Bien qu’ayant déjà réalisé une petite dizaine de longs métrages, bien qu’ayant remporté l’Ours d’argent de la meilleure réalisation lors du Festival de Berlin en 2019 pour "J’étais à la maison, mais …", bien qu’étant considérée comme étant une figure importante du renouveau du cinéma allemand, la réalisatrice allemande Angela Schanelec a atteint les 60 ans sans jouir chez nous d’une grande renommée. Il faut dire que son cinéma n’est pas d’un accès particulièrement facile et de nombreux spectateurs de "Music" seront sûrement surpris d’apprendre que ce film a obtenu l’ours d’argent du scénario lors du tout récent Festival de Berlin 2023, persuadés en toute bonne fois que ce qui manque à ce film, c’est peut-être, justement, un scénario. Et pourtant … Si vous commencez à ne plus trouver votre compte dans le cinéma qui nous est proposé de nos jours, si vous avez tendance à le trouver trop souvent formaté, "Music", indéniablement, est fait pour vous. Attention, toutefois : pour l'apprécier pleinement, il est bon de vous laisser aller et d'accepter au fur et à mesure tout ce qui différencie le cinéma d'Angela Schanelec de celui de la plupart de ses collègues. En plus, quel plaisir rare de voir en 2023 un film où, à aucun moment, on a à subir la vision de gens qui se trémoussent dans une boite de nuit ! critique complète sur https://www.critique-film.fr/critique-music/
Un film qui s'apparente plus à la musique qu'au cinéma. C'est-à-dire qu'il faut accepter de ne pas comprendre pour se laisser aller à ressentir. Et alors, on est vite embarqué par ce récit purement artistique, presque sans mot. Il faut juste passer les premiers moments où on a une impression de déroute. Magnifiques images en plans fixes qui prennent leur temps et deviennent très expressifs, voire émouvants. Une bande-son exceptionnelle : vents, pas, conversations de loin, chants, silence... Un film rare et étonnant.
Un drame sensoriel et elliptique, presque sans dialogues, avec en plus une action qui se déroule souvent hors-champ. Du coup on comprend (ni ressent) pas grand chose même avec le résumé.
J’ai l’habitude de critiquer un film en commençant par en résumer en quelques lignes l’intrigue. Je romprai aujourd’hui avec ce rituel pour des raisons dont je dois m’expliquer.
"Music" est en effet un film hors normes.
C’est d’abord un film hors normes par la forme. Il est constitué d’une succession de plans quasi-immobiles et quasi-muets : les mouvements de caméra y sont aussi rares que les paroles échangées. Il s’agit souvent de scènes extérieures cadrées en plans très larges – où les personnages sont comme perdus au milieu d’une nature immense et vierge – ou en plans très serrés. Ces plans durent chacun une trentaine de secondes, donnant au film un rythme très lent, presqu’hypnotique.
Cette forme influence le fond. Même s’ils respectent scrupuleusement la chronologie, ces plans successifs racontent une histoire façon puzzle dont on ne comprend d’abord pas grand chose. Le film s’ouvre sur une montagne noyée dans la brume. On voit ensuite un nouveau-né aux pieds enflés que des ambulanciers retrouvent dans une bergerie et confient à une famille d’adoption. Plan suivant : une voiture conduit une bande de jeunes au bord d’une plage déserte où ils se baignent. Un des garçons, prénommé Jon, au physique d’empereur romain (Aliocha Schneider, le frère cadet de Nils), présente des blessures purulentes aux deux pieds qu’il bande soigneusement. Puis une dispute l’oppose à un autre membre du groupe qui a tenté de l’embrasser. Jon le repousse violemment ; le garçon tombe et se tue. En prison, une surveillante, Iro (Agathe Bonitzer), tombe amoureuse de Jon et l’épousera à la fin de sa peine avant de lui faire un (ou deux ?) enfants. Mais Iro connaît bientôt une fin tragique.
Des films incompréhensibles, j’en ai vu treize à la douzaine. Et mes lecteurs fidèles m’ont suffisamment entendu pester contre leur manque de lisibilité pour savoir que je ne les porte pas en haute estime. Mais ici, très étrangement, l’incompréhension devient un atout. On ne comprend pas grand-chose à Music (à commencer jusqu’au dernier quart du film par son titre)… mais on en comprend suffisamment pour avoir envie d’en comprendre davantage. Devant chaque plan, aussi catatonique soit-il – jusqu’au tout dernier dont je garderai un souvenir transporté – on cherche un détail qui pourrait nous éclairer sur le sens de l’intrigue… et souvent on le trouve.
À la sortie de la séance, on se regarde encore interloqué entre spectateurs (on n’était pas très nombreux hier soir à 22h au Saint-André des Arts) et on partage nos interrogations et nos vaines tentatives de réponse. Il faut être un brillant helléniste – comme ma voisine – pour savoir qu’Oedipe signifie « celui qui a les pieds enflés » et donc pour reconnaître Jon en lui. On sait qu’il a tué son père, épousé sa mère et qu’il s’est crevé les yeux en apprenant son infamie. Et on essaie avec ces éléments épars de reconstituer le puzzle d’un film qu’on serait presque sur le point d’aller revoir une seconde fois, tant il a suscité en nous de questions sans réponse, pour en comprendre le sens et se laisser une fois encore happer par l’ensorcelante séduction.
Beaucoup de plans fixes de 3 à 5mn où il se passe rien. Pas d'action dans ces plans , des paysages , des objets, le ciel . Pas vraiment de scénario, quelques personnages sans dialogue . Absolument soporifique , peu d'intérêt.
Je n’ai pas réussi à rentrer dans ce film pierreux et froid, hermétique et cadenassé, qualifié de « relecture sensorielle du mythe d’Œdipe. » Mais je l’ai tout de même regardé jusqu’au bout, certaines scènes ayant intrigué – souvent en vain – ma curiosité. Prix du scénario (?) à Berlin. Trop intellectuel pour moi.
Totalement abscons ! N'est pas Angelopoulos qui veut. Un plan fixe sur un personnage qui s'assoit dans un poste de police pose une serviette ....et en ressort 4 minutes après,sans qu'aucune parole,aucune émotion ne soit exprimée. Des scènes dont on se demande ce qu'elle viennent faire là ( l'accident, l'homme mort ) . Impossible d'avoir la moindre empathie pour quelque personnage que ce soit tant ils sont inexpressifs , amorphes. Je ne me suis jamais autant barbé au ciné depuis au moins 20 ans; pourtant j'en vois des films ( 50 à 100 par an !) . Même le titre est une escroquerie : le peu de musique de ce film dans sa dernière partie est mal mise en valeur et ne procure aucune émotion ; un comble !!!! 2 heures pou ça ! A fuir !
nous sommes sorti de la salle au bout de trente minutes .Caméra qui reste bloqué sur un nuage 3 minutes. Très très peu de dialogue en 30 minutes. Nous n'avons rien compris au peu que nous avons vu
Je sors du célèbre Saint André des Arts, Paris 6, où j'ai vu un film allemand ultraradical "Music" (2023) de Angela Schanelec, très librement adapté du mythe d'Oedipe, avec Aliocha Schneider et Agathe Bonitzer. Trouvé à sa naissance de parents inconnus, Jon à vingt ans est incarcéré après avoir tué son vrai père et tombe amoureux de Iro, une gardienne de prison, sans savoir qu'elle est sa mère biologique, avec laquelle il aura un enfant. Jon est un musicien à la voix de haute-contre et enregistre des performances. Mais il perd progressivement la vue... Ce film est très difficile à comprendre car la mise en scène est d'une telle rigueur, austérité, avec peut-être vingt lignes de dialogues pour une durée totale de presque deux heures. Toutefois il a reçu l'Ours d'Argent du Meilleur Scénario à La Berlinale. Si vous aimez le cinéma de Béla Tarr ou du couple Jean-Marie Straub et Danièle Huillet, vous apprécierez sans aucun doute ce long-métrage. Pour les autres, si vous êtes curieux ou voulez voir un film à la structure narrative complexe, n'hésitez pas.