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Bertie Quincampoix
145 abonnés
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4,0
Publiée le 8 janvier 2022
Porté par un casting éblouissant (citons Benjamin Voisin, Cécile de France, Vincent Lacoste, Xavier Dolan, Jeanne Balibar, André Marcon, Salomé Dewaels, Louis-Do de Lencquesaing, Gérard Depardieu et le regretté Jean-François Stévenin), cette adaptation d’Honoré de Balzac nous embarque dans un Paris du XIXème siècle superbement reconstitué. Rythmé et passionnant, Illusions perdues nous offre un brillant portrait de la nature humaine et des balbutiements de la société du divertissement et du capitalisme, que le cinéaste Xavier Giannoli s’amuse à mettre en parallèle avec les vices et les excès de l’époque contemporaine. À travers le parcours du provincial Lucien de Rubempré depuis sa Charente natale jusqu’à la capitale, c’est l’épopée vertigineuse d’un ambitieux naïf et attachant que l’on suit ici, et à travers lui toutes les bassesses d’une société en pleine mutation, alors que le personnage principal apprendra rapidement les codes d’une élite bourgeoise et médiatique résolument prête à vendre son âme pour maintenir sa petite hégémonie sociale et financière. Une œuvre de grande qualité.
Le film est bien mené et convaincant. Les dialogues sont ciselés et la photo réussie mais ne crions quand même pas au chef d'œuvre. Les acteurs sont assez bluffants. Le jeune breton Lacoste est vraiment bon et le Dolan sublime en diction et de beauté. A ce titre, il montre une fois de plus la capacité bien connue des acteurs nord américains à jouer avec toute la gestuelle dont celle du visage (ce que les français oublient ou n'apprennent pas). Le Dolan est un super acteur en plus d'être un auteur. Un vrai génie. Balibar est exceptionnelle et De France superbe. On passe un excellent moment. Le casting est donc réussi et heureusement on échappe à Olivier Gourmet.
Une superbe adaptation de Balzac. Un casting impressionnant et impeccable. Un propos d'une modernité folle. Finalement, l'humanité n'a pas tant changé ! Elle ne fait que s'adapter aux outils... au "progrès". Pauvres de nous...
Quoi de neuf? Balzac!! Il est vrai que cette description de la presse "d'opinion" de la Restauration, en fait la presse à scandale, toujours prête à trainer dans la boue n'importe quel quidam pour faire parler d'elle (et contre finances), quitte ensuite à revenir sur ses déclarations, ça nous fait bigrement penser à certaines chaines d'info..... Derrière Lousteau (Vincent Lacoste, très bien), directeur d'un de ces torchons, grande gueule, on verrait bien.... XXX si prompt à couper la parole à ses chroniqueurs quand ils ne sont pas de son avis. Bref, le XXIe siècle n'a rien inventé. Xavier Giannioli a resserré le livre autour de cet aspect (soit à peu près le tiers de l'oeuvre balzacienne), faisant sauter de plus, et certainement à juste titre, un certain nombre de personnages. En en mettant d'autres en avant, comme Singali -le dernier rôle de Jean François Stevenin, l'organisateur des claques et des huées au théâtre, mais gare! si au dernier moment un mécène plus généreux se manifeste, les applaudissements attendus se transforment en tomates.... voire enfin en en inventant, ce qui est plus discutable, comme l'inutile Nathan d'Anastazio (Xavier Dolan) Très bon choix que celui de Benjamin Voisin, qui rendrait presque Lucien Chardon, qui ne sera jamais de Rubempré, sympathique. Quel personnage "moderne", là encore, a inventé Balzac! Vaniteux, inconséquent, un cerveau de palourde, une absence totale de sens moral, prêt à se vendre au plus offrant, passant des libéraux aux royalistes mais la plume facile, l'écriture vacharde... doué, mais doué pour quelle fin? De Louise de Bargeton (Cécile de France), celle qui s'était éprise de Lucien à Angoulème, on nous présente une image sulpicienne, peu intéressante, moins en tous cas que celle de la petite théâtreuse Coralie, le seul être pur et propre, en fin de compte, de la saga! Salomé Dewaels est un peu dodue pour une phtisique, mais passons...elle est très bien. La seule faute de goût de la distribution est l'abominable Jeanne Balibar qui ne cesse de mimiquer et minauder. La Marquise d'Espard, très puissante et très snob, méritait un peu moins de grimaces. Mais deux autres excellents seconds rôles, André Marcon en Baron du Chatelet, celui qui tire les ficelles, et Gérard Depardieu grandiose dans le rôle de Dauriat, l'imprimeur puissant ....et complètement illettré.
La démonstration que le budget, les décors et les costumes fastueux, les acteurs célèbres ne font pas un bon film. Celui-ci est une adaptation ampoulée, vaniteuse et ennuyeuse du roman. Les violons et la voix off descriptive sont insupportables et le choix du jeune premier raté. Balzac n'aurait pas apprécié cette reconstitution artificielle.
Après France (Bruno Dumont, 2021) sorti le mois dernier, Illusions Perdues investit le monde des médias en ciblant, lui, l’essor de la presse au XIXe siècle et la multiplication des petits journaux aptes à concurrencer les journaux officiels en diffusant massivement toutes sortes d’informations et de rumeurs. Le film compose ainsi une satire féroce du journalisme qui articule brillamment les enjeux correspondant à l’époque de rédaction du roman et ceux d’aujourd’hui, quoique les allusions demeurent parfois lourdingues – « un banquier au sommet de l’État », « le masque et la plume » etc. Xavier Giannoli réussit à parler de notre société contemporaine tout en reconstituant le Paris de Balzac avec fidélité et subtilité : c’est quand la reconstitution disparaît aux yeux d’un spectateur embarqué qui croit à ce qu’il voit que le film historique s’avère le plus abouti et atteint sa cible ; à ce titre, décors, costumes, effets spéciaux s’avèrent virtuoses pour nous donner à voir et à vivre une capitale boueuse et mortifère qui attire à elle nombre de provinciaux soucieux de trouver là un eldorado.
Comme dans le roman ici adapté, le film montre fort bien la perversion progressive d’un idéal, sa dénaturation au profit d’une course aux titres et à la renommée jusqu’à la chute attendue et le retour au bercail ; cette séduction négative passe certes par des personnages, en l’occurrence par l’initiateur Étienne Lousteau, Vautrin en puissance qui initie Lucien à l’art de fabriquer de l’opinion en jouant sur les polémiques et les réponses incendiaires, en « prostituant sa plume » – la formule est de Barbey d’Aurevilly – contre de l’argent, des intérêts et des protections, mais demeure liée à Paris dont l’insalubrité n’a d’égale que son inhumanité. Giannoli utilise la ville comme métaphore de la pourriture intrinsèque des milieux bourgeois et aristocratiques, la saleté environnante contrastant avec l’éclat trafiqué de courtisans que dégradent courbettes et autres démonstrations de convenance sociale.
Le choix de Benjamin Voisin, jeune acteur à la présence brute que nous avions découvert dans Un Vrai Bonhomme (Benjamin Parent, 2020) puis dans Été 85 (François Ozon, 2020), coïncide parfaitement avec le personnage de Balzac ; de même, les comédiens brillent de mille feux, tous excellents. La réalisation de Giannoli touche également au sublime en dépit d’une recherche frénétique du tape-à-l’œil qui finit par desservir son propos – pensons à ce plan sur Lucien volant au-dessus de la table de banquet, cliché qui n’est amené par aucun retournement ni aucun élément de mise en scène. La minutie avec laquelle il retranscrit d’abord la méconnaissance des règles de conduite puis leur apprentissage, la précision avec laquelle il capte l’embarras et isole son jeune premier traduisent très bien la narration du romancier français. Notons enfin que la narration, loin de redoubler inutilement l’histoire, permet une distance critique et littéraire que porte la voix suave de Xavier Dolan.
Une œuvre immense, l’une des grandes réussites de l’année 2021.
En 2021, Xavier Giannoli adapte au cinéma le célèbre roman d'Honoré de Balzac. Un pari difficile (film d’époque, densité de l’œuvre, etc.) mais parfaitement réussi en raison de l’incroyable résonnance des sujets traités avec notre société contemporaine. Au début du XIXème siècle, un jeune provincial tente d’obtenir reconnaissance et gloire à Paris en devenant écrivain. La critique de la société divisée entre noblesse et gens du peuple et celle de la corruption de la presse contribue à rendre cette œuvre intemporelle. La mise en scène très fluide, pourtant appuyée par une voix-off, s’éloigne de l’académisme auquel on aurait pu avoir droit. Et puis que dire des excellentes prestations de Benjamin Voisin et Vincent Lacoste (obtenant respectivement le César du meilleur espoir masculin et du meilleur acteur dans un second rôle) ! Bref, une comédie humaine qui en raison de son cynisme singulier mérite amplement son César du meilleur film.
Le film met en avant le texte de Balzac, lu en voix off, d’une densité impressionnante. Cette narration structure le montage et le scénario. La difficulté de cette réalisation était élevée, tant les grands romans ne se laissent pas enfermer dans un film (aussi long soit-il)… Le résultat me laisse effectivement un peu mitigé.
Bien sûr on ne s’ennuie pas, le scénario est captivant, le montage est dynamique, les images sont très belles. L’aspect historique est intéressant et inattendu : le scénario met en exergue une liberté débridée de la presse au beau milieu du 19ème siècle…
D’où vient donc ma déception ? Principalement d’un sentiment que le réalisateur en fait trop. Trop de fanfaronneries sur la corruption de la presse, trop de naïveté de la part de Lucien, trop de gaucherie dans sa relation avec Coralie … L’image et la mise en scène accentuent par trop les traits tirés par Balzac, bien plus sobre et puissant pourtant. La musique est de même trop présente, un peu lourde… Il ressort de tout cela l’impression d’une caricature, au détriment du réalisme et de l’émotion.
Par ailleurs les acteurs principaux sont-ils vraiment assortis à leurs personnages ? Même s’ils jouent bien, mais il y a quelque chose qui ne sonne pas juste – on n’arrive pas à se départir de l’idée que ce sont des acteurs. Coup de chapeau cependant à Cécile de France, plus sincère dans un rôle plus sobre, et à Gérard Depardieu, qui crève l’écran dans un rôle secondaire pourtant.
Film sublime! Xavier Giannoli devrait tourner des films d'époques plus souvent. Casting époustouflant de justesse. Une œuvre de Balzac extrêmement bien transposé. L'ambiance, les couleurs, le ton donné au film…font qu'on reste accroché sans décrocher. Allez-y sans vous poser de questions!
Superbe film, époustouflant, plaisant, en effet tout est au rendez vous pour nous émerveiller : les images, les décors, un jeu d'acteurs absolument génial. Selon moi ce n'est pas étonnant car Xavier Giannolli a beaucoup de talent. Le casting est très réussi. On ne s'ennuie pas un seul instant.
Décevant, tant par le jeu des acteurs que par le scénario et trop long. Heureusement que Gérard Depardieu nous fait passer 10 minutes de vrai jeu d'acteur. Pour les autres, c'est poussif.
Les bons points : Vincent Lacoste, les décors, les costumes, les musiques. Mais tout ceci pourrait être assimilé à un solide documentaire à très gros budget. Benjamin a la même expression en provincial, puis en découvreur de Paris, puis en cynique journaliste n'ayant comme unique ambition de faire mieux que ses maîtres, puis en amoureux transi de la Marquise, puis en amoureux de sa mignonne tuberculeuse.... Peu d'émotion réelle se dégage de tous ces véreux aristocrates!
Magnifique film ! Aussi bien la réalisation, la photo, la musique, les acteurs, l'histoire basée sur le roman de Balzac et un vrai délice si comme moi vous aimez l'ambiance du Paris XIX eme siècle , la culture et notre belle langue française sous fond de trahison corruption et ambition ! Superbe moment de cinéma
C'est simple : on oublie le roman de Balzac, le film a trouvé son autonomie, mais sans trahir. Les liens avec le monde contemporain sont soulignés : ce XIXème siècle explique notre propre époque.
La reconstitution historique - costumes, décors, ambiances - est impeccable. Les comédiens parfaits et le tempo - gros problème des adaptations - très rapide. On ne s'ennuie jamais, on comprend ce que le film démonte devant nous et, visuellement, c'est jubilatoire.
Que ça fait du bien de voir un vrai film de vrai cinéma et en plus avec une patte bien française ! Car quand la patte française est de qualité le produit final est toujours particulier, à part. Tous les acteurs jouent très bien, les costumes sont magnifiques et l'image est superbe. Un très beau film... à message en plus.