Superbe film qui mêle ambiance et mystère au sein de ce grand manoir anglais. Une histoire de manipulation et une interprétation de haut vol. Comment dès le premier plan du film on peut voir qu’on aura affaire à un film passionnant !!!
Tiré d’une pièce de Patrick Hamilton, elle-même adaptée une première fois au cinéma dans un film britannique du même nom (Thorold Dickinson, 1940), Hantise est un film dont le titre original (Gaslight) a donné lieu au terme contemporain « gaslighting », employé par des courants féministes anglo-saxons pour désigner le fait d'isoler mentalement une femme en la manipulant pour lui faire croire qu’elle est folle. C’est dire de la puissance et de l'actualité de ce film de George Cukor, sorti en 1944, et qui nous plonge dans la terrifiante intimité d’un couple dont l’homme spoiler: est l'une des figures ultimes du pervers narcissique, qui va s'attaquer à sa victime d'épouse, laquelle va progressivement décliner sous l'emprise de son mari. Portée par des somptueux Ingrid Bergman et Charles Boyer, cette histoire de harcèlement moral puissance 1000 fait franchement froid dans le dos. Puissant et d’une contemporanéité folle.
L’ombre d’Hitchcock plane au-dessus de cet excellent thriller psychologique signé George Cukor. Même si l’intrigue de « Hantise » tourne un poil en rond, les interprétations de Charles Boyer et d’Ingrid Bergman compensent largement cette petite lacune. Avec également Joseph Cotten et une Angela Lansbury qui fait ici ses débuts au cinéma.
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3,5
Publiée le 17 mars 2026
L'un des classiques hollywoodiens des annèes 40 et l'un des plus connus aussi de George Cukor, mettant en vedette Ingrid Bergman et Charles Boyer! L'histoire met en scène une femme qui se croit folle, alors que le spectateur sait pertinemment qu'elle ne l'est pas! La lumière de Ruttenberg contribue grandement à l'atmosphère sombre et brumeuse! Bergman y gagna son premier Oscar, traduisant parfaitement la souffrance mentale et la terreur de son personnage! il se dègage de Paula Alquist une innocence et une fragilitè qui sont la clè de ce suspense psychologique à succès! Le manipulateur Boyer, l'ambiguë Angela Lansbury et la savoureuse Dame May Whitty mèritent ègalement le dètour! A signaler que le prècèdent film britannique "Gaslight" que Thorold Dickinson signe en 1940 avec l'immense Robert Newton est encore plus rèussi dans son atmosphère et son interprètation! Et à l'inèvitable question « est-ce meilleur » que la version de Cukor, on ne peut que rèpondre OUI même si on a ici l'une des plus belles prestation de Bergman et Boyer...
Quoi que l'on en pense, il faut reconnaître l'influence qu'a eu ce film à l'époque. Au-delà de son joli succès critique et public, il a fait carrément entrer son titre original, "Gaslight", dans le langage commun ! Le terme étant devenu en anglais un verbe encore utilisé aujourd'hui, signifiant manipuler psychologiquement quelqu'un. On s'intéresse ici à Paula, nièce d'une chanteuse d'opéra jadis assassinée. Elle revient à Londres avec son nouveau mari, charmant pianiste. Mais bien vite, celui-ci l'isole sournoisement, et a son propre objectif en tête. Le scénario ne fait pas trop de mystère, affichant d'emblée le mari comme le méchant. L'intérêt n'est alors pas dans les rebondissement spectaculaires ou l'ambiguïté, mais dans la manière de mettre en scène un grand numéro de manipulation psychologique. Charles Boyer et son accent français campent un parfait individu odieux et fourbe. Avec en prime une toute jeune Angela Lansbury (dans son premier rôle) en bonne vulgaire et insolente, qui en remet une couche sur notre pauvre protagoniste. Incarnée par une Ingrid Bergman qui s'enfonce allègrement dans la fébrilité et la folie. Le scénario s'avère habile, ne perdant pas de temps et plantant divers fusils de Tchekhov plus ou mois évidents. Si bien que cette manipulation et descente aux enfers fonctionne très bien. Avec en prime l'atmosphère oppressante d'une maison chargée en décoration, ou les rues brumeuses de Londres bien inquiétantes. Je reprocherais peut-être le rôle un peu facile du bon samaritain joué par Joseph Cotten, un policier qui allègera la tension en s'intéressant à l'affaire. Mais c'est du pinaillage, globalement "Gaslight" est un thriller qui reste tout à fait efficace. Et qui demeure moderne, dans sa manière de dépeindre les conjoints toxiques.
J'avais noté ce film dans ma watchlist et j'étais assez impatient de le visionner. Le combo noir et blanc plus Ingrid Bergman a bien aidé la dessus, je l'avais découverte dans Casablanca et n'avais jamais regardé d'autres oeuvres de sa part. Hantise est donc mon deuxième visionnage avec cette sublime actrice en personnage principal. Un Oscar bien mérité pour la suédoise qui joue magnifiquement bien le doute et la crainte permanente dans cette oeuvre. Elle et Charles Boyer représente un duo idéal voir même parfait pour un film de suspens comme celui-ci. Le premier inspire méfiance et terreur tandis que la seconde évoque tendresse, manipulation et naïveté.
J'ai adoré l'intrigue, tout le long du film on se doute que cette relation n'est pas viable, qu'elle cache un mystère terrifiant, cependant il n'est pas facile de le deviner. Néanmoins, plus l'intrigue avance, plus on a d'éléments et plus le tableau se découvre, ce qui est particulièrement plaisant pour une telle oeuvre. Ayant regardé Bugonia récemment, je trouve la performance d'Emma Stone similaire, je m'explique. Dans les deux films on arrive à douter sur les intentions et convictions des actrices, même si on semble sûr du dénouement, on se questionne sur la manière dont, elles, envisagent la fin. Jusqu'au bout on se demande si Ingrid peut encore être manipulée, tout comme on s'interroge sur la réelle identité de Stone.
Encore un film noir et blanc que j'apprécie tout particulièrement, le fait que le focus soit sur les acteurs et leurs interactions est vraiment super. Nous ne sommes pas perdus par des effets spéciaux ou des scènes futiles, non, ici chaque scènes comptent pour faire avancer le scénario, rien ne semble être fait au hasard, et on apprécie.
Une très belle oeuvre d'intrigue in fine, qui nous scotche tout du long, qui nous questionne et nous interroge sans jamais nous donner la réponse, parfait !
Les qualités du film de Cukor sont encore plus manifestes après qu'on a vu le "Gaslight" anglais de Theodore Dickinson dont "Hantise" est le remake. Ce n'est d'ailleurs pas tant la mise en scène de Cukor, quoique le récit construit par celui-ci exprime bien mieux la noirceur de l'intrigue et son caractère pervers, qui fait la différence que la qualité de la direction d'acteurs et de l'interprétation. Ainsi, cette histoire vénéneuse où un assassin revient, dix ans après, sur les lieux de son crime crapuleux pour découvrir enfin les bijoux qu'il n'avait pas trouvés, prend un relief dramatique que je ne soupçonnais pas en ayant déjà vu la version précédente. La sournoiserie doucereuse avec laquelle Anton abuse sa jeune épouse, la précision avec laquelle Ingrid Bergman exprime le vacillement de Paula déterminent en grande partie la valeur et l'intérêt des deux personnages. Evidemment, la fausseté de Charles Boyer-Anton n'a pas échappé au spectateur mais l'acteur a toujours le ton juste dans la perfidie et, plus tard, dans l'expression d'une obsession qui dépasse dorénavant la cupidité. Quant à Ingrid Bergman,, le réalisme et la sensibilité de son jeu n'a aucune mesure avec l''interprétation d'épouse un peu potiche que faisait de Paula la jolie mais fade Diana Wyniard quatre ans auparavant.
Ingrid Bergamn dans son meilleur rôle sans doute, à la fois jeune femme amoureuse, puis femme doutant mais désirant parler avec son tortionnaire. Dommage que les gros plans soient flous, mais les jeux des ombres est passionnant. Charles Boyer est inquiétant au possible sous une façade lisse. L'enquêteur est plus commun. J'ai aimé sentir la tension monter. J'ai aimé la vieille voisine un peu envahissante et la vieille bonne un peu sourde. Un classique qui ne s'est pas démodé.
Une oeuvre menée par l'excellent duo Boyer-Bergmann. Boyer étant excellent dans son rôle de manipulateur et Bergman énorme dans celui de la femme naïve et manipulée. L'ensemble s'avère intelligent, bien mis en scène et avec un scénario original même si connaissant des facilités et des répétitions , de psychopathe montrant la manipulation et la fragilité. Après le film pâtit durement de l'âge.
Ce film est basé sur l'emprise psychologique. C'est long à mettre en œuvre une emprise psychologique. C'est long à regarder une emprise psychologique. Ce film est long, long, long. Il faut donc être patient, observer l'installation de cette emprise, découvrir les méfaits voire les dégâts. Il faut attendre les 30 dernières minutes pour qu'une nette accélération s'organise. Et la fin n'aura pas de réel coup de théâtre ; tout finira comme on a pu l'imaginer dès le début. C'est un peu tout cela qui fait que ce film est bien, mais n'est pas plus que cela. Ingrid est vraiment bien...comme d'habitude. A voir par les amateurs de polar/thriller psychologique
Cukor livre avec " gaslight" ( Hantise ) un opus à contre courant de sa filmographie. Proche ici de l'univers d'alfred Hitchcock, il s'agit d'une histoire sordide de manipulation au sein d'un couple dans une perspective de lucre et de meurtre.
Le spectacle proposé est admirable. Porté par un trio d'acteurs prestigieux ( Bergman, Boyer et Cotten), c'est l'actrice suédoise qui domine tout ce beau monde ( elle obtiendra avec ce rôle l'oscar de la meilleure actrice).
La photo est formidable et le seul ( tout-petit) bémol que je mettrai à " gaslight" est le manque de rebondissement dans sa premiere partie qui finit tout de même par tourner un peu trop en rond.
Tout amateur de cinéma du patrimoine verra ce film qui reste aujourd'hui encore un classique du cinéma hollywoodien des années 40 et une des grandes réussites de George Cukor.
En revoyant une seconde fois l'excellent Hantise/ Gaslight de Cukor , on ne peut s'empêcher tout le long du film , de penser à Hitchcock , pour l'atmosphère gothique et ténébreuse d'un Londres Nocturne , qui rappelle Rebecca, mais aussi parce que le role de femme "dérangée" et en danger tenu par Ingrid Bergman renvoie respectivement au personnage assez proche qu'elle interprètera quelques années plus tard dans "Les Amants du Capricorne" et à celui de Joan Fontaine dans "Soupçons" , deux films également réalisés par un certain Alfred Hitchcock. A noter que l'actrice obtiendra ici un Oscar mérité mais c'est pourtant la compo. d'un Charles Boyer , terrifiant et machiavélique qui ici emporte le morceau .
Malgré quelques choix pertinents de jeux d'ombres chinoises, une truculente voisine curieuse et quelques très heureuses prestations (Angela Landsbury ou surtout l'élégant Joseph Cotten) ce sont bien les manigances fort cyniques du protagoniste masculin qui maintiennent un certain intérêt pour un thriller psychologique par ailleurs marqué par le temps, qu'il s'agisse de la mise en scène, de la théâtralité, de l'écriture trop explicite ou de cette affreuse bande sonore avec même le bruit de la pellicule encore audible. Bref un drame peut-être nerveux en son temps mais trop daté désormais.