Le récit se scinde en deux, une intrigue principale avec le couple adultère et son crime parfait, et la sous-intrigue du jeune couple à la Bonnie and Clyde. Mais en vérité les deux intrigues se retrouvent sur un pied d'égalité en présence et importance à l'écran, voir même la sous-intrigue des Bonnie and Clyde à la française vole ou parasite la vedette à l'intrigue principale. Ainsi, le jeune couple est étonnamment plus fouillé, mais ouvre aussi la voie à un jeune voyou aussi insupportable qu'irritant, tête à claque qui ne permet aucune empathie tandis que la partie avec les allemands prend beaucoup de place. Il y a la partie très bavarde des jeunes, celle plus mutique de l'autre couple. Par contre, niveau mise en scène la partie des adultérins est beaucoup plus travaillés, avec le judicieux parallèle entre l'errance de madame/Moreau et le huis clos solitaire de monsieur/Ronet. Les rues de Paris sous la nuit pluvieuse impose un charme certain teinté d'une espérance vaine qui aurait pu gagné en valeur avec un suspense plus travaillé, biaisé par les aventures du jeune couple. Néanmoins, le scénario fonctionne bien, le travail sur la photographie et le Noir et Blanc associé au jazz de Miles Davis reste un must dans le genre, et sert d'écrin magnifique à une histoire de destins scellés par le mauvais coup du hasard. Site : Selenie.fr
Quelques plans très réussis et des acteurs excellents, pour un traitement en-dessous de ce qu'aurait mérité un tel scénario. On ne peut s'empêcher de se demander ce qu'aurait donné le film dans les mains d'Hitchcock. Car le scénario machiavélique, sur l'ironie du sort, est d'une intelligence et d'une finesse rares.
Un classique du cinéma français avec une Jeanne Moreau radieuse, qui crève l’écran. ASCENCEUR POUR L’ECHAFAUD est un chef d’œuvre intemporel, dont la mise en scène est soignée, les dialogues délicieux, le suspense palpable, l’intrigue qui se distille au pas de Jeanne Moreau sous une pluie torrentielle dans un Paris ‘illuminé‘, étouffant, le cœur lourd, le regard éblouissant, un charisme incomparable est puissante, prenante. La foudre s’abat sur un couple enchainé, sur des êtres manipulés par leurs sentiments qui nous prépare à un drame imminent. Une femme douce mais machiavélique, qui ne joue pas de son charme, car tout y est naturel. Un homme banal, qui dissimule sa détermination et son ardeur, plein de sang froid. Jeanne Moreau trouve en ce rôle, un rôle en or, magnifique. Louis Malle a réalisé une œuvre en avance sur son époque, il rend hommage aux films noirs, oui mais bien plus encore, il rend hommage au cinéma, un cinéma qu’il admire, qu’il vénère, on le ressent dès les premières minutes, et l’on sait déjà que ASCENCEUR POUR L’ECHAFAUD est un mythe inclassable, fascinant, inégalable. Sublime et incontournable vous dis-je.
C'est le film qui a fait connaître Louis Malle. Il s'agit d'un bon film noir avec l'excellente musique de Miles Davis. il a un peu vieilli mais cela reste un classique.
Le film , inspiré d'un roman sans éclat de Noël Calef, raconte l’histoire de Florence,l'épouse d'un industriel pour lequel Julien Tavernier travaille. Or Julien est l'amant de Florence et leur passion est si forte qu'ils décident de supprimer l'encombrant mari. Julien va s'en charger et planifie le crime à un détail près : il a laissé sur les lieux un indice. Alors qu'il retourne dans l'immeuble le récupérer,l'ascenseur tombe en panne et va le retenir dans la cabine durant le week-end. Le scénario s'accélère ensuite et enchaîne les rebondissements qui conduiront Julien à être démasqué, jugé, condamné et mené à l'échafaud. Sur ces images, d'autant plus sombres que le film est tourné en noir et blanc, le trompettiste Miles Davis improvisa en direct une musique inoubliable qui donne au film une part de sa force. Avec la cavale des jeunes délinquants, Malle annonçait déjà le style de la Nouvelle Vague qui émergera l'année suivante avec "Le beau Serge" de Chabrol. Malgré cela, le film fut jugé sévèrement par ces cinéastes débutants et, ce, pour deux raisons : son classicisme excessif et son refus du pittoresque. Il faut en premier lieu mentionner le jeu des deux interprètes qui trouvent,l'un et l'autre,des rôles à leur mesure. Jeanne Moreau, dont c'était les débuts, dévoile les dons qui feront d'elle l'une des plus grandes actrices de sa génération. Quant à Maurice Ronet, il habite son rôle avec le pessimisme,l'ironie qui le consacreront comme l'une des figures les plus attachantes des années 50. Dans le rôle d'un ancien combattant, officier parachutiste rendu à la vie civile, qu'il est chargé de camper, il confère à son personnage une résignation pathétique devant l'inéluctable. Le film de Louis Malle traduit, avec une intuition remarquable, le malaise qui, à l'époque, commençait à s'insinuer dans les esprits, d'une France qui perdait son prestige, et laissait certains français démunis devant le piège des sentiments. (Voir ma critique sur " La plume et l'image"
Un excellent thriller mené par une brochette d'acteurs géniaux et une réalisation vraiment travaillée. L'apparition de Ventura à la fin du film est vraiment sympathique. Le scénario est vraiment original et les dialogues très bien écrits. On suit l'itinéraire de plusieurs personnages, un peu clichés mais intéressants tout de même. La musique de Miles Davis assez bien utilisée donne un sacré charme au film!
Un polar francais des années 1950 tres réussi, pas un des plus grands de ce genre, mais tout de même une réussite. Une oeuvre calme est tres bien filmée, une ambiance tres prenante et un scenario de qualité ! Les acteurs sont tres bon, mention speciale a Lino Ventura, toujours aussi excellent, ainsi qu'a Jeanne Moreau.
Un bon policier qui n'a pas trop vieillit. Ventura dans un rôle mineur : le "gorille" est pour plus tard ! Je regrette que le couple qui vole la voiture ne soit pas un peu plus consistant au niveau des personnalités... Sinon, un standard du polar à la française.
Ce qui fait la qualité d'un film c'est que l'on peut le voir et le revoir autant de fois que l'on veut, car on ne s'en lasse pas. Et c'est le cas de ce film-ci. Pour moi un des meilleurs films de Louis Malle. L'histoire est somme toute assez simple et cela aussi est une qualité; pas de flash backs ou de scènes alambiquées. Non ici l'histoire est basique. Un homme tue un autre homme qui se trouve être son patron et le mari de la femme dont cet homme est l'amant. Oui mais voilà, un détail va tout compliquer. On dirait presque un film d'Hitchcock, surtout une scène dans un bar où tout le monde regarde de façon étrange Julien (Maurice Ronet). Tous les acteurs sont excellents, à commencer par Jeanne Moreau, alors au début de sa carrière ou un Lino Ventura dans la peau d'un commissaire très intuitif. Et puis il y a aussi un autre "personnage" important la musique; oui la musique de Miles Davis qui donne encore plus de profondeur au film. Au fond tout est dit dans le titre :"Ascenceur pour l'échafaud"
Comme plusieurs autres personnes dont j'ai pu lire les avis ici et là, je suis un peu déçu, notamment parce que ça partait merveilleusement bien, cette histoire d'assassinat qui tourne mal, où l'assassin se retrouve coincé dans un ascenseur alors qu'il tentait de récupérer les preuves qu'il a oublié sur la scène du crime qu'il a quittée précipitamment. Le film se perd un peu en multipliant les intrigues, notamment celle avec le jeune couple qui vole la voiture et dont le destin ne m'a guère intéressé.
Au contraire même, ça ralenti le rythme du film et quelque part on quitte la paranoïa claustrophobique du héros qui se retrouve enfermé dans cette cabine d'ascenseur et qui ne peut rien faire pour en sortir. Avec cette histoire parallèle on perd de la tension au lieu d'en rajouter. Alors oui, il y a bien le quiproquo final, mais je ne le trouve pas fondamentalement palpitant non plus, ça aurait mérité d'être plus noir, plus sombre... bien que la toute fin et les derniers plans sur Jeanne Moreau soient très beaux.
Surtout que la réaction du jeune homme face aux touristes allemands ne me semble pas forcément très crédible non plus.
Si le film est sympathique, notamment grâce à la musique, il ne brille pas non plus, sans doute car Louis Malle n'a pas osé épurer encore son récit pour se concentrer sur un huis clos angoissant.
L'ambiance particulière et forte de ce film est directement liée à la musique, même en sachant qu'elle ne faisait pas partie intégrante de la première version du film).
Pour son premier film, Louis Malle semble être encore très loin des valeurs de la nouvelle vague qu’il défendra plus tard, sa mise en scène étant d’un classicisme déroutant. Cet hommage rendu aux films noirs américains a son charme propre principalement lié à sa composition signée par Miles Davis. L’intrigue en soi ne semble à priori avoir rien d’original mais les rebondissements, aussi insolites soient-ils, lui permettent de rendre le récit surprenant, il est donc regrettable que la conclusion de l’enquête policière soit trop rapidement traitée, d’autant que Lino Ventura est, son rôle trop mal exploité, indubitablement l’acteur le plus charismatique du film, au grand dam de Jeanne Moreau qui semble ici terriblement antipathique.
Louis Malle entre dans le vif du sujet. L'amant s'apprête à assassiner le mari, qui se trouve être son patron. Il n'y a pas de crime parfait et celui de Julien Tavernier moins qu'un autre puisqu'une étourderie provoque une cascade d'incidents qui, normalement, devraient mener le pauvre Julien et sa maitresse direct à l'échafaud... Il n'y a pas que le crime qui part en vrille, le film de Louis Malle aussi. Je ne sais pas si le roman éponyme est aussi mal écrit que le scénario mais, après un début réussi, et dès lors que Malle s'éloigne de Maurice Ronet et du lieu du crime où celui-ci est empêtré, c'est du grand n'importe quoi. Je ne compte pas m'extasier sur la fameuse partition originale de Miles Davis car je regarde une série noire dont l'écriture et la mise en scène se sabordent et finissent par rejoindre le tout-venant du polar des années 50 et le "cinéma de papa", celui où les seconds ou troisièmes rôles sont dans le stéréotype et la convention. On se croirait soudain dans un film de Delannoy ou d'Autant-Lara, pour reprendre les têtes de turc de la Nouvelle Vague. Déjà, l'aventure du couple d'adolescents mal dégrossis, qui prend, par épisodes, le relais de l'intrigue principale, est grossière pour ne pas dire stupide (Georges Poujouly est bien mieux dans "Jeux interdits", bien mieux accompagné aussi). Ensuite c'est la dégringolade, avec ce magistrat (Hubert Deschamps) qui se pavane le matin même devant la presse en donnant force détails, ce policier (Lino Ventura) qui a tout compris et qui prédit même le quantum des peines, la fleuriste qui connait par coeur l'adresse de son employée, la gamine du bistrot qui reconnait le bonhomme en photo dans le journal -oui, parce qu'en 12 heures, sans enquête ni mobile ni preuve, tout est déjà dans le journal! - et j'en passe : c'est un festival de complaisances et d'approximations, d'invraisemblances qui m'ont complètement sorti d'un polar dont le suspense est devenu, dans ces conditions, indifférent et dérisoire Franchement, Louis Malle aurait mieux fait de nous laisser dans l'ascenseur avec Maurice Ronet plutôt que de nous entrainer à l'extérieur. Tiens, j'en ai oublié de parler de Jeanne Moreau. Peut-être parce que son personnage, dans son errance nocturne, se tient en dehors de l'action.
Grand polar classique qui a bien sûr beaucoup vieilli mais reste envoûtant par l’atmosphère assez extraordinaire qu’a su créer Louis Malle et, surtout, par l’accompagnement musical créé par Miles Davis, en direct en regardant le film ! Du génie. On ajoute le plaisir de voir Jeanne Moreau, Maurice Ronet et Lino Ventura dans ses débuts et on ne regrette pas de revoir ce vieux film un peu rassis. Puis dans la foulée, on met une cerise sur le gâteau en écoutant la trompette de Miles Davis en planant !