Emmanuelle Bercot nous avait habitué à beaucoup mieux ! C'est gnagnan au possible et je me demande si le personnel soignant se reconnaîtra s'il va voir ce film.
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4,0
Publiée le 29 juin 2022
« Si j'avais su... » Après le déni et le sourire de façade pour sauver la face viennent les regrets d'une vie passée beaucoup trop vite. Benjamin, un professeur de théâtre souffrant d'un cancer du pancréas, fait d'abord comme si de rien n'était avant d'être rattrapé par la maladie. La peur de mourir, la peur de n'avoir rien accompli dans la vie, la peur de ne laisser aucune trace comme s'il n'avait jamais vécu, Benjamin a le sentiment de n'avoir pas assez fait et de n'avoir pas assez vu de choses dans la vie, ce qui est, j'imagine, un sentiment naturel à ce moment-là. Pour autant, il ne cherche pas à réparer ses erreurs, car il ne veut pas « profiter » de sa condition pour faire amende honorable. Si "De son vivant" est un mélodrame avec tout ce qui va avec, Emmanuelle Bercot ne propose pas de grandes scènes de pardon ou de retrouvailles larmoyantes. Il y a des scènes larmoyantes, mais pas celles-ci. La réalisatrice porte son attention sur l'entourage proche à savoir sa mère, ses élèves et surtout le personnel médical qui est sa nouvelle famille dans sa nouvelle maison comme il le dit. Il y a beaucoup de très belles scènes dans ce film. Les quelques moments au théâtre sont magnifiques. J'aurais pu passer tout le film à regarder ces acteurs en herbe pleins de passion avec leur professeur. J'ai beaucoup aimé également les scènes avec le personnel médical que ce soit celles avec le patient ou celles lorsqu'ils sont entre eux, en réunion, où on les voit plus humains. J'ai été impressionné par la performance de Gabriel Sara, oncologue dans la vraie vie, qui est fantastique. Personne n'aurait pu mieux jouer ce personnage aussi humain et sincère que lui. La seule chose que j'ai trouvée un peu « fausse », c'est spoiler: la relation avec Eugénie. Non pas que les infirmières ne peuvent pas avoir de sentiments, mais j'ai trouvé que c'était de trop dans l'histoire. Un détail, mais il faut bien trouver un petit truc à redire. Sinon, "De son vivant" est un film qui dégage quelque chose de beau et de fort malgré son thème plombant. En somme, un très bon film à la fois émouvant, bienveillant et authentique.
J'ai trouvé ce film magnifique. Très beau et triste évidemment sur le sujet qui conduit à la disparition. Mais même si on sent bien que le propos comme elle elle le dit est de " nettoyer le bureau de sa vie", il est en aussi un superbe film sur l'accompagnement à la mort et la douleur aussi du malade de quitter le monde. Très émouvant
Dans le registre pathos et mélo (sans moquerie ici), il serait difficile de faire davantage. S’il ne fallait que juger sur cela, ça vaudrait 5 étoiles. Génératrices de fortes tensions pour le spectateur, les scènes de confrontation avec la maladie sont à dessein contrebalancées par des acteurs en devenir qui répètent sur une scène (le personnage principal étant professeur de théâtre). Les dialogues de ce que la troupe joue et les conseils de jeu d'acteur donnés, au début seulement quand le professeur est encore en état d’être présent, sont autant de leçons de vie, de la vie qui s’en va. Ce sont pour les spectateurs des moments de respiration, de réflexion aussi. Puis viendront se greffer quelques tensions familiales enfouies mais qui réapparaissent au moment de faire le « ménage sur le bureau avant de quitter la pièce » (recommandation plusieurs fois réitérée par le médecin). Cette pièce rapportée au scénario, comme pour lui servir de béquille, retient moins l'attention sur le plan de la mise en scène. Lui avoir choisi des dialogues et une confrontation en langue originale anglaise ne semble pas très pertinent. Il était certainement possible de faire autrement même si on comprend bien qu’une autre langue que le français souligne l’éloignement de toute une vie avec des morceaux impossibles à recoller, en tout cas trop tard pour essayer.
Le meilleur film d'Emmanuelle Bercot en tant que réalisatrice. Un mélo médical tout en délicatesse et émotion. Si l'aspect documentaire sur les soins palliatifs pourra agacer, la cinéaste est à son meilleure dans sa description des relations familiales et affectives. L'un des grands films français de l'année, et le rôle de sa vie pour Benoît Magimel.
Évidemment, E. Bercot nous raconte tout le parcours de soins lié à la maladie, les regrets, les remords d'une vie, jusqu'à l'échéance inéluctable. Il y a aussi des moments, des symboles touchants et la description formidable de don du corps médical. L'évolution physique de B. Magimel césarisé est saisissante, épaulée par la merveilleuse C. Deneuve. Avec une certaine maîtrise, ce drame ne tombe pas dans le pataud et reste juste.
Un film simple, sans chichi, avec beaucoup d’humanité et de tristesse sur l’accompagnement d’un homme jusqu’à sa mort le temps de quelques saisons. Benoît Magimel est extraordinairement vrai, il incarne son rôle parfaitement, juste et émouvant, l’un de ses plus beau rôle! La bande son est prenante, et aussi triste que le film. Quel beau film, et je ne sais comment on aurai pas pu faire mieux comprendre au spectateurs qu’il faut vivre sa vie à fond.. Le médecin et d’autres personnages secondaires sont intéressants. Touchant et vraiment réussis !
Un film intéressant, mais qui, hélas, m'a paru sur certaines scènes assez sur joué et peu crédible. Dommage car dans l'ensemble le scénario est bien construit et original. Du beau travail à ne pas bouder.
Un film qui prend aux tripes, qui ne laisse pas indifférent : voilà ce que l'on attend du cinéma. Nous faire vivre des émotions, avec intensité, comme un reflet de nos propres joies ou angoisses. Les plus sceptiques dénonceront un pousse-aux-larmes patenté, mais diable, qu'il est bon de lâcher prise. Avec des interprétations convaincantes. Merci.
En fonction de son propre vécu, chaque spectateur se reconnaitra dans les situations décrites ou refusera le personnage de Benjamin, comme lui-même refuse initialement le diagnostic du cancer sans issue. Bercot propose à chacun de se regarder dans la glace, et de savoir si nos affaires sont en "ordre". Une longue maladie, par rapport au décès brutal, présente malgré tout un sérieux avantage, et c'est bien celui-là, la possibilité de dire "au revoir, je te pardonne, merci ou je t'aime". A une condition, celle d'avoir à ses cotés, un proche empathique ou un Dr Saran dont ici l'humanité et le regard lumineux transpercent ou plutôt éclaboussent l'écran. Certes l'hôpital De son vivant n'est pas réaliste, Bercot le sait et l'assume (Et pourtant La fille de Brest ne se privait d'attaquer certaines dérives du système de santé). S'appuyant sur un Magimel époustouflant, et une astucieuse histoire parallèle avec le théâtre), elle nous indique que oui, c'est possible et rassurant d'être accompagné. Ce qui n'empêchera pas d'être seul. Le mélo du film appuie un peu lourdement sur la trace à laisser derrière soi, et l'arrivée tardive du fils prodigue n'est pas la partie la plus réussie, mais c'est mineur. De même que l'éternelle Deneuve, continue de se défigurer quand Magimel fait des cures d'amaigrissement, son rôle sans nuances de mère possessive n'appelle pas de grands commentaires. Car une nouvelle fois, l'important sont les premiers mots et la poignée de main du Dr qui font faire la différence. Cécile de France porte pudiquement le rôle d'une infirmière trop impliquée, on retiendra en revanche les séances de musiques et de tango au sein du service d'oncologie. Laissons nous rêver un instant, les patients n'ont pas une minute à perdre…. Des larmes couleront probablement, mais elles sont tellement salvatrices, parce que partagées, alors qu'après, le mort ne peut plus vous dire merci, et vous ne pouvez pas l'autoriser à refermer, une fois seul, la porte. DVD octobre 2022
Le sujet fait un peu peur mais son traitement est tout en délicatesse, un sujet lourd mais traité avec humanité. Des personnages ayant de la profondeur et une façon de côtoyer la mort de l'accepter et de l'accueillir qui peut étonner mais qui sonne vrai.
Les acteurs jouent juste mais l'histoire est beaucoup trop lente. Se rajoute les échanges lors des cours de théâtre et ça devient interminable. Le déroulé est attendu, zéro surprise et malgré l'horreur que traverse le malade, je n'ai pas réussi à le trouver touchant. Seul le rôle du médecin apporte une humanité contrôlée mais j'ai beaucoup de mal à croire à tant d'implication car en réalité, ils voient beaucoup de malades et n'ont pas autant de temps ! Dommage, vu le casting, j'espérais beaucoup mieux ! 2,8/5
Le film se déroule sur un an et l'on suit nos personnages au travers des quatre saisons. Emmanuelle Bercot assume complétement le côté mélo de son film, en effet tous les ingrédients sont réunis : musique, effets de lumière, longues scènes de pleurs, scènes de pardons et de retrouvailles. Et le sujet omniprésent de la mort où tout a un goût de dernière fois. Aborder un tel sujet est très courageux dans une société qui refuse de mourir et qui fait parfois preuve de déni face à cette destinée ineluctable : Emmanuelle Bercot le fait avec classe et respect. La mort n'est pas esthétisée (la transformation physique de Benoit Magimel au fil des saison est saisissante), elle montre de façon très juste à quel point la mort est un passage difficile et incompréhensible mais pour ceux qui la regardent avec honnêteté elle est aussi peut être le seul moment où les mots "Pardon, Pardonne-moi, Je t'aime, Merci et Au-revoir" sont dits avec la plus profonde sincérité, car dénués d'intêrets ou de désir de retour. Ce film est beau enfin parce ce qu'il montre que des personnes pétries d'humanité sont là pour accompagner les mourants, juste là. A ce titre les seconds rôles de ce film, notamment le Professeur Sara, sont incroyables.
La réalisatrice Emmanuelle Bercot évoque les derniers mois d’un homme à l’approche de la quarantaine atteint d’un cancer incurable avec une infinie pudeur la difficulté de l’approche de la mort à la fois pour le malade que pour ses proches mais aussi pour le personnel soignant en charge de ces malades sans échappatoire. D’une grande délicatesse dans sa mise en scène, le long-métrage puise sa puissance émotionnelle dans la qualité de sa distribution, la dignité de Catherine Deneuve incarnant la mère impuissante d’un malade du cancer joué par un bouleversant de justesse Benoît Magimel. La cinéaste fait preuve d’une résolue sobriété vue la gravité du sujet sans tomber ni dans l’austère ni dans le pathos facile pour livrer une œuvre sincère marquante.