Très attendu après le succès critique et public du premier volet, Zootopie 2 peine malheureusement à retrouver la force et l’impact de son prédécesseur. Dès les premières minutes, le rythme se révèle effréné : l’histoire se met en place trop rapidement, les événements s’enchaînent sans réelle respiration. Cette narration nerveuse, presque précipitée, semble davantage calibrée pour une génération habituée aux formats courts et instantanés, quitte à sacrifier la profondeur.
Le scénario, beaucoup plus simple que celui du premier film, reste néanmoins agréable à suivre. L’intrigue se veut moins angoissante et plus légère, ce qui rend le visionnage fluide mais aussi moins marquant. On a parfois l’impression qu’il ne se passe pas grand-chose, que le film passe vite… trop vite, comme s’il manquait une pièce essentielle pour lui donner plus de consistance et d’enjeu.
Visuellement en revanche, Zootopie 2 est une réussite. Les graphismes sont beaux, variés, et enrichissent encore l’univers de Zootopie, toujours aussi vivant et inventif. Les personnages demeurent attachants, fidèles à l’esprit de la saga, même si certains sont sous-exploités. Le personnage du maire, par exemple, n’a finalement que peu d’utilité dans le récit alors qu’il aurait pu apporter une dimension politique ou narrative plus intéressante.
Le fameux plot twist — le gentil qui se révèle être le méchant — s’avère malheureusement très prévisible, réduisant l’effet de surprise et la tension dramatique. De même, l’humour fonctionne, avec des blagues efficaces, mais reste légèrement en dessous de celui du premier film. Les références cinématographiques, notamment à Shining ou Ratatouille, sont appréciables et apportent quelques moments sympathiques, sans pour autant suffire à marquer durablement.
Là où le film peut prêter à discussion, c’est dans son message politique. Les références aux migrants et à un gouvernement aux accents trumpistes sont assez appuyées et parfois un peu trop lisibles. Les parallèles entre les lynx blancs et les reptiles assimilés aux Mexicains manquent de subtilité, ce qui rend le propos plus caricatural que nécessaire. Disney semble ici recycler une énième leçon politique simpliste, déjà vue et revue dans les grandes productions actuelles, là où le premier Zootopie brillait justement par son intelligence et sa finesse dans le traitement de ces thèmes.
Au final, Zootopie 2 reste un film sympathique, divertissant et visuellement réussi, mais largement inférieur au premier opus. Moins audacieux, moins profond et moins mémorable, il donne surtout l’impression d’un potentiel inexploité. Le film aurait clairement pu aller plus loin, viser plus haut… mais se contente du minimum, laissant un goût d’inachevé.