Madison se met à avoir des visions dans lesquelles elle assiste à d’horribles meurtres commis par une entité vicieuse. Elle découvre alors qu’un lien existe peut-être entre elle et le meurtrier.
Rien de nouveau sous le soleil dans cette intrigue me direz-vous, et pourtant. James Wan, réalisateur et producteur que l’on ne présente plus au risque d'être impoli, arrive à nous surprendre et nous amener dans un voyage somme toute assez singulier.
Il faut certes déposer un bout d’hémisphère cérébral au vestiaire lorsqu’on est confronté à des dialogues dignes du feuilleton télévisé bas de gamme ou à un personnage féminin obnubilé par le seul désir de grossesse. La crédibilité émotionnelles des différents protagonistes est nulle et la relation entre deux sœurs d’un cul-cul astronomique. Mais, passé ces défauts, « Malignant » en jette pas mal.
Le réalisateur australien est en forme et s’éclate, on le sent. Il nous offre son dynamisme habituel tant au niveau sonore que visuel. Le personnage du brouillard est au rendez-vous, l’ambiance d’une Amérique victime de ses démons du 19ème siècle aussi. Les scènes d’horreur, très esthétiques, sont des exercices de style aux mille références (« Evil Dead », Cronenberg, Hitchcock, et j’en passe). Comme toujours, James Wan reste poli et nous averti lorsque ça va faire peur, mais les « jump scares » restent efficaces. Au-delà de tout ces standards vus et revus mais menés d’une main sûre, une petite touche d’originalité émerge par un antagoniste bien dégeu et jamais croisé par le passé. On applaudit enfin les scènes gores qui sont jouissives, déposées au bon moment, après de belles montées en tension.
Au final, ce « Malignant » est une belle réussite et porte une jolie réflexion de fond, transfigurée de la manière la plus brutale qui soit, comme on l’aime, mais universelle: il existe en nous une part étrangère, pulsionnelle, violente et assoiffée de destruction qui sommeille. Peut-être l’existence n’est-elle qu’un effort quotidien à la dompter, ce que la psychanalyse nomme « mécanismes de défense ». Et puis il y a la réflexion sur la maladie mentale, « cancer » impalpable.
Ce qui est certain c’est que la seule chose que Narcisse ne perçoit pas lorsqu’il s’admire dans les reflets de l’eau,
c’est l’arrière de sa tête..