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elloodd
5 critiques
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4,5
Publiée le 2 juillet 2021
Un décollage onirique en rempart à la mélancolie de la fin d'une histoire de vivre ensemble. De très beaux personnages individuels qui prennent leur sens dans le collectif de la cité. Une histoire poignante qui parle aussi de la considération envers les "banlieues"
Gagarine convoque tout à la fois le rêve et la réalité de la vie de cité. Le spectateur plonge dès le début à celle de Gagarine à Ivry-sur-Seine, vouée à disparaître. Youri, nommé en hommage au premier cosmonaute envoyé dans l'espace, présent lors de l'inauguration de l'immense structure de béton, se bat pour sauver ce qui peut encore l'être, un ascenseur, une lampe.
Sans aller plus loin dans la trame du film, Gagarine rend compte d'une double violence : celle, sociale, d'entasser des centaines, voire des milliers de personnes dans des appartements devenus parfois insalubres, où se nouent inévitablement des relations amicales et des réseaux de solidarité forts, et celle de les arracher du jour au lendemain à cette identité qui les marque au fer rouge jusqu'à la fin de leur vie. Youri marque ce refus et ce sentiment d'appartenance puissant, qui le pousse à rester jusqu'au bout dans cet immeuble défraîchi, en bout de course. Le parallèle dressé entre la destruction de l'immeuble et l'univers spatial témoigne de la poésie de ce film au scénario finalement très simple, mais très efficace.
La mise en scène est bonifiée par un duo pétillant empli de talent et d'insouciance, à savoir et Lyna Khoudri et Alséni Bathily, que l'on reverra sûrement, tout comme les deux réalisateurs. Certaines scènes sont d'une beauté frappante et font passer le message d'une jeunesse qui aspire à chasser sa bonne étoile, à regarder vers le haut. Le rôle joué par Finnegan Oldfield est tout aussi touchant sous ses faux airs de camé insensible et pourtant détruit par la fin de Gagarine.
Peut-être pas le film de l'année, ni de la décennie, mais une œuvre hautement recommandable, très contemplative et qui amène de manière légère quelques sujets de réflexion connus de tous : le mal-logement et l'insalubrité, la violence sociale.
Le film est jamais là où on l'attend. Il a pour décor la banlieue d'Ivry mais il traite de tout autre chose. Il incarne des personnages de banlieue mais ils sont tout autre chose. Cet objet est une chimère, une banlieue fantasmée...mais que c'est beau... Que c'est poétique. Il y a des longueurs bien sûr, mais on se plait à ne pas comprendre où la réalisatrice nous mène. Le scénar n'a rien de conventionnel et ça fait du bien. Mention spéciale au jeune qui joue Youri... On a une tendresse immédiate infinie dès qu'on pose le regard sur son personnage.
Fanny Liatard et Jérémy Trouilh transforment un décor social familier en territoire imaginaire, où la chronique réaliste se mêle à la science-fiction. Ce mélange des genres permet au film de s’élever au-delà du simple constat social pour proposer une véritable odyssée intime, portée par un imaginaire débordant.
Gagarine, malgré des images et une bo planante, le film peine à décoller. Contrairement à la terre, les protagonistes sont plats. On ne sait pas où veut aller le film et malheureusement ne nous embarque pas. Bref, chiant comme la pluie.
“Gagarine” n’est pas un film de banlieue traditionnel. Il se démarque par sa capacité à fusionner la réalité sociale de la banlieue avec une poésie visuelle étonnante. À travers le prisme de la métaphore et de l’imaginaire, le film parvient à toucher des thèmes profonds, comme la mémoire collective, la solidarité entre voisins et le sentiment d’appartenance à un lieu.
Personnellement, je n’ai pas totalement adhéré à l’ensemble du film. Certaines scènes m’ont semblé un peu trop tirées par les cheveux, voire trop métaphoriques, ce qui a rendu l’expérience moins accessible pour moi. Certes, ces choix faits par le scénariste et les réalisateurs sont assumés, et on peut y adhérer ou non, mais cela contribue à l’unicité de l’œuvre. 6/10