Titane
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selenie

7 446 abonnés 6 655 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 juillet 2021
Un début de film qui intrigue fortement donc, on se pose d'abord des questions sur cette relation père-fille sans sentiments, l'un et l'autre semblant même s'ignorer, ensuite l'atmosphère très méca et tuning jusqu'aux filles s'avère un trompe-l'oeil où l'héroïne semble une simple gog-danseuse hyper-sexualisée aux élans de serial killeuse. L'intrigue pourtant ne démarre vraiment qu'avec l'entrée du père/Lindon qui reconnaît son fils disparu. Soudain, le film qui semblait un thriller psycho-urbain va aussi être un drame amoureux surprenant et fascinant entre une "femme/homme cyborg" et un père dopé aux stéroïdes. Notons un magnifique travail sur les effets spéciaux et les maquillages, impressionnant pour un film d'auteur français dont les 2-3 dernières minutes qui restent gravées. En prime un duo d'acteurs impressionnants d'abnégation et d'investissements, un Vincent Lindon dans un rôle inédit pour lui, et la grande révélation du film, Agathe Rousselle. Un film qui va assurément créer des clivages, mais il reste un film assez singulier et unique pour le voir d'ores et déjà comme une expérience à conseiller.
Site : Selenie
Ibrahim
Ibrahim

2 abonnés 5 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 17 juillet 2021
Perte de temps. La réalisation qui est trop prétentieuse, essayant de se faire passer pour un film profond, réfléchi, avec un message.

Aucune morale est à retenir de ce film. Aucune histoire. Perte de temps.

Je deconseille fortement
Jean N.

327 abonnés 735 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 20 juillet 2021
Quel film fouillis !!! Quel film prétentieux! Ça veut copier du Cronenberg (CRASH)mais ça n'en a pas le talent !! La caméra est tenue par les stagiaires et c'est écrit avec les pieds ! Pas de dialogues , des images flashies et des plans qui s'enchainent de façon aléatoire sans queue(quoique...) ni tête !!
Tiens donc!! La palme à CANNES , tu m'étonnes!! Au plus c'est c... au plus ça a ses chances!! Faut arrêter avec ces jurys branchados bobogauchos et autres , ou alors on continuera à l'infini de primer des daubes !! J'ai perdu 1 heure de vie( oui , car je suis sorti avant la fin ....) et 12€ ...
Vous en voulez des scénars à Palmes ??
Tiens voilà , c'est cadeau :
tu te domicilies au Troudukistan et tu racontes le roadtrip de 2 yacks stériles qui partent vendre leurs laine à Katmandou pour se payer une GPA !!
Tu peux aussi raconter les déboires de 2 lesbiennes contorsionnistes qui préparent le numéro d' inauguration de la gaypride en Albanie !
Sinon , tu as les plans flashy qui s''enchainent sans raison pendant 2 h avec un peu de c..l et du gore , ça marche pas mal ça aussi !!
Toutes les années je jure que l'on ne m'y reprendra plus et je me fais avoir comme un imbécile ., Zut..
Sauf l'année de "Parasite " car ça c'était un film! fabuleux !
Pascal I

904 abonnés 4 256 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 12 novembre 2021
Pour ma part, film sans intérêt, pour choquer, inutile et largement surnotée. Vraiment mauvais à contrario de "Grave" assez réussi (sans être un chef d'œuvre).
Adrien J.
Adrien J.

150 abonnés 165 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 21 juillet 2021
Sacré Palme d’or 2021, Le nouveau long-métrage de Julia Ducournau « Titane » s'apparente d’une certaine manière à un cinéma expérimental et marginal qui repousse les limites de la structure narrative en se concentrant sur une mise en scène millimétrée, formaliste et hallucinogène. La cinéaste nous propose ici un délire particulièrement obscur qui ne plaira pas à la grande majorité des spectateurs, ce qui est compréhensible (lors de ma séance, la moitié de la salle est sortie).
La réalisatrice signe un film original, gore, dérangeant, malsain, mais unique. Esthétiquement et artistiquement c’est très réussi et extrêmement intéressant. La photographie et les mouvements de caméra apportent une sensualité aux corps des protagonistes, mais aussi aux monstres mécaniques que sont les moteurs et carrosseries des voitures.
Julia Ducournau impose sa vision sidérante et surnaturelle du cinéma, faisant notamment cohabiter une nouvelle fois ses propres obsessions, celles autour de la chair, de la monstruosité et de la révélation de soi.
Le film se divise en deux parties : la première axée sur un cinéma horrifique, parsemée de scènes violentes et d’images chocs ; et la deuxième plutôt orientée sur un cinéma intimiste, avec comme thèmes la filiation et l’usurpation d’identité. Selon moi, la première est nettement meilleure et plus intéressante que la seconde.
Titane est une œuvre assez insaisissable, mystérieuse, qui pose plus de questions qu’elle n’apporte de réponses. Le spectateur subit, scène après scène, une succession d’images viscérales, de propositions sensorielles brutes, à base de sang, de chrome, de bitume et de mutations.
La proposition est tellement radicale que l’on ne peut qu’être pour, ou contre…
Cinéphiles 44

1 666 abonnés 4 646 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 18 juillet 2021
En 2017, Julia Ducournau offrait un nouvel élan au cinéma de genre en présentant son film d’épouvante “Grave” dans une multitude de festivals. Quatre ans plus tard, la réalisatrice s’offre la Palme d’Or au Festival de Cannes avec “Titane”. Dans une mise en scène érotico-electro, “Titane” se réfère à Alexia. Victime d’un accident de voiture dans son enfance, les chirurgiens lui ont placé des plaques de métal hautement résistantes à la chaleur et à la corrosion sur le cerveau. Dès lors, elle entretiendra un rapport fusionnel avec les voitures et sa danse sur l’une d’elles, est certainement l’une des plus sulfureuses que nous ayons vues au cinéma. A contrario, son rapport avec l’autre est moins délicat. Equipé d’un pic dans des cheveux, la jeune femme ne réfléchira pas longtemps avant de s’en servir pour tuer, puis sera contrainte de fuir et de se faire passer pour un homme au côté de Vincent Lindon. “Titane” est violent, étrange, gore, nous met mal à l’aise, nous donne parfois des haut-le-cœur et pourtant c’est magnifique.
D'autres critiques sur notre page Facebook : Cinéphiles 44 et notre site cinephiles44.com
Sysy D.
Sysy D.

8 abonnés 81 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 20 juillet 2021
Je n'écrirai pas ce qui me vient immédiatement à l'esprit car je serai très grossière donc censurable par les modérateurs de site.
Titane : des crimes commis par une tueuse traumatisée qui aime faire l'amour avec des voitures pour mieux tomber enceinte. Elle rencontre un pompier complètement bousillé par la disparition de son fils. Cette rencontre est très bizarre car la fille pour échapper à la police se fait passer pour ledit fils.

Quoi d'autre ? Des scènes se voulant choc et violentes pour éveiller les consciences cela va de soi. Sauf qu'on se retrouve devant des scènes qui cherchent seulement à choquer le bourgeois et qui n'apportent rien, ne démontrent rien et finissent par tourner au ridicule. N'est pas Lilliana Cavani, David Cronenberg, Stanley Kubrick, William Friedkin, Gaspard Noé etc...qui veut !

Les messages passés ? Des messages dans l'air du temps : le non-binaire, le transgenre, le 3ème sexe, les amours décalées, les sexualités décalées etc...enfin tout ce qui se fait sur l'inclusive culture mais pareil qui tourne au ridicule.

La Palme d'or maintenant. Spike Lee a été un cinéaste qui a boosté le cinéma américain dans les 80's et 90's puis il s'est embourgeoisé et endormi sur ses lauriers. Ok son dernier film sur Blackkklanmans est réussi et a été reconnu à sa juste valeur mais c'est devenu classique, pas très innovant ou encore véritablement politique. Donc aux US il est devenu un cinéaste qui n'a pas vraiment su entretenir son capital artistique et politique. Il n'y a qu'en Europe notamment en France qu'on lui a conféré un nouveau statut : l'intellectuel cool, branché et stylisé point de vue mode. Et il adore ça comme statut car les US ne vous donne pas vraiment ce type de statut. Sauf que lorsque vous êtes à ce degré en Europe bien souvent c'est parce qu'aux US vous n'êtes plus dans le mood. Donc la Palme d'or décernée à Titane n'est que le reflet de ce statut.

Quel dommage ! je pense que Grave valait 1000 fois plus cette Palme. Mais je ne désespère pas je continuerai à suivre le travail de J. Ducournau car je pense qu'elle a sa place parmi les cinéastes français.es.
Fargo Boy
Fargo Boy

104 abonnés 181 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 15 juillet 2021
Film étiqueté « festival de Cannes » : je m'attendais donc à un film pas terrible et je n'ai vraiment pas été déçu! Ça a bien fonctionné !
Une étoile pour Monsieur Vincent Lindon toujours au top mais que fait-il donc( retard d'impôts) dans ce gloubiboulga obscène, maso,cradosexe et le tout gore à souhait pour maintenir le spectateur vissé à son siège ?
Redzing

1 450 abonnés 4 912 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 juillet 2021
« Titane » démarre sur les chapeaux de roue, offrant rapidement son lot de scènes barrées et/ou dérangeantes. Il serait dès lors criminel (et difficile !) d’en résumer l’intrigue, mêlant meurtres, famille dysfonctionnelle, et fusions de corps et de métal. Le mieux étant de découvrir le film à froid… On peut néanmoins dire que c’est une œuvre audacieuse et imprévisible, qui oscille entre le fantastique, l’horreur (body-horror)… et l’humour noir. Car oui, « Titane » sait alterner les moments perturbants et très violents, avec des touches comiques bien gérées. Mais au-delà de son humour, Julia Ducournau fait preuve d’une réelle maîtrise technique (éclairages néon et photographie nickel, sons par percussions métalliques, maquillages très convaincants, certaines idées visuellement originales…). La réalisatrice parvient ainsi à nous immerger immédiatement dans des univers singuliers et prétendument virils (un salon de tuning, une caserne de pompier…). Et elle nous livre plusieurs scènes particulièrement viscérales et plus ou moins folles, ne cachant pas ses influences : un peu de Carpenter (gros clin d’œil à « Christine »), et beaucoup de Cronenberg, le pape du body horror. Ces moyens techniques et ces idées délirantes -qui ne plairont clairement pas à tous- ne sont pas pour autant gratuits. A travers une narration essentiellement sensorielle et visuelle, « Titane » s’avère riches en diverses thématiques. Le sujet du genre est abordé, à travers bons nombres de clichés sur la féminité et la masculinité, qui sont manipulés pour être souvent détournés, posant la question de l’identité sexuelle. La famille et surtout la filiation sont également au cœur du récit, montrant son importance dans la construction des individus, et leur de capacité à aimer. Pour évoquer ses thèmes, le film s’appuie en outre sur ses deux excellents interprètes principaux. Vincent Lindon, étonnant en pompier vieillissant dopé aux stéroïdes, dont l’allure imposante masque un être écorché et sensible. Et Agathe Rousselle, qui démarre très fort avec son premier long-métrage. L’actrice parvient à incarner une protagoniste détestable au départ, dont on va découvrir la détresse et le besoin d’amour, son visage androgyne renforçant l’aspect dérangeant du personnage. Les jeux subtils de ces comédiens renforcent un récit évoluant en regards et en non-dits. Cela fait plaisir de voir des films, français par-dessus le marché, se lancer ainsi dans le body horror en proposant un contenu osé et profond, sans prendre le spectateur par la main. Cependant, soyez prévenus, certains resteront peut-être sur le carreau, en particulier les âmes sensibles, et ceux qui recherchent plutôt des narrations très explicites et explicatives.
CinÉmotion
CinÉmotion

220 abonnés 226 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 18 juillet 2021
Alors je suis heureux que Julia Ducournau ait pu obtenir la palme d'or, pour enfin faire bouger les choses avec le cinéma de genre, qui est l'avenir des productions françaises avec un style à la française !
J'ai été très emballé par le film, mais celui-ci m'a à la fois enjoué et frustré. La réalisation est vraiment impeccable, avec un vrai travail du cadre, des mouvements pour apporter une vrai dynamique à l'image et aux scènes (cf le plan séquence du début, etc). Le travail du chef opérateur est aussi à souligner, vraiment sublime avec une réelle plus value pour appuyer la mise en scène et le jeu des acteurs (les scènes dans la salle de bain, la chambre, etc).
Vincent Lindon et Agathe Rousselle sont fantastiques dans leur rôle, avec des scènes très difficiles à jouer car ciblé essentiellement sur le corps et la gestuelle.
Tout est vraiment bien maîtrisé visuellement et à l'image, également au son avec un apport non négligeable des bruitages et sound design qui permet de marquer davantage les scènes abruptes et de violences.
Ma réelle frustration vient essentiellement du scénario.
Tous les éléments pour avoir une histoire dingue et puissante sont présents, mais je trouve que tout est assez fouillis et pas assez bien liés les uns aux autres. L'impression que le film soulève 3 thématiques voire plus donnant presque l'impression d'avoir des films différents dans un même film spoiler: (la violence dû au deuil/traumatisme de l'accident, le manque de repère avec l'arc sur la transidentité couplé au personnage de Vincent lui aussi en manque de repère depuis la disparition de son fils, et l'arc sur la transhumanité avec cet univers autour du métal et la métaphore du corps vs mécanique)

C'est d'ailleurs mon principal problème avec ce scénario, c'est la bascule effectuée entre la première partie spoiler: (l'enchaînement des meurtres en séries)
qui ressemble à un très bon slasher, puis la seconde partie spoiler: (la prise d'identité d'Adrien)
, qui me parait pas crédible en tant que telle, vis à vis du père et de la police, mais c'est pas la première fois que les autorités françaises sont pris pour des abrutis dans les films français, suffit de voir Lupin sur Netflix comme dernier exemple flagrant. ^^ Et à partir de là, le film bascule totalement vers une métaphore méta/méca, impliquant principalement spoiler: le développement d'un fétichisme sexuelle avec les voitures (lié à l'accident et la pose de la plaque en titane), l'identité de genre, le regard des autres vis à vis de cela, le jugement, une grossesse non désirée, une relation père-fils recomposée, une opposition entre virilité et genderfluid (avec l'arc autour des pompiers), l'addiction au stéroïde ou substance équivalente, le traumatisme de façon générale, l'amour, la mort
, bref, une panoplie de thématiques distillés tout au long du film qui sont hyper intéressants, je ne dis pas, mais qui sont tellement éparpillés ici ou là, qu'ils ne sont finalement pas connectés les uns aux autres de façon claire et net, ce qui apporte une grande confusion sur ce qu'il faut en tirer du film au final, avec une scène finale tout aussi sublime qu'étrange et ouverte à tellement d'interprétation mais qui ne fait pas forcément sens avec la totalité des éléments proposés dans le film.
Il y a aussi une énorme ellipse entre l'accident et l'âge adulte où elle s'est transformée extérieurement et intérieurement, déclic de toute la psychologie du personnage. Mais peu d'éléments concrets nous sont livrés jusqu'à la fin du film pour essayer de comprendre le rouage de sa personnalité et comment elle en est arrivé là, bien que l'on sache le pourquoi.
L'impression du coup d'avoir vécu un film unique en son genre, basculant tour à tour dans toutes les émotions (parce qu'il y a des scènes drôles et décalées aussi, la scène spoiler: du massage cardiaque avec la macarena, bien qu'elle soit largement inspirée et empruntée à la scène de la série The Office, était surprenante et apportait aussi une autre facette au film),
sans pour autant avoir la capacité de rassembler clairement tout ce qui nous a été montré et raconté. Au final, l'impression d'avoir vécu une nouvelle belle expérience de cinéma, où on touche du doigt quelque chose de particulier, je ne sait pas trop quoi ni comment l'expliquer, mais qui était vraiment là, qui m'a fait ressentir bien des choses. Peut-être est-ce là la VRAIE nouvelle définition du cinéma de genre :) Inclassable, inexplicable mais qui a le mérite d'exister, de façon unique.
Et en cela je dis Bravo et Merci Julia Ducournau pour ce moment.
legend13
legend13

289 abonnés 1 097 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 juillet 2021
Étrange, très étrange spécimen que ce second long métrage de Julia Ducournau. Cinéaste sur laquelle il faudra indéniablement compter pour le bien être du cinéma français et du 7eme art en général. Car, disons le d'emblée, "Titane" est une vraie proposition de cinéma, le genre d'oeuvre que nous n'avons pas l'occasion de voir souvent. Et rien que pour ça, qu'on aime où pas le style, le film mérite d'être vu et de préférence dans une salle obscure. La scène d'introduction annonce clairement la couleur. Les âmes sensibles vont devoir détourner le regard souvent pendant le visionnage. Et ça sera clairement le cas pendant 40 premières minutes dérangeantes au possible. Un passage en particulier m'a vraiment marqué. Le scénario,bien plus complexe qu'il n'y paraît, est à l'image de son personnage principal : Bizzare, malsain et imprévisible. Agathe Rousselle est une véritable révélation et fout vraiment les jetons. Sa transformation physique est d'ailleurs très impressionnante. Vincent Lindon est égal à lui même et sa participation au film fait du bien et apaise quelques peu. Bref, je ne sais pas si "Titane" mérite sa palme d'or. Ce que je sais, en revanche, cest que le film m'a agréablement marqué et que j'ai vraiment envie de suivre la carrière à venir de cette étonnante réalisatrice.
PS : Je remercie mon Sboune d'ami qui m'a parlé de ce film.
Naughty Doc

1 040 abonnés 530 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 juillet 2021
Après son premier film Grave (qui ne réinventait rien et restait plus sage que ses influences, mais se révélait carré), Ducournau revient avec Titane


Un ptit coup de boule viscéral où se cotoie l'huile de moteur, le sang et toute sorte de fluide

Ce qui marque d'entrée de jeu c'est que la réalisatrice est en totale possession de ses moyens, et livre un drame humain plongeant là encore une fois vers le cinéma de genre (Crash de Cronenberg et Christine de Carpenter en sont les 2 plus grosses influences, on retrouve même une séquence du 1er impliquant une voiture).


D'entrée de jeu le spectateur est présenté à la protagoniste Alexia (Agathe Rousselle qui fait office de vraie révélation), danseuse pour des salons de tuning, et arborant une plaque de métal en titane dans le crâne suite à un accident dans son enfance. Très vite, le métrage va rentrer dans le lard (après une superbe séquence en plan-séquence) à base de meurtres graphiques.

Là où la première partie (quasi parfaite) enchaine les moments de malaise et bruts de décoffrage (le travail sur le son est tout à fait admirable), Titane se mue ensuite en un autre film. Moins percutant malheureusement, mais plus sensible et touchant au moment où Vincent Lindon débarque (dont la carrure impressionnante laisse in fine transparaitre la sensibilité à fleur de peau du perso).


S'ensuit donc un drame à la trame et aux enjeux un peu plus balisés, là où la 1e partie se voulait surprenante, violente et insaisissable. Un constat qui ne pèse pas bien lourd heureusement vu les irruptions du body horror et le travail sur les chairs de la réalisatrice.


Car en fin de compte l'exploit de Titane n'est pas tant dans sa finalité scénaristique, mais sur la propension de Ducournau à emballer des morceaux filmiques qui nous parlent avant tout aux tripes (et ce jusqu'à un final àla portée fantastique purement Cronenbergienne).


Autre point notable : Titane renverse et bouscule les codes de représentation et de sexe. Sans trop en dire, la métamorphose doit encore une fois à Agathe Rousselle, convoquant à la fois ce qu'il y a de féminin et de purement masculin dans son personnage.


Enfin, il faut saluer la photographie de Rubens Impens et l'excellente BO de Rone, proposant au total une symbiose parfaite avec le rendu organique de la mise en scène de Ducournau.


En bref, Titane est un tremplin pour sa réalisatrice,qui certes ne s'affranchit pas encore totalement de ses influences, mais compte désormais comme une des cinéastes de genre les plus intéressantes et frontales qui soient actuellement !
Ricco92
Ricco92

284 abonnés 2 330 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 18 juillet 2021
Cinq ans après avoir secouée le cinéma français en 2016 avec Grave, Julia Ducournau signe son second long-métrage avec Titane. Le moins que l’on puisse dire est que la réalisatrice confirme clairement son statut de grand espoir du cinéma hexagonal ! Si on pourra trouver quelques faiblesses au scénario spoiler: (malgré le statut de capitaine de son "père", on se demande comment Alexia/Adrien peut incorporer aussi facilement le corps des pompiers ; il est difficile de croire qu’Alexia puisse dissimuler à ce point son gros ventre de femme enceinte lorsqu’elle se transforme en Adrien...)
, la cinéaste offre une mise en scène d’une force rare qui happe le spectateur pendant l’intégralité du long-métrage. L’influence de David Cronenberg est assez visible par son traitement des rapports de l’héroïne avec les automobiles (comment ne pas penser à Crash ?) et par le corps rafistolé d’Alexia (la forme ressemblant à un cerveau située au-dessus de son oreille droite) mais la réalisatrice française réussit à insuffler son propre univers fait d’étrange, de violence et de sexe (Ducournau semble être fascinée par la nudité féminine) au film et fait preuve d’un véritable talent de directrice d’acteurs (outre l’impressionnante Agathe Rousselle, Vincent Lindon est assez bluffant spoiler: dans son rôle de père prêt à tout pour retrouver son fils disparu
). Ainsi, bien que certains aspects scénaristiques soient assez peu crédibles, Titane est une véritable claque à ne pas mettre devant tous les publics qui démontre que Julia Ducournau est une des cinéastes les plus prometteuses du cinéma français (peut-être même LA plus prometteuse depuis Gaspar Noé), chose comprise par Spike Lee et son Jury lors du Festival de Cannes 2021 en récompensant le film de la Palme d’or.
Christoblog

920 abonnés 1 799 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 21 juillet 2021
Titane est une oeuvre complète, qui possède sa propre logique et propose un monde homogène qui n'est pas le nôtre.

Si l'on accepte ces présupposés (ce que l'on fait sans problème si on voit un Fellini, un Anderson ou un Carax) et qu'on se laisse porter par la proposition, le second film de Julia Decourneau est enivrant de maîtrise.

Tout y est en effet admirablement fait : l'interprétation hors norme des deux interprètes principaux, la mise en scène virtuose (quelle scène d'ouverture, quel talent pour filmer les scènes d'incendie ou de danse !), la direction artistique irréprochable (musique et bande-son remarquables, photographie et décors magnifiques, effets spéciaux confondants).

Les thématiques abordées ne sont pas foncièrement originales. Certains critiques évoquent le cinéma de Cronenberg, alors que la ressemblance n'est que superficielle à mon sens. C'est en réalité toute l'histoire de la littérature et du cinéma qu'il faudrait convoquer, en commençant par la mythologie : assassinat du père, désir de maternité et de paternité, recherche de l'amour, expression du mal-être existentiel à travers la violence, dissolution de la limite entre humain et non humain, naissance de l'amour, primauté du corps sur l'esprit (et inversement), etc. L'intérêt de Titane ne repose donc pas sur les sujets abordés, ni sur l'histoire racontée, mais dans la façon dont Julia Ducourneau parvient à dissoudre tous ces thèmes dans un creuset intime et sensuel, qui lui est très particulier.

Que l'élan vital du film vous transperce ou pas conditionne donc la façon dont vous réceptionnerez Titane : dans le premier cas vous entrerez de plain-pied dans un monde sidérant où la trivialité côtoie le sublime, dans le second vous ne comprendrez probablement pas pourquoi le film a obtenu la Palme d'Or.
Sylvain P

387 abonnés 1 429 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 24 juillet 2021
Titane est-il vraiment un film? On a plutôt l'impression d'une suite de vidéos pseudo-choc programmées pour plaire à une génération Z biberonnée à Netflix et destinées à faire le buzz. Là où l'on s'étonne, c'est de voir que cet objet filmique au propos flou, finalement assez gentillet voire risible, a pu duper le jury du plus grand festival de cinéma du monde.
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