégraphiée, alors que tout le reste cherche à coller à un réalisme évident. Sur le fond, le long-métrage est tiré d'un livre écrit par Yanis Varoufakis, d'où une vision très partisane. Pour ceux qui s'intéressent à la politique et qui son allés en Grèce, la réalité est bien différente. Outre des bilans falsifiées sur des années, les restaurants ne donnaient même pas de facture après un repas, oubliant TVA, déclaration, etc... Chacun faisait sa petite popote tout en profitant des subsides de l'Europe. Et le résultat a donné ce que l'on sait et qui fait encore aujourd'hui souffrir le pays. Un bon film à condition de fouiller un peu pour redimensionner les choses...
Un intéressant biopic qui, dans la manière d'être présenté, a un goût de documentaire - même si ce n'en est pas un -, tellement il est facile de se dire que les choses se sont passées comme ça, vu notre monde où l'argent est le premier commandement guidant les politiciens.
Avec la crise de la dette en Grèce, Costa Gavras s’attelle à un sujet relativement ennuyeux, tout du moins peu « cinémagénique ». C’est plutôt réussi, car, en lui donnant un air de comédie théâtrale, le réalisateur nous emporte de manière rythmée dans les coulisses du pouvoir et des négociations entre les grands de ce monde. C’est aussi à double tranchant car le comique de situation fait aussi perdre de vue le tragique de la situation grecque qui n’est malheureusement pas ou peu montrée à l’écran, dommage car on en oublie que derrière ces jeux de rôle se joue le quotidien de millions d'habitants...