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Joël DI DOMIZIO
16 abonnés
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4,0
Publiée le 9 décembre 2022
Après le fiévreux et tourmenté "El Reino", Sorogoyen change de registre et nous offre un film émouvant sur une femme navigant au bord de la folie après la disparition 10 ans auparavant de son fils. MADRE nous expose une lente reconstruction, un deuil qui n’en finit pas et qui empêche Elena d’avancer dans sa vie. Elle croit reconnaitre son fils dans la peau d'un jeune adolescent tout en éprouvant une attirance étrange pour le jeune homme. Ces deux personnages vont s'attirer mutuellement et chacun va donc avancer à sa manière dans le but de se projeter dans un futur meilleur et plus apaisant...
J'avais pris une baffe sur Que dieu nous pardonne. Je ne suis pas loin d'en avoir pris une autre avec Madre. Rien que le plan-séquence d'ouverture de quinze minutes où cette jeune mère de famille tente de localiser son fils au téléphone est étouffante. Ce n'est pas pourtant pas vers l'enquête policière que Rodrigo Sorogoyen va orienter Madre. Mais plus sur le drame familial. On l'entend souvent quand il y a une disparition. Rien n'est pire que de ne pas savoir. Impossible donc de se mettre à la place de cette femme qui va passer dix ans à tenir une buvette dans le sud de la France pour se reconstruire et espérer...si tant est qu'il y ait un espoir et qu'elle ait pu construire quelque chose. Elle va nouer avec cet ado de seize ans une relation un peu trouble. Qu'elle y ait vu son fils, peut-être. Moi, il m'a semblé que c'était un moyen pour elle de vivre un moment d'insouciance, d'amitié, de détente avec un garçon qui ne va pas la traiter de "folle de la plage", à qui elle ne parlera pas de ce qu'elle a vécu dix ans auparavant. Je ne sais pas vraiment s'il y a une attirance sexuelle entre les deux. Je dirais plutôt que, comme elle semble à n'importe quel moment sur le point de partir en vrille et que lui est en décalage avec sa famille et ses amis, ils ont voulu s'offrir des moments de tendresse. Des moments rien qu'à eux. Rien qu'entre eux.
Quand on a vu " que dios nos perdone", " el reino" et " as bestas" tous très bons et réussis, on ne peut qu'être franchement très déçu par " madre".
La liste des gros défauts du film est longue, puisque presque rien ne fonctionne. Le scénario n'est pas bien écrit ( c'est le défaut majeur), la première partie ( sauf le premier plan séquence) est très mauvaise et beaucoup trop longue ( 45 minutes auraient pu être condensées en 10 et encore, c'est dire !).
Le jeune comédien ( un certain julien Poirel) est particulièrement mauvais, mal dirigé et on se demande comment il a pu se retrouver là ; l'actrice principale de son côté, ne peut pas faire grand chose pour éviter le ratage de " madre".
Les acteurs secondaires sont ceux qui s'en tire le mieux ( sauf les trois jeunes comédiens dans la scène de la sortie de la discothèque - eux très mauvais ou là encore mal dirigés).
On sauvera de cette débâcle la seconde partie qui est elle regardable et qui sauve un peu le film.
Au travers de l'histoire d'une mère qui perd son jeune fils dans des conditions épouvantables et en perd aussi la raison, Sorogoyen tente de nous montrer le poids de ce traumatisme ultime pour un être humain que constitue la perte d'un enfant.
Avant lui, par exemple, Nani Moretti avait développé le sujet dans " la chambre du fils" ( palme d'or à Cannes) avec un talent auquel Sorogoyen ( qui n'en est pas dépourvu et l'a montré dans ses trois films précités ) ne peut malheureusement espérer prétendre ( et de très très loin) avec "Madre".
Seuls les aficionados du réalisateur iront voir ce film, les autres tireront un meilleur bénéfice et surtout beaucoup plus de plaisir, a visionner les deux précédents opus du réalisateur et aussi à celui qui a succédé à " madre".
Quel beau film bouleversant sur cette femme qui a perdu l'amour d'un enfant et qui au fond d'elle-même choisit ce garçon pour guérir. J'ai profondément aimé cette scène à la fin du film dans la voiture où ils se regardent simplement. Comme si cette femme voulait passer du temps avec le souvenir de son fils disparu. Vivre un instant son rêve. Être heureuse furtivement. C'est le bonheur que lui offre le garçon. Sa présence. L'amour faussé certainement de son jeune âge, mais qui se verse avec plénitude dans le cœur de la femme. Je laisserai d'autres critiques évoquer la première scène bouleversante et terrible car je préférais m'attarder sur cette douleur d'une vie où l'amour, même d'un instant, peut tellement sauver un être.
Après une scène d'ouverture d'une forte intensité, le récit s'enlise dans une direction totalement inattendue. Un film bien long pour si peu et qui finalement n'éclaire jamais sur son drame de départ. Par ailleurs, la mise en scène est parfois approximative et certains dialogues sont inaudibles. Décevant.
Après une introduction prometteuse, où une mère assiste à distance et impuissante à l'enlèvement de son fils, on sombre dans l'ennui le plus profond. Le film explore la relation malaisante entre cette femme et un ado et, même si l'actrice est excellente, les réactions des personnages sonnent faux et tout le monde affiche le même air affecté pendant 2 heures... Éprouvant.
Je mets 0,5 par respect pour le jeu des acteurs uniquement. Que dire ? Le début est plutôt bien amené, la conversation téléphonique où l'on assiste à ce qui semble être l'enlèvement d'un enfant en même temps que sa maman et sa grand-mère était vraiment bien trouvé, et superbement bien joué. Scène haletante, rien à redire. Mais le film ensuite.... un film plat, long, monotone, où il ne se passe jamais rien. Les plans sont longs, toujours en mouvement balayage, qui personnellement m'a beaucoup gênée : j'ai focalisé là-dessus et attendais à chaque fois que la caméra bouge ! La tournure du film, non sans un côté "malsain" est déplaisant au possible. Non, rien à retirer de ce film, ou sinon la chanson de Saez entendue à la fin... un bijou dans un écrin intéressant et inutile.
Film très bien tourné et son qui vous plonge en immersion.... juste étant Ultra sensible au sujet mère enfant...j ai été très marquée si ce n'est traumatisée par la scène du début avec le petit au téléphone et sa maman... On vous laisse imaginer ce qui a pu se passer... Par contre la fin au téléphone avec Ramon j ai pas compris...
Avec ma mère et ma soeur nous n'avons vraiment pas aimé ce film car très lent, pas de dénouement de l'intrigue de départ, trop psychologique pour nous sûrement !
Très bon film sur la résilience d’une mère. Encore plus enrichissant de le voir en espagnol. J’ai énormément aimé ! Touchant, poignant, une belle leçon de vie.
Rodrigo Sorogoyen nous offre une maestria de mise en scène pour aborder le thème humainement le plus déchirant qui soit : la perte de l'enfant. Virtuose dès la première scène, on suffoque devant une mère désemparée qui va subir le drame d'une vie, totalement impuissante. Il n'y a pas de larmoyant, juste une actrice qui joue et vie sa scène à fond. On s'attend donc à un thriller fait de rebondissement, mais pas du tout : ellipse temporelle et on se retrouve, entre deux plans-séquence d'envergure, au milieu d'une plage de la côte basque française, avec le chaos matérialisé par l'immensité du lieu. Le cinéaste tisse sa toile de maître par le grand-angle, qui apporte une dimension de vertige à l'image et représentant en tout point la perdition totale de son actrice principale. La relation avec ce jeune homme, brillamment interprété également, est confuse : un transfert affectif pour celui qui pourrait être son fils, ou bien le coeur qui parle ? Le film s'accapare du drame pour coller avec la réalité, et on se met fortuitement à imaginer ce qu'à pu subir cette femme ces dix dernières années : un cauchemar éveillé. Une belle claque.
Le début du film est captivant. L’horreur d’une mère d’assister à l’enlèvement de son enfant uniquement par téléphone. Cette scène est déchirante. Le reste du film est basé Sur des interrogations, des incompréhensions, 10 ans ont passé sans qu’on sache réellement ce qui s’est passé avec ce petit garçon. Lorsque la mère rencontre cette adolescents en Bretagne il y a tellement de silence et de non-dits que l’on peut penser que cette adolescent est son propre fils. Mais à la fin on comprend qu’elle s’est attachée à lui juste par souvenir de son enfant et que cette adolescent est tombé amoureux d’elle. Cette relation entre les deux est malsaine surtout de la part de l’actrice qui ne fait rien pour mettre fin aux sentiment du jeune homme qui n’a que 16 ans.!
Première scène alletante , actrice du premier rôle quasi incroyable de vérité , musique de Damien Saez par 2 fois superbement placée . je mets 4/5 car j'aurais voulu une fin différente qui ne me convient pas en partie . un film à voir si vous aimez la psychologie , les belles images , les relations humaines , etc... parfois sil est vrai à la limite d'un thriller . Je conseille pour pleurer au coin de la cheminée .
Un drame intimiste sensible et troublant, soutenu par une mise en scène intense qui accompagne son héroïne sur le chemin âpre du retour à la vie, interprétée par la lumineuse Marta Nieto.