En dépit d'une dénonciation sensée de la télé réalité, visionnaire pour l'époque et qui trouve un écho dans notre société actuelle et malgré une interprétation magistrale, un long-métrage assez difficile d'accès à cause d'une ambiance extrêmement feutrée, peu dérangeante et d'un rythme excessivement mou. Romy Schneider, que je découvre là, est fantastique face à des acteurs du standing d'Harvey Keitel ou Harry Dean Stanton. Intellectuellement puissant mais émotionnellement assez pauvre.
Bertrand Tavernier, en visionnaire, pose en 1980 les bases même de la télé-réalité des années 2000 entre voyeurisme décomplexé et audiences comme saint graal. L'idée, notamment pour l'époque, est fort réjouissante et le réalisateur apporte une touche qui lui est propre et qui confère au métrage une ambiance toute particulière. Pour autant, cela n'empêche pas l'ensemble d'être particulièrement long et lent et l'ennui de s'installer durablement. Heureusement, le casting est là pour relancer l'intérêt avec un bon Harvey Keitel et surtout une étonnante Romy Schneider, au naturel et toujours aussi superbe, rien que sa présence vaut le coup d'oeil. On regrettera seulement que Tavernier n'ait pas plus poussé son acerbe critique des médias et surtout une durée mal dosée. Une bobine assez unique au final qui mérite d'être vue au moins une fois.
Certainement pas un film "prémonitoire", (la tv réalité qui a fait pire !") comme beaucoup le prétendent, mais davantage une réflexion sur la mort, la mort inéluctable, celle de chacun de nous et notre regard sur celle des autres. Le scénario (fantastique) étouffe cette réflexion. C'est du "Tavernier", toujours à parfaire...
Ce que j'ai apprécié dans ce film plutôt lyrique, c'est le scénario, ou plutôt le traitement des thèmes abordés. En premier lieu, comment et pourquoi filmer la mort ? De façon plus large, pourquoi assister à la mort de quelqu'un, pourquoi assister quelqu'un ? Qu'est-ce que cela implique pour chacun ? Si c'est un sujet banal bien que fort, la façon dont il est décliné le rend intéressant : tout part des émotions des personnages, et de quelques unes de leurs paroles. En plus de ça, il y a le questionnement sur les rapport de la télévision à la réalité, qui me semble être un poil précurseur, à l'époque où la télé-réalité pointait tout juste le bout de son nez. Ce thème implique aussi de parler des limites entre le public et le privé : comment vit-on l'omniprésence de la caméra ? Des paparazzis ? Au-delà, qu'est-ce qui concerne nos proches, ou même les inconnus, et qu'est-ce qui concerne uniquement nous ? Comment vit-on d'être la victime/le sujet, le bourreau/le maître d'oeuvre, ou même les spectateur/voyeur ? En voilà des questions intéressantes, et terriblement d'actualité, à l'ère des réseaux sociaux.
Le cadre du film, un monde futuriste somme toute pas bien différent du nôtre, m'a intrigué. Si cet univers reste assez vague, c'est parce que ce n'est pas le sujet. Il m'a semblé que ce monde était là avant tout pour justifier l'émission "La Mort en direct", et donc tous les thèmes abordés. Situer l'action dans un endroit peu différent du quotidien du spectateur est un point de vue plutôt réaliste, et un choix qui a pour conséquence de rapprocher le film du réel et donc du spectateur, car par réflexe, on met moins à distance ce que l'on voit, ça peut sembler moins hypothétique (que si ce monde avait été très différent de celui du spectateur de 1980).
En revanche, le cheminement narratif m'a paru un peu longuet : on donne dans l'action, puis dans l'émotion, on esquisse une remarque psychologique, j'ai envie de la voir être approfondie, mais non, on est déjà sur autre chose. L'esthétique et certains aspects de la réalisation ne m'ont pas particulièrement émoustillé.
La mort en direct nous parle d'un sujet assez délicat; regardez ce film à notre époque, époque ou la télé réalité est omniprésente dans notre quotidien, c'est assez bizarre, mais certe très interessant. Le film est au début extremement long, il faut du temps pour se mettre dedans, mais une fois qu'on est au vif du sujet, on est pris dans le tourbillon infernal et vicieux du film. La performande de Romy Schneider et Harvey Keitel est remarquable, on s'attache aux personnages. C'est une belle lecon, c'est assez dur de savoir quoi tirer de ce film. Tout en étant dérangeant, ce film pousse à la reflexion sur un sujet assez délicat.
Adapté d'un roman (The Continuous Katherine Mortenhoe, or The Unsleeping Eye) de David Compton ce film d'anticipation est un film visionnaire sur les dérives des médias et de ce qui deviendra plus tard la télé-réalité. Réalisé par un français et scénarisé par David Rayfield connu notamment pour "Les trois jours du Condor" (1975) de Sydney Pollack. Ce film visionnaire et avant-gardiste arrive donc bien avant les "The Truman Show" (1998), "Live" (2008), "Running Man" (1988) et surtout "Le Prix du danger" (1983) de Yves Boisset. Dans un futur extrêment proche, peut-être contemporain même, une femme condamnée va être le sujet d'une émission de téléréalité filmée à son insu par l'homme qu'elle pense être un ami, ce dernier ayant une caméra implantée dans son cerveau... Tavernier a su imposé ses choix et notamment la présence de Harvey Keitel alors peu connu. Le réalisateur impose également son style très réaliste, ajouté aux paysages désolés de l'Ecosse, qui contraste avec cette évolution médiatique, déviante et prophétique. Une tragédie dont le voyeurisme écoeurant est d'une absolue clairvoyance. Les enjeux moraux sont transcendés, aujourd'hui peut-être encore plus, par ce constat que cette dérive est et sera sans doute bientôt un fait avéré. Bémol pour la musique pas toujours des plus appropriée. Il est dommage par contre qu'il y ait un manque de rythme qui donne l'impression que le film dure 30 mn de plus.
Film émouvant, halletant, palpitant, d'une douceur infinie, avec des prises de vues magnifique. Il n'a pas pris une ride et s'inscrit parfaitement dans notre monde très contemporain. Un grand moment de cinéma.
Un film fort et troublant, tant il dénonce le voyeurisme tout en jouant avec celui du spectateur le spectateur. Sans doute totalement visionnaire à sa sortie, il n'en reste pas moins d'actualité aujourd'hui. Une des belles idées du film qui le rend intemporel est d'avoir choisi de tourner dans un décors éloigné de tout gadget technologique qui paraîtrait maintenant daté. Magnifiquement filmé en Ecosse, interprété avec une incroyable sensibilité par Romy Schneider, et avec une inédite sobriété et une grande délicatesse par Harvey Keitel.
Seule incursion de Bertrand Tavernier dans le genre de la science-fiction, "La Mort en direct" s'attaque directement au voyeurisme malsain de l'être humain et du besoin qu'il a d'observer les drames des autres (plus c'est dramatique, mieux c'est) ce qui fait du film une critique de la télé-réalité alors qu'elle en était seulement à ses débuts. Moderne d'une certaine façon mais renvoyant à nos sentiments et instincts les plus primaux et profonds, le film bénéficie d'un propos fort jamais desservi par l'histoire à la fois touchante et effrayante de cette femme qui se meurt et d'un homme avec une caméra implantée directement dans les yeux suit tout au long de ses derniers jours. Et dans le rôle de cette femme seule, fragile mais courageuse, Romy Schneider est bouleversante face à un Harvey Keitel tout aussi excellent dont les émotions se dévoilent peu à peu. Le décor terne de l’Écosse choisi par Tavernier correspond parfaitement à l'ambiance du film qui tombe même dans une certaine mélancolie lorsqu'apparaît le personnage de Max Von Sydow. Sublime.
Un film visionnaire tendant à critiquer les médias et plus précisément la télé-réalité. Si l'histoire est travaillé et les acteurs au top, je trouve que pour un sujet aussi sérieux et aussi grave, l'absence d'émotion se fait trop ressentir. Dommage puisque cela aurait énormément apporté à "La mort en direct". Un bon film néanmoins.
Probablement l'un des films attaquant aussi directement et avec le plus de justesse le monde de la télé-réalité. Harvey Keitel y interprète un employé de la télévision, se faisant greffer une caméra dans l’œil qui suit nuit et jour une grave malade (Romy Schneider) pour pouvoir filmer sa mort en direct, a la TV. Une histoire incroyable, qui part vraiment très loin, mais n'est que trop réaliste par rapport au monde des médias ! Le scenario et absolument brillant, tout comme la mise en scène, "La Mort En Direct" est un excellent film, absolument marquant.
Tavernier soigne une nouvelle fois son film. Œuvre visionnaire, acteurs charismatiques, musique prenante, tout semble nous plonger dans son film mais un manque de rythme et de travail de fond perturbe le spectateur.
Une oeuvre étonnante de la part de Bertrand Tavernier.Avant-gardiste,car la télé-réalité n'est apparue que 20 ans après le tournage.Mais Tavernier avait déja saisi toute la richesse d'une réflexion sur le pouvoir cathodique,de la recherche de la plus pure vérité par le biais d'une caméra."La mort en direct" n'élude aucune bassesse commise par les grands networks,avides d'audiences,d'expériences uniques qui clouent le spectateur devant son écran.Le scénario joue à fond sur la duperie,avec une femme mourante choisie comme cobaye,pour filmer sa maladie et sa fin de vie,qui bien trop tard,apprendra qu'elle était en fait en parfaite santé.Manipulation des émotions par la manipulation des images.Romy Schneider,peut-être en-dessous de son niveau habituel,réserve quelques grands moments d'interprétations.Harvey Keitel est parfait en employé de NTV,à qui on a implanté une caméra dans l'oeil,qui finit par éprouver de la compassion pour cette femme,et de la colère contre cette intrusion dans une vie privée.Avec Max Von Sydow et Harry Dean Stanton en plus,la direction d'acteurs est irréprochable.Comme toujours avec Tavernier,le bât blesse au niveau de l'émotivité,difficilement captable et d'une mise en place laborieuse de l'histoire.Ce film de proche anticipation reste étonnamment d'actualité,et d'une rigueur louable.