Je crois qu’on aimerait tous mourir dans un hôpital pareil !
On aimerait tous avoir affaire à un docteur au discours direct fait de bienveillance et de compassion.
Je me suis laissé emporter par le sort de Benjamin (Benoît Magimel) au point de ne pas m’attacher à tout ce qui l’entourait. Je restais capté par Benjamin prof de théâtre. J’étais conscient que les cours qu'il dispensait serait recyclés dans son parcours funeste.
J’étais conscient que tout serait surligné.
Emporté par l’émotion liée à l’inéluctabilité, je me sentais concerné jusqu’à la scène
où Eugénie (Cécile de France) vient chatouiller l’organe de Benjamin !
A partir de là, tout s’est effondré.
J’acceptais pratiquement tout, le mélo, le manque de réalisme comme cet hôpital aux couloirs dégagés, vides de tous brancards sur lesquels se morfondent les malades ; comme ce docteur rempli d’humanité, jouant de la musique avec son personnel soignant après des réunions au cours desquelles ils se confient ou philosophent sur la vie, la mort ;
mais la scène où Eugénie stimule l’organe de Benjamin me sort soudainement du récit.
Entendons nous bien, je n’ai pas été choqué, mais simplement, j’ai cessé d’y croire. Trop c’est trop.
Dommage, le rôle de Cécile de France était touchant par moments dans ses regards, ses silences, ses tendres sourires, son économie de mots.
Qu’elle donne un baiser sur la bouche de Benoît, qu’elle dépose délicatement sa tête sur son abdomen étaient touchant mais qu’elle lui mette la main dans le pantalon, alors là…
D’accord, on peut aussi envisager qu’elle avait plus que de la compassion pour lui, de l’amour.
Pas convaincu.
J’ai lu les propos d’Emmanuelle Bercot, elle voulait faire un vrai mélo sans aucun réalisme.
C’est réussi si on accepte sa vision des choses. Elle a bien assumé.
Elle voulait présenter aux spectateur le professeur Eddé (Gabriel Sara) qui joue son propre rôle, qui a une démarche toute particulière sur sa fonction, c’est réussi.
Elle voulait donner à son mélo un caractère religieux
comme cette scène où Crystal (Catherine Deneuve) sort du lit son fils pour le porter, presque le bercer, dans ses bras dans une lumière mystique,
pourquoi pas. Mais la scène de Cécile de France est vaine et inutile, selon moi.
Je m’aperçois que l’inéluctabilité de Benjamin ne m’a pas rendu complètement lucide.
Après réflexion, « De son vivant » s’avère être un film classique qui a bien rempli sa mission, mais sera vite oublié.