La Communion
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In Ciné Veritas
In Ciné Veritas

108 abonnés 922 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 9 mars 2020
La communion est le troisième film de fiction réalisé par Jan Komasa mais son premier à être distribué en France. Ses deux aînés, La chambre des suicidés (2011) et Insurrection (2014), ont été très remarqués notamment en Pologne, pays du cinéaste. Le scénario du film est inspiré d’une histoire aussi vraie qu’étonnante : un jeune prisonnier se fait passer pour un prêtre. Le parcours tracé, les lieux visités et les personnages secondaires ont été repris en l’état par le scénariste Mateusz Pacewicz au fil d’une narration à la construction rigoureuse. Critique complète sur incineveritasblog.wordpress.com/2020/03/09/la-communion/
Ninideslaux
Ninideslaux

106 abonnés 285 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 juin 2020
Eh bien, les Polonais sont les rois du grand écran en ce moment. Jan Komasa n'a pas la carrière internationale d'Agniesza Holland, mais ce film complètement ancré dans son pays -il faut vivre dans un monde où la religion catholique est présente à chaque moment de la vie pour concevoir La Communion- va certainement lui donner la visibilité qu'il mérite!

Daniel (interprété par Bartosz Bielenia, jeune acteur charismatique avec son regard transparent, légèrement exorbité, vite inquiétant) est un peu plus qu'un petit délinquant. Il a même déjà un très lourd passé, avec la mort d'un jeune au cours d'une bagarre. Mais il sert la messe (quotidienne obligatoire), dans ce centre fermé où les garçons apprennent la menuiserie et il a la foi. Pour ses camarades, qui ne l'aiment guère, Daniel cherche surtout à se faire bien voir du tout puissant père Tomasz (Lukasz Simlat, encore un beau visage), pour obtenir un régime de semi-liberté. Car le frère du mort se retrouve aussi dans le centre, et il a bien l'intention de faire la peau de Daniel. Mais le spectateur, lui, qui a vu le jeune homme prier dans sa chambre, croit à la sincérité de cette foi. Sauf que dans cette âme troublée, elle se mélange à toutes sortes de pulsions, la sexualité bien sûr, le goût de la fête et de l'alcool, l'envie de liberté. Daniel est un creuset de désirs qui tirent en tous sens.

Bien sûr, s'il pouvait devenir prêtre, tout deviendrait simple (pense t-il). Mais avec son passé, aucun séminaire ne l'acceptera. Alors, au lieu de rejoindre la menuiserie où il est attendu pour sa semi-liberté, il fuit, rejoint l'église du village, se fait passer pour un jeune prêtre auprès du vieux curé, épuisé et miné par l'alcoolisme.... et voilà: Daniel se retrouve curé suppléant. Il joue le jeu! -mais est ce vraiment un jeu?

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Il est convainquant: il apprend dans les livres le déroulement des offices et les paroles liturgiques; mais en même temps, il parle avec ses mots à lui. Et cela passe plutôt bien: les villageois semblent apprécier cette parole non formatée.

Mais dans ce village, il y a eu un drame, matérialisé par un panneau montrant les photos de six ados rieurs. Un accident de voiture, épouvantable, sept morts, dont le fils de la sacristine qui ne cesse d'examiner Daniel, mi amicale, mi méfiante. Le septième? Le conducteur de l'autre voiture. Rejeté par tous, forcément coupable, forcément ivre (les jeunes l'étaient aussi, mais chut!). Personne ne parle à la veuve. Le curé a refusé qu'il soit enterré en terre chrétienne. Pourquoi Daniel se met il en tête de réconcilier les parents inconsolables avec leur passé -les entraînant dans des séances de thérapie libératoire sauvages-, d'obtenir enfin l'inhumation du septième homme dans le petit cimetière catholique? Pourquoi veut il jouer un rôle qui pourrait être, à la limite, celui du pasteur qu'il n'est pas? Est il à ce point entré dans son personnage? En même temps, il y a la chair, symbolisée par le fille de la sacristine, en révolte contre sa mère et la morale.

Bien sûr, la supercherie finira par se faire jour et Daniel sera renvoyé à sa condition.

On est empoignés par la force singulière et l'originalité de ce film, immersion dans une âme à la fois primaire et incroyablement complexe. A voir!
Nicolas E
Nicolas E

23 abonnés 32 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 16 mars 2020
Quelle claque !!!
Dernier film vu avant la fermeture de mon cinéma préféré Le Fontenelle à Marly-le-Roi.
Quel message extraordinaire sur la nature de l'homme à la fois noir et blanc !!!
Bravo à ce cinéma polonais qui mérite d'être connu
Dois-Je Le voir ?

411 abonnés 1 862 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 15 mars 2020
Ce drame est vraiment excellent. C’est peut-être LA bonne surprise de ces premiers mois de 2020. Comme quoi, il est important d’aller voir des films de tous horizons pour trouver la petite perle. Je l’ai trouvé très beau. Il y a beaucoup de passages poignants. Les thèmes abordés m’ont touché. On va aller sur le terrain du pardon, de la rédemption, ou encore du partage. Des notions humanistes que j’apprécie fortement. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elles sont merveilleusement bien traitées. Il n’y aura pas que le côté positif. Loin du monde des bisounours, on aura aussi affaire à une violence morale face à la douleur de certaines personnes. Cela va entrainer des phases de réflexion sur la vie. Cet exercice est prenant. On va être dans le spirituel plus que dans la théologie. Ce que j’ai aimé aussi est l’évolution du personnage. On l’accompagne dans sa prise de fonctions et son ouverture vers les autres. Cela fait d’une histoire qui a priorité peut-être banale, une aventure humaine passionnante à regarder. Je dois souligner un point fondamental. Toutes ces émotions n’auraient pas été possibles sans la prestation remarquable de Bartosz Bielenia. La jeune Eliza Rycembel l’accompagne parfaitement.
GB1935
GB1935

1 abonné 5 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 6 mars 2020
Un film incroyable par son scénario magistral et par l'intensité du jeu de l'acteur principal ! A voir absolument !
Topazine23
Topazine23

43 abonnés 93 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 8 mars 2020
D'une rare puissance, porté par un formidable acteur, ce récit original, tiré de faits réels, trouve une force peu commune dans sa Version Originale, c'est vous dire ! Pour moi, à ce jour, le meilleur film étranger 2020 : à voir absolument !!!
Bicheyrejp
Bicheyrejp

14 abonnés 178 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 4 juillet 2020
Ce film commence et termine dans la violence et entre les deux c’est l’état de grâce. Ce faux prêtre, beau comme un dieu, à l’éloquence remarquable bouscule l’édifice d’une religion si fortement implantée dans cette Pologne catholique. L’enfant de cœur que je fus, s’est reconnu dans ces moments de confrontation entre la crainte de Dieu et notre nature humaine parfois si surprenante. Les moments de confession sont particulièrement savoureux car le bon sens vient supplanter les règles liturgiques. Les prêches sont aussi savoureux de vérité humaine que cet entêtement des proches des victimes d’un accident à condamner un faux coupable afin de sauvegarder une morale communautaire. Nous ne sortons pas de cette projection indemnes !
Leandre H
Leandre H

10 abonnés 37 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 3 septembre 2021
« L’enfer, c’est les autres. » disait Sartre. Malgré l’affiche réjouissante, il n’est point de paradis dans ce film.
A mi chemin entre le thriller psychologique et le drame, ce film est une vraie claque visuelle et intellectuelle.
Il parcourt avec une grande finesse la complexité de la personnalité d’un jeune cherchant sa place dans un monde qui n’en veut pas, et dresse l’air de rien une réflexion ambitieuse sur la morale et le pardon dans une société conservatrice. Et c’est surprenant.

Daniel est en décalage par rapport aux autres jeunes : on ne sait pas vraiment ce qui le pousse à mettre sa foi en Dieu, et peu importe… mais voilà qu’il veut entrer au séminaire. Peut-être y cherche-t-il la rédemption. En tout cas personne d’autre ne lui offre de seconde chance. Au sein de cette rude détention du début du film, il trouve un sens dans l’irrationnel, et déjà cela l’humanise.

Cela ne l’empêche pas d’être violent, de fumer, d’aimer le sexe, etc : cette sorte de pulsion difficilement contrôlable est sous-jacente à tout le film, à contre-courant du rôle qu’il tentera d’incarner avec éclat.
Ce conflit interne inspire donc une retenue bienvenue à l’acteur, qui sait faire exploser tout un panel d’émotions aux moments opportuns.

La lumière est sublime, rythme son parcours tantôt d’un voile protecteur, tantot d’une force démasquant presque le héros.
La photographie est admirable; certains plans restent gravés dans mon esprit des mois après.
Et Bartosz Bielenia est superbe. Une véritable révélation.

Ce qui est intéressant, c’est que le film discute l’ordre de la morale : Daniel usurpe l’identité d’un prêtre, mais ses intentions ne sont pas mauvaises, etc. Le film nous invite à repenser l’impératif de la vertu à la lumière des histoire singulières de chacun.

A l’inverse, pour la paroisse conservatrice dont il prend la tête, la frontière entre Bien et Mal ne souffre d’aucun doute. Daniel prend alors des allures de prophète, invite chacun à l’humilité, à l’humanité. Son vécu en centre de détention l’inspire à proner le pardon, la compréhension, la nuance, dans une époque ou il est si facile de caricaturer les événements. Le film s’en veut le porte-parole, et c’est salvateur.

Il prend progressivement des airs de Christ moderne en venant bousculer les us de cette paroisse polonaise spoiler: et voulant rétablir une justice sacrifiée sur l’autel des bonnes moeurs, peut-être aussi pour expier ses fautes passées ici aussi
.
Les nombreux niveaux de lecture de ce film en font un témoin de notre époque audacieux et c’est un vrai plaisir de spectateur que de pouvoir l’interpréter.

spoiler: Comme le Christ, il va déplaire. Sauf qu’ici Dieu semble l’abandonner. Retour à la case départ. Amertume. S’il existe une rédemption, il ne faut pas la chercher chez les autres. Son visage sanguinolent, fuyant l’enfer de la prison, me regarde encore.
selenie

7 460 abonnés 6 692 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 6 mars 2020
Dès le début on s'interroge sur Daniel, car si il est volontaire et désireux d'entrer au séminaire il devrait être déjà en voie de rédemption, il devrait déjà avoir changé hors il n'hésite pas une seconde pour continuer certains méfaits plus ou moins graves, hors ou dans son centre de détention. Il est donc difficile de croire à sa réelle envie de devenir prêtre. On a bien du mal à comprendre les tenants et aboutissants autour de l'accident, un accident banal dont les conséquences sont un peu tirées par les cheveux et dont on a bien du mal à comprendre les rancoeurs. Tout repose donc essentiellement sur l'évolution de Daniel sur lequel on se pose continuellement des questions : Est-ce vraiment une vocation ?! Est-il sur le chemin de la rédemption ?! Croit-il vraimlent en Dieu ?! Un film intéressant à voir et à conseiller.
Site : Selenie
PLR
PLR

559 abonnés 1 785 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 7 mars 2020
Film polonais empreint de message religieux mais, pour autant, sans beaucoup de mysticisme. Ce n’est certainement pas pour un très large public. Un jeune délinquant libéré après sa peine et ne pouvant accéder à son projet de devenir séminariste (foi ? vocation ? révélation ? repentance ? on ne saura pas trop discerner) saisit un concours de circonstances pour se glisser dans les habits d’un prêtre et se faire passer par, au moins par mimétisme, pour le (jeune) Père qu’il n’est pas auprès des ouailles de ce village Polonais. Des paroissiens qui, à la suite d’un drame collectif, n’ont pas une attitude très… catholique. Le fil conducteur de ce récit nous amène à cerner peu à peu les contours de ce drame local, davantage que l’accompagnement par le vrai/faux homme d’église. C’est assez lent et terne, de quoi décrocher s’il n’y avait cette attente d’un dénouement pour garder l’attention. Assez livresque à vrai dire.
ffred

1 994 abonnés 4 290 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 20 février 2021
Raté en salles à sortie, je le regrette maintenant, sur grand écran l’expérience aurait été encore meilleure. Voilà sans doute le meilleur film de 2020. Une mise en scène splendide qui allie sobriété et virtuosité, c'est très rare. Le scénario est aussi bien écrit que profond et passionnant. Que dire de la photo absolument sublime. Tous les acteurs sont parfaits, du plus petit rôle au premier. Il est parfaitement interprété par Bartosz Bielenia, aussi juste que touchant, il tient tout le film sur ses épaules, il est de pratiquement toutes les scènes, assez hallucinant. Une belle découverte. Tout comme le jeune réalisateur Jan Komasa, promit à un bel avenir et en tout cas à suivre. Une chronique sociale (et religieuse) dans la Pologne d'aujourd'hui, fort et puissant. Une bonne claque pour un chef d’œuvre.
weihnachtsmann

1 622 abonnés 5 745 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 18 novembre 2020
Il y a eu "la prière" sur un thème similaire en France. La jeunesse en difficulté et la prêtrise.
Mais j'ai préféré ce deuxième opus. Prenant et dur car on sentait l'espoir de ce jeune qui croyait à ce qu'il faisait. Dans son discours il était même prêt à renoncer à l'amour mais son passé a resurgi pour son malheur.
Des scènes fortes mettent en valeur la formidable interprétation du jeune et sa conviction malgré sa faute.
Christoblog

922 abonnés 1 805 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 12 mars 2020
La communion offre pratiquement tout ce qu'on peut attendre du cinéma : une histoire intéressante, une interprétation inspirée y compris chez les seconds rôles, une mise en scène qui sert son sujet tout en étant inventive.

J'ai été littéralement bluffé par la qualité d'écriture du film : un scénario qui nous entraîne dans des méandres inattendus, un découpage très efficace, un rythme enlevé. Jan Komasa parvient à nous faire éprouver une gamme de sentiments très différents, qui va de la peur à la sidération, de l'amusement à l'émotion esthétique. Quand le cinéma parvient à un tel degré de maîtrise dans toutes ses composantes, il me procure une sorte de jouissance permanente.

Difficile de ne pas évoquer dans cette débauche de compliments le regard tour à tour dur, tendre et halluciné de Bartosz Bielena. A ce titre, la dernière scène du film constitue un climax impressionnant, qui s'impose déjà comme un des grands moments de l'année cinéma.

A ne rater sous aucun prétexte : le meilleur film de 2020 à ce jour.
Acidus

877 abonnés 3 958 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 juillet 2026
Très bonne surprise que cette "Communion" nous venant tout droit de Pologne, pays très catholique.
Inspiré de faits réels, ce long métrage nous raconte l'imposture d'un jeune qui devient prêtre d'un petit village. L'occasion de se racheter et d'aider une population endeuillée par un violent accident de voiture. Une belle histoire sur le pardon et la rédemption. L'acteur principal, Bartosz Bielenia, livre une prestation incroyable.
Une belle surprise.
Hotinhere

794 abonnés 5 495 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 décembre 2020
Un jeune délinquant de 20 ans devient le faux prête d'une communauté polonaise et découvre la foi.
Un thriller pastoral haletant, au scénario génial et à la mise en scène tendue, interprété par un comédien littéralement consumé par son rôle.
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