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Victor A.
89 abonnés
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4,0
Publiée le 11 octobre 2020
Objectivement maîtrisé au niveau visuel et plastique, ce n'est pas la seule qualité de La Communion. Porté par un acteur brillant, le film polonais aborde le sujet du pardon de manière brillante et remet en question la manière dont certains pratique leurs religions de façon peu investie et passive. Brillant, le cinéma polonais étonne d'année en année.
La puissance de Boże Ciało tient à l’entrelacs du mensonge et de la vérité, le premier apparaissant tel le moyen d’accéder à la seconde. Le réalisateur joue sur l’ambiguïté de l’entrée en religion de Daniel – est-ce par amour pour Eliza ? se fait-il prendre à son propre piège ? a-t-il des motivations plus profondes ? tout cela à la fois – et relate, par une pratique en dents de scie, les incertitudes, les balbutiements d’une clairvoyance qui refuse les rituels consacrés pour vivre et éprouver sa foi au jour le jour. L’idée selon laquelle chaque croyant est son propre prêtre, évoquée en introduction, se voit ainsi filée pendant près de deux heures, la petite communauté rectifiant progressivement son comportement plein de haine et de rejet pour accueillir l’autre et pardonner ; c’est dire que chacun de ses membres tend à devenir, à terme, l’acteur de sa propre intercession avec Dieu. La magnifique photographie du film, que signe Piotr Sobociński Jr., compose par son travail de la lumière et de la couleur tamisée autant de vitraux nouveaux, immortalisés par la fixité relative des plans. Nous regretterons alors que le long métrage finisse par ériger son personnage principal en avatar du Christ, ôtant son habit sous la croix et courant pourchassé sous une sirène menaçante. Qu’il soit le martyr de sa condition sociale et enchaîné à ses méfaits passés – qui n’ont du passé que la date, réactualisés à chaque rencontre avec un compagnon menuiser –, d’accord ; mais fallait-il pour autant appuyer à ce point une imagerie religieuse qui, insérée dans son récit-cadre, se suffisait à elle-même ? Jan Komasa semble lancé dans une quête de virtuosité technique et esthétique qui concurrence le parcours intérieur et collectif de Daniel ; son long métrage aurait gagné à délaisser l’orgueil inhérent à cette sophistication plastique pour placer sa foi en l’humain et en l’humain seul. D’autant que son acteur principal, Bartosz Bielenia, y est grandiose. Reste une œuvre intelligente et maîtrisée qui brosse le portrait complexe de la place qu’occupe le catholicisme dans la Pologne contemporaine.
L'acteur est formidable. Il y a une tension dans ce film, une intensité certaine, j'ai vraiment vécu ce film. Il est aussi le support d'une réflexion sur bon nombre de sujet.
On aurait tout aussi bien pu appeler ce film "rédemption".
Ce film est aussi le support à une réflexion sur bon nombre de choses, dont la religion qui ne sert, de mon point de vue, que d'accessoire à ce film mais un accessoire bien utilisé. Il n'empêche que ce film nous en présente différents aspects. Le prêtre bénéficie d'un respect quasi total de la part de tous les villageois, puisque l'action prend place dans un village reculé polonais. On se rassemble tous autour de l'église, de la religion, c'est quelque chose de fédérateur et personne n'y trouve quoi que ce soit à y redire. Il est impressionnant de voir que même dans la prison, tout le monde suit la messe. Bonne chose / mauvaise chose ? Là il vous faudra voir le film pour en décider vous même.
Pour en revenir au film, il y est approfondi un thème universel qui fait écho à beaucoup de situations que l'on connaît toutes et tous. Il nous pousse à une saine réflexion.
Je recommande ce film. Il faut juste bien tenir compte de l'existence de scène un peu crues. Je me pause toujours la question de savoir si il faut vraiment tout montrer au cinéma, en justifiant cela par le fait que cela sert le film, que cela illustre le propos. Je suis pourtant convaincu qu'en ne faisant qu'usage de la suggestion le propos n'en serait que mieux servi.
A vu hier mon dernier film avant le stade 3 et le confinement, "La communion" film polonais de Jan Komasa. Daniel est un jeune homme qui sort de prison après avoir été condamné pour homicide, il désire entrer au séminaire pour devenir prêtre mais on lui fait comprendre que son casier judiciaire est dissuasif. Il part donc travailler dans une scierie dans une petite ville. Un concours de circonstance va faire qu'il va revêtir le costume de prêtre et va chambouler la vie "paisible", basée sur l'hypocrisie, des habitants de ce bourg. Le scénario très original est basé sur une histoire vraie. Jan Komasa sait maitriser sa caméra et a un vrai talent pour raconter avec justesse et en prenant son temp cette histoire hors-norme. Le metteur a scène a su s'entourer d'un directeur de la photographie excellent et surtout d'un acteur hors pair. Bartosz Bielania est époustouflant dans le rôle de ce personnage qui navigue (au grès de la tempête qui s'agite sous son crâne) entre l'alcool, la drogue, la violence et la dévotion, la spiritualité, l'exaltation voir l'illumination. Un film passionnant sur un microcosme prolétaire où la religion est la seule borne d'ancrage de ces gens en perdition depuis qu'un accident de voiture a décimé 6 jeunes du bourg et à mis le feu aux relations sociales. Ce prêtre pour le moins original et qui a le talent de la verve et de la ferveur va révolutionner non sans heurts cette société malade. Le regard pénétrant et translucide de Bartosz Bielania est hypnotique. Dans la salle 15 spectateurs bien séparés les uns des autres selon les consignes reçues. Nous sommes sortis dans un silence presque religieux sans savoir que c'était notre dernière messe cinématographique avant longtemps... Il sera bien plus difficile pour moi, de ne pas pouvoir aller au cinéma que de rester chez moi en limitant les contacts avec les humains.
très beau film,, dont la quintessence tient aux thèmes abordés sur fond de catholicisme, un réalisateur performant et un acteur principal hypnotique. D'autant plus important qu'il est polonais et donc fondateur d'une religion qui doit se remettre en question sur notre vieux continent...
Porté par un acteur éblouissant de justesse, La Communion est un film magnifique où se mêlent les émotions. Dans une mise en scène impeccable, on avance tranquillement dans une intrigue qui au contraire est extrêmement grave. Un grand film qui mérite d'être vu.
C'est un excellent film, qui nous montre un jeune homme sortant d'une maison de redressement, qui souhaite entrer au séminaire mais il en est empêché par son casier judiciaire...Et qui se retrouve prêtre d'une paroisse d'un village par suite d'une imposture. Mais le tour de force du film c'est de montrer la complexité du personnage, qui dès qu'il "devient" prêtre, semble habité par sa foi. Et le spectateur finit par y croire....Tout en se demandant quand et comment il sera démasqué. Si je n'ai pas mis une demi étoile de plus, c'est juste que j'ai trouvé qu'il y a tout de même quelques longueurs. Mais vraiment, c'est une très heureuse découverte.
Film original du point de vue du scénario, avec une photographie plutôt réussie. Ca change de voir un film qui se passe en Pologne. Je regrette que la psychologie des personnages ne soient pas assez approfondie (le maire est une caricature). Certains acteurs ou figurants jouant les villageois ne m'ont pas semblé très crédibles. L'actrice qui joue le premier rôle a un très beau visage, plaisant à regarder. Bon film au final mais qui manquait un peu d'épaisseur.
Nommé aux oscars ce film polonais est saisissant, notamment grâce à sa photographie somptueuse et à l'interprétation de Bartosz Bielenia, qui oscille entre grâce et violence, en équilibre entre modernisme et conservatisme, peut-être à l'image de la société polonaise.
La communion est un film à voir et à traverser. C'est un film qui parle de la vie, du bien et du mal, des petits tiroirs dans laquelle la société nous coince. Il angoisse et ébloui par sa beauté. Ce n'est pas un film de divertissement, c'est un film d'art. Vous en ressortirez probablement vidé, mais c'est finalement à ça que sert le cinéma ; nous faire vivre totalement une autre histoire et toutes les émotions qu'elle implique, bonnes et mauvaises.
Film sur la religion, la rédemption, le pardon, la délinquance et sûrement la société polonaise que je crois assez pieuse. L'acteur principal est habité, superbe images et superbe photographie, on y aborde la religion et certaine de ses hypocrisies, la vision de la religion entre conservatisme et modernisme, entre ancienne génération et nouvelle génération.. Quelques passages un peu ennuyeux et certains acteurs moins crédibles.
film Polonais, vu en VO. Ce film dérange de part la fragilité des personnages, l'importance de l'église dans ce lieu "maudit" et la violence des personnages d'un centre disciplinaire dont est issu le personnage principal. Très décontenancent mais superbe.