L'Expérience
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Theo
Theo

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3,5
Publiée le 19 mai 2026
L’Expérience, titre original Das Experiment, est un thriller allemand d’Oliver Hirschbiegel, écrit notamment par Mario Giordano et Christoph Darnstädt, porté par Moritz Bleibtreu, Christian Berkel et Oliver Stokowski, et sorti en France le 21 mai 2003. Le film s’inspire du roman Black Box de Mario Giordano, lui-même nourri par l’expérience de la prison de Stanford, cette étude comportementale pensée pour durer deux semaines et interrompue après six jours tant la situation avait dégénéré.

Ce qui rend L’Expérience immédiatement prenant, c’est la force presque primitive de son dispositif : un groupe d’hommes volontaires, un espace carcéral reconstitué, une séparation arbitraire entre gardiens et prisonniers, des règles simples, de l’argent à la clé, des caméras, des scientifiques qui observent, et cette question vertigineuse qui flotte dès les premières minutes : combien de temps faut-il pour qu’un rôle devienne une identité ? Le film n’a pas besoin d’un univers très complexe pour fonctionner ; il repose sur une idée limpide, brutale, presque théâtrale, et c’est justement cette simplicité qui lui donne sa puissance. On comprend vite que le décor est artificiel, mais le malaise, lui, ne l’est jamais totalement. La prison est fausse, les uniformes sont distribués, les règles sont inventées, mais les humiliations, les crispations, les regards de domination et les réflexes de soumission prennent une densité inquiétante.

Oliver Hirschbiegel réussit surtout une chose : transformer une expérience théorique en machine de tension. Le film avance comme un piège qui se referme par petites pressions successives, sans avoir besoin au départ de grands effets spectaculaires. Ce sont les micro-violences qui comptent : un ordre lancé trop sèchement, un silence imposé, une plaisanterie qui devient sanction, une gêne collective que personne n’interrompt vraiment. La mise en scène a quelque chose de sec, nerveux, parfois un peu tapageur, mais elle sait créer cette sensation d’air qui se raréfie. Plus le récit progresse, plus les murs semblent rétrécir, plus les corps se tendent, plus les regards se chargent d’une menace qu’on sent presque physiquement. À son meilleur, le film capte très bien cette bascule glaçante entre le jeu social et la violence légitimée.

Moritz Bleibtreu apporte beaucoup à cette mécanique. Son personnage a une énergie d’insolence, de défi, d’intelligence instinctive qui empêche le film de n’être qu’une démonstration froide. Il entre dans l’expérience avec une forme de confiance trop grande, comme s’il pensait pouvoir traverser ce système sans jamais s’y laisser absorber. Cette arrogance est essentielle, parce qu’elle donne au film une ambiguïté plus intéressante que prévu : il n’est pas seulement une victime potentielle, il est aussi un déclencheur, un perturbateur, un homme qui teste les limites d’un dispositif déjà dangereux. Le film gagne en nervosité parce que son protagoniste n’est pas parfaitement confortable. On peut admirer son refus de plier tout en sentant qu’il sous-estime la vitesse avec laquelle une autorité humiliée peut se durcir.

En face, la galerie des gardiens fonctionne parce qu’elle ne repose pas uniquement sur la brutalité évidente. Le film montre assez bien comment certains hommes ne deviennent pas monstrueux d’un seul coup, mais se réfugient d’abord dans la règle, dans la consigne, dans le groupe, dans la peur de perdre la face. La violence naît souvent d’une lâcheté déguisée en discipline. C’est là que L’Expérience est le plus intéressant : quand il observe moins le sadisme comme anomalie que comme résultat d’un cadre, d’un uniforme, d’une permission implicite. On sent que certains personnages trouvent dans leur fonction une importance qu’ils n’avaient peut-être pas ailleurs. L’uniforme ne crée pas tout, mais il autorise beaucoup. Et le film, même lorsqu’il force le trait, a le mérite de rendre cette idée très concrète.

La dimension la plus réussie reste donc cette réflexion sur l’obéissance, le pouvoir et la responsabilité collective. L’Expérience ne parle pas seulement des gardiens qui abusent de leur position ; il parle aussi de ceux qui regardent trop longtemps, de ceux qui rationalisent, de ceux qui attendent que quelqu’un d’autre intervienne, de ceux qui se persuadent que tout reste contrôlable parce que le cadre initial était scientifique. C’est peut-être là que le film est le plus durable : il montre que l’horreur ne surgit pas forcément parce que tout le monde devient fou, mais parce que chacun accepte un petit déplacement de la norme. Une humiliation devient une procédure. Une cruauté devient une méthode. Une alerte devient un incident. Et à force de tout nommer autrement, on finit par ne plus regarder les choses en face.

Mais L’Expérience est aussi un film qui perd une partie de sa force à force de vouloir trop prouver. Son idée est puissante, son dispositif est efficace, sa tension fonctionne, mais Hirschbiegel a parfois tendance à appuyer là où un peu plus de retenue aurait rendu l’ensemble encore plus terrifiant. Le film est plus fin quand il observe les rapports de force que lorsqu’il cherche à les intensifier à tout prix. Il y a par moments une volonté de thriller pur, presque de spectacle de la dégradation, qui rend certaines évolutions plus prévisibles, plus démonstratives, moins troublantes qu’elles auraient pu l’être. On sent parfois le scénario pousser les personnages vers une escalade attendue plutôt que laisser le malaise se contaminer de manière plus insidieuse.

C’est ce qui empêche le film d’atteindre le niveau d’un très grand chef-d’œuvre psychologique. Le sujet aurait pu donner lieu à une œuvre encore plus clinique, plus ambiguë, plus inconfortable dans ses zones grises. Or L’Expérience choisit souvent l’efficacité dramatique, avec des oppositions marquées, des tempéraments très identifiables, des moments de tension parfois soulignés par la musique ou par un montage qui veut absolument nous faire sentir le danger. Ce choix rend le film très accrocheur, mais aussi un peu moins profond. Il remue, il accroche, il oppresse, mais il laisse parfois l’impression d’avoir préféré la puissance immédiate à la complexité morale la plus dérangeante.

La sous-intrigue extérieure, notamment, n’a pas toujours la même intensité que ce qui se joue dans l’espace carcéral. Elle sert à donner de l’épaisseur humaine, à rappeler qu’un participant n’est pas seulement un corps enfermé dans un protocole, mais aussi une personne avec un avant, un désir, une vie possible hors du dispositif. Pourtant, chaque sortie du huis clos affaiblit légèrement la pression. Le film est tellement plus convaincant quand il reste enfermé avec ses personnages qu’on a parfois envie qu’il ne respire jamais, qu’il assume jusqu’au bout son étouffement. La partie la plus forte est celle où l’on ne pense plus au monde extérieur, où le laboratoire devient tout l’univers, où la fiction de prison commence à produire de vraies blessures psychologiques.

Visuellement, L’Expérience garde une efficacité certaine. Le film a parfois les marques de son époque, avec une énergie de thriller européen du début des années 2000, un goût pour la nervosité, pour les contrastes appuyés, pour une tension parfois très frontale. Cela peut légèrement dater certaines séquences, mais cela donne aussi au film une identité. Il y a quelque chose de rugueux, d’imparfait, de fiévreux, qui colle bien à ce récit d’emballement. On n’est pas devant une œuvre parfaitement maîtrisée dans la nuance, mais devant un film qui sait très bien tenir son spectateur, qui sait fabriquer de l’inconfort, et qui comprend que le vrai suspense n’est pas seulement de savoir ce qui va arriver, mais de mesurer jusqu’où les personnages accepteront de redéfinir l’inacceptable.

Ce que j’aime beaucoup, c’est que le film reste accessible sans être idiot. Il ne demande pas au spectateur de connaître l’expérience de Stanford pour être saisi par le récit, mais il ouvre naturellement vers des questions plus vastes : la fragilité des conventions sociales, le pouvoir des institutions, le besoin d’appartenance, l’ivresse de l’autorité, la passivité des témoins. En même temps, il ne faut pas lui demander une rigueur scientifique absolue. L’Expérience n’est pas une étude, c’est un thriller inspiré d’une matière réelle et romanesque. Il simplifie, dramatise, intensifie. C’est à la fois sa force et sa limite. Comme pur cinéma de tension, il fonctionne très bien. Comme réflexion exhaustive sur la psychologie humaine, il est plus discutable, parce qu’il tend parfois à conclure trop vite ce qu’il faudrait laisser trembler.

Au final, L’Expérience est un film solide, tendu, mémorable, porté par un concept très fort et par une interprétation globalement convaincante. Il possède de vraies scènes d’oppression, une montée dramatique efficace, un sujet qui continue de travailler l’esprit après le visionnage, et une manière assez percutante de montrer comment la violence peut naître moins d’un chaos total que d’un cadre trop bien accepté. Mais c’est aussi un film un peu trop démonstratif, parfois plus brutal que subtil, parfois plus soucieux d’impressionner que de troubler en profondeur. Il reste au-dessus d’un simple thriller à concept parce qu’il touche à quelque chose de réellement dérangeant dans les rapports humains, mais il n’atteint pas tout à fait la grandeur qu’un tel sujet pouvait promettre. C’est une œuvre prenante, intelligente, imparfaite, dont les excès affaiblissent légèrement la portée, mais dont la tension, l’idée centrale et le malaise moral restent suffisamment forts pour marquer durablement.

Spoilers:

spoiler: L’Expérience d’Oliver Hirschbiegel est un thriller carcéral allemand qui part d’un dispositif d’une simplicité redoutable : vingt volontaires acceptent de participer à une simulation de prison, huit devenant gardiens, douze devenant prisonniers, sous l’œil d’une équipe scientifique menée par le professeur Thon. Le film adapte le roman Black Box de Mario Giordano et s’inspire clairement de l’expérience de Stanford, cette étude prévue pour durer deux semaines mais arrêtée au sixième jour tant la situation avait dégénéré. Ce qui frappe, dès lors, c’est que le film ne cherche jamais vraiment la surprise de l’idée : on sait très vite que tout va mal tourner. Son intérêt est ailleurs, dans la manière dont il montre le moment précis où un jeu social cesse d’être un jeu, où le costume devient identité, où la règle devient humiliation, où la soumission demandée pour “faire avancer l’expérience” devient une vraie dépossession. La grande force du film, c’est sa montée en tension. Hirschbiegel installe un piège presque mécanique, mais suffisamment humain pour qu’on ne le regarde pas seulement comme une démonstration. Au début, il y a encore quelque chose de grotesque, presque absurde, dans ces hommes adultes qui acceptent de jouer à la prison pour de l’argent. Tarek Fahd, interprété par Moritz Bleibtreu, entre dans le dispositif avec une arrogance de joueur, de provocateur, de journaliste qui croit qu’il pourra rester au-dessus de ce qu’il filme. Il n’est pas seulement prisonnier n°77 : il est celui qui pense avoir compris le système avant les autres, celui qui croit que son ironie le protège. C’est précisément ce qui rend son parcours intéressant, parce que le film le punit moins pour son courage que pour sa naïveté. Tarek veut révéler le scandale, mais il contribue aussi à l’accélérer. Il défie les gardiens, les ridiculise, les pousse à se radicaliser, et cette ambiguïté donne au récit une vraie nervosité : il est le héros, mais pas un héros pur ; il est la conscience du spectateur, mais aussi l’allumette dans une pièce déjà remplie de gaz. Face à lui, Berus est le personnage le plus mémorable, justement parce qu’il est écrit comme une transformation visible. Justus von Dohnányi lui donne d’abord une présence presque effacée, une rigidité gênée, puis quelque chose se durcit dans son visage, dans sa voix, dans sa posture. Le film a parfois tendance à souligner trop fortement sa bascule, à faire de lui une figure de sadisme presque trop lisible, mais il reste terrifiant parce qu’il incarne moins un monstre qu’un homme qui trouve enfin, dans un uniforme et une hiérarchie, une permission d’exister brutalement. La scène où les prisonniers sont déshabillés, humiliés, privés de leur nom, puis progressivement réduits à des numéros, fonctionne parce qu’elle ne repose pas seulement sur la violence physique : elle repose sur l’acceptation collective. Les autres regardent, hésitent, obéissent, minimisent. Et c’est là que L’Expérience devient vraiment dérangeant : le film ne dit pas seulement que le pouvoir corrompt, il dit que le confort du groupe fabrique très vite des lâches, des exécutants, des spectateurs. Le film est très efficace quand il observe la contamination des rôles. Les prisonniers ne deviennent pas simplement victimes ; ils deviennent eux aussi stratèges, rivaux, épuisés, parfois infantiles, parfois dignes. Schütte, prisonnier n°82, est essentiel à cet équilibre : sa fragilité met à nu la cruauté du dispositif, parce qu’il suffit qu’un homme soit plus vulnérable pour que l’expérience cesse d’être abstraite. Steinhoff, lui, apporte une résistance plus froide, plus rationnelle, presque militaire, mais le film montre bien que la lucidité ne suffit pas quand les règles du jeu appartiennent à ceux qui ont les matraques, les clés, les caméras et le vocabulaire officiel. Cette idée est une des plus fortes du film : on ne perd pas seulement parce qu’on est battu, on perd parce que l’institution décide ce qui est normal, ce qui est excessif, ce qui est encore “dans le cadre”. Là où L’Expérience impressionne, c’est dans son sens de l’enfermement. Le décor carcéral, pourtant artificiel, devient de plus en plus crédible à mesure que les personnages y croient. Les couloirs, les cellules, la salle d’observation, les écrans de contrôle composent un petit monde fermé où chacun a une excuse pour ne pas arrêter la catastrophe. Les scientifiques observent, notent, rationalisent, puis se retrouvent dépassés par leur propre protocole. Le professeur Thon est l’une des figures les plus intéressantes du film, non parce qu’il serait spectaculaire, mais parce qu’il représente la lâcheté froide de l’autorité intellectuelle : il a lancé une machine en prétendant qu’elle resterait mesurable, puis il refuse trop longtemps d’admettre qu’elle lui échappe. Le film est alors plus fort quand il montre cette irresponsabilité institutionnelle que lorsqu’il s’abandonne à la pure surenchère de thriller. C’est justement le principal défaut du film : il est parfois trop impatient de prouver sa puissance. À mesure que l’expérience dégénère, Hirschbiegel pousse le curseur vers une brutalité de plus en plus cinématographique, avec séquestration, panique, passages à tabac, mort, vengeance, affrontement final. Cela donne des séquences très prenantes, parfois même suffocantes, mais cela retire aussi un peu de trouble moral à l’ensemble. Le début et le milieu sont inquiétants parce qu’ils semblent plausibles, parce qu’on reconnaît dans les micro-humiliations une vérité sociale glaçante ; la fin, elle, bascule davantage dans le thriller de survie, plus efficace que subtil. Le film reste captivant, mais il devient moins vertigineux quand il transforme son laboratoire psychologique en terrain d’action. On n’est plus seulement en train d’observer la naissance de la domination : on attend que quelqu’un s’échappe, que quelqu’un frappe, que quelqu’un paye. La sous-intrigue avec Dora est également plus discutable. Elle apporte à Tarek une humanité, une échappée mentale, un dehors, une trace de désir et de hasard avant l’enfermement. Mais elle paraît parfois plaquée, comme si le film craignait que son dispositif central ne suffise pas. Les retours vers cette rencontre, la romance accélérée, l’idée de la femme extérieure qui cherche ou attend, donnent au récit une respiration, mais pas toujours une profondeur. On comprend l’intention : rappeler que Tarek n’est pas seulement un cobaye ou un numéro, mais un homme avec un avant et peut-être un après. Pourtant, chaque fois que le film quitte la prison, il perd un peu de sa force brute. Son vrai sujet est entre les murs, dans le regard des gardiens, dans la peur des prisonniers, dans l’impuissance de ceux qui pourraient encore dire stop. Malgré ces limites, L’Expérience reste un film franchement solide, tendu, intelligent dans son principe et souvent remarquable dans son exécution. Il n’a pas la perfection d’un grand chef-d’œuvre psychologique, parce qu’il simplifie parfois ses personnages et grossit parfois ses effets, mais il possède une énergie rare. Sa mise en scène sait créer une pression constante, son casting est très bien dirigé, et Moritz Bleibtreu porte le film avec une intensité physique impressionnante : insolent au départ, puis nerveux, blessé, acculé, presque animal dans sa volonté de ne pas disparaître sous le numéro qu’on lui impose. Le film fonctionne aussi parce qu’il laisse une sensation désagréable après coup : on ne sort pas seulement en se disant que les gardiens sont devenus monstrueux, mais en se demandant à quel moment précis on aurait soi-même cessé de rire, protesté, obéi, fermé les yeux. La dernière partie, avec son chaos, ses morts et son explosion de violence, m’a moins convaincu que la lente dégradation précédente, mais elle conserve une vraie puissance viscérale. L’Expérience est plus marquant comme piège que comme résolution, plus passionnant dans l’installation de la cruauté que dans son dénouement. C’est un film qui aurait peut-être gagné à rester encore plus froid, plus clinique, plus insidieux, au lieu de chercher parfois le choc frontal. Mais même avec cette tendance à l’exagération, il demeure un thriller moralement efficace, porté par une idée forte, une tension réelle et une capacité très nette à mettre mal à l’aise. Il ne dit pas tout sur l’être humain, il ne cerne pas toute la complexité du pouvoir, mais il saisit quelque chose de terriblement juste sur la vitesse avec laquelle une règle arbitraire peut devenir une violence légitime dès lors qu’un groupe accepte de jouer sérieusement à un rôle qu’il prétendait seulement interpréter.
Minan C
Minan C

88 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 10 février 2026
Le moins 16ans plus les commentaires élogieux m'ont poussé à voir ce film,qui démarrait plutôt bien,mais ensuite ça ça s'essouffle au milieu pour ensuite finir dans du n'importe quoi. Personne ne peut y croire une seconde.
Kouto
Kouto

29 abonnés 4 749 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 août 2025
Un film dans lequel 20 volontaires acceptent de participer à une expérience au cours de laquelle 12 d’entre eux seront prisonniers de 8 autres gardiens. Dérangeant le film ausculte la psyché humaine, autant sa capacité de l’homme à avoir recours à la violence dès qu’un lien de domination s’installe que la facilité avec laquelle il peut se soumettre à l’autorité. Mais là où le film en devient presque malsain c’est dans sa manière de déshumaniser ces pseudos détenus, ce qui n’est pas sans rappeler quelques pages sombres de notre histoire. Sans être exempt de défauts, surtout une fin légèrement excessive « L’expérience » est un long-métrage allemand coup de poing.
Nasheven
Nasheven

2 abonnés 26 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 9 février 2025
Le premier sentiment qui point à la fin du film est malheureusement la frustration face à une oeuvre qui aurait pu être bien meilleur.
Première déception, l'Expérience n'est pas une adaptation directe de l'Expérience de Stanford menée en 1971 mais plutôt du roman apocryphe Black Box de Giordano qui romançait déjà le déroulement du test. De là résulte, le principal défaut du film: Le scénario est artificiellement complexifié avec des sous-intrigues inutiles basées sur la vie extérieure de certains sujets aux motivations flous et peu développées. Le plus grotesque exemple est celui de cette romance entre Tarek et Dora, une femme rencontrée la veille du début de l'expérience. Le métrage alterne en continu les séquences dans la prison et les apartés la montrant dans sa vie quotidienne tandis qu'elle et Tarek rêvassent l'un de l'autre en permanence. Ces scènes extérieurs viennent constamment briser le stress qui pourrait s'accumuler chez le spectateur tandis que la tension monte progressivement dans la prison et nuisent considérablement à la cohérence de l'ensemble; nous excluant brutalement de la diégèse du film en rompant l'isolement complet avec la société qui est le fondement même de l'Expérience de Stanford.
A ces gros problèmes de rythme s'ajoutent une mise en scène peu inspirée qui met mal en valeur des acteurs relativement bons avec une mention spéciale aux gardiens qui incarnent assez bien le glissement dans le zèle et la violence malgré une écriture faiblarde de certains dialogues. On remarquera aussi que la mode allemande popularisée par Cours, Lola, Cours d'intercaler aléatoirement des boucle éléctros de 5s sans raison est ici de la partie avec un résultat assez (d)étonnant tant le métrage est silencieux de par le reste.
On retiendra donc ici avant tout le fond plutôt que la forme et cette illustration glaçante de la facilité avec laquelle un dépositaire d'autorité peut virer au bourreau sadique dans un cadre d'impunité totale. Car c'est bien dans l'étude des mécanismes amenant à cette spirale inarrêtable de violence que le métrage est le plus pertinent et dérangeant. Malgré les écueils décrits auparavant, le film garde une certaine vraisemblance qui questionne directement le spectateur quant aux penchants les plus terrifiants de la nature humaine et la capacité de la société à inhiber ou stimuler ces traits.
Malgré ses bientôt 60 bougies (et les critiques toujours actuelles sur sa rigueur scientifique), l'Experience de Stanford n'a pas fini de fasciner...
Madison
Madison

4 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 18 mars 2024
L'Expérience est un thriller psychologique inspiré de faits réels. Il est notamment basé sur l'expérience de Stanford dirigée par le psychologue américain Zimbardo visant à analyser "l'influence du comportement de l'individu et son rapport à l'obéissance et à l'autorité". J'ai visionné ce film dans le cadre de mes études et je conseille à tous les spectateurs de vérifier les trigger warnings avant de le regarder car il comporte beaucoup de violences graphiques.

Dans un premier temps j'ai trouvé le film très intéressant puisqu'il traite d'une expérience que j'ai pu étudier durant ma formation. Il est clairement mis en avant la manière dont peut tourner une institution manquant de consignes formelles. Comme on a pu le voir, en l'absence de règles claires et définies, les individus jouant le rôle des gardiens de prison tombent rapidement dans les pratiques de violences physiques et psychologiques afin d'assouvir leur autorité sur les prisonniers. Ces jeux de violence deviennent de plus en plus sérieux et glaçants au fur et à mesure que l'on regarde le film. Je pense que c'est une bonne illustration de ce qu'il s'est passé en réalité à l'Université de Stanford.

Comme évoqué précédemment le film est très graphique sur les violences et tortures, ce n'est pas vraiment ce à quoi j'ai l'habitude ce qui m'a un peu rebuté. Les plans, le jeu des acteurs et la lumière ajoutent également un réel effet angoissant au spectateur. Néanmoins j'ai été un peu déçue de la fin, j'aurais aimé avoir davantage d'informations, surtout spoiler: sur l'article qu'était censé publier notre personnage principal qui est journaliste.
Chatons994
Chatons994

3 abonnés 51 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 29 juillet 2022
Film un peu long dans son rythme mais qui s'accélère tout à coup vers la fin du film. Le rythme est mal maîtrisé.
Par contre, l'expérience est pas trop mal retranscrite et l'évolution des personnages en sadiques est assez crédible (lors de l'expérience de Stanford, qui sert de source d'inspiration au livre et au film, dura six jours au lieu des deux semaines prévues au regard des comportements sadiques et inquiétants qui se développèrent rapidement).
Seule la dernière image de fin casse un peu le film. Suggérer ou montre les conséquences catastrophiques sur les personnes participant à l'expérience aurait peut être donné une autre impression au film.
Cineseba
Cineseba

49 abonnés 632 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 février 2021
Le film l'Experience nous fait reflechir sur l'enfermement, la prison. Le contact à des prisonniers, comme à des délinquants, l'enfermement peuvent être un facteur criminogène. La prison a une image influente de violence, de rejet, ce qui entraine la folie d'une équipe de matons. "L'experience" est une reflexion interessante, les acteurs jouent avec finesse et subtilité.
Ykarpathakis157

6 190 abonnés 18 103 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 14 octobre 2020
Comme dans l'expérience réelle le film a des volontaires qui répondent à une publicité pour une expérience et à la fin du test reçoivent de l'argent pour leur temps. spoiler: Les personnes choisies sont divisées en prisonniers et gardiens et placées dans une zone pour simuler une vraie prison. Les volontaires sont choisis de tous horizons sans tendance à la violence. Au début, les deux groupes sont ludiques mais au fur et à mesure que les choses progressent chaque groupe commence à se conformer à son rôle et à se comporter en conséquence. Pour contrôler le comportement tapageur des prisonniers les gardiens de prison utilisent l'humiliation l'exercice physique et même la violence pour réprimer toute opposition à leur autorité. Finalement les deux parties sont tellement immergées dans leurs rôles qu'elles en oublient qu'il ne s'agit que d'une expérience. J'ai eu plusieurs problèmes avec ce film. Tout d'abord au lieu de se concentrer sur les sujets de test et les personnes qui dirigent l'expérience le cinéaste s'en écarte en déplaçant l'attention sur la relation amoureuse entre l'un des détenus et une femme qu'il a rencontrée avant de se porter volontaire pour l'expérience. En plus de cela le film aborde la tendance suicidaire de la femme car son père venait de mourir. Deuxièmement, l'expérience de ce film est censée être secrètement financée par l'armée et par conséquent un officier militaire est engagé comme volontaire pour devenir prisonnier afin d'évaluer l'expérience. Cette partie est inutile et ne sert à rien l'histoire.
.Je suggère à ceux qui veulent vraiment voir la vraie histoire d'aller à votre bibliothèque locale ou de faire des recherches sur Internet sur l'expérience de Stanford. Vous verrez par la suite comment L'Expérience est pâle par rapport à la réalité...
DaeHanMinGuk
DaeHanMinGuk

231 abonnés 2 457 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 mai 2020
Quand on sort de ce film, la première impression est la peur, la peur de nos réactions d'être humain face à une situation donnée, la peur des comportements des hommes à qui on donne un pouvoir, la peur de l'évolution du monde ("l'expérience" est filmée 24h/24 par des caméras ... cela ne vous rappelle rien ?)... Ce qui fait encore plus peur, c'est de savoir que ce film n'est pas sorti de l'imagination d'un réalisateur mais est basé sur une expérience réelle qui a eu lieu dans une prison américaine.
Ce film est un grand moment de manipulation spoiler: : la manipulation des scientifiques envers les gardiens, la manipulation des gardiens envers les prisonniers et la manipulation du réalisateur envers nous
. On suit cette expérience avec beaucoup de plaisir et aussi beaucoup de frissons.
Les acteurs sont vraiment formidables (j'avais déjà vu Moritz Bleibtreu dans "Cours, Lola, Cours", un autre formidable film allemand (d'ailleurs, pourquoi n'y a-t-il pas davantage de films allemands qui sortent en France ?)) et la réalisation est très réaliste.
Allez voir ce film car il est vraiment différent de tout ce que vous avez vu jusqu'à présent : "l'Expérience" est une expérience qu'il vaut mieux voir que vivre.
pierrre s.

555 abonnés 3 427 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 18 juin 2019
Un film glaçant et très prenant qui nous maintient sous pression jusqu'à la fin. Seul bémol, quelques manques de crédibilité par moments. Mais un film à voir!
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 20 avril 2019
L’Expérience est l’adaptation au cinéma d’une vraie expérience sociologique réalisée au État Unis. Ce film fait froid dans le dos et évolue en puissance tout le long. L’exagération par moment de certains acteurs entache un peu la crédibilité du film. Film réaliste et troublant.
Anna_
Anna_

30 abonnés 827 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 6 avril 2018
Ce thriller est excellent, puissant et effrayant à la fois car on voit la toute la cruauté humaine s'installer "naturellement".
L'expérience va tourner au drame sans que personne ne réagisse vraiment : et vous qu'auriez vous fait réellement à la place des gardiens ?
Bertrand C.
Bertrand C.

8 abonnés 437 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 6 mars 2018
Un peu vieilli même si sujet intéressant à savoir l'évolution des comportements que l'on soit dominateur ou dominé.
black B.
black B.

47 abonnés 533 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 16 janvier 2018
Le film se concentre sur une expérience datée de 1970. Expérience qui a bien eu lieu et connu sous le nom d’expérience de Stanford. Le coté psychologique est très bien mené, l'immersion est franchement réussie; mais du coup on regrette cette surenchère de violence physique, qui n'était pas nécessaire, et qui fini par trahir totalement la véritable histoire qui a eu lieu..
Ca reste quand même un bon film qui a le mérite de traiter un sujet a la fois original et intéressant. 3.5/5
mx13
mx13

284 abonnés 1 963 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 février 2018
L'expérience est mon film allemand préféré, tout simplement.
On y observe la dégénérescence d'une expérience scientifique, qui consiste à enfermer plusieurs personnes distinctes dans une pièce, qui s'apparente à un bâtiment carcéral. Des rapports de domination s'installent et ça va, imprévisiblement et incroyablement, dégénérer. Très violent et perturbant, l'oeuvre est très proche que Funny games, pour sa violence non surjouée, sa tension très éprouvante, et ses séquences d'humiliations prolongées et répétitives.
Bleibtreu est excellent dans le rôle principal.
Bien mis en scène, beaux décors et effets spéciaux. Très bon film.
Je le déconseille aux moins de 16 ans. 4/5
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