Diffusé sur Arte puis au cinéma, “A l’abordage” est une comédie d’été qui fait du bien au moral. Un soir à Paris, un garçon rencontre une fille. Mais celle-ci part le lendemain en vacances à l'autre bout de la France. Follement amoureux, le jeune homme embarque son meilleur ami pour une odyssée sur la route pour rejoindre sa promise sans qu’elle ne soit au courant. “A l’abordage” aborde les thématiques populaires du camping, des activités plein air et de l’amour pour un conte contemporain qu’il rappelle ceux de Rohmer dans les années 90. Guillaume Brac adapte ce badinage à notre époque, avec son vocabulaire, son humour et sa jeunesse d’aujourd’hui. Et qui d’autres que les élèves du Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique pour la représenter cette jeunesse ? Les jeunes comédiens apportent un vent de fraîcheur vivifiant à l’histoire. C’est doux, c’est tendre, c’est naïf, et pourtant c’est plein de vérité sur les inégalités sociales. Une œuvre généreuse et ensoleillée. D'autres critiques sur notre page Facebook : Cinéphiles 44 et notre site cinephiles44.com
Très bon et très beau film, à mon avis. J'ai beaucoup hésité à le regarder, mais je suis ravie de l'avoir fait. Plein de finesse et de complexité, il fait réfléchir en toute tranquillité, pourtant je ne m'y suis jamais ennuyée et n'ai pas pu en décoller mon attention. Je ne lui en demandais pas autant, au départ. Voilà un film à budget raisonnable qui a su éviter les pièges des navets. si vous n'attendez pas de ce film qu'il soit toujours dans l'action et émotion forte type américanade, ou dans les stars et la "franchouillarde rigolardise" un peu con (même si les deux peuvent aussi nous faire passer un bon moment), je vous le conseille. Il est bien pensé. Bien filmé, même les acteurs m'ont plu. Il y a juste l'affiche, qui me paraît trop cliquante pour un film de cette qualité: elle fait peur.
À vrai dire, je ne m'attendais à rien. Au mieux, un petit film sympa ; au pire… Passons. Eh bien, j'avais TOUT FAUX. "Petit film", certes (cela dit sans le moindre sens péjoratif), mais formidable. Un charme fou. J'ai depuis longtemps renoncé à voir des films avec des stars (françaises ou étrangères). Je ne supporte de moins en moins les acteurs et actrices connu(e)s qu'on voit partout et tout le temps. Pour cette raison, je ne vais voir que des "films d'auteur" étrangers : Iran, Japon, Corée, Argentine, Brésil, Norvège, Afrique, Maghreb, Turquie… tous les pays me vont. Je boude les films français. C'est mal, je sais. Je ne les boude pas tous non plus. Mais, c'est vrai, rien ne me plaît tant que de ne connaître aucun comédien, d'être immergé dans une langue que je ne comprends pas, dans des contrées inconnues, avec une musique jamais entendue : dépaysement garanti. 1 fiction + 1 voyage pour le prix d'un ticket. Si en plus le film est bon, c'est le bonheur. Mais ça ne marche pas à chaque fois ; la pioche n'est pas forcément satisfaisante à tous les coups. Parfois, je me plante. Mais une chose est sûre : plus le pays est éloigné et le dépaysement marqué, plus mon seuil d'exigence baisse. Autrement dit, le film aura beau être médiocre, j'y trouverai mon compte. Tout cela pour dire que j'ai ressenti avec À L'ABORDAGE le même sentiment que je ressens quand je vois ces films d'auteur étrangers : j'ai été emmené ailleurs. Ce ne sont évidemment pas vraiment les paysages qui m'ont fait voyager (bien qu'ils soient magnifiques) mais les comédiens, et cette petite magie qui circule entre les personnages, due à la baguette de l'enchanteur- réalisateur. Bravo à lui ! Oui, les acteurs et les actrices sont vraiment excellents. Forcément, une mention spéciales aux deux "principaux", Eric Nantchouang et Sélif Cissé, drôles et émouvants, et, surtout, d'une justesse rare. Mais je ne veux pas oublier les autres : l'ensemble de la distribution est d'un niveau de jeu très élevé (certaines "stars " qu'on se coltine à longueur d'années devraient retourner prendre des cours). En somme, cette petite histoire de rien du tout – un garçon tombe amoureux d'une fille –, est dotée d'un charme qui nous ensorcelle, et l'on se prend à vibrer avec les personnages, et l'on se surprend d'avoir (presque) les larmes aux yeux quand l'émotion nous gagne. Humour-émotion, ce cocktail si convoité mais si difficile à atteindre est ici atteint, finement et pudiquement. On n'est pas dans l'artillerie lourde. Ce film est un hymne à la vie, à l'amour, aux rencontres fortuites, à l'audace, aux dés qu'on jette, et à cet incompréhensible mais merveilleux labyrinthe qu'est le monde. Non, je ne m'attendais à rien en allant voir ce film en ce dimanche matin 9h00, et certainement pas à en sortir bouleversé.
Un joli "petit" film, confondant de naturel, qui dit bien plus qu'on ne pourrait croire à première vue et qui révèle un jeune acteur prometteur, Edouard Sulpice. À conseiller à tous, surtout si on veut se remonter le moral !
Remarquable d'authenticité, de fraîcheur, de spontanéité! 3 jeunes "galériens de l'amour" qui passent l'été au gré de leurs insouciances. Les scènes sympa se succèdent : rencontre avec un déprimé qui pense à l'apocalypse, bagarre en canyoning, chauffeur "chaton" en blablacar, le bébé fait du rap, karaoké sur Aline,... Rafraichissant!
Un film de vacances qui se laisse regarder avec des acteurs sympathiques, des situations vraisemblables et des dialogues qui semblent spontanés. Un moment simple à passer comme une semaine de vacances en camping.
Un soir d’été, sur les quais de Seine, Félix rencontre Alma. Ils dansent ensemble et passent la nuit enlacés dans un parc avant le réveil brutal d’Alma qui, le jour même, doit rejoindre sa famille dans la Drôme. Fou amoureux, Félix décide de la rejoindre sur le champ. Il embarque dans son voyage Chérif, son meilleur ami. Le duo sans le sou décide d’utiliser BlaBlaCar pour atteindre sa destination. Mais le courant passe mal avec leur chauffeur, Edouard. C’est le début pour les trois garçons d’une semaine pleine de surprises.
Guillaume Brac s’est fait connaître par plusieurs moyens ou longs métrages ("Un monde sans femmes", "Tonnerre", "Contes de juillet", "L’Île au trésor") qui ont fait souffler un vent d’air frais dans le cinéma français au point d’en faire, avec Sébastien Betbeder, Antonin Peretjatko, Justine Triet et Thomas Salvador, l’un des réalisateurs emblématiques de la Nouvelle Nouvelle Vague française.
Il poursuit sa collaboration avec le Conservatoire national supérieur d’art dramatique de Paris et ses jeunes apprentis comédiens qu’il fait tourner dans un environnement qui rappelle celui de "L’Île au trésor" : une base de loisirs, en plein été. On a quitté la banlieue parisienne pour la Drôme. Le soleil y brille peut-être plus fort mais les corps en maillot de bain y circulent avec la même nonchalance.
Guillaume Brac y filme avec la même fluidité que Rohmer le ballet amoureux d’une demie douzaine de jeunes adultes, les emballements des uns, les hésitations des autres. Les dialogues frisent l’insignifiance, mais sont le paravent pudique de sentiments indicibles. Comme chez Rohmer, le film illustre une « morale » – même s’il ne boucle pas tous les arcs narratifs qu’il a ouverts : trouveront l’amour ceux qui ne le cherchaient pas et ne le trouveront pas nécessairement ceux qui le cherchaient à tout prix.
Les deux rôles principaux, ceux de Félix et de Chérif, sont tenus par deux jeunes acteurs d’origine camerounaise et sénégalaise. Ce n’est pas monnaie courante dans un cinéma accusé, à tort ou à raison, de reproduire des modèles dominants. Certaines critiques parlent d’un film sur les rapports de classes et de races et le réalisateur lui-même revendique étonnamment cette dimension-là. Je n’y ai rien vu de tel. Aucune référence au racisme ou à l’anti-racisme, à l’intégration républicaine ou à la différenciation identitaire dans le scénario. C’est au contraire l’invisibilité de ces peaux noires, jamais appréhendées comme telles, qui m’a frappé et séduit.
Film parfait pour s'évader dans la Drôme au milieu de ce mois d'août frisquet et pluvieux en ile de France. Et ce que cela fait du bien de voir à l'écran d'autres personnages que des CSP++ parisiennes 'blanches" d'un certain âge ou des marginaux .Beaucoup de bienveillance, de gentillesse mais on rit aussi...C'est un bien joli petit film sans prétention, bien construit et qui fait du bien. Les 3 personnages principaux et acteurs sont attachants et nature. Un moment sympa. Ca fait du bien après Annette et Titane. Cela donne envie de partir à l'aventure et presque au camping.
Magnifique image d'une société que G. Brac sait décrire. C'est un film que selon moi c'est la continuité de Comté de Juillet et l'île aux trésor... on attends la suite. Allez le voir absolument.
Il y a un sacré regard sur le monde et sur l'être, et puis il a des révélations telles Édouard Sulpice. C'est pas si simplement fait, car le cadre se pose et c'est effectivement à l'intérieur que tout se passe mais le cadre est réellement bien posé. Alors certes, il n'y a pas plus d'événements qu'au coin de notre rue ou dans le quartier plus largement, mais il y a un récit de vacances, qu'on apprécie, ou non, découvrir.
Cette comédie, coécrite et élégamment mise en scène par Guillaume Brac, nous offre de sympathiques rencontres, bon nombre de scènes charmantes, de jolies surprises, et des dialogues honnêtes et hauts en couleurs, emplis de spontanéité. Sur de jolis décors naturels, Guillaume Brac nous offre une belle image de vérité sur la jeunesse, une réflexion utile sur son état d'esprit et son relationnel. Le casting nous offre également une bonne surprise avec de jeunes acteurs méconnus mais efficaces et un joli rôle pour Salif Cissé, l'empathique personnage de Chérif.
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1,5
Publiée le 7 août 2021
Du Guillaume Brac dans le style et dans le texte... Pour son retour à la fiction, après avoir réalisé un documentaire, le réalisateur revient dans un style qu'il affectionne et maitrise, et qui n'est pas ma tasse de thé par la même occasion. Je n'ai rien contre les histoires sans enjeux et les petits instants de vie du quotidien, mais je n'ai pas du tout accroché à l'histoire. "Tonnerre" avec Vincent Macaigne ne m'avait pas plus emballé même si c'était bien réalisé, et c'est encore le cas avec ce film que j'ai eu cependant plus de mal à finir. Le scénario est sans surprise, les personnages ne sont pas spécialement attachants... Bref, je me suis ennuyé devant ce film finalement sans grand intérêt.
Un garçon rencontre une fille. Félix décide de rejoindre Alma à l'autre bout de la France par surprise. Il embarque son ami Chérif. Et comme ils n'ont pas de voiture, ils font le voyage avec Edouard.
C’est une réalisation de Guillaume Brac dont le dernier long-métrage Tonnerre (2014) c'était fait remarquer par la critique. Il a écrit le scénario avec Catherine Paillé (Shéhérazade). Le film a été dans la Sélection Panorama à la Berlinale 2020.
Cette comédie sort au cinéma après avoir été diffusé sur Arte en Juin. J'ai eu un véritable coup de cœur pour elle.
J'aime tellement ce genre de film rempli de légèreté. Quand vous êtes posé devant, tout s'envole et vous profitez tout simplement. Pour autant, on n'est pas dans la catégorie stupide où le cerveau se désactive. Certes, cela ne va pas être de la philosophie niveau bac+7, mais à aucun moment on ne va tomber dans un contenu abrutissant. C'est la joie de vivre qui domine et donne ce sentiment si particulier.
Partant à l'aventure, on est rapidement pris par Félix et Chérif. Il ne faut pas oublier leur camarade de covoiturage Edouard. Ce dernier arrive comme un cheveu sur la soupe, et c'est ce qui fait tout son charme. Il est à l'opposé des deux autres, et ce mélange est génial tant il va proposer des échanges insolites.
Pourtant, le côté humain va l'emporter et on va voir une belle amitié improbable prendre forme lentement. Le récit est tout en spontanéité, comme si on partait avec des potes. J'adore cette impression libératrice et j'ai aussi beaucoup rigolé. Malgré les aléas amoureux de Félix, on ne va pas rentrer dans de la gravité. C'est vrai qu'il y aura des passages plus profonds mais toujours dans l'objectif du rayon de soleil. Quand leur carapace tombe ils sont même touchants.
J'ai été conquis par les acteurs qui pour la plus part vivait leur première expérience au cinéma. Le duo Éric Nantchouang et Salif Cissé est vraiment à l'aise. Cela rajoute le naturel necessaire. Édouard Sulpice, qu'on a déjà vu cette année dans Des hommes, brille en vivant son personnage. Les charmantes Asma Messaoudene et Ana Blagojevič apportent la belle dose de romantisme à ce film.