Rodrigo Sorogoyen ("Que Dios Nos Perdone" "El Reino") change ici de registre avec un film et une entrée en matière tonitruante avec ce coup de téléphone avec le fils de l'héroïne qui disparait sur une plage. La suite nous projette 10 années plus tard où Elena (Marta Nieto) tente de se reconstruire. Cette oeuvre ressemble presque à une analyse psychanalytique voyant chez, et à travers Jean, un jeune français, l'image de son fils. Marta Nieto est bouleversante, mais sa présence n'empêche pas le film de subir de grosses baisses de rythme compensées par un suspense constant. Très différent de ses précédents films, le cinéaste dresse un beau portrait de femme, toujours sur un fil, jamais loin de basculer dans la folie. Un beau récit sur l'acceptation de l'inacceptable pour une mère.
En 2017, Rodrigo Sorogoyen avait écrit et réalisé un excellent court métrage titré Madre. Ce court métrage d’une durée excédant à peine un quart d’heure avait été lauréat en 2018 du Goya du meilleur court métrage de fiction avant d’être nommé l’année suivante dans la même catégorie des oscars. Deux ans plus tard, de cette réalisation à succès, Sorogoyen conserve le titre et imagine une suite au long cours (deux heures). D’un point de vue cinématographique, Madre est bien une suite et non un prolongement de son aîné. Critique complète sur incineveritasblog.wordpress.com/2020/07/24/madre/
L'ouverture est dingue de tension et de mise en scène, hélas le reste du film peine à retrouver cette même intensité, même si l'intrigue et la relation entre le jeune homme et l'héroïne demeure intéressante.
J'avais adoré ses précédents films mais là c'est raté. Probablement car le réalisateur ne va pas au bout de son sujet. Le sujet pensé comme il l'est était casse gueule mais il n'en ressort pas grand chose. Ennuyeux et creux.
Début poignant qui laisse présager d'un film prenant. Et puis le reste s'endort et traîne un peu en longueur. Et puis on ne comprend pas très bien cette relation avec cette adolescent entre relation maternelle et amoureuse. On ne sait pas trop ce qui est arrivé à l'enfant de cette femme (probablement tué par un rôdeur), pourquoi le père l'a abandonné sur cette plage. On a pu penser un moment qu'il était dans l'incapacité de revenir (meurtre, accident?) pour le récupérer mais on le voit réapparaître 10 ans plus tard sans comprendre vraiment son attitude d'alors. C'est un film intéressant mais en gros, on passe son temps à attendre. Un peu comme cette femme.
Ambivalent. Prend son temps pour exposer ce personnage perdu. Perdu et magnifique, comme son actrice. On reste dans le vertige, sur le rebord de la falaise.
Quand on a vu " que dios nos perdone", " el reino" et " as bestas" tous très bons et réussis, on ne peut qu'être franchement très déçu par " madre".
La liste des gros défauts du film est longue, puisque presque rien ne fonctionne. Le scénario n'est pas bien écrit ( c'est le défaut majeur), la première partie ( sauf le premier plan séquence) est très mauvaise et beaucoup trop longue ( 45 minutes auraient pu être condensées en 10 et encore, c'est dire !).
Le jeune comédien ( un certain julien Poirel) est particulièrement mauvais, mal dirigé et on se demande comment il a pu se retrouver là ; l'actrice principale de son côté, ne peut pas faire grand chose pour éviter le ratage de " madre".
Les acteurs secondaires sont ceux qui s'en tire le mieux ( sauf les trois jeunes comédiens dans la scène de la sortie de la discothèque - eux très mauvais ou là encore mal dirigés).
On sauvera de cette débâcle la seconde partie qui est elle regardable et qui sauve un peu le film.
Au travers de l'histoire d'une mère qui perd son jeune fils dans des conditions épouvantables et en perd aussi la raison, Sorogoyen tente de nous montrer le poids de ce traumatisme ultime pour un être humain que constitue la perte d'un enfant.
Avant lui, par exemple, Nani Moretti avait développé le sujet dans " la chambre du fils" ( palme d'or à Cannes) avec un talent auquel Sorogoyen ( qui n'en est pas dépourvu et l'a montré dans ses trois films précités ) ne peut malheureusement espérer prétendre ( et de très très loin) avec "Madre".
Seuls les aficionados du réalisateur iront voir ce film, les autres tireront un meilleur bénéfice et surtout beaucoup plus de plaisir, a visionner les deux précédents opus du réalisateur et aussi à celui qui a succédé à " madre".
Rodrygo Sorogoyen confirme après El Reino et Que dios nos perdone son immense talent de réalisation. Totalement différents de ses deux premiers longs, Madre est lent, profondément triste malgré qu'on suive un personnage qui va de mieux en mieux. Le lieu de l'histoire influe beaucoup sur l'ambiance général du film.
Un film poignant mais parfois dérangeant,o est tout de suite happé sur plan séquence d une dizaine de minutes où une femme reçoit un appel de son fils de 6 ans qui lui annonce qu il est tout seul sur une plage, son père est parti,la mère commence à s affoler et la tension va crescendo jusqu a que son fils se fait enlever. On se retrouve 10 ans après en Bretagne où elle est responsable d un restaurant,elle remarque un jeune homme de 16 ans qui pourrait ressembler à son fils disparu, s ensuit une relation va naître entre ces 2 personnages qui est assez ambigu sans être glauque ni transgressif,on s attache beaucoup à la mère qui pour surmonter son deuil va flirter avec la folie mais a la fin réapprend à vivre avec l absence. La réalisation est superbe la mise en scène nette Un film a découvrir
Je suis mitigé pour donner un avis global, mais certains points noirs font finalement que je l’ai trouvé assez moyen. Au-delà du film en lui-même, sa symbolique, et le dégout qu’elle m’a donné, ont influencé mon ressenti final. Tout commence pourtant de la meilleure des manières. Rodrigo Sorogoyen en guise d’introduction nous a remis son court-métrage de 18 minutes afin de se mettre dans la peau du personnage. Je dois avouer que c’est une pure merveille. L’impression forte que m’a laissée cette première séquence m’a porté longtemps. Malheureusement, sur la durée cela dessert le film, car à aucun moment on ne va retrouver cette intensité. Alors que cette entrée est très choc, le reste du drame va être dans un ton plus lent, et mélancolique. Pendant longtemps j’ai espéré que ça revienne mais non. C’est dommage quand on sent que le personnage joué par Marta Nieto est au bord de l’implosion. Il en faut si peu pour que tout bascule. Cette actrice m’a laissé une très forte impression car même dans les moments plus raplapla, elle reste extrêmement douée. Je ne dirais pas la même chose de Jules Porier dont la prestation un peu bateau, m’a empêché de rentrer à 100% dedans. On va donc être porté par cette histoire ambiguë entre une mère, et un jeune adolescent qu’elle identifie à son fils. Les limites de la moralité sont atteintes. Alors certes, malgré certaines longueurs difficiles, et d’autres passages trop poussés, ce récit nous est très bien retranscrit. Cela ne suffit pas car sur le fond, plus le temps passait, plus je trouvais cela malsain, et donc forcément le visionnage n’était pas agréable.
Le film s'ouvre par un plan séquence d'une maitrise et d'une tension palpable absolument incroyable. Et puis malheureusement il s'embourbe avec cette histoire de mère incapable de faire le deuil de son enfant. Même si bien évidemment le spectateur ne peut que la comprendre il peut rester perplexe sur le chemin psychotique teinté d'inceste qu'elle décide d'emprunter pour atteindre la lumière. Et surtout se perdre devant un film beaucoup trop long.
Ce qui me froisse ici : le manque de crédibilité. Film visuellement beau & des Acteurs(trice) superbes mais je n'y crois décidément pas totalement, certains moments me semblent invraisemblable. ARRIVEZ Bien à l'Heure afin de pas rater la 1ère Scène !
Quel changement de thème et de rythme après l'époustouflant "El reino", chef d'oeuvre de 2019. Plus de lenteur et d'intimité dans ce nouveau film mais on retrouve l'efficacité de Rodrigo Sorogoyen pour filmer l'insoutenable et les tourments. Sa façon de filmer est unique, ses plans larges sont fascinants et quelques plans discrets méritent l'analyse des cinéphiles.
Un film très bien réalisé. La justesse du jeu d'acteur nous plonge dans leur quotidien et nous bouleverse dès les premières minutes. Le reste du film nous laisse envisager diverses possibilités. Une fin plutôt intrigante qui nous reste en-tête.