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Brol le chat
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3,0
Publiée le 30 août 2022
Pour un premier long, c'est une réussite, malgré un coup de mou quand Youri (Alséni Bathily, une révélation) se retrouve seul dans la cité, avec un jeune dealer, Dali (Finnegan Oldfield). Ce changement de cap passé, on entre alors dans la seconde partie du film, plus onirique, mais très belle, car les jeunes réalisateurs savent composer des plans de toute beauté d'une banlieue jamais glamour.
Un très joli film, qui fait réfléchir sur tout un tas de paradoxes sociétaux, et en même temps l'image est assez peu romancée. La bande-son est superbe.
Voilà le type film encensé partout par la critique (moins par le public) qui nous fait nous poser la question de savoir si on a vu le même film. Ou alors qui nous donne l’impression d’être passé à côté. « Gagarine » n’est pourtant pas mauvais, loin s’en faut, mais il contient beaucoup de maladresses, tout comme on peut lui octroyer bon nombre de gageures. Le genre d’œuvre très singulière qui pourra en toucher certains mais aussi en laisser d’autres sur le bas-côté. On ne peut cependant renier ses qualités certaines. C’est un premier film et on ne peut que louer l’originalité de son sujet, son audace même. Il propose de nous montrer la banlieue française sous un autre jour et ose un mélange incongru entre la chronique d’une cité en voie d’être détruite et le parcours d’un adolescent épris de l’espace et de l’histoire du cosmonaute Gagarine dont ladite cité porte le nom.
Au rayon des bons points, il y a la mise en scène très stylisée, en phase avec le sujet, qui s’avère d’une pertinence rare avec ce que nous propose le scénario. Une réalisation atmosphérique qui imprègne toute l’ambiance du film et nous réserve des plans majestueux et jamais ostentatoires. A ce titre, le final est d’une beauté rare, entre lyrisme et onirisme qui explosent dans un superbe bouquet final après que des graines visuelles du même acabit aient été semées précédemment tout le long du film. Pour un peu on se croirait, la musique aidant, dans un « Interstellar » fauché version terrestre et fauchée. « Gagarine » est vraiment beau à regarder et le mélange entre les codes de la banlieue, pour une fois montrée sous un jour bien plus doux qu’à l’accoutumée, et ceux de l’espace est un ravissement pour les yeux. Il y a des idées à chaque plan ou presque et la poésie dégagée par le film est indéniable. Oubliez « BAC Nord » ou encore « Les Misérables », cette fois la cité de la couronne parisienne est montrée sous un jour apaisé, presque comme une zone hors du temps. A ce titre, le constat social est éludé au profit du lyrique, ce qui rendrait presque le film naïf.
Mais il y a aussi beaucoup de moments en apesanteur qui tombent à plat, une narration un peu erratique qui manque de tenants et d’aboutissants clairs et une direction d’acteur défaillante à certains moments. Paradoxalement, on est parfois à la limite de s’ennuyer alors que l’instant d’après on est proche de l’émerveillement. Des approximations que le côté onirique voudrait faire oublier ou pardonner mais qui rendent « Gagarine » parfois bancal et inabouti. L’originalité est une qualité si elle est bien négociée et ici ce n’est malheureusement pas toujours le cas. Ce qui nous amène au constat que ce duo de réalisateurs en a sous le capot et mérite d’être suivi mais que les retours dithyrambiques des professionnels sont parfois discutables et incompréhensibles. Un joli film bourré d’idées sur la forme, au contenu improbable et surprenant, mais dont l’écriture, le rythme et le but sont quelque peu discutables et dont le charme ne fonctionne que par intermittences.
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Un conte de résistance urbaine à la fois vibrant, plein de charme et d’inventivité, et visuellement sublime, qui porte un regard différent sur les cités. 3,75
Fable moderne et visuelle onirique, poétique, touchante et créative qui porte un regard bouleversant sur la cité, sur ses habitants. Qualité d'écriture, de réalisation et de rythme hallucinante. Énorme final.
on est captivé par la simplicité des images qui sont en fait très sophistiqué quand on se penche bien sur les plans. le reve d'un enfant vs la vie , c'est un combat vu et revu mais ici l'univerz s'interpose comme un lien ou un projet de vie et de quartier, et on peut facilement se mettre à rever avec lui. Elle joue et donne envie de la voir plus a l'écran. un petit bijoux. alors si tu aimes bien les reconstitutions de l'espace et le l'ile de France, ce film est fait pour toi.
Gagarine, malgré des images et une bo planante, le film peine à décoller. Contrairement à la terre, les protagonistes sont plats. On ne sait pas où veut aller le film et malheureusement ne nous embarque pas. Bref, chiant comme la pluie.
Un film vraiment atypique. Gagarine est un film qui veut mettre de la magie dans un environnement social compliqué. Une cité et des vies promises à la destruction et une volonté de s’élever par rapport à ce qui parait déjà écrit. La musique discrète mais aérienne souligne le propos à merveille. Poétique et magique il peut passer pour utopique, mais il se dégage de ce film une simplicité et une sincérité qui font plaisir à voir.
Le premier long-métrage des jeunes réalisateurs Fanny Liatard et Jérémy Trouilh, sorti en 2020, alterne le bon et le moyen. En ancrant l’histoire à Ivry-sur-Seine dans la cité Gagarine destinée à être démolie, les auteurs du film apportent un regard innovant sur l’univers des banlieues où la violence habituelle laisse place à l’entraide et le respect entre les habitants. La très belle photographie apporte également un éclat rayonnant à ces barres d’immeubles pourtant austères. De ce point de vue, le récit reste une réussite. Là, où l’on peut éprouver quelques difficultés c’est le caractère fantasmé du scénario avec un délire onirique confus que les acteurs ne parviennent pas à transcender (exception faite de Lyna Khoudri). Les émotions demeurent convenues et sans relief. Bref, une œuvre originale mais dont la mise sur orbite est quelque peu laborieuse.
C’est un autre regard sur la banlieue que celui qu’on a l’habitude de voir que ‘Gagarine’ a à proposer,, un regard qui ne fait pas l’impasse sur les difficultés des cités françaises, la promiscuité et le dénuement qui y règnent mais préfère emprunter la voie d’une utopie qui célèbre le fragile vivre-ensemble qu’elles avaient pour objectif (théorique) de développer à l’origine et qu’elles parviennent encore parfois à incarner…et aussi le constat que ces lieux périphériques et plus ou moins ignorés par le pouvoir (à l’exception de sa branche policière) sont, pour leurs habitants, ce qui se rapproche le plus d’un foyer et de “racines”. Le film a été tourné dans la véritable cité Gagarine à Ivry-sur-Seine, avant sa destruction en 2019 qui constitue d’ailleurs l’objet central du film, et mélange acteurs confirmés et figurants locaux…mais il s’agit de son seul point d’ancrage avec la réalité car à ce niveau aussi, ‘Gagarine’ choisit la voie de la poésie et du réenchantement du quotidien pour asseoir son propos, avec ce jeune homme prénommé Youri, comme le cosmonaute qui inaugura l’endroit en 1963, qui se démène pour sauver sa cité de sa destruction programmée. Lorsqu’il se rend compte qu’il n’y parviendra pas, alors que les résidents déménagent les uns après les autres, il décide de rester caché sur place, son appartement devenant, métaphoriquement et au sens propre, la capsule de survie d’un cosmonaute à la dérive dans l’espace. Le jeu de miroirs entre la réalité de l’environnement et la vision fantasmée d’une mission spatiale est permanent et plutôt inspiré, tandis que les à-côtés (par exemple, la relation entre Youri et la jeune rom du campement voisin) s’insèrent harmonieusement dans la vision des réalisateurs. ‘Gagarine’, galop d’essai pour Fanny Liatard et Jérémy Trouiilh (qui devaient au départ réaliser un simple documentaire sur l’endroit) possède la spontanéité des premières fois sans trop souffrir de leurs maladresses et de leurs hésitations, et le plus beau compliment qu’on puisse lui faire, c’est qu’il y a du Michel Gondry - en bonne forme, en plus ! - dans la capacité de ces deux jeunes cinéastes à faire naître une certaine forme de magie au détour d’un bricolage inspiré.
Youri, 16 ans, passionné d'astronomie, est né et a grandi à Ivry dans la cité éponyme, vouée maintenant à la destruction pour insalubrité. Avec son amie, il tente désespérément de la sauver. Carte postale pittoresque certes mais mâtinée de facilités et de lieux communs.L' utopie s'oppose bravement aux solides réalités sociales: un sujet pertinent abîmé par un travail insuffisant sur l'épaisseur et le supplément d'âme.
Hormis l'introduction, (voir l'outro), ce film n'apporte rien à l'histoire de ce quartier disparu. Histoire bizarre, voir perchée, peu de plan sur les bâtiments de l'époque bâtis n'importe comment, c'est pourtant le titre. Concernant le petite romanichel, le réalisateur aurait pu recruté derrière la A.10 de Wissous, casting en or la bas, ça aurait fait plus réaliste. Mwouais, pas convaincu. ----Février 2022----
Comment parler de la banlieue et de sa misère sociale pour aller vers un film poétique ? Et bien les réalisateurs de Gagarine ont la réponse. Le film m’a vraiment séduit visuellement. L’architecture très graphique des bâtiments est habilement magnifiée par la mise en scène. Le résultat est un mélange doux et intelligent d’une réalité sociale âpre et d’un rêve poétique de l’espace faisant écho au nom de cette cité emprunté au célèbre astronaute.
Sans jamais tomber dans quelque cliché que ce soit, le film nous comte une histoire bercé d'illusion et de fantaisie, de fiction et de sentiments profond. Le thème de la banlieue est abordé de manière légère mais ce n'est pas l'intérêt principal de ce film. Personnages attachants, plans d'images souvent hypnotique de part ses cadrages et ses couleurs, on s'émerveille presque devant ce rêve éveillé que traverse un p'tit gars de 16ans rempli d'humanisme et d'idéaux. N'hésitez pas devant l'occasion de vous laisser porter part une tendre histoire mélancolique mais rempli d'espoir malgré tout. Un film à voir puis à gentiment méditer.