Le cinéma russe n’a pas spécialement la côte par chez nous : pour un ‘Daylight’ qui s’était imposé voici quinze ans comme une brillante proposition fantastique à même d’offrir un dérivatif à la lassitude provoquée par des grosses productions américaines de plus en plus interchangeables, on réceptionne surtout aujourd’hui des drames austères, parfois remarquables, mais qui correspondent difficilement à ce qu’on peut considérer comme une “chouette soirée cinéma relax”...et quand on creuse un peu plus loin, on tombe surtout sur de la SF poussive et kitsch ou du film patriotique à cheval dans la steppe. Du coup, ‘Why don’t you just die’ a tous les atouts d’une heureuse anomalie : son réalisateur est en délicatesse, non avec le Pouvoir comme Zviaguintsev mais avec la norme culturelle tant il embrasse avec ferveur ce qui est certainement perçu là-bas comme une forme de décadence occidentale. S’il dénonce la faillite et la corruption endémique de la société russe, c’est avant tout pour s’amuser avec de gros flingues, des gerbes de sang artificiel et de l’ultra-violence décomplexée. Respectant une unité de lieu totale (un appart), le scénario repose en toute simplicité sur cinq ou six personnages qui cherchent à tuer tous les autres, et discutent entre les bastos pour savoir qui a entubé qui au commencement. Oui, oui, comme dans ‘Resevoir dogs’. D’ailleurs, il n’est pas difficile de piger que Kuznetsov est un fan absolu de Tarantino, l’approche méta et la cinéphilie obsessionnelle en moins, auquel il adjoint une...euh...disons une sensibilité culturelle bien à lui. Si ‘Why don’t you just die’ semble chercher en permanence les meilleurs moyens de révulser le spectateur et de repousser les limites de ce que celui-ci serat prêt à accepter à l’écran, sa violence se montre à ce point démonstrative qu’elle vire parfois sans s’en rendre compte (?) au cartoon imprégné d’une étrange humour déviant et implicite (du genre, “c’est rigolo parce qu’il a un trou dans la tête”!).
Une bonne dose d'humour noir et de gore pour ce film résolument à l'opposé des blockbusters américains. La réalisation est inégale, mais certaines scènes d'action sont d'une rare nervosité. Un vrai régal.
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5,0
Publiée le 11 avril 2020
L'anti-héros du film est Matvei qui arrive dans un appartement familial de Moscou armé d'un marteau et d'une intention meurtrière. Sa cible est le détective voyou Andrei, le père de sa petite amie Olya. Mais le meurtrier chevronné Andrei peut sentir le danger à un kilomètre. On se croirait dans un Looney Tunes avec des couleurs vives de dessins animés. Sokolov est un cinéaste habile et un talent à surveiller. Tout comme Marius Waisberg (russe aussi) réalisateur du génial Hitler est kaput !. Je viens de lire les autres critiques qui osent comparer ce film a du Tarentino. Cela n’a rien à voir avec du Tarentino (je dis ça pour ceux qui n'aime pas Tarentino comme moi), car c'est cent fois supérieur...
A défaut d'être malin (le déroulement se devine assez vite) le film est malicieux, malmène gaiement ses personnages, détourne des thèmes de Morricone, des plans de Léone, bref, le film s'amuse tout en soignant son écriture, certes simple mais efficace, et sa réalisation. Déjanté entre Tarantino et Guy Ritchie.
Alors c'est pas mal, avec un bon tempo, un très bon jeu d'acteur, une mise en scène originale et une bande son géniale, mais j'avoue... faut aimer l’hémoglobine et supporter un peu de torture... sinon le scénariospoiler: basé sur le machiavélisme et l'avarice est sans être aussi tordu et surprenant que dans un bon "fight club", plutôt bien ficelé. A voir en famille... surtout avec le beau fils... nan je plaisante! :D
C'est du bon cinéma, un peu inattendu venant de Russie (peut-être à tort, faute de voir des films russes en quantité suffisante!). C'est sanglant, c'est drôle, c'est immoral, c'est fort bien joué, c'est outrancier et tout cela fait du bien. J'ai passé un excellent moment!
Juste énorme je me suis pris une claque ! Un film qui à des grandes influences Tarantino mais également Edgar Wright et Sam Raimi. Malgré ses influences le film possède sa propre identité, les scènes s'enchaînent vite, les dialogues très bons, la violence jouissive. Un huit clos somptueux et marquant, une pépite russe qui aurait du sortir au cinéma et mérite une sortie physique.
Je vais être honnête, j'étais pas loin d'éteindre la télé au bout de 20 min... Et j'aurai fais une erreur. Le film est un ovni, il faut aimer les 8 clos. D'inspiration western sans le désert, et avec beaucoup de ketchup. Réalisation sublime, brutal, nerveux. L'intrigue n'est qu'un décor, il sert de base pour déployer le talent des acteurs, juste incroyable. J'aurais pas misé un kopeck sur un film russe. L'art de ce film, c'est de faire passer du tragique en banal, presque comme histoire d'enfant (bien sanglante quand même).
Complètement surpris par ce film russe. J’ai passé un excellent moment. Humour noir, ambiance, jeu d’acteurs, style Tarentino, j’ai trouvé ce film excellent, captivant, original, qui sort vraiment de l’ordinaire.