"Ça peut encore plus mal se passer ? Oui ? Alors faisons-le.", voici l'état d'esprit des scénaristes de Vertical Limit, un divertissement copieux qui ne laisse aucun répit à ses personnages, enchaînant les galères et les malheurs dans un temps record, une poisse qui nous promet, à nous, spectateur, le grand frisson du cinéma catastrophe généreux. Impossible de ne pas repenser à Twister, avec l'ouverture impressionnante qui
sacrifie le papa
, créé un traumatisme chez les enfants, et les envoie dans une aventure cathartique et constamment mouvementée, qui ne va pas (du tout) bien se passer. Avalanche, crevasses, hypothermie, hélico qui tangue à 2m de la corniche, pales de l'hélico qui frôlent la tête de la fille, piolets qui ripent, pitons qui lâchent, sacs et autres grimpeurs qui tombent sur ceux d'en-dessous, un méchant qui est prêt à tout pour survivre... La liste des catas est longue, ce qui est un bon indicateur pour savoir si le film est ennuyeux, ou si vous allez en prendre plein les yeux. La mise en scène est bonne, les trucages sont faits mains (la scène de l'hélico où l'équipe technique a secoué une cabine d'hélico comme un cocotier : on y croit à fond) ce qui vieillit bien, les acteurs ont réellement dû faire de l'escalade sur de la glace (idem : pas de fonds verts, ce qu'on reprochait dans quelques séquences du - néanmoins très bon et flippant - film Everest), et le budget alloué aux effets spéciaux pratiques a été monté à presque 30% du budget total (ce qui est énorme), ce qui se voit à l'écran, permettant une certainement générosité et envie de grand divertissement à popcorns. Pas le temps de regarder sa montre, l'intrigue a toujours quelque chose à proposer, et le final
qui répond à la scène du début est vraiment une conclusion satisfaisante (avec ce pincement au cœur de voir "l'homme de la montagne" disparaître comme le papa).
Et mention aux deux tocards qui bronzent dans leur transat qui partent à l'aventure en mettant la honte à tous les autres gros bras du camp : la scène est vraiment drôle, une bulle d'air dans les moments de vertige et tensions. Accrochez bien vos mousquetons à vos pitons ("Un piton, c'est bien, deux, c'est mieux.", à ce stade de poisse : mettez-en quinze), la grimpette n'est pas facile...