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Laurent C.
295 abonnés
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2,0
Publiée le 30 juin 2021
On aurait presque oublié que le célèbre nom d'une cité parisienne vouée à la destruction est celui d'un astronaute. Le pari de ce film éminemment original et inventif est de proposer un conte qui allie la question des banlieues à celle de l'onirisme. Pour une fois, les jeunes ne sont pas présentés dans les stigmates qu'on leur connaît et les réalisateurs donnent la part belle aux communautés Rom. Le jeune héros principal est un garçon un peu abandonné, formidablement intelligent, qui est déterminé à restaurer son HLM et lui éviter la disparition. Il engage un combat touchant qui emprunte à ses talents d'ingénieur en herbe, à ses capacités à la rêverie et à sa sensibilité. Le film parle d'amitié, d'amour, d'attachement au territoire.
Mais tout cela ne suffit pas. Le manque de moyens cinématographiques arrête un peu le projet des cinéastes. Deux CRS ne suffisent pas à faire croire à une révolte qui se prépare. Trois ouvriers qui sécurisent un chantier immense semblent bien ridicule. Même l'engin fantasmagorique que le héros s'invente paraît bien pauvre et désuet. Finalement, si les idées sont bonnes, on s'ennuie dans ce conte moderne qui ne convainc pas vraiment.
Une manière inventive de filmer une barre de banlieue vouée à la destruction, avec une indéniable poésie, sur fond de premier amour, d'ennui et de violence sociale et familiale.
C'est très arty, souvent des plans assez "publicitaires", cela manque parfois d'émotion dans le jeu. Et Finnegan Oldfield est quand même un peu décevant (toujours les mêmes dialogues?). Bien mais on s'ennuie un peu quand même.
Belle initiative du cinéma Français, Gagarine fait décoller le spectateur, au moins en partie . Le film est un beau film d'images, de sonorité. La cité est filmé dans un élan de vitalité , un soin apporté aux cadres, aux lumières. L'aspect realiste à un peu plus de mal à se mette en place, mais les 2 jeunes héros sont attachant. Le film n'est pas toujours passionnant mais toujours intéressant
Faux documentaire, vrai film onirique, Gagarine pose un problème au critique consciencieux et objectif que je suis.
D'un côté il faut reconnaître au film un élan vital exceptionnel, une sensibilité à fleur de peau qui fait parfois mouche, et enfin une façon de filmer la banlieue qu'on a rarement vu. Parmi les autres points forts du film, une idée de scénario géniale, très bien mise en scène : la reconstitution d'une cellule spatiale dans l'immeuble abandonné.
De l'autre, de nombreuses maladresses difficilement pardonnables. Un casting très approximatif : un Finnegan Oldfield encore plus mauvais que d'habitude (si c'est possible), une Lyna Khoudri transparente, un Alséni Bathiny un peu asthénique. Il y a aussi dans Gagarine des ruptures de ton qui tombent un peu à plat et une sorte d'emphase naïve (la fin !) qui posent problème.
Au final, je ne sais pas trop quoi penser de ce film sympathique mais imparfait. A vous de voir.
J'ai adoré, beau film (et documentaire). Belle Histoire, bon acteurs. Et je me suis rendu compte que, j'y avais passé une nuit,il y a longtemps. De plus, la séance à été la première sortie cinéma depuis 2 ans de confinement.
Film très bien interprété par des jeunes acteurs prometteurs mais on s'ennuie très vite. Je regrette le manque d'émotion, on ne s'attache pas aux personnes tellement le scénario manque de crédit.
Un petit bijou à voir absolument au cinéma. Une image fantastique, une BO sublime, un vrai poème. Merci pour le cinéma français qui retrouve un vent de fraicheur et de nouveauté !
Youri, 16 ans, a grandi à̀ Gagarine, cité de briques rouges d’Ivry-sur-Seine, où il rêve de devenir cosmonaute. Quand il apprend qu’elle est menacée de démolition, il décide de rentrer en résistance.
C’est le premier long-métrage de Fanny Liatard et Jérémy Trouilh. Il est le prolongement du court-métrage que les deux avaient fait ensemble en 2015. Le scénario a été écrit avec Benjamin Charbit (La Nuit venue). Le film a eu le Label "Les premiers films" au Festival de Cannes 2020.
Cette cité, construite en 63, était emblématique de la ceinture rouge communiste autour de Paris. Sa destruction en 2020 était donc un événement qui accouchait de ce très beau drame.
En faisant ce film, les réalisateurs ont donc rendu un superbe hommage aux habitants et à cette cité, qui a marqué tant de générations. Que ce soit par l'inauguration par la venue du cosmonaute soviétique Youri Gagarine, ou encore la destruction, les images d'archives vont apporter beaucoup d'émotion. Elles sont placées aux bons moments. Au-delà de Gagarine, on peut voir des clins d'œil à d'autres quartiers détruits comme La Coudraie à Poissy.
Mon ressenti s'est découpé en 3 axes au fur et à mesure de l'avancement. On commence par un panorama du quartier. A travers la quête de Youri pour sauver de la destruction, on a le droit à des histoires des habitants. Cela montre une image positive, comme une famille soudée. J'ai aimé l'énergie dépenser pour la résistance, une preuve d'amour.
Comme vous vous y attendez, ce combat était perdu d'avance, mais cela ne va pas faire baisser les bras de Youri. Il ne veut pas quitter son foyer. Tout le concept autour de sa volonté d'être cosmonaute va ressortir. Une phase un peu expérimentale où va s'enchainer jeu de cadrage et de lumière. Une atmosphère particulière se crée. J'ai trouvé que c'était une vraie curiosité.
Puis, de manière fluide et naturelle, on va conclure par des passages plus poétiques. Comme une finalisation de cette aventure, on va ressentir réellement ce qu'il y a dans la tête de Youri. Il se laisse porter par son rêve. Des musiques lunaires viennent donner une autre dimension à ces moments très beaux.
J'ai beaucoup aimé la construction des personnages. Tout d'abord Youri par sa ténacité. Il est le symbole de l'attachement à un quartier. Ce bâtiment fait partie de la famille, et le voir s'en aller en fumer n'est pas facile. Les autres jeunes vont avoir le même sentiment de fond mais vont pas l'aborder de la même manière. Houssam va être dans l'acceptation alors que Dali va être dans le rejet le plus total. Comme désespérer à l'idée de sortir de sa cité.
Le casting est génial. Un grand bravo à Alséni Bathily pour son premier rôle au cinéma. Il est brillamment accompagné de Lyna Khoudri. L'actrice Franco-Algérienne, César du Meilleur jeune espoir féminin en 2020 dans Papicha, impressionne par sa justesse. C'est aussi le cas de Finnegan Oldfield.
Film que j'ai là tout particulièrement apprécié et qui est hyper métaphorique sur cette cité d' Ivry qui fût rasé en 2019 . . Les jeunes acteurs sont tous mis en valeur !
Inaugurée en 1963, la cité Gagarine est comme toutes les cités au départ et il y fait bon vivre ; la suite on connaît. Et là, ce film m'a touché en plein cœur, me rappelant aussi des souvenirs d'enfance : montrer un autre regard sur la cité est un pari réussi, les jeunes comédiens sont époustouflants de naturel, une belle œuvre pleine de poésie et d'émotions
Étonnement, je n'ai pas accroché. Pourtant Gagarine n'est pas sans intérêt car il rend hommage à une véritable cité HLM délaissée et vouée à la destruction, qui se situait à Ivry-sur-Seine. Youri, un de ses jeunes habitants, fait acte de résistance et se donne pour mission de sauver ce lieu, tout de briques rouges vêtu. Ce premier film de Fanny Liatard et Jérémy Trouilh, prolongement d'un court-métrage de 2015, est assez inventif et poétique je le reconnais. Les déambulations de la caméra dans l'apesanteur de cette cité, la sincérité touchante du jeune héros ainsi que le détournement du cliché de ces quartiers fatalement plongés dans la violence et l'illégalité font de Gagarine un conte urbain différent et fantastique. La grammaire cinématographique, utilisant la géométrie du lieu pour servir l'onirisme, est sans doute la touche personnelle que j'ai le plus apprécié. Déjà, il faut savoir que j'y suis allé sans savoir de quoi ça parlait et j'ai eu du mal à rentrer dedans, ne voyant pas trop ce que ça voulait raconter, entre ces images d'archives et cette communauté menacée d'expulsion. Au début, on est en plein dans le "film de cité", tout va très vite, on la traverse seulement et on a pas le temps de sentir l'attachement des habitants pour ce lieu qui tombe en désuétude. Hormis le personnage principal, joué humblement par Alséni Bathily, je n'ai pas été touché par les personnages qui m'ennuyaient beaucoup. Même s'ils sortent des sentiers battus, je n'ai pas réussi à me connecter émotionnellement à eux et je pense que la direction d'acteur y est pour quelque chose. Ça m'a manqué d'impacts, de nuances, de liens. La quête du personnage, sauveur de ces ruines et de son refuge, est belle mais ne m'a pas profondément emballé car on le sent seul dans sa bulle et incompris. Alors certes, ça parle aussi d'abandon, d'isolement, d'affranchissement du réel pour laisser libre cours au rêve et là, au lieu d'y voir une métaphore que la majorité des spectateurs semble avoir compris, j'y ai vu un scénario confus, maladroit, jonglant entre une esthétique SF et un propos très ancré dans le présent, à la limite du documentaire. Alors c'est très joli, l'hommage est original et sans doute rempli d'espoir, mais je ne me suis pas senti en connivence avec cet imaginaire-là. S'ajoute à ça une histoire d'amour, mignonne oui, mais qui trouve difficilement sa place, tout comme le rôle de Lyna Khoudri, qui m'a plus énervé que séduit. Et Finnegan Oldfield, bien que super acteur, ne sert absolument à rien dans cet ensemble (si ce n'est tourner en rond !). Pour ma part, je suis resté très extérieur à cette histoire dont le coté spatial m'échappe encore...
Désolé mais je n'ai pas réussi à décoller avec ce Gagarine. Le film, certainement ambitieux, se révèle au final lent et un peu mièvre. Sans doute est-il difficile de réaliser un chef d'oeuvre en comptant avant tout sur de bons sentiments.
Ai vu le premier film de Fanny Liatard et Jérémy Trouilh "Gagarine". Pour qui est sensible à la mise en scène comme moi, ce film est un vrai petit bijou d'inventivité, de précision, de poésie... il y a une idée originale par plan, les spectateurs est émerveillé continuellement par l'ingéniosité du cadre, les mouvements de caméra, par la beauté de la lumière... et pour un film français c'est tellement rare ! Les deux réalisateurs n'en mettent jamais plein la vue tant leur budget est modeste et s'ils réussissent le parallèle entre la cité Gagarine d'Ivry sur Seine et la Station Spatiale Internationale pendant toute la durée du film sans que rien ne s'émousse c'est que comme Mélies, ils sont obligés d'inventer des trucages tout simples et d'une efficacité à toute épreuve. Youri est un adolescent, ( son prénom est un hommage à Gagarine le spationaute qui est venu inaugurer la cité qui porte son nom dans les années 60) délaissé par sa mère et qui vit seul dans un des appartements de la cité dont tous les locataires sont en voie de relogement puisque les barres d'HLM sont amenées à être détruites. Youri est un idéaliste, un bricoleur, un humaniste, un poète et pense que s'il répare les ascenseurs, l'électricité dans les couloirs, efface les tags... peut être que les politiques reviendront sur leur décision de destruction. Mais au fur et à mesure du déménagement des habitants et de ses amis Youri se retrouve envahi par la solitude dans cet espace vide qu'il sublime de plus en plus. Les réalisateurs filment les appartements entassés les uns sur les autres et sur des étages et des étages tout comme des modules spatiaux, la voies ferrées du RER comme la voie lactée, les lumières de la ville comme le système solaire, les grues comme des fusées... A travers leurs regards la banlieue est une fantasmagorie pour le plus grand bonheur du spectateur qui écarquille les yeux devant tant de beauté. Les trois acteurs sont incroyables de poésie avec une mention spéciale à Alséni Bathily dont c'est le premier film et qui est de tous les plans. Malgré quelques longueurs et quelques plans redondants ce film est absolument réjouissant et nous offre un vrai voyage dans l'espace aux portes de Paris.