Je ne vais pas m’attarder, « Adieu les cons » n’est pas mon film préféré d’Albert Dupontel. J’aurais aimé l’aimer intensément comme j’ai aimé jusque là ses autres films. Dupontel et Bertrand Blier, ce sont des réalisateurs hors sentiers battus dans le paysage de la comédie estampillée « à la Française ». Je l’ai souvent écrit. Ça partait bien, je retrouve tout ce qui caractérise Dupontel : le burlesque, le grinçant, des personnages insolites, déjantés comme cet aveugle responsable des archives ; la griffe Dupontel, quoi. On sourit, on rit, on est troublé. Au-delà de la maladie, de la mort, « Adieu les cons » aborde la dictature du jeunisme dans l’entreprise, des conséquences comme la dépression, le suicide, la solitude, l’amour et l’invisibilité. Ni le docteur (Bouli Lanners) pour Suze (Virginie Efira) et le directeur (Philippe Uchan) pour JB (Albert Dupontel) ne prononcent correctement leur nom. Ça part vite, « Adieu les cons » dégage une énergie qui malheureusement ne me permet pas d’avoir le temps de m’attacher aux personnages. Ça part toujours vite chez Dupontel, mais allez savoir pourquoi, « Adieu les cons » ne m’a pas harponné le coeur. Cela dit, je ne suis pas resté à distance, c’est bien difficile de rester à l’écart de tous ces personnages qui défilent dans des situations parfois réjouissantes et aux dialogues parfois percutants. « Parfois » voilà le hic. Tout n’est pas constant, et il y a des scènes que j’ai trouvée confondantes de banalité, voire de mièvrerie comme celle concernant le fils de Suze dans la scène de l’ascenseur, par exemple. Après tout, je crois connaître Dupontel, ce n’est pas le cas. La scène ultime : je ne l’ai pas vue venir parce que la séquence du fils dans l’ascenseur m’a sorti du récit. Ce qui fait qu’elle m’a paru limite artificielle. Mais après coup, je la comprends. Pour résumer, c’est un peu bancal. Pour la première fois, j’ai comme le sentiment que Dupontel n’a pas su trouver son équilibre entre le burlesque et le drame. Il me faudra un peu de temps pour une deuxième lecture afin d’en saisir les subtilités si subtilités il y avait.