Ce qu'il y avait d'absolument génial dans le premier volet, c'était l'innovation à tous les étages. Déjà, l'amorce du scénario. Contrairement à "Animal Farm" de Orwell, la société des animaux ne vit pas "en marge" de celle des humains. Zootopia est une vraie ville, avec tous les aspects d'une grande ville humaine, d'une métropole en fait, où les habitants sont des animaux. L'autre innovation résidait dans le traitement de deux problèmes concomitants jamais traités dans d'autres films d'animation : le multiculturalisme et la criminalité. Grâce à un tissage scénaristique très fin, des rebondissements très bien amenés, des répliques hyper travaillées, un humour totalement ravageur, et les contours des personnages dessinés au laser, le film était une vraie merveille. Tout en restant d'une grande qualité, "Zootopia 2" est un cran en dessous du 1, à tous les niveaux. Presque tous. Car du point de vue technique, il faut le reconnaître l'animation des personnages, des décors dans ce "Zootopia 2", est absolument fabuleuse. Les prouesses musicales, en termes d'orchestration, et des prestations de Shakira, sont sublimes. C'est du point de vue du scénario qu'on est sensiblement en dessous. Le 1 développait une intrigue mélangeant de manière très crédible polar, espionnage, intimisme, et comédie. Ici le scénario est tiré par les cheveux de manière excessive. Les circonvolutions du scénario concernant les reptiles en général, et les serpents en particulier, ne sont pas très limpides. En outre, les contours psychologiques de beaucoup de personnages sont dessinés avec moins de finesse. Il est attendu de faire des caricatures dans un dessin animé, mais le trait doit être nuancé et évolutif. Dans le 1, un grand nombre de personnages évoluaient. La Maire, son remplaçant, le chef de la police, les collègues des deux héros, les deux héros eux-mêmes. Dans le 2, les traits de caractère des uns et des autres sont figés. Seules 2 évolutions psychologiques apparaissent : la reconnaissance progressive par Judy et Nick de leur amour mutuel et le revirement de Pawbert. Enfin les répliques. Si ces dernières restent majoritairement drôles, on rit tout de même beaucoup moins que dans le 1. La raison est que depuis "Zootopia 1" 1, 10 ans d'"idéologie de l'éveil" ont passé. La présence dans le générique de fin de "Zootopia 2", des deux responsables de la politique d'inclusion, et de diversité veut tout dire. La mention récurrente par plusieurs personnages de l'indispensable présence des barrières de protection écologiques entourant la ville, dénote du militantisme de Disney, qui veut affirmer son positionnement sur tous les thèmes progressistes : environnement, inclusion, diversité, égalité, etc.... Et c'est ce que l'on peut regretter dans ce militantisme. Il y a encore une quinzaine d'années, les produits Disney pouvaient être appréciés dans leur totalité, autant par les enfants que par les adultes. Aujourd'hui, les enfants ne sont pas la cible première. Combien parmi eux sont capables d'apprécier l'humour contenu dans les aveux interminables que finissent par se faire les deux amoureux dans "Zootopia 2" ?