Sur le plan historique, "Nanouk l'Esquimau" est incontestablement un film important. En observant des esquimaux pendant des mois, Robert Flaherty a en effet signé le tout premier documentaire du septième art. Bien sûr on peut relever les quelques tricheries du cinéaste au cours de séquences clairement "mises en scènes". Mais ce serait chipoter sur l'inventivité éblouissante de Flaherty, soucieux de ne pas enfermer son film dans un genre étriqué. On peut donc à sa vision rester émerveillé devant une gentille famille sortant d'une barque minuscule ou encore de la construction astucieuse d'un igloo. D'autant plus lorsque l'on sait le destin funeste de Nanouk énoncé durant le générique (il mourra de faim deux ans plus tard), c'est surtout la peinture de ce peuple qui force l'admiration et suscite l'émotion. Malgré les conditions extrêmes de leur vie, on ne peut qu'être déconcertés à les voir affronter le quotidien en étant constamment calmes, souriants et apaisants.
"Nanouk" est un documentaire muet, en noir et blanc, presque centenaire. La neige, les corps dans la neige, la banquise qui glisse, tout cela est filmé avec une immense délicatesse. "Nanouk" est de ces films qui restent.
Le premier film documentaire de l'histoire, qui grâce à son titre nous permet d'appeler cette glace au chocolat sur bâtonnet, un "esquimau". Ce long-métrage raconte la vie de Nanouk et de sa famille. Tout commence sur la sortie du kayak de toute la famille, hilarante et inattendu. Ce sont d'ailleurs les deux adjectifs qui définirait le mieux ce film. Hilarant, avec des actions plus qu'inattendu. Nanouk l'Esquimau est un culte à voir absolument.
Un film qui a suscité beaucoup de polémiques ("est ce un documentaire bidonné ?") mais qui reste une indéniable réussite cinématographique. A ne pas rater.
Nanouk ou 'invention du documentaire. Au delà de la mise en scène en son temps révolutionnaire de Flaherty , Nanouk s'impose aujourd'hui comme une expérience profondément relaxante et immersive. Un document fort précieux donc , pour ceux qui souhaitent s'évader un instant.
Considéré comme le premier véritable documentaire de l'Histoire du cinéma, "Nanouk l'esquimau" mérite le détour pour cette raison, et aussi parce que c'est le premier film a montrer le vie des Inuits, avec le mérite de le faire avec un oeil ethnographique et non pas avec un exotique un brin condescendant. Enfin premier véritable documentaire c'est vite dit, le terme de premier véritable docu-fiction serait plus juste car plusieurs séquences sentent la reconstitution à plein nez à l'instar de la pêche au phoque où on sent que Nanouk est vraiment hilare dans ses gesticulations un trop forcées pour être crédibles. D'ailleurs, on peut se demander pourquoi Flaherty a passé plusieurs mois à se geler les miches si c'est pour reconstituer au lieu de filmer sur l'instant, enfin passons... Mais il y a une beauté visuelle dans ses paysages, une sincérité malgré le côté reconstitution par la fascination affectueuse que l'on sent venant du réalisateur quand il filme les esquimaux, et puis quand bien même que ce soit uniquement pour les besoins du film les gestes qu'accomplissent les habitants des contrées polaires sont d'un très grand intérêt. Ouais bon malgré quelques réserves, il est indispensable de visionner ce film.
Premier documentaire à connaitre un grand succès public, le film de Flaherty reste aujourd'hui intéressant à voir en raison de sa construction. Même si le réalisateur s'est sans doute un peu arrangé avec la réalité pour donner plus d'intérêt à son documentaire, la façon dont il construit son film, donnant à Nanouk une structure presque narrative, reste remarquable.Le cinéaste prouve sa maîtrise évidente du cinéma. Flaherty use notamment d'une même ficelle à plusieurs reprises où il présente un enjeu à résoudre (se protéger du froid, trouver de la nourriture) puis montre ses "personnages" régler la situation, n'hésitant pas à varier le ton (dramatique, comique et même un peu de suspense) en fonction de la séquence, maintenant de cette manière l'intérêt du spectateur durant 1h20. Sa capacité à rendre immédiatement sympathiques son héros et ses compagnons en témoigne également. Nanouk représente aussi un projet très ambitieux pour l'époque, le tournage dans des conditions climatiques extrêmes, et le choix de l'étaler sur plus d'une année pour capter sur plusieurs saisons la vie de ces habitants du grand Nord font de Nanouk un film hors norme en 1922.
Peu importe la controverse sur la mise en scène ou non des évênements de ce long métrage. «Nanouk l'Esquimau» mérite la plus grande attention de notre part tant il s'avère riche de qualités humaines et formelles : Robert Flaherty y livre un émouvant témoignage de la vie difficile d'une famille d'« Itivimuit » dans le Grand Nord canadien. Après avoir tourné d'autres films (dont 10000 mètres de pelliculle perdue!) sur les communautés d'Esquimaux qu'il a côtoyé, l'explorateur décida en effet de se concentrer sur un « héros », Nanouk, et sur sa famille pour en rapporter les conditions de vie. L'intelligence de son approche réside dans sa volonté de retranscrire et les joies et les peines des protagonistes le plus objectivement possible, même s'il était parfaitement conscient que la présence de la caméra influait forcément sur les sujets filmés. Flaherty nous montre alors les parties de chasses comme les moments de jeux, les combats entre chiens, la fabrication d'un igloo, le troc des peaux au comptoir comme des scènes plus intimistes de la famille au coucher. Les Esquimaux se révèlent vite attachants tant leur bonne humeur constante est communicative, malgré l'extrême rudesse de leur vie. Formidable aventure humaine, «Nanouk l'Esquimau» est un film passionnant bien qu'il soit muet, grâce à la beauté des images de Flaherty conjugant prises de vues magnifiques de la banquise et vie quotidienne (mais hors du commun) d'êtres humains courageux. Une indéniable réussite vu les conditions matérielles et de tournage de l'époque, et surtout l'un des premiers représentants du film documentaire. Indispensable! [3/4] http://artetpoiesis.blogspot.fr/
Ce documentaire-film est la prouesse d'un homme qui a su vivre plus d'un an dans l'hostilité du grand nord, porté par la fascination pour ce peuple, naïf, doux et volontaire. Le montage d'un tournage de plus d'un an dans des conditions dantesques est parfait, les protagonistes attachants, il ne se passe pas un jour sans inventivité, travail acharné et joies simple, pour la survie de sa famille. Tellement vrai, tellement innovateur, ce documentaire qui a à la première bouture brûlé à son retour aux US, montre la proximité et la connaissance de l'environnement du réalisateur, LE premier du genre, et le meilleur, lors de son second voyage au coeur de la glace. On n'en ressort plus le/la même...
Film fondateur du documentaire cinématographique. C’est donc une œuvre proprement historique, mais qui garde aussi tout son intérêt d’efficacité dramatique. On est pris par la mise en scène de la précarité de l’existence et par la lutte perpétuelle pour survivre de ces esquimaux qui savent se rendre attachants (les enfants y sont pour beaucoup). Les paysages sont aussi magnifiquement filmés et utilisés. Le film gagne à être vu accompagné d’un exposé didactique sur son élaboration : une occasion essentielle de comprendre la nature du genre documentaire.
Nanook of the North est son vrai titre. Ce premier documentaire, alliage d'une époque précursive dans le domaine visuel et d'un artiste répondant au doux nom de Flaherty. En effet, ce documentariste (1884-1951) a utilisé une progression narrative organisée en épisodes distincts, des gros plans magiques et d'autres procédés qui réveillent en nous cette histoire de nanook comme une éloge de la liberté, de l'aventure et du froid. C'est un documentaire révélateur. Au point de vue de la réalisation, c'est sans conteste un oeuvre majeure d'autant plus qu'elle est l'une des première si ce n'est la première dans un cinéma de documentaires-fictions.
Premier documentaire, pionnier du genre et chef d'oeuvre cinématographique, Nanouk l'esquimau fascine encore quelques quatre-vingts années plus tard. Robert Flaherty tente de magnifier la vie quotidienne, simple et répétitive des esquimaux de la région d'Ungawa. Evidemment, pour y parvenir, le réalisateur a dû probablement jouer avec la réalité ; il est probable que chaque scène soit en fait un montage de plusieurs tournages différents, afin d'obtenir des plans variés. Au final, l'oeuvre est un condensé d'images magnifiquement composées et irréelles, de scènes touchantes et d'une grande humanité. Le muet convient parfaitement à ces paysages désertés et aux quelques humains qui les peuples.
Fascinant documentaire de 1922 signé Robert Flaherty, ce précurseur du genre, qui nous montre le quotidien du peuple le plus défavorisé de cette planète, en l'occurence, les Esquimaux, où leur étonnante joie de vivre et leur sourire laisse pantois en vue de leur vie aussi primitive et donc dangereuse... Un profond témoignage humaniste où l'ambition du cinéaste va bien au-delà de la cinématographie...
Quand on connait les conditions de tournage de ce film,les motivations du réalisateur et sa façon de travailler;le nombre d'étoiles à accorder à ce film devient un problème dérisoire.Flaherty et son épouse sont uniques et le resteront compte tenu des moyens actuels de vie des esquimaux (scooters des neiges)et de l'arrivée du 21 ième siècle.Le film est merveilleux par son propos et en plus bien filmé. Malheureusement, au moment ou j'écris ces lignes ,la nouvelle guerre qui s'engage entre Tsahal et les palestiniens de Gaza fait que les mots me manquent tellement la différence entre les humains me parait gigantesque ...Flaherty nous apprend à aimer les habitants de notre Terre dans le plus grand respect de chacun.Par ailleurs,la joie de vivre de tous les personnages réels du film compte-tenu de leur condition de vie devrait, un fois pour toute, nous rendre sages.A voir,à revoir et à montrer.