Mank
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316 abonnés 1 257 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 10 décembre 2020
La plupart des grands réalisateurs on rendu hommage à leur façon à une période faste du grand Hollywood, c'est donc aujourd'hui à Fincher de livrer son ode au cinéma et par la même occasion de rendre hommage à son père qui est à l'origine du scénario. Et c'est pour ma part une déception, car si techniquement s'est irréprochable Fincher n'a plus rien à prouver après tant de film culte, question scénario c'est vraiment difficile de s'y intéresser, et l'ennuie ne tardera pas à s'installer, c'est ce qui fait la différence avec les scénars bien construit quand il arrivent à intéressé le spectateur sur un sujet qui au départ les laisse indifférent. Sachant qu'à l'origine il avait également écrit le scénario d'Aviator de Scorsese qui a finalement été écarté, et qui est un petit chef-d'oeuvre, On se rend compte que, malgré le fait qu'il était un brillant journaliste ce n'était pas forcément le cas en tant que scénariste. Dommage car c'est bien réalisé, niveau actoring rien a reprocher, mais clairement cela manque de profondeur dans l'écriture. Fincher aura toutefois permis de mettre en image les idées se son père ce qui au final est peut-être le plus important.
paganini
paganini

8 abonnés 95 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 9 décembre 2020
de bien belles images, une histoire intéressante et un Gary Goldman mais que c'est dur à suivre ce bazar! la narration est étouffante, les nombreux personnages et références pointues de l'époque bien mal identifiés. on finit par perdre le fil c'est dommage.
Fêtons le cinéma

849 abonnés 3 658 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 9 décembre 2020
Tous les grands cinéastes ont fait un film sur les studios hollywoodiens. Tim Burton a réalisé Ed Wood, l’un de ses chefs-d’œuvre, les frères Coen Hail, Caesar !, Quentin Tarantino Once Upon a time…in Hollywood, Woody Allen Café Society, David Cronenberg Maps to the stars, David Lynch Mulholland Drive, Robert Zemeckis Who Framed Roger Rabbit, Michel Hazanavicius The Artist, etc. Comme un passage obligé, la volonté d’un cinéaste de se confronter à une industrie par rapport à laquelle il se situe et qu’il critique essentiellement par le prisme de la satire, de la parodie ou de l’hommage. Il manquait donc à David Fincher son film sur l’âge d’or hollywoodien, il le tient avec Mank, diffusé sur Netflix en cette fin d’année. Deux intérêts sont à lui trouver : il y a d’abord la qualité de la reconstitution historique qui immerge le spectateur dans un Hollywood plus vrai que nature, tout droit exhumé des archives ; il y a ensuite l’interprétation remarquable de Gary Oldman dans le rôle-titre, décidément habile à se transformer au gré des projets. Deux intérêts que court-circuitent et la démarche du cinéaste et sa mise en scène. Pendant deux heures un quart, Fincher se pavane, use et abuse de dialogues interminables construits sur des allusions et remarques érudites que débitent des comédiens caricaturaux, à commencer par Amanda Seyfried dont le jeu paraît constamment forcé. Le noir et blanc, les effets de transition « à l’ancienne », les repères de changement de bobines, le surdécoupage des scènes, tout cela n’est qu’artifice clinquant et stérile posé sur un scénario inutilement complexifié avec moult ellipses et flashbacks, rappelant certes la construction du long métrage Citizen Kane. Fincher est à ce point fasciné par le film d’Orson Welles, aveuglé par son immensité et son statut d’intouchabilité, qu’il tourne autour pour espérer en saisir des bribes d’authenticité, voire pour se persuader qu’il réalise à son tour, en qualité de témoin, un Citizen Kane. Il tient là l’opportunité de régler ses comptes avec les studios qui jadis le brimèrent – pensons à Alien3 – en défendant la liberté de l’artiste dans le processus de création et de réalisation, artiste qui, à mesure qu’il donne la vie, fait des concessions sur la sienne, se sacrifie, se réincarne en matière cinématographique. Tout cela aurait été passionnant si le film ne se cantonnait pas à la surface du mythe, s’il prenait le risque de le déconstruire, de l’interpréter, de lui donner du sens. En lieu et place, un éparpillement ronflant qui dilue la vision portée sur l’artiste non dans un alcool susceptible de le revigorer mais dans le formol le plus lénifiant qui soit.
John Henry
John Henry

127 abonnés 731 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 8 décembre 2020
Quel plaisir de retrouver du cinéma pareil, même sur petit écran. Le travail sur les images, les acteurs, le montage, c'est simplement prodigieux. Je ne vais pas mentir, je suis resté un peu en dehors de la plupart des dialogues qui évoquent une époque et un univers que je ne maîtrise absolument pas. Mais tout reste incroyablement jouissif à suivre, dans ce sacrifice humain au profit de l'art et l'utilisation de l'art politique. C'est une leçon de cinéma qu'on ne comprend pas tjrs si on n'en a pas les codes mais qui est impressionnante.
ouadou
ouadou

98 abonnés 413 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 8 décembre 2020
Fincher a la carte absolue alors son film est encensé... mais faut se détendre un peu
C'est un élégant biopic avec un très bau noir et blanc, un bel ouvrage pour aller chercher des Oscar.
Mais ça n'a ni chaire, ni âme... C'est gentiment ennuyeux ... Déjà Gone Girl était décevant, alors David... réveille toi
Yves G.

1 846 abonnés 4 021 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 8 décembre 2020
1940. Immobilisé par une jambe dans le plâtre, le scénariste Herman J. Mankiewicz est confié aux bons soins d'une secrétaire et d'une infirmière dans un ranch au milieu du désert californien. RKO lui donne carte blanche pour écrire le scénario que tournera un jeune réalisateur venu du théâtre et du cinéma, précédé d'une réputation de génie, Orson Welles. Ce sera "Citizen Kane".

L'histoire a oublié Herman Mankiewicz. Le souvenir de son cadet, Joseph, le réalisateur de Eve et de Cléopâtre, a effacé sa mémoire. Pourtant il fut, dans les années trente, l'un des scénaristes les plus réputés d'Hollywood, signant pour la MGM les scénarios du "Magicien d'Oz" et de quelques uns des films des "Marx Brothers". Mais son fichu caractère, son alcoolisme chronique devaient l'éloigner du studio et de son tyrannique patron, Louis B. Mayer. En écrivant le scénario de American - ultérieurement rebaptisé "Citizen Kane" - il veut régler des comptes avec le magnat William Randolph Hearst, soutien de toujours de Mayer.

Sur la base d'un vieux scénario écrit par son propre père, David Fincher se livre à un exercice virtuose. On n'en escomptait pas moins du réalisateur de "Seven", de "Fight Club" ou de "The Social Network", absent des écrans depuis six ans, dont le retour était impatiemment attendu. Il réalise un pastiche somptueux des films de l'époque dont il a repris le noir et blanc satiné et la construction en flashbacks - qui constitua une des innovations de "Citizen Kane".

Que "Mank" ne soit pas sorti en salles, où il avait évidemment sa place, relance un vieux débat depuis "Roma" ou "The Irishman". Après Alfonso Cuarón, après Martin Scorsese, David Fincher a à son tour vendu son âme au diable Netflix. On l'excusera en avançant que, Covid oblige, "Mank" n'aurait pas pu sortir en salles - même si le lancement de sa production par Netflix est antérieure à la pandémie. On invoquera un argument autrement convaincant : les majors ont refusé de prendre le risque de produire ce scénario, seul Netflix acceptant d'en prendre le risque.

Il y a fort à parier que dans une année bien pauvre en chefs d'œuvre, "Mank" se retrouve dans tous les palmarès. On voit mal comment l'Oscar du meilleur acteur pourrait échapper à Gary Oldman. Son rôle d'ivrogne philosophe n'est pas sans rappeler l'interprétation d'Albert Finney dans "Au-dessous du volcan". Idem pour l'Oscar des décors et des costumes tant l'âge d'or d'Hollywood est filmé avec une élégante magnificence.

Pourtant, malgré toutes les raisons objectives d'encenser "Mank", j'avoue une certaine déception.
Je ne suis pas rentré dans le film, comme déjà par le passé je n'étais pas rentré dans "The Social Network". La faute à des dialogues à la mitraillette dont je n'ai pas eu le temps, l'âge venant, d'en lire les sous-titres ? La faute à des références pas toujours compréhensibles à une période de l'histoire du cinéma dont les détails ne m'étaient pas familiers ?


La faute aussi à une attente déçue. "Mank" nous est vendu - et c'est ainsi d'ailleurs que je l'ai présenté - comme l'histoire de la confection de "Citizen Kane". On y apprend in extremis le vol de paternité dont s'est rendu coupable Welles en s'attribuant un scénario écrit par le seul Mankiewicz et en partageant avec lui un Oscar qu'il n'aurait pas dû recevoir. Mais on ne voit rien de "Citizen Kane" ou de son tournage. On n'y évoque même pas ce qui en fit un événement dans l'histoire du cinéma et dont le mérite revenait bien à Orson Welles et à personne d'autre : le recours aux flashbacks, l'utilisation innovante de la caméra (profondeur de champ, contreplongées). Rien de tout cela n'est évoqué dans "Mank" qui s'arrête avant le premier tour de manivelle de "Citizen Kane".

Finalement, après deux heures (dont il serait malhonnête de dire qu'elles sont trop longues), si on le débarrasse de tout ce qui l'encombre, "Mank" se révèle pour ce qu'il est : le portrait d'un homme piégé par le pacte faustien qu'il a passé avec Hollywood. C'est déjà beaucoup mais c'est trop peu par rapport aux attentes que ce film avait fait naître.
Christoblog

920 abonnés 1 799 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 7 décembre 2020
Mank souffre d'un trop-plein.

Trop de plans, trop de dialogues, trop de sous-entendus, trop d'intentions.

Quand le personnage de Mank cite approximativement Blaise Pascal : "Je n'ai fait cette lettre-ci plus longue que parce que je n'ai pas le loisir de la faire plus courte " (Les Provinciales) on a vraiment envie de dire à Fincher qu'il a lui pourtant eu six ans depuis Gone girl pour préparer celui-ci, et qu'il pourrait pu abréger.

Certes, comme d'habitude, la mise en scène est propre, voir virtuose. Fincher essaye de retrouver la qualité des films hollywoodiens du passé : on a donc le droit à des trucages à l'ancienne, une musique et un générique rétros, un noir et blanc de circonstance (un peu sombre à mon goût) et divers tics qui démontrent l'inutile méticulosité du réalisateur (des défauts qui singent l'ancien usage des bobines de pellicule par exemple).

Les dialogues fusent, les plans aussi, les flashbacks se multiplient dans une intrication parfois néfaste à la dramaturgie du film, et les références se multiplient. A moins d'être un fin connaisseur de la vie politique américaine et du Hollywood des années 40, on est souvent un peu perdu, par exemple dans la constitution de l'actionnariat de la MGM.

Bien sûr, les à-côtés du film ravissent les critiques : les différents parallèles qu'on peut faire (ou pas) entre la situation de Fincher père / Fincher fils et Fincher / Welles sont intéressants pour la petite histoire du cinéma, mais ne rendent pas le film plus agréable ou plus profond.

Si finalement le dernier film de David Fincher n'est pas complètement ennuyeux, c'est principalement grâce à l'interprétation de Gary Oldman, bien que ce dernier me paraisse nettement trop vieux pour son personnage.

Le film est impressionnant techniquement et suffisamment bien fabriqué pour générer un minimum d'intérêt, mais aucune véritable émotion n'affleure à sa vision.
Lionel A.
Lionel A.

1 abonné 18 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 14 mai 2022
Si c'était la première oeuvre d'un (jeune) réalisateur, on dirait "fantastique, quel talent, d'où sort-il, ça promet" etc. Oui, mais c'est Fincher. Donc, c'est beau (la photographie et le noir et blanc en particulier), la mise en scène très "wellessienne" (contre-plongée en veux-tu, contre-jour & contraste en voilà) clins d'oeil à gogo, les hommages ne sont pas difficiles à rendre, Welles à tout inventé, pas de contrainte à ce niveau. Mais, de la part d'un réalisateur plutôt penché vers le thriller, le suspens, il y a un Mank, l'action fait sensiblement défaut à cette histoire et l'action au cinéma c'est le nerf, l'intrigue n'est pas excitante, la plupart des scènes n'ont que peu d’enjeu, l'intérêt que portent les personnages à leur mouvement ne nous atteint pas. Ce n'est pas parce que l'on traite d'un chef d'oeuvre que le résultat en aura l'éclat.
Florent A
Florent A

10 abonnés 156 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 7 décembre 2020
Film très personnel de Fincher qui a donc réalisé un vieux projet qu'ils avaient eu avec son père.
Je trouve que la forme est bien réussie, on s'immerge dans les années 1920, l environnement est bien filmé, Gary Oldman est très bon mais je n'ai pas trop compris le scénario entre jalousie, politique et bien sur l'ecriture d'un film. J'ai été vite perdu au niveau des personnages et je n'ai donc pas pu apprécier certains dénouements, j'ai trouvé que c'était un peu confus parfois voir ennuyeux. Cest quand même un bel hommage au cinéma et au scénariste de Citizen Kane de Orson Welles mais je n'ai pas trop apprécié le scénario et le manque de suspense, de rythme.
maxime ...

308 abonnés 2 069 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 7 décembre 2020
Mank est à n'en pas douter le film le plus énervé de ce cinéaste à la fois cinéphile taré et homme révolté !

Début 2020 - date du commencement de ma rétrospective consacré à David Fincher. Il faut dire que j'ai eu du nez. Ma mémoire étant des plus fraiche il est facile de voir que le type convoque tour à tour ses précédents travaux, d'Alien à Mindhunter et pioche ici et là dans ses derniers non pas par envie de synthèse mais pour encore trouver matière à innover. Il va chercher son vécu, témoigne de sa colère et signe la son film le plus personnel. Comment ne pas entrevoir chez son héros à taille humaine tout son désarroi, sa hargne pour son industrie et notamment au regard de cette dernière sur la production de ce long-métrage-ci. Mank est un véritable coup de pied au derrière des Studios dit " Tradi " et au mépris consacré à un scénario qui pour lui avait forcement tellement de signification.

Cela va sans dire, ce film est très exigent et mérite bien plus d'un visionnage. Aucune rétine ne peut imprimer autant d'infos et de techniques en tout genres étalé sur deux heures de cette façon. On se mange une déferlante de savoir faire et il vaut mieux être sur le qui-vive. C'est d'ailleurs à mi-chemin que le réel intérêt de son histoire prend réellement le soin de se livrer. La métaphore de Mankiewiesz sur son combat n'a d'égal que le jeu de miroir ente présent et passé, cinéma et politique.

En ce qui concerne son affiche Gary Oldman se montre sous son jour le plus inspiré. Sa composition de Herman Mankiewiecz est et restera j'en suis persuadé une marque importante de sa filmographie. Selon moi, son plus grand rôle de cinéma. On entrevoit toute la résignation et la fureur chez cette homme à travers son sarcasme, sa vacherie, son humiliation ... Ce type confronté à ses doutes, à son sentiment de culpabilité, face à son humanité n'a de cesse de provoqué son monde pour leurs ouvrir les yeux. Il y'a un parallèle avec sa temporalité qui m'interpelle directement avec nos jours à venir ... Amanda Seyfried elle aussi signe sa plus significative démonstration. L'empathie de Marion Davies bouleverse forcement au vue du piège refermé sur elle et dont elle se sent prisonnière ( consciente ), elle l'a parvenu qui se dandine pour le regard des autres, elle qui pourtant est bien plus avisé que ces derniers et de loin. L'entrecroisement avec son ami scénariste n'est que plus déroutant. Charles Dance, Lily Collins, Tuppence Middleton, Tom Burke et tout les autres devrait être mentionnés au cas par cas tant eux aussi amènent leurs pierre à cet édifice.

Mank est une immense contribution à son Art, un choc, un des meilleurs films de 2020. David Fincher pour qui j'ai énormément d'estime viens de frapper un très grand coup. On peu encore attendre plusieurs années avant de voir son prochain fait d'arme. J'aurais donc le temps de revoir cet objet déroutant encore de bien nombreuses fois.
romano31

321 abonnés 1 543 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 décembre 2020
Six ans après nous avoir livré Gone Girl, David Fincher revient avec son nouveau film, directement sur Netflix, Mank. C'est un film très personnel pour Fincher puisque c'est son défunt père qui a écrit le scénario. Le film nous plonge dans le Hollywood des années 30 où l'on suit le scénariste Herman J. Mankiewicz qui tente de terminer le script de Citizen Kane d'Orson Welles. Techniquement, le film est une réussite. La réalisation est millimétrée, la photographie est splendide et les acteurs, Gary Oldman en tête, sont parfaits. Là où j'ai eu plus de mal à accrocher c'est sur l'histoire du film. Cette dernière est très référencée et ne connaissant pas l'histoire d'Hollywood de cette époque, j'ai eu un peu de mal avec tout ces protagonistes et avec les enjeux liés à cette histoire. De plus, je n'ai pas vu Citizen Kane et je pense que cela m'aurait aidé à mieux appréhender l'histoire si je l'avais vu. Bref, étant un grand fan du travail de David Fincher, je dois dire que c'est son film qui m'a le moins emballé malgré que techniquement ce dernier soit irréprochable. Réussi mais pas facile d'accès.
velocio

1 538 abonnés 3 500 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 6 décembre 2020
Les uns après les autres, de grands réalisateurs, ou prétendus tels, présentent leurs films sur Netflix plutôt que dans des salles de cinéma. Ce coup ci, c'est le tour de David Fincher avec ce film sur Herman J. Mankiewicz, le grand frère de Joseph, en train d'écrire le scénario de "Citizen Kane". Pour rester dans l'atmosphère de cette époque, David Fincher a tourné son film en Noir et Blanc, et, esthétiquement, c'est magnifique. Par contre, la prétention du réalisateur suinte du début à la fin, Fincher reprenant à son compte la forme du récit émaillé de flashbacks. Problème : il a beau faire, David Fincher n'est pas Orson Welles et, en plus, il plonge les spectateurs dans un ennui profond en nous montrant une ribambelle de personnages pour lesquels il ne prend même pas la peine de nous les présenter "proprement". Ce qui aurait pu être un film passionnant sur le Hollywood des années 30 n'est finalement qu'une sorte de "name dropping" sans âme dont on ressort totalement épuisé. On ne s'attardera pas trop sur la bizarrerie que constitue le choix de Gary Oldman, 62 ans, pour interpréter le rôle de Herman Mankiewicz qui avait 44 ans au moment de la sortie de Citizen Kane et beaucoup moins dans la plupart des flashbacks du film. Par contre, une découverte pour moi dans la distribution : Lily Collins, la fille de Phil Collins, magnifique interprète de Rita Alexander, la sténographe britannique qui travaille avec Mank.
Youyou
Youyou

1 abonné 1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 6 décembre 2020
HOLLYWOODLAND... L'écho d'une époque dans le regard de David FIncher. Seigneur des cinéphiles. Et chevalier du 7eme art.
Avec Mank il crée une loupe introspective dans la création du plus grand film de l'histoire du cinéma, CITIZEN KANE. Une déclaration d'amour aux scénaristes (donc à son père). Tout y est!
Naissance de la Guilde des scénaristes, naissance du parlant, "realpolitik", spin doctoring, montée de la haine, crise économique et star système, etc. La fabrication d'un chef d'oeuvre qu'on nous explique ici par une série de flashback vertigineux au rythme d'un jazz syncopé typique de la fin des années 30. Une mise en abime dans les pages d"un script et dans la morphologie du scénario pour rythmer les chapitres. Chaque acte est une clé qui nous glisse doucement dans la peau d'Herman J. Mankiewicz que seules les épaules de Gary Oldman peuvent porter aujourd'hui. Un acteur à l'ancienne adepte des costumes et des maquillages d'opéras. Celui de Mank est picaresque! Vulgaire mais autorisé car génial et rusé. Un être vivant qui comprends plus vite que tout le monde les enjeux des situations et de l'époque et surtout observe la dramaturgie dans la réalité pour en nourrir ses scénarios. Un personnage à la hauteur pour affronter dans un duel à distance le personnage "Ogresque" d'Orson Welles. Mon seul regret aujourd'hui après la vision de Mank est le fait, que ce film est privé de son espace naturel. Lui rendre hommage serait de le revoir en salle au moins et au minimum pour l'hallucinante profondeur de champ offerte dans chacune des images présentes. Bel hommage à Gregg Toland... Qui même sur le rétroprojecteur d'un beau salon, souffrira de la réduction numérique. En ce sens ce chef d'oeuvre parle vraiment et complètement de notre époque. Immanquable et déjà classique à mes yeux.
Cinévore24

446 abonnés 940 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 décembre 2020
Une plongée envoûtante dans l'Âge d'Or Hollywoodien, orchestrée avec talent par le virtuose David Fincher (d'après un scénario écrit par son père Jack), et vue à travers les yeux de son protagoniste, Herman J. Mankievicz, scénariste du célèbre "Citizen Kane".

Travail d'orfèvre esthétique (allant jusqu'à reproduire le grain sonore et visuel de l'époque), ce "Mank" est une lettre d'amour cynique à Hollywood, avec ses belles affiches et ses sombres coulisses, ses coups d'éclat et ses dérives, ses inspirations et ses manigances.
Une sorte de "Boulevard du Crépuscule" du 21ème siècle, entre passion et désillusion, qui fait s'affronter l'auteur et l'homme d'affaires, la force créatrice et le pouvoir dirigeant, l'un se nourrissant de l'autre, et inversement.
Comment disait cet auteur déjà : "racontez ce que vous savez".

Un film personnel, somptueux, verbeux, complexe, parfois même inaccessible pour certain(e)s de par le traitement de son sujet, et profondément cinéphile.

Une œuvre sur le cinéma à destination des cinéphiles...qui ne sortira pas au cinéma. N'est-ce pas finalement là la plus grande déception concernant ce film ?
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 6 décembre 2020
"Mank" de David Fincher faisait partie des projets de l'année que j'attendais le plus depuis Once Upon A Time in Hollywood. Et je dois dire ne pas avoir était déçu une seconde de la part du long-métrage, et de son réalisateur. Dont, je ne suis pourtant pas friand de ses films.

Tout comme l'avais fait la série "Feud", et les films "Neverland" et "Dans l'ombre de Mary" avant lui : Mank compte les coulisses d'une oeuvre cinématographique devenu culte (que je n'ai pas encore vu) : Citizen Kane. Par le prisme de la relation entre le metteur en scène Orson Welles (jouée par Tom Burke) et son scénariste : Herman Manckievicz (Gary Oldman primé aux Oscars, il y a trois ans déjà). Cela nous promettait donc une histoire un peu dans la veine que celle que nous avions pu voir entre PL Travers et Walt Disney chez John Lee Hancock, en 2013. Mais il n'en ai rien.

Bien sûr, le long-métrage aborde cet aspect, mais il reflète seulement le file conducteur de toute une évocation d'un Hollywood des années 30 et d'une mentalité, qui au fond ressemble assez à la nôtre, aujourd'hui. Mais aussi d'un portrait d'un homme plein de contradiction. Qui nous émeut, nous fait rire autant qu'il nous exaspère et que l'on déteste. C'est là que le scénariste défunt Jack Fincher a fait un travail remarquable. Je n'ai vu depuis longtemps autant de nuance dans un personnage depuis longtemps. De plus Gary Oldman l'interprète de façon formidable sans maquillage ni artifice. Et j'ai était très étonné par son jeu, oubliant complètement l'acteur qu'on m'avait vanté, et que je n'avais jamais vu joué. Il est fort à parier que même si il ne gagne pas une deuxième statuette, ce rôle lui apportera une nouvelle nominations aux prochains Oscars.

Qui dit évocation du vieil Hollywood, veut dire aussi, mise en avant des actrices et des femmes de l'époque souvent méconnue. Et là, aussi le duo Fincher fait la part belle à la gente féminine. Bien sûr, il y a Amanda Seyfried qui est admirable dans son rôle de Marion Davies dans sa transformation et dans son jeu. De précédents films tel que Les Misérables, Mamma Mia 1 & 2 nous prouvaient que c'était une actrice très prometteuse, mais ici elle s'épanouie d'une manière déconcertante. Pleine de naturelle, et de charme. Elle respire l'authenticité de son personnage qui étonnamment n'est ni cliché ni trop enjolivé, car peux le savent mais Marion Davies étaient un peu vu comme la Marylin Monroe des 30's.
Il y a aussi Lily Collins (que vous avez pu appercevoir dans Tolkien, Blanche-Neige, L'Exception à la règle...) qui a un rôle sympathique bien qu'il fasse un peu tapisserie et manque de consistance. Mais sa performance arrive à compenser cela. Cependant celle qui m'a bluffer c'est Tuppence Middleton (que vous avez pu croiser dans la mini-série Guerre et Paix, et la suite cinématographique Downton Abbey). Son personnage féminin est peut-être le plus travaillé, et le jeu de la jeune femme est très nuancer, juste, elle est formidable. J'espère que les prochaines récompenses la feront remarquer et qu'elle sera mise en avant, même si je pense qu'il préférerons Amanda, mais sa performance mérite d'être saluée, et on espère la retrouver.

"Mank" reste aussi un film très intéressant et captivant dans sa conception. En effet, peut-être dans le but de coller à l'image que son père avait du script : le réalisateur David Fincher a fait le choix de tourner le film entièrement en noir et blanc à la manière des films d'autrefois (Roma, Patries, The Artist, Cold War et Frantz ne sont jamais loin). Ce qui pourrait rebuter, mais on rentre très facilement dans l'ambiance et il y a même en cela quelque choses de captivant. C'est à la fois kitsch et terriblement moderne. La photographie et les jeux de lumières sont très assez incroyable. Les décors, costumes aussi. La musique à quelque chose d'assez vieux, mais est vraiment belle, et reflète bien la personnalité du film.

Enfin "Mank" qui aborde la question de l'héritage qu'un homme laisse à sa Terre et à son art, peut-être vu aussi comme un hommage du réalisateur à son père défunt : le scénariste Jack Fincher. Ce qui forcement est très touchant et renforce un peu plus le propos du film. Pour résumer : "Mank" est un chef d'œuvre né, une grande œuvre cinématographique qui va ravir les dingues cinéphiles, et captiver les philosophes mais aussi un peu le public. Les portraits et la réalisation sont très bien penser, il est faut à parier que ce dernier représente un fort concurrent aux prochains Oscars. Une très belle surprise de la part du réalisateur et de Netflix qui donne follement envie de retourner dans nos salles de cinéma, tant chéries avant.
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