Cette plongée dans la marre aux requins ne tient que sur les prestations magistrales de ses acteurs, tout le cynisme du film reposant que sur le jeu très froid de Jean Gabin s’opposant à l’interprétation outrancière de Pierre Brasseur. Bernard Blier est, comme à son habitude, très bon mais son personnage est terriblement sous-exploité. Le scénario est une image satirique des élites et des institutions, dont l’immoralité frôle un niveau caricatural somme toute assez simpliste où s’entremêlent les querelles familiales et les manipulations financières. Les dialogues, pourtant concoctés par Michel Audiard, ne sont pas percutants et l’humour noir reste superficiel, en fait seule l’intensité dramatique de la conclusion donne sa force à cette peinture au vitriol du capitalisme sauvage. La construction académique et le rythme très lent ont également contribué au fait que le film ait si mal vieilli.
Toute la richesse d'une entreprise, celle de Jean Gabin qui se rend compte que son fils est pas apte à reprendre le flambeau. Gabin fidèle à lui-même, excellente prestation et le grand Pierre Brasseur suit aussi comme à son habitude à merveille. Le dénouement final vaut son petit moment d'intrigue. Une comédie dramatique légère qui remplit son quota scénaristique.
Terrifiant et cynique, tels sont les deux qualificatifs qui s'imposent. Le népotisme d'affaires et l'univers de la finance sont cloués au pilori de la morale par Maurice Druon et Denys de la Patellière. Le verdict est sans appel : le capitalisme conduit inéluctablement l'homme à sa perte. Au-delà du message, finalement assez commun à l'heure où l'expression d'altermondialisme se démocratise, c'est la forme qui confère aux "Grandes familles" sa grandeur. L'interprétation pour commencer. Pierre Brasseur contre Jean Gabin, c'est un peu comme le duel Banks-Beckenbauer de la finale de 1966 à Wembley : du grand art. Le scénario ensuite, assez ingénieux et surtout très emballant. Les dialogues enfin, signés Audiard. On retiendra par exemple le célèbre : "Je n'ai rien contre les excuses, je suis même prêt à en recevoir". Donc au final, que peut-on reprocher aux "Grandes familles" ? Une fin plus travaillée, ne donnant pas un léger goût d'inachevé. Un personnage de Bernard Blier plus développé. Une vraie BOF. Ou encore une plus grande place accordée à la religion dans la satire sociale.
Terrifiant.Ce film est la démonstration éblouissante du pouvoir que peut détenir le cinéma de propagande qui a heureusement disparu de nos jours. Ici ,bien sur ce n'est pas de la propagande mais du démonstratif caricatural qui ne souffre aucune contestation. C'est comme cela que ça ce passe ,point final. Aucun moyen n'est négligé pour nous faire penser que la vraie vie est toute autre. Les acteurs sont les meilleurs de l'époque,le dialoguiste est éblouissant et le climat tragique bien en place...Mais,bizarre ou est l'émotion ? On ressort bluffé mais les yeux secs et l'indignation au fond du coeur...C'était le point de vue majoritaire des 5 millions de spectateurs de 1958. Il était temps que la nouvelle vague arrive ...J'aimerais bien connaître l'opinion de Jean-Luc Godard sur ce film. La mienne en tous cas est déplorable et je suis certain que les nombreux metteurs en scènes qu j’admire auraient refusé le scénario et les propos tenus. A la place de la grandeur ,il n'y a que médiocrité et bassesse .Pourtant nous savons tous que la richesse actuelle de la France provient des valeurs bourgeoises et industrielles qui ont dynamisé notre pays. Il y a forcement eu des brebis galeuses mais pas à ce point et pas toutes ensemble. Pourquoi brocarder ainsi nos belles institutions ? Les académies,la légion d'honneur entre autres et l'église catholique évidemment tournée en ridicule par la voix d'un prêtre sans honneur et sans morale chrétienne. Ce n'est pas avec de tels films que,quelque soit l’ époque, on élève l'âme et on rend le public intelligent ou sensible. Toutes les limites de la décence sont dépassées quand le coup de feu est entendu juste après le mot ''caviar'' ou que Françoise Christophe ordonne à son beau père en pleine douleur de lâcher son petit fils qu'il tenait dans ses bras
Malgré un casting des plus alléchants (Gabin, Blier, Audiard) le film s'ouvre d'un cruel manque du rythme, de scènes percutantes et surtout d'un manque de qualité des dialogues d'Audiard, peu percutants ici. Dommage...
C'est du solide, on peut plonger allégrement dans ce panier de crabes. Le style un peu trop académique est contrebalancé par des bonnes interprétations dont celle de Pierre Brasseur en oncle dévoyer qui donne une grosse valeur ajoutée au film.
Même si je fais partie de la jeune et nouvelle génération de cinéphiles, ce genre de réalisation en noir et blanc me ravit souvent bien plus que les productions d'aujourd'hui. J'ai été emporté par ce film par l'interprétation sans faute et inspirée de l'immense Jean Gabin, qui trouve ici un rôle nuancé et profond d'homme du monde. A placer très haut dans sa filmo.
Un grand classique, une interprétation magistrale de Jean Gabin mais il ne faut pas oublier non plus les autres acteurs en particulier Jean Desailly, Bernard Blier et l'incontournable Pierre Brasseur vraiment excellent. Cette peinture sans pitié du monde de la finance et de la cruauté impitoyable du pouvoir et de l'argent faisant perdre toute humanité aux personnages n'a à mon avis pas pris une ride;ce phénomène étant hélas toujours aussi marquant à notre époque. Un très grand film à revoir ou a découvrir!!!
A revoir ce film, il est plutôt mineur par rapport au livre de Druon. Le personnage de Gabin est moins complexe qu'il ne le faudrait, tout est amoindri. Pas un mauvais film, mais pas un des meilleurs.
Superbe peinture du milieu de la finance ! Jean Gabin en P.D.G. que plus rien n'étonne, le fils à papa mis à l'écart, les requins de la bourse qui ricanent en attendant la chute. Tout cela serait très amusant si la Mort n'était pas là, elle aussi, à attendre. Le plan fixe d'une minute sur Jean Gabin, au 2/3 du film, se souvenant brutalement de l'existence de la Faucheuse, suffirait à faire de ce film une oeuvre inoubliable.