Excellent scénario ! Et belle mise en scène. Rare d'avoir un aussi bon roman noir dans la filmographie française. Un Hitchcock à la française, avec du suspens, de bons personnages et une excellente intrigue.
Pour un début de carrière, Louis Malle marquait les esprits d'entrée avec cette œuvre noire, sublimée par son ambiance jazzy et portée par des acteurs emblématiques et inspirés. La roublardise du scénario n'a d'égale que la finesse de la mise en scène, tout est réglé au millimètre et, si ce n'est un bémol pour les jeunes acteurs (pas forcément convaincants) et des lignes de texte par moments trop hors sol, la réussite est quasi complète.
Premier long-métrage de fiction réalisé par Louis Malle, Ascenseur pour l’échafaud est un classique qui a surtout marqué le public par la musique de Miles Davis en grande partie improvisée qui marque parfaitement la mélancolie des grandes villes. Toutefois, ce drame criminel narré selon plusieurs axesspoiler: (Julien bloqué dans l’ascenseur, Florence déambulant dans la nuit, la virée criminelle du couple formé par Louis et Véronique, l’enquête policière) ne doit pas être résumé qu’à sa musique car il possède une très belle brochette d’acteurs (Jeanne Moreau, Maurice Ronet, Georges Poujouly, Yori Bertin, Lino Ventura, Jean-Claude Brialy, Gérard Darrieu, Charles Denner…) et une réalisation sensible s’attachant à chaque personnage. Ce film passionnant de bout en bout malgré un argument qui pourrait apriori tourner rapidement en rond est une parfaite description de la société française de l’époque (notamment la jeunesse) qui, outre son aspect sociologique, possède un suspense totalement prenant. Un chef-d’œuvre du film policier.
L'anecdote est connue mais, pour moi, elle aide à y voir clair sur qui était Louis Malle en tant qu'artiste. Quand il sollicita Miles Davis (alors en pleine période cool-jazz) pour faire la musique du film, pas une seule fois il ne lui imposa de partitions (Miles n'aimait pas ça), il lui a simplement demandé d'improviser en fonction de ce que les scènes qui lui étaient montrées lui inspiraient. Bon, il est bien évident que j'ignore comment cet "Ascenseur pour l'échafaud" a été décrit en son temps mais, ce dont je suis sûr, c'est que si l'on peut parler de grand classique de notre cinéma, il me paraît, en revanche, bien difficile de parler d'oeuvre majeure. Tout le long du film, on a l'impression qu'il manque quelque chose à cette histoire, pourtant fabuleuse sur le papier. Et aussi, et surtout, à part Lino Ventura et Charles Denner (qui n'apparaissent que dans les 20 dernières minutes), l'interprétation de seconds rôles est défaillante. Notamment Poujouly et sa partenaire de jeu, dont j'ai déjà oublié le nom....Restent donc Maurice Ronet ici très bien employé, ce qui n'a pas toujours été le cas et la belle Jeanne Moreau avec son regard triste et sa voix cristalline. S'il y a beaucoup de belles choses là-dedans (la musique de Davis en fait partie, elle se déguste même sans images), il y a aussi des promesses non tenues.
Je ne l'avais pas vue j'ai vécu quarante ans sans le voir, je l'ai enfin regardé sur France quatre. Quel bon film et quel beau suspens. Un scénario original et très recherché, ce qui a amené le film à devenir un chef d'oeuvre. Il y a aussi un immense réalisateur et aussi des acteurs très doués. Ce genre de film fait plaisir au cinéma.
Un film d'une parfaite maîtrise, tant au plan de la réalisation que du scénario qui ne laisse aucune place au hasard, magnifiquement construit pour servir le propos de Louis Malle. Bien mal acquis ne profite jamais... Le réalisateur d'"Au revoir les enfants" et du "Voleur", se fait à son tour l'écho de ce vieil adage en bâtissant une intrigue diabolique et magistralement interprété par un Maurice Ronet, alors au sommet de son art. Servi par un montage efficace et d'une modernité insolente, cet "Ascenseur pour l'échafaud" grimpe au sommet du cinéma français des années 50.
Le premier long-métrage de Louis Malle, sorti en 1958, est considéré comme l’une des œuvres pionnières de la Nouvelle Vague. Pourtant cette intrigue policière découpée en trois histoires parallèles (le cloisonnement, la déambulation nocturne et la fuite en avant) ne bénéficie pas d’une mise en scène homogène. Si certains passages sont plutôt recherchés avec un travail soigné sur la lumière et les ombres, le reste fait preuve d’un académisme pâlichon. Comme le scénario ne présente guère d’intensité, en raison notamment d’un dénouement hâtif voire bâclé malgré la présence de Lino Ventura, on se retrouve face à un polar sans suspense. Heureusement, la trompette de Miles Davis (qui a spécialement composé la musique pour le film) apporte quelques étincelles. Bref, un premier essai soufflant le chaud mais surtout le froid.
Julien Tavernier assassine son patron et a l'intention de s'enfuir avec Florence, la femme de ce dernier et dont il est l'amant. Voulant supprimer un indice compromettant, il se retrouve bloqué dans l'ascenseur du lieu du crime tandis que Florence erre dans les rues du Paris nocturne à sa recherche. Louis Malle signe un hommage au film noir brillant avec une musique formidable composée par le génial Miles Davis et d'excellents acteurs dont une Jeanne Moreau sublime et un Lino Ventura en second rôle très charismatique. Le film maintient le suspense jusqu'au bout, trace plusieurs histoires en parallèle sans jamais ennuyer ou égarer le spectateur qui se laisse prendre au jeu et vit un grand moment de plaisir tout du long. Un coup de maître !
Ce n'est vraiment pas de gaieté de cœur que je mets cette note, tant ce film avait un potentiel immense mais s'est heurté à ses défauts qui le rendent tristement lassant. Malgré une intrigue prometteuse, le scénario se dévoile dans une banalité qui n'arrive pas à convaincre. La prestation des acteurs est triste, monotone et manque cruellement de vie. Seul Ventura semble essayer de mettre le cœur à l'ouvrage, mais le mal est déjà fait, ses brèves apparitions, assez tardives dans le film, ne suffisent pas pour le sauver. Le cheminement psychologique des personnages est bien mal écrit, entre incohérence totale ou comportement irréalistes, mené par un scénario bancale, mais qui arrive cependant à nous donner une lueur d'espoir lors du dénouement, qui hélas ne suffit pas à oublier le reste du film. J'en retiens un arrière gout de bâclé, et surtout un cruel manque de conviction dans le jeu d'acteur, qui aurait pu faire de ce film monotone un vrai chef d'oeuvre.
Un thriller efficace porté par des excellents interprètes et la mise en scène élégante de Louis Malle. L'ambiance claustrophobique des scènes dans l'ascenseur est moins effrayante que l'incertitude du monde extérieur.
Un film policier, ou plus exactement un film noir, tout en maîtrise et en virtuosité. Il est sidérant de penser que le réalisateur n‘était alors qu‘un débutant de 25 ans. Le début fait craindre un exercice très brillant mais un peu vain. Ce n’est que peu à peu que l’histoire prend de la consistance et qu’on est surtout fasciné par ces destins pris dans les mailles d’une accumulation incroyable d’impondérables et de malchances, et de tous les quiproquos presque humoristiques qui s‘ensuivent. Louis Malle est un cinéaste très éclectique, mais sa personnalité d’enfant prodigue de la grand bourgeoisie perce toujours dans ses films. Il a une vision inimitable, teintée d’humour et d’ironie, de son milieu d’origine, avec un fond de discret amoralisme qui le rend très attachant. Dans « Ascenseur pour l’échafaud » cela se cristallise surtout sur le personnage joué par Jeanne Moreau. Le film est intrinsèquement beau, il offre aussi tous les ingrédients du plaisir cinéphilique. Il y a la musique de Miles Davis et puis toutes les figures de futurs vedettes dans les seconds rôles : les Charles Denner, les Jean-Claude Brialy…
Rappelons-le : Louis Malle avait 25 ans lorsqu'il a réalisé "Ascenseur pour l'échafaud". Combien de jeunes réalisateurs pourraient aujourd'hui réaliser un film aussi puissant que celui-ci ? Le film reprend les codes du film noir, mais pas seulement. Il y a quelque chose d'hitchcockien également, Louis Malle a d'ailleurs avoué s'être inspiré du "maître du suspense" ; lorsqu'on pense à cette scène de meurtre dans un motel, trois ans avant "Psychose", il n'est pas impossible que l'inverse se soit également vérifié. Certaines scènes évoquent Bresson. Et le film dans son entier annonce certains aspects de la Nouvelle Vague, dans sa façon de raconter une histoire et de monter ; à la différence que chez Malle, ça ne tourne jamais au procédé. Et il y a la musique de Miles Davis, chef d'oeuvre musical à l'intérieur du chef d'oeuvre cinématographique. "Ascenseur pour l'échafaud" est probablement l'un des meilleurs films français jamais réalisés.
Grand classique du polar à la française, il est vrai qu'encore aujourd'hui, cet "Ascenseut pour l'échafaud" garde un réel impact, que ce soit par la manière dont Louis Malle a construit son récit que par certaines scènes totalement hallucinantes (avec en tête les déambulations de Jeanne Moreau dans la ville soutenue par l'enivrante musique de Miles Davis.) On pourra alors peut-être regretter quelques longeurs et quelques sous-intrigues nettement moins dignes d'intérêt, mais en définitive, il ressort de l'oeuvre une force, une personnalité qui la laisse encore aujourd'hui particulièrement marquante, grâce notamment à 25 minutes finales intenses et particulièrement brillantes. Belle réussite.
Merci à France 5 de m’avoir permis à l’occasion de la mort de Jeanne Moreau de re-re-revoir « Ascenseur pour l’échafaud » tourné en 1958 par Louis Malle. Ce film est pour moi le coup de pouce qui a permis à Jeanne Moreau d’exprimer son talent après des rôles plus théâtraux comme « Touchez pas au grisbi » de Jacques Becker (1954). Ce film de Louis Malle dont je trouve les films très inégaux (par exemple je déteste « Au revoir, les enfants ») signe ici un chef d’œuvre alors qu’il n’a que 25 ans, en nous apportant toute une série d’innovations techniques : 1) Une très belle introduction en plan serré sur le visage de Jeanne Moreau qui téléphone à son amant, Julien (Maurice Ronet) « Je n’en peux plus, je t’aime … alors il faut que tu le fasses » … voilà tout est annoncé. 2) Sa déambulation avec un visage sublimé par l’éclairage nocturne de Paris et le clignotement des néons, des jeux de reflets avec l’eau ou les vitrines des bars et cafés, et surtout les réflexions sur le drame en cours traduites par sa démarche, sa voix en interne avec des doutes « Julien avec cette petite ? Ce serait médiocre. Il n’a pas tiré, c’est un lâche » ou inversement « Julien je t’aurai cherché toute cette nuit. Je t’ai perdu dans cette nuit. Il faut que tu sois vivant ». Une femme à la fois froide dans sa détermination initiale et si attendrissante dans son errance nocturne. 3) Une utilisation de la structure de l’immeuble et des images obliques dans l’ascenseur pour encore mieux enfermer Julien dans son ascenseur … et sa future prison 4) Une superbe scène d’un interrogatoire par la police sur fond noir avec simplement les acteurs : Maurice Ronet et – je les avais oubliés – Lino Ventura et Charles Denner. 5) Un fin sublime où jean Moreau dit « 10 ans, 20 ans. Plus d’âge. Je vais dormir. Je me réveillerai seule. Je serai vieille … » mais à la vision des photos compromettantes en train d’être développées et qu’elle caresse de ses mains « Rien ne peut nous séparer ». 6) Enfin bien sûr, l’extraordinaire bande son de Miles Davies. Un film tout simple qui se déroule sur une journée de façon linéaire sans flash-back ni autre fioriture mais qui pour moi représente un tournant dans l’histoire du cinéma entre les grands classiques du cinéma français et les films de la « nouvelle vague ».
"Ascenseur pour l'échafaud" est le premier film de Louis Malle qui commence très bien sa carrière avec un très bon film qui possède un scénario solide, même s'il n'est pas parfait. Les 50 premières minutes sont un régal, très rythmées, mais malheureusement la demie-heure qui suit a une diminution considérable de rythme qui ennuie quelque peu le spectateur. La fin est haletante. La réalisation de Louis Malle est très bien réussie, avec de beaux plans, notamment ceux de l'ascenseur ou de Paris avec une Jeanne Moreau superbe dans les rues de la ville, sous la pluie. La photographie est d'ailleurs très réussi. Les acteurs sont très bons. A commencer par la superbe Jeanne Moreau qui donne le meilleur d'elle-même, Morice Ronet pas mal. L'autre couple constitué de Georges Poujouly et Yori Bertin est très bon. Les deux acteurs donnent une excellente prestation. Dans l'ensemble, le film est très bon mai, malheureusement, souffre d'un manque de rythme vers la 50ème minute. Un très bon film.