Un film tendu, intelligent, mais parfois trop froid pour vraiment marquer.
Jane Campion signe une œuvre d’une subtilité rare, où tout se joue dans les silences, les gestes infimes, les regards pesants. The Power of the Dog n’est pas là pour divertir : il cherche à décortiquer ce que le refoulement, la honte et les normes viriles font aux hommes sensibles, dans un monde qui ne tolère pas la faiblesse.
Phil, magnifiquement incarné par Benedict Cumberbatch, est un personnage fascinant. Brutal, toxique, mais profondément blessé, enfermé dans une virilité de façade. Son basculement vers Peter est aussi troublant que touchant —
jusqu’à ce qu’on réalise que la vraie proie, ce n’est pas Peter, mais lui. Le jeune garçon, d’apparence fragile, orchestre sa vengeance avec une froideur clinique. Et ça, c’est un renversement de pouvoir aussi discret que brillant.
Mais malgré toutes ses qualités, j’ai eu du mal à m’enthousiasmer pleinement.
Le film est très lent, parfois trop pour moi sur deux heures où l’on sait dès le départ que ça ne bougera pas. La narration est volontairement cryptique, parfois trop fermée. Les personnages sont peu attachants — mis à part Phil, étrangement — et le final, s’il est intelligent, demande presque une seconde lecture pour vraiment en saisir la portée.
The Power of the Dog, c’est une œuvre raffinée, précise, puissante dans ce qu’elle suggère.
Mais parfois, il m’a manqué un peu plus de chair, un peu plus de cœur.
Je respecte profondément ce film. Mais je ne l’ai pas vraiment ressenti.