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Kiberen
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4,0
Publiée le 18 juin 2021
L'horreur française prouve encore qu'au delà des jumpscares et des structures convenues (qu'on se surprend par habitude à ne pas voir se mettre en place), c'est dans l'atmosphère que nous sommes extrêmement forts.
Le sang, la chair et la poisse porte "la nuée" sans jamais que ça devienne gratuit et sans oublier de développer ses enjeux et ses relations entre personnages. Le portrait réaliste de l'agriculture/ l'élevage français et le thème de la famille n'eclipse jamais L'horreur qu'offre les besoins sanguins des sauterelles.
Si "Titane" de Julia Ducorneau est aussi réussi, ce sera une belle année pour l'angoisse française.
Nommé aux Césars mais sans récompenses, j'ai eu envie de voir ce film mis en avant par une partie de la presse. Si le film est bien réalisé, avec de bon effets spéciaux, l'histoire est un peu trop abracadabresque pour être crédible. Le choix des sauterelles étant franchement alambiqué. L'actrice principale fait grandement penser à Charlotte Gainsbourg (physique, voix). Les acteurs bien que bon techniquement, manquent cruellement de charme.
Virginie tente de concilier vie professionnelle et vie privée, mais son rôle de mère s’estompe peu à peu face à son travail qui finit littéralement par la bouffer. Elle est entomocultrice et tente tant bien que mal de faire prospérer son affaire. Un business pas comme les autres, puisqu’il s’agit d’un élevage de sauterelles comestibles qu’elle a bien du mal à maintenir à flot et qui l’entraîne malgré-elle dans un engrenage.
Premier long-métrage pour Just Philippot qui vient soutenir le cinéma de genre français en réalisant La Nuée (2020), un superbe drame fantastique teinté d’horreur, mettant en scène une veuve qui se bat corps et âme pour, d’un côté, élever sa famille et de l’autre, faire perdurer coûte que coûte un élevage qui détonne.
Imaginez le parfait alliage entre du David Cronenberg (La Mouche - 1986) et du Saul Bass (Phase IV - 1974), ajoutez-y une ambiance quasi mystique et dérangeante, façon Take Shelter (2011) et vous obtenez là une étonnante et oppressante chronique sociale du monde rurale & agricole.
Bien évidemment, le film ne serait pas ce qu’il est sans l’apport de l’actrice Suliane Brahim, avec ses faux airs de Charlotte Gainsbourg. Elle porte littéralement le film sur ses (frêles) épaules et n’augure que du bon pour la suite de sa carrière, tout comme celle du réalisateur qui, pour un premier film, ne laisse clairement pas indifférent, à tel point que l’on a hâte de voir ce qu’il nous réserve par la suite.
Le film de genre en France se fait toujours malheureusement rare. "Grave" a marqué les esprits et on attendait un nouveau choc. "La Nuée" n'est pas un choc mais montre la venue d'un réalisateur qui a son univers et qui nous surprendra par la suite. L'idée de départ est vraiment bonne : une éleveuse de sauterelles veut augmenter sa production car l'avenir prouvera qu'elles sont la solution pour vaincre la famine. Mais les sauterelles se retournent contre ceux qu'elles doivent nourrir... Au fil du film on sent la tension monter mais on sent également des hésitations, des modifications de montage qui nous décrochent du film. Parfois on en voit trop alors que le hors-champ aurait été parfait. Le casting est excellent et permet de stabiliser le film. Bref, nous suivrons le réalisateur.
Bon, on va aller directement à 1h32 du film pour qu'il se passe vaguement quelque chose, ça vous évitera de perdre votre temps. Heureusement qu'à notre époque la touche avance rapide existe. Les scénaristes français n'ont toujours pas compris comment faire un film qui ne soit pas la plupart du temps... Chiant. Désolé mais c'est vraiment le terme approprié. Ensuite, petite leçon élémentaire en matière de script: Il faut dans un scénar qu'il se passe obligatoirement quelque chose au bout de 20, maxi 30 mn, sinon c'est mort. Là le film, on aurait pu facilement coupé 1h00 au montage sans que ça pisé problème. Là, il ne se passe rien pendant... Tout le film ! On aurait remplacé les sauterelles par des fromages de chèvre, qu'on y aurait vu que du feu. Et peut-être aurait-il été plus intéressant. Puis cette manie de faire des scènes qui ne servent absolument à rien à la trame et d'une longueur interminable ! Sans doute pour se démarqué des film américains, Coréens ou zutre pour faire style "Ouuais, mais nous on rajoute une note psychologique aux personnages"... On s'en tape ! Dans ce genre, on veux voir des gens se faire bouffer par des sauterelles, de la panique dans les rue, des enquêteurs pour trouvé une solution, bref, quelque chose ! Et pour ce qui est du casting, bon OK, une sous Charlotte Gainsbourg avec une seul expression du visage et le reste complètement insipide. La seule à tirer son épingle du jeu est Marie Narbonne, qui fait l'effort de croire en ce film champêtre et c'est grâce à elle que j'ai mis la bonne note d'une étoile.
Je ne comprends aucune des citriques positives. Les acteurs sont très bons et croient à une bonne histoire mais le scénario qui part d'une bonne idée est vide de développement et la fin prouve le manque d'imagination des auteurs. Aucun personnage n’existe vraiment ou n'est développé. Au niveau technique, les focales courtes sont super mal utilisées, on sent la mise au point aléatoire. Pour l’étalonnage des couleurs, il y a à revoir aussi... Pour moi un film presque d'amateur.
Première interrogation : il s'agit officiellement de sauterelles dans le film mais ce sont des criquets que l'on voit à l'écran. C'est tout de même une drôle d'idée ?! Même si on comprend la nécessité (peut-être) vis à vis de l'histoire de la sauterelle, qui est omnivore alors que le criquet est phytophage. Pour une simple question de cohérence voir de vraisemblance pourquoi ne pas avoir écrit pour le criquet ou simplement ne pas avoir pris des sauterelles ?! La première demi-heure est pourtant un peu longue et répétitive, mais surtout elle ouvre des portes bêtement sans que cela ne servent à quelque chose. Par exemple la disparition du père, on ne croit pas bien fort à cet harcèlement scolaire, le pire reste cette crise de l'éleveuse de sauterelles pour une histoire de sous complètement illogique (car comme elle dit elle a "une famille à nourrir")... Heureusement, le premier contact de la "sauterelle" avec la chair bascule le film dans une dimension plus intéressante et pousse irrémédiablement vers une angoisse plus pregnante. Certains passages restent marquants comme l'héroïne qui s'immerge dans la serre, le brasier ou l'acte final. Un film envoûtant et efficace malgré ses choix hasardeux dans la première moitié. A voir. Site : Selenie
La Nuée est un film tout à fait correct, reposant sur le cross-over entre Petit paysan, Y aura-t-il de la neige à Noël ?, The Birds et Les Gremlins. C'est bien réalisé, bien joué, globalement bien conçu. La bande-annonce laisse penser que les monstres de l'histoire sont les sauterelles alors qu'en fait, c'est... la mère. Et c'est là que les soucis commencent, car le film pose trois gros soucis quasiment d'ordre moral... En premier lieu, après un tel film, n'espérez pas que je mange de la sauterelle un jour ; j'en suis définitivement dégoûté. Tous ces gros plans d'insectes montrés comme des êtres sanguinaires et pervers ne peuvent qu'aboutir à cet effet. Or, quel est le sens d'éloigner le public d'une solution alimentaire qui peut aider à résoudre pour partie la crise environnementale actuelle ? Ensuite, il y eut un temps où le cinéma hollywoodien rétablissait la morale dans tous ses films. Les bons étaient récompensés, les méchants punis. C'était sans doute trop manichéen mais cela ne nous imposait pas le spectacle antipathique de l'injustice. La Nuée est malheureusement fondé sur un principe inverse. L'être toxique dans ce récit est clairement la mère, un monstre d'égoïsme qui prétend se soucier de ses enfants, mais ne fait que nourrir sa propre obsession de réussite, couplée à une étrange érotisation masochiste du rapport à ses sauterelles. Elle ne tient pas les promesses qu'elle fait à sa fille, enfonce son fils dans l'illusion et est prête à détruire un arbre auquel il tient pour le bien de... ses sauterelles... Cette égoïsme sans limite entraîne tout le monde vers le chaos, la peur, voire même la mort ; et elle s'en fiche complètement... Deux innocents meurent sans que le cinéaste ne montre la moindre compassion. Dans ces conditions, on n'a qu'une envie : que la mère se fasse elle aussi punir de son hybris... Mais non, elle s'en sort sans souci, comme si scénariste et réalisateur adhéraient à son délire. C'est effrayant. Enfin, au début du film, je me réjouissais de voir un personnage féminin au premier plan, dans un univers cinématographique en mutation sur les questions d'égalité Hommes/Femmes. Mais je ne crois pas que ce soit rendre service à la gente féminine que de générer des premiers rôles de femmes aussi contestables et dérangées... Portrait de la jeune fille en feu et plus récemment Nomadland s'avèrent bien plus utile et constructif dans ce salutaire combat sociétal en cours.
Belle surprise un film politique qui dénonce les ravages de la misère qui accule et les dégâts créés sur la biodiversite à force de la transformer par cupidité.
Nourrir les sauterelles de sang devient le centre de la vie de la mère jusqu'à sacrifier des animaux ou son propre corps.
Surprenant mélange de réalisme quotidien dans la difficulté à la campagne et d'horreur le tout maintient en haleine bravo pour ce premier film sans grand moyen c'est bien joué très bien réalisé et crédible en prime.
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2,5
Publiée le 29 août 2023
Un film qui s'inscrit totalement dans le monde d'aujourd'hui, celui d'un système qui nous dèvore tout entier! Une oeuvre dans la lignèe de celles de David Cronenberg voire William Friedkin, mais là ce sont des sauterelles qui vont devenir une menace et non une galerie de monstres ou une invasion de parasites invisibles à l'oeil nu! Une atmosphère plutôt anxiogène sauve une intrigue vaguement ennuyeuse! Ne vaut plus que pour un ètonnant numèro d'actrice de Suliane Brahim en jeune agricultrice ècoresponsable à la dèrive! Pas un grand film horrifique français, mais quelques images chocs malgrè tout, en particulier la dernière partie! Une nouvelle façon de se nourrir (plus ècologique) avec les insectes! Un parcours de femme qui fait mouche spoiler: (toutefois les personnages qui entourent Virginie tels que sa fille rebelle ou son voisin viticulteur manquent cruellement d'èpaisseur). Un film de genre vivement dèconseillè aux entomophobes...
On a tendance à saluer les films français qui tentent le fantastique ou l'horreur, car ils sont considérés rares. Pourtant à l'époque le genre faisait parler de lui. "Grave" sorti quelques années plus tôt, "Titane" la même année, plus récemment "The Substance" (certes tourné en anglais). "La Nuée" n'est donc pas un cas isolé, pour autant je reconnais l'effort et l'idée de mélanger le film rural avec le fantastique. Virginie, veuve exténuée, élève ses 2 enfants... ainsi que des sauterelles, qu'elle tente de vendre malgré les réticences et les préjugés. La vie est dure, jusqu'à ce que Virginie découvre que ses sauterelles se développent à vitesse grand V lorsqu'elles boivent du sang... C'est amusant de voir une oeuvre sur la condition d'éleveur, avec en sous-main des hordes de créatures assoiffées de sang. Néanmoins le film ne va pas jusqu'au bout de ses idées. L'essentiel demeure dramatique : si l'ambiance délétère est bien construite, ça ne dégénère vraiment que dans les 15 dernières minutes. L'humour noir que j'avais espéré n'existe pas. Et plusieurs personnages secondaires sont très peu utiles au récit, alors qu'il aurait été jouissif d'en voir quelques-uns, bien antipathiques, se faire croquer par les criquets. Par contre je souligne le gros travail effectué sur les sons, qui permet de limiter les plans de nuées de sauterelles. Et tout de même, les gros plans réussis sur les insectes, ce qui ne doit pas être chose aisé (j'ai plusieurs fois pensé à "Phase IV").
Du bon et du moins bon dans ce film "d'horreur" à la française. Malheureusement plombé par une mise en scène molle et sans relief, on y voit en arrière plan la détresse des agriculteurs luttant pour leur survie et prêt à tout pour vivre et survivre. une belle métaphore qui met aussi en jeu les relations familiales qui peuvent pâtir de ces situations extrêmes.
Un drame très très lent, peu de moyens pour donner de la consistance et surtout, une fin "ridicule". Heureusement que le fond dramatique du scénario et surtout la qualité des interpretations sauvent l'ensemble. A revenir sur le final, le scénariste aurait dû prendre avis je pense. En conclusion, pour moi : partagé. 2.5/5 !
Mêlant drame familial et cinéma de genre qui lorgne chez Cronenberg, un film bien foutu et angoissant sur un monde agricole qui se saigne pour survivre, porté par l’interprétation impeccable de Suliane Brahim.