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Edward aux mains d'argent
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Criticman17
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4,0
Publiée le 29 octobre 2025
Edward aux mains d'argent est un film surprenant déroutant. Johnny Deep incarne parfaitement son rôle et la réalisation de Tim Burton est excellente. On est pris par cette tendresse et par l'amour que le film transmet. On suit cette histoire comme une fable et on se délecte de ce personnage étrange mais tellement créatif et unique. Un classique à voir absolument.
Qui est le film ? Sorti en 1990, Edward aux mains d’argent marque une étape décisive dans la filmographie de Tim Burton. Après les succès de Beetlejuice et Batman, il signe ici une œuvre plus personnelle, presque autobiographique dans son rapport à la différence et à la marginalité. Le film raconte l’histoire d’Edward, créature inachevée. Reclus dans son manoir gothique, Edward est découvert par une vendeuse de cosmétiques qui le ramène dans sa banlieue pastel. Ce point de départ, d’apparence naïve, cache toute la richesse du cinéma de Tim Burton.
Que cherche-t-il à dire ? Edward aux mains d’argent reconduit sous une forme de conte gothique la vieille question romantique : que devient l’altérité quand elle entre dans un monde de normes et de consommation ? Tim Burton transforme la fable (créature créée par un inventeur, imparfaite et naïve) en une expérience visuelle et morale : le film ne se contente pas de pleurer la différence, il montre comment la société la manufacture, la médique et la rejette. Les ciseaux d’Edward sont à la fois outil de création et instrument d’exclusion.
Par quels moyens ? Burton choisit la structure du récit enchâssé, une vieille femme raconte à sa petite-fille l’histoire d’Edward. Ce dispositif place le spectateur dans une position double : témoin d’une légende et d’une mémoire. Le conte, chez Burton, n’est pas un refuge mais un miroir : il invite à relire la cruauté sous une forme poétique, à mêler merveilleux et banalité.
Tout le film repose sur une tension spatiale : la verticalité du manoir noir, siège de la création et du secret, contre l’horizontalité pastel de la banlieue, symbole de conformité. La mise en scène rend cette opposition visible à chaque plan. Les escaliers et les brumes d’un côté, les pelouses et les pavillons symétriques de l’autre.
Les ciseaux d’Edward condensent la logique du film : instruments de beauté et de blessure. Burton y projette une vision ambivalente de la technique, à la fois émancipatrice et mutilante. Edward est un créateur que sa différence condamne à l’exil.
L’interprétation de Depp repose sur le silence et la retenue. Par ses gestes maladroits, ses yeux hésitants, il incarne la fragilité d’un être en décalage. Burton filme cette pudeur avec tendresse, transformant la pantomime en véritable grammaire émotionnelle.
Les couleurs pastel de la banlieue s’opposent aux noirs et blancs tranchés du manoir. Cette confrontation chromatique est au cœur du dispositif critique : le faux éclat d’un monde lisse face à la beauté rugueuse de l’inachevé. Burton emprunte au cinéma expressionniste son usage du clair-obscur pour faire de la lumière un jugement moral.
La partition de Danny Elfman sculpte l’émotion plus que les images elles-mêmes. Ses motifs aériens accompagnent les moments de grâce (la danse sous la neige, les sculptures végétales) tout en les teintant d’une mélancolie persistante. La musique relie les espaces, elle traduit ce que le film tait - l’impossibilité de l’harmonie.
La communauté suburbine incarne le cycle classique de la fascination puis du rejet. Edward est d’abord adopté comme curiosité, puis banni comme menace. Burton dénonce ainsi la logique utilitaire du regard contemporain : l’altérité ne vaut que tant qu’elle est profitable. Dès qu’elle devient indomptable, elle est expulsée.
La relation avec Kim cristallise le thème central : l’amour est possible en douceur mais détruit par l’inadéquation des mondes. Kim voit Edward ; elle reconnaît de la bonté. Mais la société ne permet pas que cet amour se banalise. Le romantisme burtonien n’est pas la célébration d’un amour triomphant mais la reconnaissance d’une impossibilité douce-amère : l’émotion se conserve dans le regret, le geste manqué, la nevrose du souvenir.
Où me situer ? J’y vois le film le plus limpide de Burton, celui où sa singularité esthétique épouse enfin une émotion authentique. J’admire la cohérence de son dispositif visuel, la précision de sa mise en scène et la délicatesse de son ton.
Quelle lecture en tirer ? Edward ne cherche pas à devenir humain : il l’est déjà, trop humain peut-être, au point de révéler notre propre inhumanité. C’est ce paradoxe qui donne au film sa force intemporelle. Burton ne raconte pas l’histoire d’un monstre, mais celle d’un monde qui a peur de la douceur. Et si la neige tombe encore à la fin, c’est peut-être pour nous rappeler que certains gestes continuent d’inventer la lumière dans la nuit.
Une merveille de poésie et d’inventivité signée Tim Burton qui offre une fable sur la différence et l’innocence pleine de charme malgré une certaine simplicité du récit, sorte de relecture de la Belle et la Bête. Tout repose ici sur le travail de Johnny Deep, remarquable dans la peau de cet être aux mains de ciseaux, capable avec son visage de faire transparaitre tant d’émotion en dépit de tout son maquillage. Egratignant au passage la petite bourgeoisie américaine « Edward aux mains d’argent » est une œuvre sensible et émouvante.
J'ai adoré ce film. Tout d'abord, il nous apprend que l'action permanente n'est pas indispensable pour apprécier un film. Rien n'est en plus, il y a simplement le nécessaire pour faire passer un message, délivrer une histoire. On savoure la lenteur du film et on s'attache rapidement au personnage d'Edward. On ressent l'injustice qu'il vit, on est témoin de sa naïveté et de son innocence. Le jeu de Johnny Depp et de Winona Rider est émouvant. Les décors et l'esthétique du personnage principal prouvent bien qu'il s'agit de Tim Burton à la réalisation dans cet univers à la fois poétique et étrange. Je recommande ce film touchant qui vous fera passer un merveilleux moment.
LE film qui m’accompagnera toute ma vie, de ma jeunesse à mon dernier souffle. LE conte de fée ultime, autant par son histoire que par son esthétisme. Aucun doute Tim Burton est un génie.
Je le note seulement maintenant alors que je l'ai vu 3 fois. Sans doute le meilleur film de Tim Burton. C'est classe, révolutionnaire. Un Johnny Depp juste incroyable et exceptionnel. Une histoire qui restera à tout jamais dans nos mémoires.
Un conte fantastique original avec une ambiance sombre et mélancolique. Johnny Depp livre une performance émouvante, et le style visuel de Tim Burton est très réussi. Touchant et poétique.
« Edward aux mains d’argent » est incontestablement l’un des films emblématiques de la période la plus créative de Tim Burton qui après vingt ans au sommet de son art a lentement commencé à décliner comme si avec la fin de sa collaboration avec Johnny Depp (7 films en commun), l’inspiration s’était soudainement envolée. En 1990, le jeune réalisateur est en ébullition après avoir réactivé la franchise Batman et ainsi amorcé un nouvel âge d’or pour les adaptations de comic books. Personne n’a oublié la performance de Jack Nicholson en Joker dansant sur l’électrique « Batdance » de Prince. L’idée d’"Edward aux mains d’argent" prend ses origines dans un dessin réalisé par Tim Burton alors qu’il était adolescent et que son caractère rêveur et timide ajouté à son physique longiligne atypique le condamnaient aux moqueries et à l’isolement. Alors en préproduction de « Beetlejuice », il fait appel à Caroline Thompson, une jeune écrivaine dont il a apprécié le premier roman, pour commencer à travailler sur le scénario. Le projet tout d’abord mené par la Warner Bros est finalement vendu à la 20th Century Fox. Tim Burton travaille d’arrache-pied pour trouver l’acteur capable d’incarner Edward selon l’idée très précise qu’il s’en fait. La Fox pousse fortement pour que Tom Cruise tienne le rôle. Burton accepte de rencontrer l’acteur vedette du Studio mais l’alchimie n’est pas au rendez-vous. Après avoir envisagé Tom Hanks, Jim Carey, William Hurt, Gary Oldman ou Robert Downey Jr., le choix de Burton se porte sur Johnny Depp dont le regard un peu lunaire et romantique colle parfaitement à la personnalité d’Edward, spoiler: jeune homme crée de toute pièce par un inventeur de génie (Vincent Price) mort avant d’avoir pu achever son œuvre et ainsi abandonné avec des lames acérées à la place des mains. Edward vit reclus dans un château situé en bordure d’une cité pavillonnaire emblématique de l’« american way of life » des années 1950 avec ses rangées de pavillons colorés aux pelouses fraîchement tondues. Une vendeuse de produits de beauté (Diane West) un peu à la dérive faute de clients va aller tenter sa chance dans le château et trouvant Edward le ramener avec elle à la civilisation consumériste. Tim Burton qui a beaucoup emprunté à Douglas Sirk pour sa palette de couleurs acidulées va puiser son inspiration dans sa cinéphilie fantastique où les personnages d’exclus ne manquent pas de « Notre Dame de Paris » (Wallace Worsley, 1923), à « King Kong » ( Merian C. Cooper et Ernest B. Schoedsack, 1933) en passant par « Le fantôme de l’Opéra » (Rupert Julian, 1925) ou encore « Frankenstein » (James Whale,1931). Des films de chevet ayant nourri son imaginaire qu’il défait de leur côté sombre pour se rapprocher davantage de l’esprit de Walt Disney pour lequel il a travaillé comme graphiste durant quelques années. On pense bien sûr à « Pinocchio ». Tout à son affaire, Burton varie les effets s’amusant à montrer comment l’image d’Edward au sein de la population locale varie une fois l’effet de surprise passé, selon l’utilité que chacun peut trouver à sa présence dans la cité pavillonnaire mais aussi selon le degré d’autonomie que le gentil « phénomène » consent à ne pas dépasser. Ainsispoiler: son amour partagé avec une jeune fille de bonne famille (Wynona Rider) convoitée par beaucoup d’autres jeunes hommes va ramener Edward à son statut de paria . Johnny Depp parfait avec son regard de chien battu rappelant certains des personnages animés de l’univers Disney (« Bambi », « La belle et le clochard ») seconde parfaitement son réalisateur qui balaie avec délicatesse toutes les composantes qu’il souhaitait mettre en lumière concernant l’exclusion. Les deux hommes sont partis pour une fructueuse collaboration avec à la suite « Ed Wood » (1994) narrant le parcours émouvant d’Ed Wood, réalisateur en marge d’Hollywood puis « Sleepy Hollow : la légende du cavalier sans tête » (1999) somptueux film fantastique à l’esthétique gothique inspiré d’une nouvelle de Washington Irving. Mais le succès de la saga « Pirates des Caraïbes » entamée en 2003 changeant profondément le statut de Johnny Depp, va voir le jeune prodige prisé par le cinéma indépendant se jeter à fond dans le star system et céder à ses dérives. Son approche du métier d’acteur évoluant à l’unisson va voir un fossé progressivement se creuser entre les deux hommes, le jeu Johnny Depp ne correspondant plus vraiment à l’univers naïf de Tim Burton. Tim Burton par ricochet a un peu perdu de sa verve créative même si le succès public ne s’est jusqu’alors pas tari, bien au contraire.
Il est raconté de façon très simple mais est tout simplement magnifique . On évolue dans un univers plein de noirceur et le personnage d'Edward incarne à merveille le jeune homme timide qui essaie de s'adapter comme il peut dans un monde ou pour être accepté tu ne dois pas être différents .
Avec "Edward aux mains d’argent", Tim Burton touche à quelque chose de profondément universel : le sentiment de ne pas être à sa place. Johnny Depp, quasi muet, est bouleversant dans ce rôle d’innocence pure. Le film est à la fois un conte gothique, une critique sociale et une immense déclaration d’amour à la différence. C’est doux, triste, magnifique. Visuellement, c'est magique, avec ces décors pastel et cet univers tout droit sorti d’un rêve. Parce qu’être différent est parfois ce qu’il y a de plus beau, même dans un monde qui l’oublie trop souvent.
ce film est devenu un incontournable à regarder en famille de cette homme que tout le monde prend pour un monstre mes qui a beaucoup de talent et d'amour à donner
Que ce conte sur la différence est triste et injuste ! L’univers du film est très simple mais réussi, il touche même parfois le magnifique. Un film à voir en famille pour apprendre l’âme humaine 3,8/5
Edward aux mains d'argent est un beau avec l'univers de Tim Burton. Racontant l'histoire d'un homme créé qui n'a pas été fini par son créateur, raison pour laquelle il a des ciseaux à la place des main. Ce que montre Tim Burton dans son univers coloré rendant hommage aux années 70, et Gothique à la fois, c'est la différence. En effet, quelq'un de différent, attire la curiosité (mal placé par moment), comme c'est le cas pour Edward, qui avec ses mains fait de véritables oeuvres d'art sculpté, ou coiffe les femmes. Pour au final laisser place a une sorte de haine, venant de la jalousie, laissant place à une lassitude, ce qui est le reflet même de notre société, voir de l'être humain. Tim Burton représente fort ce contraste entre les maisons fort coloré et la demeure noir , gothique où Edward est découvert pour la première fois. Johnny Depp qui interprète Edward est méconnaissable, il est mémorable dans ce rôle, il incarne parfaitement le mystère ainsi que la réserve du personnage. Servi sur le thème de Danny Elfman, dont on reconnaît certaines notes qui seront utilisées pour Batman le défi, le film est délicieux à regarder, un rôle culte pour Johnny Depp.
Le premier quart d’heure de ce conte fantastique est assez jouissif, grâce à son humour et à la confrontation visuelle inattendue entre les décors vintage caricatures de « « l’American way of life » et l’univers gothique du château (et de son personnage). La suite ne tient pas la distance : les péripéties sociales ou amoureuses sont naïves et jonchées de poncifs, et l’approche de l’exclusion des « différents » trop superficielle, sage, voire infantile. Et pour les sentiments d’amour impossible entre le monstre et la « belle », on est à cent lieues de « King Kong » ou même, justement, de « La belle et la bête ».